le journal n° 77 - septembre 2007

Journal n° 77 de septembre 2007

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journal de septembre 2007

Sommaire

- Du témoignage à l’action collective
- Réalisez votre projet avec le soutien d’Unis-Cité
- Dossier : la honte
- Entendu, Reçu, Echangé :
- Point de vue : Gaz et électricité
- Elle aurait eu 20 ans dans 3 mois...
- Des nouvelles des étrangers
- La pensée du mois
- La recette du mois : Potage à la farine roussie pour 2 personnes

Du témoignage à l’action collective

Ecouter un témoignage est une chose importante, surtout lorsqu’ils viennent de ceux qui sont dans la misère. C’est la fonction des rendez-vous citoyens. Mais, à partir de ces témoignages, n’y a-t-il pas à passer à de l’action collective ?

Honneur à ceux qui échangent

Depuis quelques années, notre réseau associatif organise, au moment de la journée du refus de la misère, des « Rendez-vous citoyens ». Sorte de forum où ceux qui vivent la misère racontent leurs difficultés et leurs espoirs. Souvent, ils disent aussi comment une main tendue, par eux ou par quelqu’un d’autre, leur a permis de s’en sortir pour un jour, pour deux ou pour quelque temps.

C’est important pour nous tous. La marche quotidienne de la solidarité, ce n’est pas autre chose. Honneur donc à ceux qui, pas à pas, qu’ils soient dans la misère ou non, échangent, donnent et reçoivent sur le chemin du refus de la misère.

On a vite fait d’imaginer pour les autres et à leur place ce qui serait bon pour eux. Et donc, autant le dire clairement, ce qui serait bon pour soi. C’est pourquoi les rendez-vous citoyens donnent la priorité à la parole de ceux qui vivent la misère. Cette priorité est absolue. Les associations sont appelées plutôt à écouter. Elles peuvent prendre la parole toute l’année.

Comment construire de l’action collective ?

Pour autant, est-ce suffisant ? Tout se passe comme sir, une fois par an, la parole était donnée à ceux qui vivent la misère. Et puis, on en revient très vite aux habitudes. Le reste du temps, ce sont les associations qui décident ce qui est bon de donner et comment. Ce sont elles qui parlent au nom de ceux qui souffrent. Et si on remonte dans la hiérarchie de ceux qui prennent des décisions d’action collective, ce sont les élus qui s’arrogent parfois le droit de décider seuls et sans concertation comment, sur leur territoire, doit s’organiser la solidarité. Comme les associations disent écouter les personnes dans la misère, les élus écoutent les associations et les autres.

Pas de fausse naïveté entre nous. Qu’on soit dans la misère, responsable ou agent bénévole ou salarié d’une association, élus, personne ne détient à lui seul la vérité sur ce qui est bon d’entreprendre ensemble pour développer la solidarité. Il y faut du travail en commun et donc du temps pour ce travail. Il y faut de l’organisation. Il y faut du respect de la responsabilité de chacun.

Et si, la journée du refus de la misère 2007, à quelques encablures d’élections municipales, lançait cette interrogation brûlante : comment travaillerons-nous l’année prochaine pour rendre leur place, dans les prises de décision collective, à ceux qui sont dans la misère ? Et si, la journée du refus de la misère 2007 était l’occasion de prendre rendez-vous, aux lendemains des futures élections pour des assises communes de la solidarité ?

Jean-Marie Gueuret

Réalisez votre projet avec le soutien d’Unis-Cité

Votre association a un projet mais manque de moyens humains pour le mener. L’association Unis-Cité peut vous proposer une solution.

Unis-Cité vous propose d’accueillir une équipe de 8 jeunes volontaires âgés entre 18 et 25 ans pour vous aider à le réaliser. Ce service civil volontaire d’une durée comprise entre 6 et 9 mois concerne des actions de solidarité utiles à la collectivité, lutte contre l’exclusion, accès à la culture, environnement et développement durable, liens intergénérationnels, amélioration du cadre de vie, prévention santé, handicap.

Actions ponctuelles ou projets à plus long terme, l’équipe de volontaires suivie par un professionnel d’Unis-Cité coordinateur d’équipe, consacre en moyenne 1 journée par semaine à votre association et agit dans plusieurs structures simultanément. La durée et la fréquence de ses interventions sont adaptables en fonction de la nature du projet.

Les volontaires ne remplacent ni les bénévoles ni les salariés, mais viennent en complément de leur action sur un projet précis.

