le journal n° 79 - novembre 2007

journal n° 79 - novembre 2007

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Sommaire

- Témoigner, et après ?
- Pour des assises locales de la solidarité
- Témoignages
- Entendu, reçu, échangé
- Que fait le Carrefour des solidarités ?
- Conversation avec Véronique
- Le soleil était de la partie…
- Les migrants étaient place Jean Bart
- Les migrants, c’est aussi Dunkerque !
- La pensée du mois
- La recette du mois

Témoigner, et après ?

Les « rendez-vous citoyens » qui se sont déroulés le jour du refus de la misère ont été l’occasion pour beaucoup de témoigner de leur souffrance, mais aussi de leur espoir. Moments intenses d’échanges et, parfois, d’émotion pour ceux qui ont parlé, comme pour ceux qui ont écouté. C’est important de pouvoir parler comme de savoir écouter. Mais est-ce suffisant ? Prendre au sérieux ce qui a été dit ne nous oblige-t-il à aller plus loin ?

Depuis plusieurs années que les associations ont pris l’initiative de provoquer des « Rendez-vous citoyens », à l’occasion de la journée du refus de la misère, ils ont été le théâtre de nombreux témoignages, parfois aussi de ras le bol, voire de critiques.

La première suite que nous avons donnée à ces témoignages, c’est de les rassembler dans des cahiers qui leur assurent une diffusion plus large. Cette année, nous avons édité « Paroles de souffrance et d’espoir » qui reprend les paroles échangées. A ceux qui auraient la tentation de baisser les bras : lisez les. Ils sont riches de cris, de douleurs, mais aussi d’espoir et de reconnaissance pour le travail que les professionnels et les bénévoles font quotidiennement.

C’est parce que cela ne nous paraissait pas suffisant que nous avons lancé, profitant des élections locales qui se profilent à l’horizon, l’idée d’assises locales de la solidarité. Notre intention n’est pas de renouveler une quelconque opération de communication. Les quatre temps que nous proposons (cf page suivante) sont là pour s’assurer, qu’au bout du compte, on arrivera bien à trouver un certain nombre de solutions nouvelles à ce qui, malgré les efforts de beaucoup, continue à ne pas marcher. On n’est jamais exemplaire tant qu’un de nos concitoyens ne peut pas s’acheter à manger ou qu’une femme avec trois enfants doit se loger à l’hôtel à côté de nos amis de la rue ou attendre trois ans avant de trouver autre chose que 12 m².

Est-ce encore suffisant cependant ? Témoigner, diffuser ces témoignages, inventer des solutions nouvelles. Et après ? La vraie force de ces témoignages, c’est qu’ils montrent que ceux qui vivent la misère, non seulement savent parler, mais surtout, inventer eux-mêmes les solutions adaptées à leurs problèmes. Ils ne rejettent pas l’aide que les associations ou les différents services peuvent leur apporter. Beaucoup ont d’ailleurs manifesté leur reconnaissance. Ce qu’ils réclament, c’est d’avoir la possibilité de construire leurs solutions.

Alors, on est quelques uns, au Carrefour des solidarités, à penser qu’on n’a pas terminé notre premier temps de travail des assises de la solidarité locale en diffusant les témoignages. Ne devrait-on pas, avec les personnes et les familles qui vivent les difficultés de la vie, faire le bilan des initiatives qu’ils ont prises, identifier ce qu’il leur manque pour que ces initiatives puissent aller jusqu’au bout, leur demander quelles initiatives ils voudraient prendre si on leur en donnait la possibilité.

Qu’en pensez-vous ?

Le Carrefour des solidarités

Pour des assises locales de la solidarité

Refuser la misère, c’est prendre toutes les dispositions nécessaires pour que celle-ci diminue et que ses conséquences soient moins rudes pour ceux qui la connaissent. En assemblée générale, le Carrefour des solidarités a donc décidé de mener, avec tous ceux qui le voudront bien, associations, pouvoirs publics locaux et départementaux, administrations, un travail d’une année pour aboutir à des Assises locales de la solidarité à l’automne prochain. Notre dernier conseil d’administration a donné son accord pour que le travail d’une année se déroule en 4 temps, si nos partenaires potentiels en sont d’accord.

