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Cahiers de témoignages et de doléances : 2005

Le cahier de témoignages et de doléances : 2005

Avertissement :

Emeline, Sila, Didier, Yvette, Mustapha, Claude, Carole et les autres vous écrivent.

Prenez le temps de les lire. Leurs paroles simples, leurs opinions tranchées à la serpe parfois, leurs histoires recueillies par d’autres aussi, sont toujours le témoignage de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils endurent, de leurs révoltes ou des joies qu’ils ont pu rencontrer.

Elles s’adressent à tous : institutions publiques, associations, services publics, élus, fonctionnaires, salariés des organisations qui travaillent pour elles et avec elles, bénévoles, etc.

Evidemment, ils ne demandent pas simplement qu’on les écoute avec sympathie. Ce qu’ils réclament, souvent avec impatience, c’est que leurs paroles soient prises en considération et donc « que cela change ! ».

C’est en tout cas la volonté des associations, regroupées au sein du Carrefour des solidarités, qui ont pris l’initiative de ces cahiers dans le cadre de la journée internationale de refus de la misère en octobre 2005.

Première édition de ces cahiers. D’autres suivront, tant que la misère et l’injustice auront encore droit de cité.

Thérèse Caulier Présidente du Carrefour de solidarités

Poème introductif

Tu n’as pas le temps de me parler. Je n’ai pas envie de t’écouter.

Tu n’as pas envie de me regarder. Je n’ai pas le temps de croiser ton regard.

Tu n’as pas le temps de m’écrire un mot. Je n’ai pas le temps d’avoir de tes nouvelles.

Tu n’as pas envie de me connaître. Je n’ai pas le temps de te découvrir.

Tu n’as pas le temps de me faire la bise le matin. Je n’ai pas envie de t’embrasser.

Prends tout ton temps pour m’ignorer. Je n’ai pas envie que tu m’oublies.

Jérôme (Tiré du recueil « Poèmes de la nuit », œuvre d’un atelier d’écriture de personnes sans domicile fixe et avec domicile fixe à Paris)

Témoignages

Christophe, 38 ans

Nous avons un manque d’aide pour pouvoir se faire renseigner sur l’élémentaire de notre avenir, pour pouvoir se réchauffer pendant tout l’hiver, pour pouvoir se faire rembourser des nécessités très simples et élémentaires pour faire du sport, pour pouvoir rester auprès de sa famille quand la catastrophe naturelle frappe la terre, pour pouvoir se faire suivre dans le bon sens de la vie sportive, pour pouvoir éviter la rue, s’ensoleiller de façon noirâtre dans la pauvreté de l’état.

Tony, 21 ans

Travailler, c’est s’épanouir, pouvoir accéder à un confort de vie raisonnable, pouvoir construire un avenir concrétissant.

Avoir un confort de vie normale (se laver, manger, dormir), se sentir libre.

Avoir une bonne santé, c’est essentiel pour la vie (travailler en bonne santé) se sentir bien en soi.

S’il n’y avait pas de justice ce serait la jungle, tout le monde se battrait ou volerait. La justice est là pour appliquer et faire respecter la loi. Elle n’est pas là pour punir. C’est pour faire comprendre qu’il faut jouer avec la justice. Je respecte la loi. Car si tu ne la respectes pas, il y aurait trop de monde dans la prison. Mais, des fois, la justice n’est pas juste. Pourquoi ? Parce que maintenant où tu sois dans les entrées, tu prends, tu fermes, tu voles un volé. Tu prends tu fermes aussi Sarkozy, il a raison et tort. Raison pour la sécurité, pour les vieux, les rues, le délinquant. Tort, parce qu’il nous prend la tête, car avec son droit et son devoir… Mais comme je dis, il n’y aurait pas de justice. On serait déjà à la 5° guerre mondiale. Vivement qu’ils soient là les forces de l’ordre, car ça partira. La justice c’est une partouze de chiens errants.

Il faut de l’éducation pour se former. Une formation c’est bien à la fin t’a un diplôme et apprend aussi le métier que tu veux faire. Mais dommage que ce n’est pas rémunéré par les assedic. Vaut mieux un travail fixe ou intérimaire qu’une formation.

Une famille, c’est important pour la vie. Car ta famille te c onseille sur tout et vivre en famille, c’est un bonheur. Car si t’a pas de famille, c’est la misère.

Claude, 48 ans

A notre âge, difficile de trouver un travail. Problème de santé en plus qui rend les recherches difficiles. Il y a jamais assez de ressources, mal réparties.

