journal n°70 - Janvier 2007
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Sommaire

- Meilleurs vœux !
- En direct des associations
- Poème
- Dossier
- En direct du Carrefour
- La santé des personnes qui vivent dans la précarité
- La pensée du mois
- Le Carrefour des solidarités, c’est 22 associations et 9 C.C.A.S.

Meilleurs vœux !

Le Carrefour des solidarités est le lieu de rencontre d’une grande partie des associations caritatives et humanitaires de la région dunkerquoise, mais aussi depuis cette année, d’un certain nombre de Centres communaux d’action sociale. C’est donc un lieu où se rencontrent les membres de ces associations et de ces C.C.A.S., qu’ils soient bénévoles ou professionnels, mais aussi les personnes qui vivent la pauvreté avec lesquelles nous travaillons tous. C’est enfin un lieu de partenariats divers.

Nous sommes différents les uns des autres, par notre expérience personnelle et collective, par nos philosophies d’action, par la façon dont nous avons d’exprimer ce qui nous tient le plus à cœur. Pour que cette diversité vive, elle a besoin d’écoute réciproque, d’exigence dans cette écoute, de la part de tous, d’acceptation des différences dans les actions que nous menons. Parce qu’elle n’est pas uniformité, elle demande constamment de construire des convergences et, parfois aussi, d’exprimer des divergences. L’important alors est de maintenir la confiance entre nous sans laquelle il n’y a plus d’échange possible.

Que le Carrefour des solidarités soit tout particulièrement en 2007 riche de sa diversité à l’unique service des personnes qui vivent pauvrement !

Jean-Marie Gueuret, Président du Carrefour des solidarités

En direct des associations

Visite au Palais Bourbon de l’AFAD

Samedi 16 décembre 2006, 24 adultes, 14 enfants âgés de 7 à 16 ans (les tous petits étaient restés à la maison avec l’un des parents) auprès desquels l’AFAD intervient, accompagnés de deux salariés de l’association, du responsable coordonnateur, du directeur et d’un membre du conseil d’administration ont pris le bus à 7 h 30. La destination de cet équipage était l’Assemblée Nationale à Paris. Nous avions un rendez-vous citoyen au Palais dit "BOURBON". A 11 h 45, nous attendait un guide pour une visite d’une heure trente. Je peux vous assurer que l’arrivée à Paris fut encore pour moi un spectacle de ravissement et d’étonnement. En effet, même si le temps triste, gris, et pluvieux était de rigueur, j’ai encore en mémoire les cris de joie et d’émerveillement des parents et des enfants lorsque nous sommes passés, en bus, devant le Trocadéro avec au loin une vue plongeante sur le champ de mars et de la tour Eiffel. Des cris, des ouas, des ho, des p... Les enfants ont été exemplaires ; calmes, sérieux, respectueux et surtout attentifs aux propos du guide. L’histoire de l’assemblée nationale, les grands noms, les évènements de la république… un cours d’histoire, un cours de démocratie, un cours d’éducation civique.

Les parents ont pris le même chemin que les enfants. A ce stade, je ne savais plus qui était qui. L’émerveillement de l’endroit, les hauts plafonds, les peintures murales, les dorures, les toiles de maîtres, les statues, les couloirs, tout n’était que source d’émerveillement et de respect.

Même si nous étions passés par la petite porte pour visiter le saint hémicycle, là encore, la surprise fut pour l’ensemble de l’équipage. « Mais, c’est tout petit »… « A la télévision, ça fait plus grand… » etc.…

Un long cours sur le protocole et quelques anecdotes leur avaient fait rappeler que dans ce petit endroit il avait été réalisé de grandes œuvres comme couper la tête d’un roi et la loi 1901. Mais aussi que le président de la république ne peut pénétrer à l’Assemblée Nationale. « Jaco est interdit de séjour ».

Après la visite, nous sommes allés déjeuner dans les quartiers du centre Beaubourg puis une autre surprise était prévue. Une visite en bateau mouche. Une péniche nous attendait en quai de Seine, au pied de la tour Eiffel. Près de trois quart d’heure de monuments, de ponts et de ravissements. Le passage d’autres péniches… On était sur la Seine, on regardait la vie de l’autre côté. Nous étions des touristes.