1° temps : Ecoute et mobilisation de ceux qui connaissent et vivent la misère,
automne 2007

Les « Rendez-vous citoyens » du 17 octobre 2007 ont rassemblé dans cet esprit les témoignages de souffrance et d’espoir. Nous espérons pouvoir travailler avec ceux qui ont témoigné pour dégager les solutions auxquelles ils pensent.

2° temps : Les rencontres de la solidarité,
fin de l’hiver 2008

Ceux qui interviennent quotidiennement auprès des personnes qui vivent la misère doivent faire un état des lieux des dispositifs de lutte et de réponse qui ont été mis en place. Qu’ils soient intervenants professionnels ou intervenants bénévoles, leurs diagnostics de la situation et les préconisations qu’ils peuvent faire sont indispensables. Ces rencontres pourraient se dérouler à la fin de l’hiver 2008.

3° temps : Les tables de négociation avec les élus et les administrations,
printemps 2008

Les témoignages de ceux qui souffrent, l’expérience de ceux qui interviennent à leur service auront permis d’identifier là où des améliorations peuvent et doivent être apportées par les responsables publics. Les tables de négociations avec les élus, en partie nouveaux après les élections municipales et cantonales, et les administrations devront permettre d’analyser ce qui est possible de faire concrètement dans les années qui suivront. Ces tables de négociations ne seraient pas publiques pour éviter les effets « communication ». Ce ne sont pas des promesses publiques auxquelles nous voulons arriver, mais à un programme de travail réaliste. Ces tables de négociation pourraient se dérouler avant l’été 2008.

4° temps : Les Assises de la solidarité locale de la région dunkerquoise,
octobre 2008

Ce n’est qu’après les trois premiers temps de travail, qu’il nous paraîtra possible de rendre public les problèmes identifiés et les engagements réalistes pris par les uns et par les autres. Ces Assises devraient se tenir à l’automne 2008.

Ensuite, nous tiendrons tous les deux ans, au cours des journées du refus de la misère, le bilan des engagements pris.

Témoignages

Les rendez-vous citoyens du 17 octobre dernier ont été d’une richesse formidable. On ne peut pas les citer tous. Vous pouvez les retrouver dans le recueil « Paroles de souffrance et d’espoir », demandez-le au Carrefour des solidarités, ou lisez les sur notre site. En voici cependant quelques uns parmi ceux que Thérèse a lu devant la stèle des droits de l’homme, samedi 20 octobre.

Françoise

Il a 15 ans et vient d’Afghanistan. Il était à l’école des Talibans. Ils voulaient l’enrôler de force dans leur armée. Il a refusé, ils l’ont menacé de mort. Il a quitté son pays pour trouver refuge dans un pays libre.

Il est né en 1985, il vient d’Iran. Sur un bout de papier, il dessine une silhouette de femme qui pleure. Il ne parle pas français et me fais comprendre que c’est sa fiancée qu’il a laissée là-bas pour trouver l’eldorado, avoir une meilleure vie. Il a des larmes plein les yeux.

Hélène

L’alcool, c’est le moyen le plus accessible pour oublier les soucis. Mon père était malade de l’alcool. Le seul endroit où ma mère et moi on a trouvé un endroit où on pouvait être aidé, ça a été Vie libre. Ca a été pour nous deux, un espoir formidable. Trouver des gens qui croyaient qu’on pouvait se sortir de l’alcool et s’en sortir ensemble.

Ici, à la maison des services, on est là pour nous écouter. On peut mourir de solitude. Mais trouver un endroit où on est vrai, où on vous écoute sans être jugé, c’est ça qui nous permet de tenir.

Khadidja, 56 ans

Je vis seule avec trois enfants. Je vis avec le R.M.I. Je viens à l’Accueil de Jour pour prendre mon petit-déjeuner et prendre ma douche. Je suis contente. Les gens sont gentils et polis. Je vis dans un logement sur Petite-Synthe. Il n’y a pas de salle de bains ni de chauffage. J’ai beaucoup de soucis. J’ai encore quatre enfants qui vivent en Algérie. Depuis 1999, je ne suis pas parti là-bas. Quand j’aurai 60 ans, j’espère avoir une petite retraite.