Pour le loyer, les proprios ils sont là. Mais pour les réparations, il n’y a plus personne. Je voudrais un appartement plus grand, avec plusieurs chambres pour ma fille. Mais pas assez de ressources. Pas assez d’argent pour assurer mon logement. Pas assez de logement. Quand on a des petites ressources, c’est dur de trouver un logement.

Opéré du cœur, des poumons, j’ai une valve mécanique. Je ne peux pas travailler. Je suis en invalidité, pas de poussière, pas de peinture… Couverture à 100 %. Je peux me soigner convenablement.

J’ai seulement un certificat de fin d’études. J’ai commencé à travailler à 13 ans et demi. Les parents n’avaient pas assez de ressources.

Bonne enfance. Famille de 10 enfants, dans le temps beaucoup de familles nombreuses. Bonne entente. On se réunit tous ensemble chaque année pour le nouvel an. J’ai deux filles et un garçon. Les deux plus jeunes sont au foyer. Je me suis marié à 38 ans. J’ai une fille de 23 ans mariée.

Amélie, 40 ans (Description faite par une association)

Mère de famille, divorcée, cinq enfants à charge… Elle décide pour subvenir aux besoins de sa famille, de trouver soit du travail, soit un stage rémunéré. Elle possède un CAP de couture. Mais sa recherche est très difficile.

Dans un premier temps, elle travaille dans une association pour des personnes âgées. Elle ne peut pas tenir plus de deux mois : sans moyen de locomotion sinon le bus, elle doit, à des heures précises, se rendre chez des personnes, tantôt sur Grande Synthe, tantôt sur Petite Synthe, ou encore à Fort Mardyck en un temps relativement court, dans la même journée. Des problèmes de santé se révèlent alors. Elle doit cesser ce travail.

Sans désespérer, elle continue sa recherche, elle arrive à obtenir un remplacement à l’hôpital pour un mois, à l’atelier couture… Mais cela ne peut durer. La personne qu’elle remplaçait retrouve sa place. Alors toujours en recherche, elle pense travailler pour un essai d’un mois. Les conditions de travail ne lui permettent pas de tenir. Sa s santé se dégrade.

Actuellement, elle va à l’ANPE très souvent et fait elle-même des recherches par voie du journal dans les petites annonces. C’est ce qu’elle appelle la galère. Cependant, elle dit ne pas vouloir vivre de l’assistanat et c’est pour cela qu’elle s’acharne à trouver du travail ! Actuellement, elle n’a que les allocations familiales.

Emeline, 24 ans (Description faite par une association)

Elle habite avec deux enfants et leur père sur Grande Synthe dans un appartement F3 et un autre petit doit arriver au printemps. La demande de logement n’aboutit pas.

Elle a dû, dans l’immédiat, accueillir en plus et provisoirement, les parents du papa qui se sont retrouvés brusquement sans logement. Ils vivaient dehors. Cette situation ne peut durer. Les parents cherchent également un logement.

Yvette, 38 ans (Description faite par une association)

Dans le cadre de l’association pour un départ « première fois » en famille, la famille s’est retrouvée dans la région de Savoie. Surprise : les médecins de ce département n’acceptaient pas la carte CMU. Le père de famille s’étant blessé à la cheville, l’hôpital du lieu a téléphoné à l’association pour demander un chèque qui couvrira les frais des soins à apporter. Pas d’assurance de paiement, pas de soins !!!

Carole, 36 ans (Description faite par une association)

Ayant fait le projet de partir en vacances en famille et l’ayant préparé toute l’année, elle décide de se battre pour retrouver son garçon placé depuis plus d’un an. Après de longues démarches et des rencontres, elle a réussi à revivre en famille et c’est maintenant la joie.

Thérèse, 36 ans (Description faite par une association)

Quand elle apprend que son fils doit faire de la prison, elle qui n’a pas de moyens de locomotion, décide d’aller le voir au moins deux fois par semaine. Ce qui a été difficile, c’est qu’elle apportait, cachés dans ses vêtements qu’elle portait très amples, des provisions. Car ce jeune n’avait pas assez à manger et, de plus, devait tout payer, jusqu’au papier-toilette.

Mireille, 40 ans (Description faite par une association)

En recherche d’emploi, elle pensait pouvoir mettre à la cantine son garçon de 3 ans et demi. Elle aurait eu ainsi la possibilité de se déplacer pour effectuer des démarches et trouver enfin un travail ou un stage.

Il lui a été répondu qu’il fallait que les deux époux travaillent pour que l’enfant soit intégré à la cantine !!!