Exemples de projets réalisés :

• Organisation d’événements : fête du jeu, semaine de la paix
• Mise en place d’ateliers thématiques
• Participation à des collectes
• Chantiers nature : nettoyage de dunes, défrichement de parcs
• Réhabilitation de logements
• Organisation de sorties

Le partenariat entre une association et Unis-Cité est basé sur l’échange, les volontaires apportent leur dynamisme, leur diversité et leur engagement. En contrepartie, l’association qui les accueille leur fait découvrir son domaine d’intervention, son fonctionnement, ses actions et son public.

L’association s’engage à mettre à disposition des volontaires les moyens nécessaires à la réalisation du projet et nomme une personne référente sur laquelle les volontaires peuvent s’appuyer. La participation de l’association aux frais de repas des volontaires ainsi qu’à leurs frais de transport est laissée à sa libre appréciation, mais est vivement souhaitée. La structure s’engage également à adhérer à l’association Unis-Cité Nord Pas de Calais, suivant un barème lié au nombre de salariés pour un montant allant de 15 à 75 euros.

Une convention de partenariat définit les objectifs, la durée, le planning et les modalités du projet. Les volontaires reçoivent une indemnité de 600 euros par mois versés par Unis-Cité, ils sont couverts par une protection sociale, protégés par une assurance et cotisent pour les points de retraite.

WWW.UNISCITE.FR, contact Baptiste Cabaret chargé de développement, tel : 03 20 70 32 59 et 06 63 16 19 79, baptiste-cabaret@hotmail.fr

Une réunion d’information animée par un membre d’Unis-Cité Nord Pas de Calais sera programmée le vendredi 21 septembre, à 14 h, au siège du Carrefour des Solidarités.

Dossier : la honte

« Lorsque je vois une personne qui est à la rue et qui tend la main, même si je ne peux ou ne veux pas donner pour de bonnes raisons, je ressens un malaise. »
« Lorsque j’ai dû demander une aide, j’aurais voulu être à mille lieux de là… J’avais envie de disparaître sous terre. »
« Je me suis senti comme une m… »
Ces phrases sont le reflet d’une émotion dont on parle peu. Elles sont le signe de la honte.
Et si on en parlait.

La honte est une émotion qui ne se dit pas. Elle est pourtant présente partout.

Honte de posséder alors que d’autres n’ont pas le nécessaire.
Honte de ne pas posséder ces objets que la publicité nous fait croire que tous les possèdent.
Honte d’avoir méprisé une personne que l’on découvre admirable.
Honte de se voir mis au ban d’une société tournée vers la réussite et le profit à tout prix.
Honte d’être exclu ou rejeté,
Honte d’être contraint à exhiber sa pauvreté, son impuissance, sa faiblesse ou sa maladie.
Honte d’avoir été battu, souillé, dénigré, calomnié.
Honte de devoir se soumettre à l’inacceptable.
Honte d’être montré du doigt.
Honte de se sentir jugé dans le regard de l’autre.
Honte d’avoir un aspect qui n’est pas dans les standards imposés par une société.

La honte est aussi un instrument privilégié pour prendre le pouvoir sur l’autre.

Dans le viol instrumentalisé des femmes musulmanes en Yougo-slavie.
Dans les familles qui ont des problèmes et qui l’utilisent pour faire taire les enfants maltraités.
Dans les entreprises au travers du harcèlement moral.
Chez ceux qui humilient les autres dans l’espoir de guérir leur propre honte.

Honte, sentiment entièrement négatif ?

Pourtant, il s’agit là d’un sentiment socialisant. C’est elle qui nous fait considérer l’intérêt du groupe avant le nôtre. C’est elle qui nous fait changer notre conduite lorsque nous réalisons ses conséquences néfastes sur notre entourage. C’est elle qui nous met en conflit entre nos aspirations légitimes et nos responsabilités. C’est elle qui nous fait dire : « c’est injuste. On ne peut pas faire ça à quelqu’un. »

C’est ma propre honte qui m’a poussé à devenir quelqu’un qui répare la honte chez les autres, quelqu’un qui aide les personnes à retrouver la juste fierté d’être elles-mêmes, à réaliser qu’elles ont leur vraie place dans ce monde afin qu’elles puissent dire : « Non ! Décidément, non ! Il n’y a rien qui cloche en moi. »

En fait, seul un tiers peut nous en libérer. Chacun peut devenir un réparateur de honte. Encore faut-il qu’on accepte d’en parler, sans honte excessive…

Cela a été le but d’une journée de travail qui, aux dires des participants, a été positive pour eux. D’autres journées seront organisées dans le cadre du Carrefour des solidarités.

Laurent Damiens

Entendu, Reçu, Echangé :

Je viens de recueillir une gamine battue par son père et qui ne veut pas rentrer chez elle : que puis-je faire ?