René

C’est difficile de remonter la pente. J’ai dû faire une procédure de surendettement. Je cherche mes solutions seul. J’aime mieux résoudre mes problèmes moi-même. Mon souhait est de trouver un logement, c’est difficile car il faut payer des cautions et je n’ai qu’une petite retraite. Actuellement, je suis hébergé chez une personne. Mais ce n’est pas chez moi. Je ne peux pas faire ce que je veux.

J’ai commencé à travailler à 14 ans, de 14 à 15 heures par jour. Je ne pouvais pas faire d’heures supplémentaires. Je travaillais dans la charpente métallique et j’ai fait une chute de 12 mètres. Je connais bien l’association et ce qui se fait ici. Le bilan de santé, je sais que ça existe, mais je n’y vais pas. Je ne connais pas le médecin. Et puis, on sert de cobaye. Je vais seulement voir mon médecin. Je suis venu ici avec Jean-Pierre, j’ai connu des personnes, c’est un lieu de confiance.

Salmata

C’est vrai. On peut s’en sortir tous les jours même quand on n’a pas grand-chose. On peut se faire belle avec peu de choses. C’est même important de ne pas cesser de se faire belle. Et quand on fait découvrir d’où chacun de nous peut venir, de Madagascar, des Comores, du Maroc et de pleins d’autres pays, on peut emmener les gens dans des voyages pour lesquels ils n’auront rien à débourser. Avec un simple fil, on peut faire des merveilles de broderie.

Il y a des riches. Il y a des pauvres. Il y a des gens qui ont du pouvoir. Il y en a qui ne peuvent pas grand-chose. Il y a des beaux. Il y a aussi des moches. Mais il y a un soleil pour tout le monde. C’est le même. C’est pourquoi il devrait il y avoir de la justice pour tout le monde.

Nous, dans notre association, ce qu’on veut montrer avec les gens, c’est qu’avec peu de choses, on peut se nourrir, on peut se soigner, on peut être élégant. Nous, en Afrique, nous avons une habitude. Souvent nous connaissons le malheur ou nous connaissons la misère. Mais cela on le fait en chantant. Et ça change tout.

Ne croyez pas qu’on baisse les bras et qu’on accepte volontiers notre situation. Il y a toujours des gens qui nous mettent des bâtons dans les roues. Alors on se montre encore plus fort pour leur montrer que malgré eux, on est toujours là. Et ce qui nous permet de tenir, c’est de voir que partout, il y a des gens qui partagent leur savoir faire. Alors on ne peut pas s’arrêter. Dans tous les pays, il y a des fiascos. Il y a aussi des gens qui partagent.

Entendu, reçu, échangé

J’ai entamé une procédure de surendettement et je viens de recevoir le plan d’apurement. Qu’est-ce que c’est ? Qui peut m’aider à comprendre ?

Tranquillisez-vous ! Il s’agit certainement du plan, dans le temps, de vos nouveaux remboursements. N’hésitez pas à vous faire aider par un ou une professionnelle qui vous expliquera calmement à quoi ce plan vous engage. Vous en trouverez auprès de votre C.C.A.S. ou auprès de votre assistante sociale. S’ils ne savent pas bien le faire, on vous orientera vers quelqu’un de spécialisé.

J’ai besoin de déménager et je n’ai pas les ressources suffisantes pour faire appel à une entreprise de déménagement. Que puis-je faire ?

On a déjà répondu à cette question dans le numéro d’octobre. Mais on a eu le temps de compléter nos informations.

Outre l’A.J.S., dont on a déjà parlé, il y a aussi, si vous bénéficiez du R.M.I., Mobilier 5R au P.A.C.T.. Appeler Monsieur Loyer au 03 28 66 88 44. La Saint Poloise, association qui rénove les meubles usagers, peut aussi intervenir pour des déménagements sur l’ensemble de l’agglomération. On peut joindre Monsieur Bertoux au 03 28 60 83 63. Sachez-le, cependant. Aucun n’interviendra s’il vous reste quelque moyen pour en appeler aux professionnels.

Tard dans la nuit, le 115 ne répond toujours pas !