Fariba, Fatma et d’autres (Propos recueillis par une association)

Il est important de souligner que l’accès au travail ne doit pas être soumis à tous types de discrimination, en particulier raciale.

Il y a trop d’injustice concernant l’accès au logement. Toute personne devrait pouvoir disposer d’un logement confortable et sécurisé d’autant plus que l’Etat, voire les représentants de l’Etat et du gouvernement : les Maires des communes sont responsables de la sécurité des citoyens.

Au vu de la situation des mal logés de la région parisienne, il est inconcevable que le gouvernement reste sans rien faire et se doit, d’après la loi S.R.U. de 2000, de proposer 20 % des logements de chaque commune à un statut de logement social, loi qui n’est pas respectée dans certaines communes de France.

Il existe encore des problèmes de mal-nutrition dans un pays comme la France !!!

Quand on parle de la France comme étant un pays d’accueil, quand on parle de liberté, égalité et fraternité, des questions se posent vis-à-vis de la situation des sans papiers et de l’organisation de la cité administrative de Lille. Mais encore du gouvernement qui ne trouve pas de solution ou qui ne souhaite pas apporter de solution au problème, à part celui du rapatriement à la frontière.

Nous trouvons qu’il y a une sorte de discrimination dans l’orientation des jeunes dès le collège et dans l’accès aux études supérieures, spécialement pour l’accès aux grandes écoles qui nécessitent que les étudiants aient des moyens financiers pour y accéder.

Pas mal de famille française et d’enfants ne sont jamais parti en vacances.

Dominique, 42 ans

Je voudrais travailler avec un suivi régulier. Mauvaise entente, au niveau curatelle pour l’argent. Pour trouver du travail, j’ennuie.

Le logement, j’en ai un. J’aimerais que ma curatelle m’équipe mieux et entende ma demande au niveau télévision, poste de radio et micro-onde. Je n’ai plus de bouteilles de gaz depuis 2 mois et demi. Elle a dit qu’elle allait passer pour faire le bilan de l’appartement. Elle est passé. Elle s’en fout carrément.

Socio dépressif, épileptique, tendance agressive. Suivi médical régulier, santé irrégulière et instable. On ne joue pas avec sa santé.

Thony, 22 ans

Je suis un jeune qui a de la volonté. Je veux m’en sortir dans la vie, pas toujours facilement.

La ville de Dunkerque fait n’importe quoi de l’argent de la ville. Je souhaite que ça change dans les années à venir. Je voudrais que les politiciens fassent des efforts. OK ?

J’ai galéré un an avant d’avoir mon studio et d’avoir des ressources. La galère, c’est pas d’argent, pas de logement.

Je voudrais parler à quelqu’un, devant lui, et non sur du papier.

La santé, on fait aller. On fait comme on peut et, parfois, pas comme on peut.

Didier, 45 ans

Beaucoup de papiers. Il faudrait voir les gens à l’œuvre pour juger. Beaucoup de papiers, je suis allé à l’ANPE et je n’ai rien compris. Atelier de l’ANPE mal adapté, informatique trop compliquée. Pas assez payé quand on travaille, plus le temps de bien faire le travail, rendement.

Pour le logement, trop de caution, trop d’argent à donner d’un coup quand on rentre dans l’appartement. Souvent trop cher, crise du logement… Petit et sale. Veux se sentir chez soi.

Personnellement, ma santé s’est améliorée. Papier en règle. Avant pas de CMU. Maintenant plus de prise en charge. Plus de gens de la santé.

La justice, c’est de la merde. Pas y mettre un pied là dedans. Avocat, je l’ai payé. Trop long et papier trop long. Beaucoup de papiers pour se faire défendre (il faudrait juste montrer un justificatif de ressources).

Je connais rien du tout. La formation, c’est pas rémunéré. Longtemps, je ne suis pas allé au ciné ou au théâtre. J’écoute souvent la radio et la musique. Certaines émissions ou théâtres sur la misère sont intéressants. Pas eu de vacances.

Presque pas connu mes parents. Enfance malheureuse. Fille pas connue. Tout du passé. Pas de présent.

Mélanie, 19 ans

L’insertion de l’emploi est essentielle pour qu’un être s’épanouisse. Travailler engage à prendre du plaisir, pouvant s’offrir ou faire ce que l’on a envie selon nos moyens. Travailler est la fonction pour obtenir un confort de vie agréable : accéder à un logement, pouvoir se nourrir et s’entretenir. Etre salarié nous offre notre indépendance.