A 17 h retour sur le quai et temps libre sous la tour Eiffel illuminée de mille et une lumières et d’étoiles. Je peux vous assurer que les familles se sont lâchées en se photographiant avec les camelots et animateurs déguisés en animaux géants (peluches d’animaux)…

18 h, nous sonnions le rassemblement pour le retour sur Dunkerque. Certes un peu triste car c’est toujours trop court, mais heureux, le temps triste, gris et glacial n’avait pas pu nous atteindre car une chaleur agréable envahissait chacun d’entre nous.

Mehdi

Visite de conformité pour l’AFAD

Ce mercredi 20 décembre 2006, nous avons passé notre visite de conformité. je suis heureux de vous annoncer que l’AFAD entre officiellement avec cette visite dans le champ de l’action sociale.

Même si chacun d’entre nous reconnaît plus ou moins nos actions envers les familles cet acte là est l’aboutissement de plus de 30 ans de recherche, de combats pour une "réelle" reconnaissance.

Nous sommes autorisés et habilités depuis le 29 septembre 2006. La visite de conformité a été très positive, nos partenaires Conseil Général du Nord et CAF de Dunkerque nous ont "félicités". Mais, attention, l’AFAD ne doit pas pour autant s’endormir sur ses lauriers. Il y a encore et encore beaucoup trop de travail et de familles en difficultés pour nous réjouir totalement.

Mehdi

Collégiens et lycéens mobilisés à Rosendaël

Animation d’un après midi pour les familles de Saint Vincent de Paul de la Conférence de Rosendaël par les jeunes des collèges et lycées de Notre Dame Des Dunes, de Vauban et D’Angelier. Les familles ont été reçues par ces jeunes qui ont offert des peluches aux enfants comme bienvenue à la Maison de Quartier de Rosendaël. Auparavant ils avaient aidé les bénévoles à trier, emballer des jouets, composer des colis de Noël garnis de brioches, chocolats et bons d’achat qu’ils ont remis aux familles.

Cette fête de Noël a été ponctuée par des chants orchestrés par un professeur de Notre Dame des Dunes et des jeunes élèves. Flûtes, violon, saxo et voix sont venus enchanter les oreilles de tout le monde, même du père Noël qui était venu spécialement pour les enfants.

Toute l’équipe de la Société de Saint Vincent de Paul adresse aux lecteurs du Journal du Carrefour et amis de joyeuses fêtes de Noël et bonne année 2007.

Christine Joseph

L’ACL PROXIPOL dans ses nouveaux locaux

Ils sont nombreux ceux qui ont apporté leur soutien à ACL PROXIPOL pour qu’elle bénéficie d’un relogement au même titre que les autres associations situées à la Ferme Marchand de Saint Pol sur Mer. Ce ne fut pas facile mais rassurons les ! Après quelques conseils d’administration, deux assemblées générales extraordinaires et une pétition, la municipalité a garanti à l’association un local où elle pourra exercer ses activités ainsi que des locaux quand les travaux de la Ferme Marchand seront terminés. Les représentants de la municipalité présents se sont engagés pour des travaux de remise en état dans ce nouveau local (sols, peintures, changements de fenêtres, électricité). Les employés municipaux se sont attelés à la tâche. Le maintien dans les locaux de la ferme Marchand devenait critique puisqu’il n’y avait plus de chauffage, les coupures d’eau et d’électricité devenaient fréquents, sans oublier plusieurs cambriolages. L’association n’avait plus qu’un objectif, partir au plus vite. Le déménagement s’est fait les 18 et 19 décembre puisqu’ après les véhicules n’étaient plus disponibles. Chantal, Guy, Patrick, Michel, Daniel, Marcelline, Micheline, Françoise, Philippe, Cedric et les autres ont donc aidés les salariés pour que tout soit terminé le plus vite possible (en tout 26 personnes), les véhicules étant mis à disposition par l’association la Saint Poloise. Le nouveau local étant plus petit, il a fallu trouver des solutions pour le matériel ne devant pas être utilisé souvent. C’est Emmaüs qui a accepté d’entreposer des stands, des malles, différents objets. Mais si le déménagement s’est fait rapidement, il n’en n’a pas été autant de l’emménagement puisque les gros travaux devraient être finis fin décembre. Après 3 mois d’incertitude pour les salariés en insertion qui étaient inquiets sur leur avenir, nous avons maintenant la garantie qu’ils iront au bout de leur contrat et que d’autres les suivront. En attendant, les horaires des salariés ont été réduits, pas de couture, pas de vestiaire avant le mois de janvier, simplement une permanence pour accueillir les adhérents. Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont soutenu l’association pendant cette période et meilleurs vœux à tous pour 2007.
- Notre nouvelle adresse :
ACL PROXIPOL
32 rue Gittinger
59430 Saint Pol sur Mer
03 28 58 13 84 / proxipol.acl@wanadoo.fr