Nous le savons malheureusement. Même les gendarmes ou le commissariat de police qui, en dernier recours, devraient apporter une réponse, sont parfois aussi démunis… Certains parmi nous on déjà pu le constater.

Que fait le Carrefour des solidarités ?

Comme l’année dernière, nous avons pu rassembler les informations concernant les activités du Carrefour des solidarités sous la forme du nombre de personnes et du temps pris par ces personnes dans ces activités. Ce constat a été présenté au dernier conseil d’administration. En voici quelques éléments.

189 personnes ont participé à une ou plusieurs activités du Carrefour des solidarités de septembre 2006 à fin août 2007.

- parmi ces 189 personnes, 47 sont issues d’organisations partenaires,
- les 142 autres sont issues des 5 collèges de l’association,
- parmi ces 189 personnes : 139 sont bénévoles, 50 sont salariées

Au total, il y a eu 3 692 heures/personne d’activités, réparties de la manière suivante :

- 610 h/pers pour les instances associatives, soit 14, 7 %
- 198 h/pers dans des réunions stratégiques, soit 4,8 %
- 1 216 h/pers dans des coordinations d’action, soit 29,4 %
- 946 h/pers dans des formations, soit 22,8 %, dont les formations organisées par l’U.R.I.O.P.S.S.
- 266 h/pers pour l’observation, soit 6,5 %
- 132h/pers pour la communication, soit 3,2 %
- 450 h/pers pour la mise en valeur de la parole des usagers, soit 10,9 %

en matière de communication :
- le journal mensuel est diffusé à plus de 400 exemplaires photocopiés.
- Le site a atteint, fin octobre, sa 6000° connexion depuis février 2007, soit en moyenne 36 connexions par jour. Depuis cette ouverture, les connexions les plus nombreuses se font :
o 1. la recherche d’information sur les associations du Carrefour, aussi bien les cartes de visites que les visites elles-mêmes,
o 2. la lecture du petit journal mensuel,
o 3. la rubrique : comment agir avec nous qui renvoie principalement vers les associations..

Conversation avec Véronique

En marge des rendez-vous citoyens, nous avons pu interroger l’une des personnes qui venaient de témoigner. Elle nous dit combien c’est difficile de parler de sa misère. Merci à Angélique de nous l’avoir fait comprendre avec simplicité et à Elizabeth d’avoir recueilli ces paroles.

- Pourquoi c’est difficile de parler en public ? Qu’est-ce qu’il se passe alors ?

- Les gens, quand il y a trop de monde, c’est impressionnant quand même. On est fragile. Donc, le fait de devoir expliquer la misère qu’on a, qu’on vit, on peut pas s’empêcher de pleurer, de craquer.

- Tout revient à chaque fois…

- Tout ! Et encore, on n’explique pas dès le départ : la misère du départ, comment ça arrive. Parce qu’on a en pour longtemps à expliquer.

- Comment alors vous arrivez à expliquer votre situation…

- Faut bien parler. Sinon, on n’est pas aidé. Déjà. Donc, on est bien obligé de parler, d’expliquer ce qui nous arrive et pourquoi, comment… Si on n’explique pas tout ça, on n’a pas d’aide. Et puis, rien dire… Dire : J’ai besoin d’aide… ! On va la, on va là, on va là et : répéter, répéter, répéter. A chaque fois, faut ré-expliquer, tout, toujours ? Moi, je craque.

- Et vous ne ré-expliquez pas tout…

- Ben non, on ne peut pas repartir à zéro à chaque fois. Pour expliquer avant… Comme là, (NDLR :au cours du rendez-vous citoyen), j’ai expliqué à partir d’avril alors que l’association, ça fait deux ans qu’ils m’aident. Mais bon, j’ai eu d’autres situations avant, dans d’autres endroits : on n’en parle plus. C’est passé. On vit une autre situation. C’est autre chose, et encore pire. On ne parle plus du reste. Le reste, c’est passé. Ce qu’on vit là, à l’instant présent, ce qui arrive : c’est de ça qu’on doit parler.

- Qu’est-ce que ça fait de dire, presque : avant, il n’y avait rien. C’est possible ça ?