Avoir un logement à soi permet de nous ouvrir plusieurs portes : être indépendant, avoir un confort de vie raisonnable, pouvoir se laver, manger, dormir en ayant un minimum. Un logement permet de prendre un rythme de vie normal et nous permet par là même l’occasion d’accéder à un emploi plus facilement.

La santé, c’est vivre avant tout dans les normes, dans le logement avoir une alimentation à peu près normale. La santé nous permet de travailler, d’élever nos enfants, d’avoir des projets.

La justice nous permet de vivre plus ou moins dans un minimum de respect. Sans la justice, ça serait la jungle ! Même si parfois elle fait des erreurs.

L’éducation nous apprend à avoir du savoir vivre. Elle nous permet d’accéder à l’insertion de l’emploi qui nous permettra de vivre. La culture est aussi importante pour que l’on puisse éduquer nos enfants, pouvoir répondre à leurs questions, les épauler lors de leurs scolarités !

Moi, question famille, je n’ai pas été gâtée. Mais je peux dire que depuis la naissance de ma fille, ma vie a pris un sens. J’ai des projets, l’envie de construire un avenir et je suis devenu une jeune fille sage depuis !

Carole, 40 ans

Difficile de trouver un travail fixe.

Je suis étonnée de constater qu’en 2005, beaucoup de gens dorment dehors… Dans un pays comme le nôtre, dit « civilisé », je trouve cela aberrant ! Que font les services sociaux ?!!!... Pourquoi les foyers de nuit sont-ils fermés ? (L’été, il pleut !)

Beaucoup de gens n’ont plus d’idéal.

La justice française est à revoir.

L’éducation, la formation et la culture : ça va.

Dans une société où l’enfant est roi, les parents finissent par avoir peur de leurs « propres enfants ».

Sila, 44 ans

Je suis mère de famille de 4 enfants. Mon mari est chauffeur poids lourds. Nous faisons tout pour nous en sortir. J’espère avoir une aide de vous. Car je suis très ennuyée. Le refus d’emploi est partout pareil. Pour cause de nationalité. Car mon nom, (à consonance étrangère) dérange certaines personnes. Je suis prête à faire n’importe quel emploi. Mon mari est chauffeur poids lourds + lafimo. Et aucune réponse pour lui à ce jour. Car en faisant toutes les boîtes d’intérim, les journaux et les coups de téléphone, aucune réponse. Car il a une carte de résident. Nous sommes très en colère. Car il y a une loi pour des personnes comme nous. Je voudrais avoir une réponse à ça.

Abdelkader (retranscrit par une association)

Famille de 6 personnes. Depuis 2001, il est accueilli dans le cadre de l’urgence dans un F3 du PACT (rien ne marche, installations en très mauvais état). Ses papiers ont été régularisés en 2002. Il travaille en CES à l’hôpital depuis mai. Il a écrit aux maires, au Préfet. Le PACT lui propose un F4 qui reste trop petit pour sa famille. Pour les autres, il n’est pas prioritaire.

Mustapha, 26 ans

Je suis arrivé en France, il y a deux ans. J’ai demandé à bénéficier d’un titre de séjour. Je suis « sous convocation », ce qui veut notamment dire que je ne suis pas autorisé à travailler. Je ne dispose donc depuis 2 ans d’aucune ressource. Je « survis » parce que des amis m’aident et qu’il y a les restos du cœur…

Dans le dossier que j’ai rempli pour obtenir un titre de séjour, il m’est demandé de « justifier de ressources ». En fait mes compétences en mécanique me permettraient de travailler. Un employeur s’est dit prêt à m’embaucher. Mais voilà. Ca n’est pas possible parce que je n’ai pas de papiers. Tout ceci est incohérent ! et je ne suis pas seul dans ce cas là !

Aïcha, 28 ans

La Préfecture a donné son accord : je vais être régularisé, mais mes papiers, huit mois plus tard, ne m’ont pas encore été remis.

Je suis enceinte de sept mois. Et la CAF m’a dit que je n’avais pas le droit à l’allocation prénatale aussi longtemps que je ne pourrais pas présenter mes papiers.

C’est urgent. Je vais perdre les droits à cause de retards administratifs. C’est la première fois que ma famille devait toucher quelque chose. Elle n’avait déjà pas eu droit à l’allocation rentrée.

Ahmed, 35 ans

Je suis en France en situation régulière. J’ai un titre de séjour. Mes enfants vont à l’école et ils obtiennent de bons résultats. Seulement, voilà, comme ils n’ont pas encore suivi cinq scolarités, en tant qu’étrangers, ils ne sont pas autorisés à participer aux voyages scolaires en dehors des frontières. A chaque fois, ça les rend malheureux de ne pas pouvoir accompagner leur classe. Ils pensent que ce n’est pas juste.