Rappelez-vous d’abord que mineure, cette jeune fille est toujours sous la responsabilité légale de ses parents. Vous ne pouvez donc prendre aucune initiative personnelle autre que la rassurer et créer avec elle un climat de confiance. Avant toute autre initiative prenez contact avec la brigade des mineurs que vous pourrez joindre ou trouver au commissariat central de Dunkerque. Vous y recevrez avec la jeune fille, un accueil de qualité (déjà expérimenté par d’autres). C’est sous l’autorité de cette brigade, qui en réfèrera sans doute au juge, que les initiatives concrètes seront prises, éventuellement avec votre aide, pour la sauvegarde de la jeune fille et dans le respect de sa propre volonté.

Thérèse

Les associations du Carrefour travaillent-elles auprès des personnes âgées ?

Toutes les associations membres du Carrefour des solidarités accueillent, parmi leurs usagers, des personnes vieillissantes. L’A.J.S., par exemple, a repéré qu’elle touchait de plus en plus ces personnes. Les sociétés de Saint Vincent de Paul, autre exemple, s’en occupent. Mais aucune ne le fait spécifiquement ou exclusivement. Des associations, comme les Petits frères des pauvres, en revanche travaillent essentiellement pour elles. Rappelez-vous enfin que ces personnes sont particulièrement suivies par les C.C.A.S.

Pierre Mulliez

Une voisine est atteinte de la maladie d’Alzheimer, que puis-je faire ?

D’abord et avant tout, ne vous détournez pas d’elle et ayez à son égard une attention discrète renouvelée. Ce dont les familles dans lesquelles un de leur parent est atteint de cette maladie regrettent le plus, c’est l’arrêt des relations qu’il avait avec son entourage. Pour mieux la comprendre, essayez de vous informer sur cette maladie et les formes qu’elle prend. Vous pourrez ainsi mieux l’aider éventuellement.

Sylviane

Où trouver une formation aux premiers secours ?

Renseignez-vous auprès de la Croix Rouge (27 rue Marengo à Dunkerque, tél 03 28 66 74 92) ou de votre caserne des pompiers la plus proche. Ils sont les principaux organisateurs de formation aux premiers secours.

Stéphanie

Point de vue : Gaz et électricité

Usagers du gaz et de l’électricité, faut-il conserver les tarifs réglementés d’EDF et GDF ? Voici un point de vue.

Le 1er juillet 2007, l’électricité a été totalement ouverte à la concurrence. A chacun de nous, on demandera de choisir son fournisseur d’électricité.

Les industriels, artisans et administrations qui ont choisi le marché dit « libre » ont vu leur facture d’électricité croître malheureusement de 76 %. Ils ont demandé en vain à revenir à la protection des tarifs réglementés d’EDF. Par contre, pour les entreprises françaises qui ont préféré conserver les tarifs réglementés d’EDF (ce sont les tarifs actuels, garantis par l’Etat), l’augmentation n’a été « que » de 11%.

La concurrence ne fait pas baisser les prix, au contraire ! En 5 ans, de 2001 à 2006, le prix du kilowattheure a augmenté : de 39% en Espagne, de 49% en Allemagne, de 67% en Finlande, de 77% en Suède, de 81 % au Royaume-Uni, de 92% au Danemark.

La concurrence ne garantit pas la qualité du service. Car ce n’est pas son objectif. La libéralisation à l’étranger a entraîné de graves dysfonctionnements, des pannes, des coupures de courant et des sous investissements dans les moyens de production et le réseau, qui seront la source d’autres dysfonctionnements à l’avenir.

En pratique, que pouvons-nous faire ?

Ne changez RIEN à vos contrats électricité et gaz. Vous serez contacté par courrier, téléphone ou démarchage à domi-cile. Il vous sera proposé d’autres tarifs qui, provisoirement, pour 1 an, seront inférieurs au tarif d’EDF, mais qui ensuite s’envoleront automatiquement.

VOUS DEVEZ SAVOIR QUE si vous acceptez un changement de fournisseur ou de contrat, il vous sera impossible, dans les règles actuelles, de revenir au tarif réglementé.

Attention ! Vous perdrez définiti-vement vos droits aux tarifs réglementés si :

- vous changez de fournisseur,
- vous modifiez votre contrat électricité ou gaz,
- vous augmentez la puissance du compteur.
- vous déménagez vers un logement dont le précédent occupant a choisi le tarif « libre »,
- vous demandez à EDF ou à GDF (maintenant associé à « Dolce Vita ») d’être votre seul fournisseur en électricité et en gaz !!

N’acceptez pas une facture regroupée ; gardez EDF pour l’électricité et GDF pour le gaz, ce sont désormais 2 entreprises séparées.