- Ben non, on y pense tout le temps. C’est tout le temps là. Mais quand on va demander des aides, on parle pas d’avant. Ils s’en foutent d’avant. C’est la situation présente qui intéresse. La situation avant, soit on a été aidé, soit on n’a pas été aidé. Mais c’est déjà passé. On ne peut plus reparler de la situation d’avant. Si on a besoin de l’aide, c’est avec ce qui se passe en ce moment, ce qu’on vit actuellement.

- Et vous pouvez parler de projet ?

- Non. Je ne peux pas du tout parler de projet. Parce que je ne sais pas où je serais dans une semaine ou dans un mois. Je reste positive, c’est clair. Je tomberai pas plus bas. Je relève la tête. J’ai des enfants, je ne peux pas baisser les bras, c’est pas possible.

Le soleil était de la partie…

Mercredi 17 et samedi 20 octobre, le soleil était de la partie pour notre façon de faire le « refus de la misère ». ATD Quart Monde qui a lancé le premier le mouvement et les collectifs Alerte qui ont suivi n’ont pas eu à rougir de nos initiatives. Cela faisait plusieurs mois qu’avec les CCAS, principalement celui de Dunkerque, les associations du Carrefour des solidarités et leurs partenaires préparaient l’évènement. Affiches, programmes et tracts imprimés par les soins du CCAS de Dunkerque étaient à l’heure et ont permis de faire connaître notre initiative.

Les « rendez-vous citoyens » ont été de vrais moments de parole. Les personnes qui vivent la misère ont pu s’exprimer, même si pour certains c’était encore difficile. Les témoignages ont été rassemblés en un temps record. Pris en note le mercredi, ils ont été écrits, saisis, mis en page dans la journée de jeudi et imprimés toute la journée de vendredi, pour être distribués le samedi.

Dès le samedi matin, salariés et bénévoles étaient à l’œuvre Place Jean Bart pour monter les tentes et autres podiums. Puis cérémonie courte et digne devant la stèle des droits de l’homme. L’essentiel était les paroles de souffrance et d’espoir transmises au nom de ceux qui sont dans la misère. Certains d’entre eux étaient là. Bien sûr, les représentants des associations. Mais aussi des élus. Certains d’entre eux ont pu manifester leur accord sur le projet des Assises locales de la solidarité, sorte de continuation de ces journées.

Chacun, à sa manière, a été heureux de l’après-midi. Quelque chose s’est passé que la grande tresse en chiffon a symbolisé et que l’envie de danser entre jeunes étudiants et jeunes qui ont connu la galère au son de la musique proposée laisse deviner. Trop de choses à raconter : du bon, du moins bon, du réjouissant, du questionnant. Nous en ferons collectivement l’évaluation. Mais le soleil a brillé pour tous ceux qui étaient là. Merci à tous.

Merci à tous. Difficile de les citer tous et toutes : l’AJS et son café, Emmaüs et les merguez, l’accueil de jour et le tressage, Saint Vincent de Paul, le Phare et les autres pour leurs paniers, la maraude et leur présence attentive, les directeurs de structures et les élus, les salariés du CCAS qui ont peu dormi cette semaine, la Croix Rouge et sa permanence, l’ACL et son atelier, l’APHAM et l’AAE Profil, l’animateur micro et ses interventions sobres et pertinentes, tous ceux qui sont passé parce qu’ils l’avaient prévu ou par hasard, les musiciens et leur programmatrice, le théâtre du Hérisson, les salariées du Carrefour, ceux qui ont procédé aux démontages et qu’on oublie toujours… Et je vais me faire taper sur les doigts par ceux que j’ai oublié. Bravo à tous ! Jean-Marie

Les migrants étaient place Jean Bart

L’association Salam est désormais membre du Carrefour des solidarités. C’est à sa demande que le dernier Conseil d’administration a répondu positivement en donnant son accord. Evidemment, Salam était présente, Place Jean Bart, lors du refus de la misère. Et pas seuls…

Pour la première fois, l’association Salam a participé à la journée mondiale du refus de la misère. A cette occasion, un stand était tenu par les bénévoles, agrémenté par une expo photo réalisée par Julien Brygo, jeune journaliste ayant passé quelques jours sur le site de Loon Plage.