Marianne, 41 ans

Je suis actuellement hébergée chez ma fille, depuis plus de 8 mois, suite à une séparation. C’est très dure de trouver un logement avec très peu de ressources.

Olivier, 50 ans

J’ai galéré pendant plus de dix mois pour trouver un appartement. J’ai été hébergé chez un ami. J’ai finalement réussi à en trouver un par le biais d’une ‘association’. Je n’ai pas rencontré de problèmes depuis.

Nacéra, 41 ans

Je suis inscrite à l’ANPE depuis 2002, étant couturière de métier, toutes les annonces que je reçois ne sont pas appropriées. Et si on refuse certaines offres, on passe pour des « fainéants ».

J’ai travaillé pendant 6 mois avec les personnes âgées. On m’avait dit qu’une formation me serait proposée, mais je n’ai rien vu venir. Comme j’ai démissionné de mon poste auprès des personnes âgées, parce que c’était trop difficile pour moi, je n’ai eu aucune ressource.

Grâce à une association, j’ai appris à faire des lettres de motivation, contact téléphonique et faire un CV, chose que je ne savais pas faire avant. J’ai travaillé à Triselec, je trouve ce travail inhumain.

Heureusement qu’il existe des associations, parce que lorsque je suis arrivée en France avec mes 5 enfants, je ne savais pas où aller. Je n’avais pas de papier. Cela m’a permis d’accéder à un logement rapidement.

Grâce à la CMU, je n’ai pas de difficulté pour me soigner et soigner mes enfants. On trouve toujours des aides pour financer les soins.

Au niveau formation, je me renseigne (sur internet, par exemple). Mais je ne trouve aucune formation. Soit je suis trop vieille, soit je n’ai pas les diplômes nécessaires.

J’ai eu quelques difficultés par rapport à l’éducation de mes enfants. Il faut toujours être sur ses gardes, être autoritaire. J’essaye de toujours faire au mieux, mais parfois la situation me dépasse.

J’ai la chance et la possibilité de faire de la musique ainsi que mes enfants pour un coût peu onéreux. La musique et les sports les ont complètement épanouis. Ils sont beaucoup plus ouverts.

La famille est très importante pour moi. Je fais tout pour que tout se passe le mieux possible. Ils m’ont beaucoup aidé dans mes difficultés. Heureusement que l’on est une famille unie parce que je ne pense pas que je serais aussi bien que je le suis maintenant.

J’ai eu la chance de pouvoir partir en vacances grâce à une association. Cela m’a permis d’exister. J’ai tout assumé seule avec mes enfants (le train, la réservation…) Mais sans cette association, je n’aurais pas pu partir. Nous en avons beaucoup profité. Cela nous a fait beaucoup de bien.

Nathalie, 32 ans

Je suis en contrat CAE. Normalement je dois bénéficier d’une formation. Mais sous prétexte que ce sont de nouveaux contrats, rien ne peut m’être proposé pour l’instant. Le CAE que j’ai actuellement est un contrat précaire. Il est vrai que pour le moment il est un plus pour moi. Mais au final, il n’y aura aucune embauche. Ces types de contrat servent uniquement à faire baisser les statistiques du chômage.

Heureusement qu’il existe des associations (type hébergement) sinon je serais encore dehors. Malgré les enquêtes faites par rapport au logement et un résultat favorable, aucun bailleur ne me fait confiance. Pourtant, étant en CHRS depuis 2 ans et payant ma participation chaque mois, je serais tout à fait capable de payer mon loyer. Les délais d’attente pour un logement sont trop longs.

Grâce à la CMU, on peut se soigner facilement même lorsqu’on n’a pas d’argent. J’ai plus le souci d’être sûre d’avoir 20 € pour allez chez le médecin. Au contraire grâce à la CMU, dès qu’un de mes enfants est malade, je suis rassurée de savoir qu’il va être soigné.

Lorsque je souhaite que mes enfants fasse des activités sur Dunkerque, ça ne me coûte pas cher et en plus de nombreuses activités variées. Au niveau culture, l’accès au cinéma, au musée ou autre reste limité au vu du coût des entrées. Lorsque je vais à la foire de Dunkerque au mois de décembre, je ne peux pas faire faire à mes enfants autan de tours de manèges qu’ils le souhaiteraient.