Si vous installez un nouveau compteur, exigez de pouvoir continuer les tarifs réglementés, sinon vous serez placé en « tarif libre » automatiquement.

Jocelyne Bot

Libre opinion

Elle aurait eu 20 ans dans 3 mois...

Elle s’appelait Luwam, elle avait fui l’Erythrée.
Elle voulait comme tant d’autres gagner l’Angleterre, y vivre loin des horreurs de son pays d’origine, y fonder une famille, avoir des enfants.
Elle était pleine d’espoir et de vie.
Cette nuit avec son frère et avec d’autres compagnons d’infortune elle a tenté une nouvelle fois le passage vers l’Angleterre.
La tentative avortée, la fuite dans le noir, elle a voulu traverser l’autoroute, s’échapper…

La mort l’a rattrapée. Elle est morte écrasée.

Même proche de son dernier souffle elle n’a pas donné son véritable nom. Son frère souhaite qu’elle repose en Erythrée où sa maman est restée seule.

Cruel paradoxe : avoir échappé à tant de dangers et mou-rir dans l’anonymat, comme un animal traqué, dans un pays civilisé, démocratique, berceau des Droits de l’Homme. Mais la France est-elle encore cela ?

Sylvie COPYANS
SALAM CALAIS

Des nouvelles des étrangers

par la Ligue des droits de l’homme et le réseau éducation sans frontière.

A Amiens, un enfant de 12 ans fait une chute du quatrième étage en voulant, à la suite de son père, échapper à la police venue procéder à l’expulsion de toute la famille d’origine tchétchène.

A Lille, des sans-papiers se sont lancés dans une grève de la faim pour obtenir le titre de séjour qui leur est refusé pour la plupart d’entre eux depuis des années. Ils font l’objet de brimades de la part des services de police envoyées par la Préfecture.

En région parisienne, à la fin de l’année scolaire, c’est un grand-père vietnamien et une enseignante qui sont appréhendés et emmenés au poste lors de la sortie des élèves... . Ces faits relatés dans la presse sont révélateurs de l’escalade de la répression qui, sous l’ère Sarkozy, s’abat sur les personnes venues trouver chez nous la sécurité. A peine une loi anti-immigration est-elle promulguée qu’une autre, encore plus répressive, vient en examen à l’assemblée. Les contrôles sont multipliés, les arrestations se succèdent, les mises en rétention et les expulsions sont monnaie courante au pays dit "des droits de l’homme". La police a pour consigne de "faire du chiffre" : 25.000 expulsés dans l’année. Ce que Le Pen n’a pas obtenu par les urnes, le gouvernement l’offre à une opinion qu’il flatte et qui malheureusement ne connait généralement pas les données de cette répression à laquelle les tout-jeunes enfants n’échappent pas.

A Dunkerque par comparaison, tout irait-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Non bien sûr : les associations, les groupements qui aident les sans-papiers à retrouver la sécurité et la dignité, ont-elles aussi de plus en plus de difficultés à faire aboutir les dossiers les plus solides, à éviter que des personnes, souvent frappées de répression dans leur propre pays ou voulant tout simplement échapper à la misère, soient renvoyées chez elles.

Cette escalade qui produit du désespoir et du découragement se doit d’être dénoncée.

C’est pourquoi la Ligue des droits de l’homme, le Réseau éducation sans frontière et les associations qui travaillent avec eux invitent tous ceux qui n’entendent pas "laisser faire" à assister à une réunion-débat qui aura lieu le

mardi 11 septembre à 18 h 30 dans le salon Jean-Bart de l’hôtel de ville de Dunkerque

La pensée du mois

« S’il suffisait à tous les hommes de désirer pour réussir, personne ne souffrirait : car personne ne désire la souffrance. »
SANTIDEVA, Inde, VII° siècle

La recette du mois : Potage à la farine roussie pour 2 personnes

Ingrédients :

- 300 gr de farine
- 2 carottes
- 2 pommes de terre
- 1 blanc de poireau
- Sel, poivre.

Dans un faitout (avec revêtement tefal) mettre les 300grs de farine (sans eau) remuer jusqu’à ce que la farine devienne d’une belle couleur de roux.

Faire cuire en cocote minute les carottes, pommes de terre, poireau, coupés en rondelles. (10 mn) puis réserver.

Faire chauffer 1 litre d’eau puis verser doucement la farine tout en remuant.
Le potage doit être épais.
Couper les légumes en petits morceaux, les incorporé dans le liquide, puis mixer.
Salez et poivrez à votre goût.
Si le potage est trop liquide, laissez mijoter jusqu’à bonne consistance.

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