Cette journée était l’occasion d’expliquer « la misère »vécue par nos amis migrants aux personnes qui se sont arrêtées sur notre stand. Cette misère existe à deux pas de chez nous, dans le silence le plus total. Ces jeunes fuient leur pays et « vivent » dans des camps de fortunes, cachés dans les dunes de Loon Plage dans l’espoir d’atteindre l’Angleterre.

A notre grande surprise, cinq d’entre eux, cinq migrants comme on dit, se sont déplacés place Jean Bart acceptant de témoigner de leur vie depuis le départ du pays.

Housseine nous offre son témoignage et par la même occasion une leçon de vie et d’espoir. Sa parole a été recueillie par une étudiante de l IRTS, aidée dans la traduction par deux jeunes étudiants algériens.

« Je suis arrivé en France il y a quinze jours à cause de la guerre en Irak. Je viens de Bagdad. J’étais menacé par les extrémistes islamiques. Mon frère a été assassiné. Mon but est d aller en Angleterre. Mais je suis coincé en France. Donc je cherche de l’aide matérielle et psychologique. Je suis passé par la Turquie, la Grèce, l’Italie et enfin la France. Je pense qu en Angleterre la vie est plus facile. Salam vient nous voir. Car nous vivons dans des tentes. Ils nous amènent des vêtements, à manger. La police vient et enlève nos tentes, met nos affaires à la poubelle et nous demande de quitter le terrain. La police ne peut nous expulser car nous sommes en danger de mort. Je suis venu en France à mes risques et péril. »

Manuella

Les migrants, c’est aussi Dunkerque !

Depuis plusieurs années, les associations venant en aide aux migrants se sont regroupées autour du Carrefour des solidarités : lieu de concertation et de cohésion et d’échanges. Toutes ces associations ont un objectif commun : apporter une aide aux migrants qu’ils soient de passage ou qu’ils demandent l’asile.

Depuis la fermeture de Sangatte, des migrants de passage errent sur tout le littoral. La grande majorité d’entre eux ne demandent pas l’asile en France. Leur souhait est d’atteindre l’Angleterre. Ils fuient la guerre, la faim. Ils cherchent tout simplement à vivre mieux.

Les migrants, c’est Calais bien sûr mais c’est aussi Dunkerque. Ils fuient Calais et la répression policière. Ils vivent près de chez nous dans des campements de fortune, à l’ouest de l’agglomération, tapis dans les buissons. Dès que le campement dépasse les 60 personnes, la police intervient, détruisant leurs abris de fortune, hiver comme été, emmenant : tentes, habits, médicaments et autres affaires personnelles.

Les pouvoirs publics veulent éviter à tout prix un nouveau Sangatte. L’objectif gouvernemental est de décourager les migrants sur place pour que ceux qui suivent renoncent au voyage. La technique ne marche guère puisque de Dunkerque à Cherbourg, un millier de migrants végètent dans la nature selon la Cimade.

Sangatte n’est plus depuis 2002. Mais Sangatte a laissé place à des centaines de campements improvisés, sans hygiène et sans espoir. Des invisibles qui risquent à tout moment l’expulsion, alors qu’ils n’aspirent en aucune façon à rester en France. Par contre, la France est prête à les renvoyer au nom d’une politique d’immigration qui se voudrait désormais choisie.

Thérèse

La pensée du mois

Dans un gouvernement qui emprisonne injustement,
la place de l’homme juste
est aussi en prison.

Henry Thozeau . USA

La recette du mois

La soupe à l’oignon
Pour 4 personnes

Ingrédients :

- 1 kg d’oignon (0.70€)
- 500 gr de pommes de terre (1€)
- du gruyère râpé (1€)
- des croûtons (1€20)
- un peu de margarine pour faire revenir les oignons
- sel, poivre

Matériel nécessaire : une poêle, un fait-tout, un mixeur ou un presse purée.

Couper les oignons en petits morceaux. Faire revenir les oignons dans une poêle. Lorsque les oignons sont bien roussis les mettre dans un fait-tout avec les pommes de terre et les recouvrir d’eau. Poivrer et saler. Laisser cuire entre 40 et 50 minutes. Puis mixer le tout ou passer le tout au presse purée.

A déguster avec du gruyère râpé et des croûtons.

Christophe

Documents joints

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