Il y a beaucoup de structures adaptées aux besoins des enfants et des parents. Grâce à une association, j’ai pu partir en vacances avec mes enfants pendant 15 jours. Sans elle, je n’aurai pas pu partir et j’aurais privé mes enfants de très beaux souvenirs que l’on a partagé en famille.

VB, 35 ans

. Trop d’attente et beaucoup de demande, des fois sans réponses alors qu’il y a des logements vides. Mais les bailleurs sont trop exigeants en ce qui concerne le paiement du loyer. Car ils demandent des cautions, des garants, malgré que l’on est un minimum de ressources et qui sont mensuelles (RMI, API, à voir petit salaire). Mais dans certains cas des aides peuvent nous être attribuées.

Souvent les fins de mois sont difficiles, donc pour acheter à manger pour les enfants ce n’est pas toujours facile. Il existe des associations pour venir en aide. Mais y en a-t-il suffisamment ? Et pour qui ? Tout le monde n’en bénéficie pas…

Cantine : lors d’une grève, les enfants qui vont à la cantine le midi ne peuvent pas y aller. Pensez aux parents qui travaillent ou non, que leur journée est programmée et qui se retrouvent face au problème « du comment je vais faire ? ».

Il serait bien d’instaurer une solution à ce problème ne serait-ce que de leur programmer un midi pique-nique (ex : sandwich…) afin de ne pas tout chambouler (aussi bien enfants que parents).

Latifa, 38 ans

J’en suis à ma 2ème année de C.E.C cela va durer encore 2 ans mais ensuite retour à la case départ : A.N.P.E. Comment voulez-vous qu’on s’en sorte ?

Cela fait 2 ans et demi que je vis en foyer avec mes 4 enfants il serait temps que nous ayons un vrai logement.

Jeune femme, 27 ans

Je suis l’aînée de 9 enfants. Mes parents n’ayant pas beaucoup de ressources, ils n’ont pas pu me payer des études. Je suis donc considérée comme quelqu’un qui n’a pas de connaissances. Je serais donc obligée d’accepter ce que les diplômés ne veulent pas faire si je veux pouvoir nourrir mes enfants.

J’ai 2 enfants et je ne touche que le RMI. Je suis donc en CMU. Mes enfants ont besoin de soins pour leurs dents, leurs oreilles. C’est vraiment difficile de se faire passer comme un moins que rien quand on arrive chez un médecin et que vous présentez votre CMU, ou lorsque c’est indiqué en grand dans le secrétariat.

Je suis au RMI, j’ai 2 enfants. Leurs seules vacances, ce sont le centre qui heureusement leur permet de changer d’air. Je ne suis jamais sortie de la région.

Jeune femme, 27 ans

J’ai travaillé en C.E.S à Triselec pendant 1 an et ça m’a bien plu, je recommencerais bien.

J’ai des problèmes de nervosité et beaucoup de stress. Je voudrais m’en sortir un jour. Car j’en ai marre.

Je n’ai jamais connu mon père. J’ai 27 ans et 2 enfants de 4 ans et 5 ans. Mes enfants me demandent toujours après leur grand-père. Est-ce qu’elles le verront un jour ?

Je voudrais qu’ils travaillent bien à l’école. Mais j’ai ma fille de 5 ans qui a beaucoup de problèmes : le langage et le psychologue, etc…

Sandrine, 31 ans

Je vis seule avec mes deux enfants âgés de 9 et 6 ans. Je n’ai comme seul revenu le RMI. Car j’ai du arrêter mon activité professionnelle à mi-temps. Car malheureusement les femmes divorcées ou séparées ne sont pas suffisamment aidées par l’Etat. Et à l’heure actuelle j’ai du attaquer mon ex-concubin en justice pour le non paiement de la pension alimentaire.

Comment faire pour vivre normalement en sachant qu’à chaque passage au tribunal la greffière m’apprend que l’audience est reportée ? Car non ex-concubin ne s’est jamais présenté !

Mais grâce à l’association, que je remercie tout particulièrement, nous retrouvons le sourire. Chaque mois une personne de cette association nous apporte de la nourriture mais aussi beaucoup de soutien moral.

Gérard

Membre d’une association, j’ai été appelé en août 2004 (période de canicule) à aider une famille chez qui on avait coupé l’eau suite au non-paiement de plusieurs factures.

Cette famille de 5 enfants (13 ; 11 ; 9 ; 3 ans et un bébé de 6 mois) touchait le R.M.I. (père au chômage) et les prestations sociales ; ce qui leur laissait un reste à vivre après déduction des charges incompressibles (DF, loyer, assurance, gaz etc) de 4,50 € par jour et par personne.

L’association a payé le lait pour le bébé et acheté 2 jerrycans en plastique pour permettre au père d’aller en mobylette, plusieurs fois par jour s’approvisionner en eau au robinet public situé à l’entrée du cimetière de Coudekerque Branche.

Cette pauvreté là, ce n’est pas l’Afrique ni l‘Asie. C’est peut être votre voisin…

Brigitte 49 ans

Mère au foyer depuis 2 ans, ayant à ma charge deux adolescentes, je recherche pour moi-même un emploi sans aucune réponse ou alors en guise de réponse : vous ne rentrez pas dans nos critères.

On fait quoi ? Nous attendons que jeunesse se fasse et vieillesse se passe ?

Jamais je ne suis partie un mois en vacances avec mes filles. Ressources trop faibles pour pouvoir partir. Et le coût de la vie ne cessant d’augmenter, où va-t-on ?

Je réside depuis 1972 dans un appartement. Il faudrait refaire toute l’installation sanitaire, plomberie, lavabo, baignoire. Excuses : pas de subvention pour réparer. Mais le bailleur préfère construire d’autres immeubles. Où vont-ils chercher l’argent ?

La CMU ? Superbe lorsqu’on ne peut pas avoir sa propre mutuelle, point de vue ressources. Dégradant pour la même raison. En plus si le ministre de la Santé supprime certains remboursements de médicaments, les familles modestes et les plus démunies vont en souffrir.

L’alimentation rejoint le sommeil, prendre sa tête comme un ordinateur pour mettre les deux bouts ensemble cela donne « très peu de sommeil et une alimentation minime ». En bref, on ne peut pas payer toutes ses factures et puis vivre bien.

Pour le respect de la parole et l’égalité une seule chose à dire : vivre en harmonie, rester humble, tout en restant fier de sa personne. La vie c’est un éternel combat par elle-même.

Je vous adresse ces témoignages avec ressenti. Une personne blasée qui a la tête bien accrochée sur ses épaules.

L’école, l’inquiétude financière pour commencer, le manque de personnel, l’Education Nationale n’est vraiment plus comme avant.

J’ai vraiment l’impression que nous repartons vers le riche et le pauvre.

Tickets loisirs, petit voyage d’un jour organisé, une à deux fois pour les enfants au mois de juillet et août.

Aucun dialogue. Mis à par mes enfants. Trop de misère à notre époque et surtout d’indifférence, sur cette terre. Autrui ne cherche même plus à comprendre l’autre.

Roger, 50 ans, Josiane 49 ans.

Aujourd’hui, la fortune s’amuse. Les pauvres font des enfants. Faut bien que ces enfants assurent. La fortune des riches et des profiteurs. La politique aujourd’hui, c’est de faire des pauvres démunis de tout. Les associations caritatives, c’est de se démerder avec eux. Un riche a droit de porter plainte contre un pauvre. Un pauvre n’a pas le droit de porter plainte contre une poubelle. Car c’est son gagne pain.

Josiane, 49 ans

J’ai eu beaucoup de malheurs dans ma vie. Car, au départ, j’ai été placé dans plusieurs foyers et à l’orphelinat. Ensuite je me suis mariée. Malchance, mon mari est décédé à l’âge de 32 ans. Après son décès, quelques années après, je me suis mise en ménage avec un homme très méchant qui me frappait, profitait de mon argent et de ma carte bancaire. A cause de lui, j’ai perdu mon emploi que j’aimais bien. Ensuite, j’ai été hospitalisée pendant une année à Bailleul. Sans revenu, suite à cette hospitalisation, j’ai effectué une cure de 3 mois à l’EPSM des Flandres à Dunkerque. Suite à un retard à mon foyer d’hébergement, j’ai passé une nuit dehors. J’ai intégré à Cappelle la grande à l’EPSM une semaine, dans cet établissement. Après cela, j’ai intégré un établissement à Saint Pol sur mer sans sécurité. Suite à un passage en désespoir à l’Estaminet du cœur des restos du cœur, j’ai fait la rencontre d’un homme très humain qui m’a prise en charge comme si j’étais sa propre sœur et depuis ce jour, ma vie a changé. J’espère que maintenant cela continuera. De ma rencontre avec celui-ci, j’ai rencontré d’autres personnes qui ouvrent leurs yeux et pour aider les gens avec de faibles moyens et beaucoup de volontés. Ce sont des gens formidables qui agissent. Mon seul regret, d’avoir perdu ma chienne et mes chats. Une seule famille qui me reste, mon beau frère, sa femme, ses enfants et la mère de sa femme. J’aime bien les enfants, faire du tennis, tricoter, faire des perles et des dessins. La vie est injuste.

Roger, 50 ans

En mai, je fais la rencontre de Josiane, dans un lieu de solidarité. Une petite voie me dit : prends la et aide-la. Chose faite, je déclare à la C.A.F. que j’héberge à titre gracieux. Un contrôleur vient à mon domicile et je dis bien au contrôleur qu’il n’y a pas ménage ni concubinage. Le contrôleur répond : je suis obligé de vous considérer en ménage et de supprimer son R.M.I. Un courrier devait nous être envoyé si l’on contestait la décision et à ce jour j’ai toujours rien.

Alors, avec quoi Josiane va vivre ? Surtout que je n’ai que 30 € par semaine pour manger. Alors, c’est quoi être solidaire auprès de gens qui sont dans la rue et que Josiane était un oiseau pour le chat, et les problèmes de santé qu’elle rencontre. Vive la C.A.F.

Josiane si elle veut retrouver son dû, je dois la remettre dans la rue ou je dois prendre un logement, avec quel revenu ?

Elle est belle la vie !

Josiane m’a fait part de ses problèmes. Elle ne perçoit que le R.M.I.. Une loi dit bien que l’onj ne peut pas faire de saisie sur ces versements. La Banque, j’aime pas. Elle s’est permise de régler une somme de 150 € alors que son compte était vide. A ce jour, la banque réclame les fonds. Mais Josiane a été mise sous tutelle renforcée et j’ai fait part de cela à son tuteur. Il ne peut s’engager à régler la dette du fait de ses revenus. Surtout qu’elle a une autre dette, suite à son hospitalisation où l’A.S. n’a pas fait le nécessaire auprès de la sécu. Résultat : 560 € à rembourser. Alors la banque le fait avec le R.M.I.. Comment régler la conscience professionnelle. Combien de gens sont dans le même cas…

Yvette, 48 ans

« Trop vieille pour travailler ! » On est trop vieille dès 40 ans.

Depuis 2 ans que j’attends un autre logement aux H.L.M.

Cela fait 10 années que je demande qu’on m’installe le gaz. Car le fuel revient trop cher. Quand on réclame pour les travaux, ils sont jamais là pour les faire.

Marceline, 43 ans

Je suis adulte handicapée et sous tutelle.

Ma tutelle nous a trouvé une maison pour 6 ans. Les murs sont pleines de trous. L’électricité ne fonctionne pas. Ma cave est inondée depuis 1 mois. La plomberie est usée. Le propriétaire ne veut pas faire de travaux. Je paie 450 € par mois et ai 380 € d’A.P.L. Je suis écoeurée du prix que je paie pour un logement insalubre.

Mes deux enfants sont placés depuis la naissance. Quand ils ont été pris, nous n’avons pas su pourquoi. Personne ne nous l’a dit. Je crois que c’est du racisme parce que nous sommes handicapés. Nos droits ne sont pas respectés.

Nous voulons savoir si vraiment on les aura un jour avec nous. Quand nous étions dans l’autre logement, nous ne pouvions pas les avoir. Car l’appartement était trop petit. Ils nous ont fait déménager pour pouvoir les accueillir. Je ne les crois plus.

Ils disent papa et maman à des étrangers et nous, ils nous appellent par notre prénom. Ils sont gâtés, pourris. Nous pensons que nous ne sommes pas leurs parents. Quand les enfants nous voient, ils nous réclament des cadeaux qu’on ne peut pas leur offrir. Depuis qu’ils sont scolarisés, nous n’avons jamais reçu de bulletins scolaires. On voudrait savoir ce qu’ils font à l’école.

Quand ils vont en vacances, ils ne nous le disent pas (l’éducateur). Ils ne nous écrivent jamais. Pourtant on leur écrit.

Le psychiatre a dit que mon fils devait être hospitalisé suite aux grosses bêtises qu’il a faite. Il a des pulsions. Depuis on ne l’a plus vu et on ne sait pas où il est. Bernard a demandé pour voir le psychiatre pour savoir s’il est bien là bas. Mais on ne nous écoute pas. Nous sommes très inquiets. Notre couple ne va pas bien, à cause de ça. Nous sommes malheureux.

Je sais que mon fils est bourré de médicaments à l’hôpital. C’est un zombi. Et nous avons peur qu’il ne nous reconnaisse plus. Quand ils sont malades nous n’avons pas les certificats médicaux.

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