Françoise Lavoisier

Du côté des migrants

L’association Salam, le partenaire calaisien du collectif migrants nous a communiqué la veille de Noël ces quelques nouvelles.

A la veille du coup d’envoi des fêtes de fin d’année, les bénévoles de l’association SALAM s’adressent à vous pour vous remercier du soutien que vous apportez aux migrants du Calaisis.
Alors que l’hiver s’est installé dans notre région, les messages de sympathie et les dons affluent : de Belgique, de la Drôme, du Rhône, mais aussi d’Hardelot, de Guînes, d’Audruicq… vous êtes nombreux à vous mobiliser, en particulier en faisant parvenir des vêtements.

Cependant, il n’y a pas de trêve durant les fêtes, ni pour les migrants, ni pour les bénévoles.

Tout juste leur avons-nous proposé les 24 et 31 décembre quelques moments plus détendus :
- Pour le 24/12 midi, les associations du collectif dont SALAM ont servi aux migrants un repas amélioré assorti de paquets cadeaux. Ce ne sont pas moins que 50 poulets que SALAM a réussi à fournir pour l’occasion !
- Pour le repas du 24/12 au soir, SALAM a assuré un copieux repas festif, avec notamment distribution à chaque migrant d’une couverture ainsi que d’un paquet cadeau confectionné par les enfants d’Audruicq. Musique, braseros, gâteaux… : l’ambiance était au rendez-vous !
- Pour le repas du 31/12 au soir, SALAM a préparé à nouveau un repas amélioré servi dans une ambiance festive avec de nombreux cadeaux utiles.

Signalons enfin la présence actuellement à Calais pour plusieurs jours d’une équipe de jeunes de Vénissieux, emmenés par l’infatigable Véro. Ultra motivés, ils nous ont prêté main forte.

Des associations s’inquiètent et écrivent au Ministre Borloo

Quelques associations de la région de Dunkerque se sont retrouvées récemment en vue d’exprimer les difficultés qu’elles affrontent dans leur service aux personnes en difficultés et interpeller le Ministre Borloo à ce propos. L’initiative en a été prise par le CETIDE, le GESAAD, le CIEDIL, Le SID, L’Association Mer et Rencontres et l’association ECOFLANDRES. Voici quelques extraits de leur projet de courrier qu’elles invitent les associations qui le désirent à signer avec elle.

« Aujourd’hui dans l’agglomération dunkerquoise, 45 structures partenaires du PLIE, accompagnent 1945 personnes en insertion sur 16 communes avec 240 permanents, travailleurs sociaux, encadrants techniques, administratifs. Qu’en sera-t-il demain ?

En effet, l’ensemble des baisses annoncées est contradictoire avec les objectifs d’accès à l’emploi affichés. Certaines structures vont disparaître à très court terme, tandis que d’autres pour survivre devront opérer des sélections à l’entrée permettant l’atteinte de leurs objectifs, mais laissant sur le coté les plus défavorisés, alors que notre action vise à lutter contre l’assistanat et à maintenir le lien social dans les quartiers sensibles.

Dans ce contexte alarmant et sans lisibilité nous vous faisons part de nos inquiétudes. A cet effet nous vous demandons :

- Comment pouvons-nous continuer à garantir la prise en charge de nos publics ?
- Quel est l’avenir de nos structures et de leurs salariés ?
- Souhaitez-vous la disparition de l’action associative au profit du rendement économique ?

A cet égard nous vous demandons :

- De rétablir la répartition des fonds sociaux européens,
- De rétablir la prise en charge des contrats aidés dans leur intégralité,
- De débloquer des fonds pour la formation des publics les plus en difficulté, élément essentiel de l’intégration dans le milieu professionnel,
- Le respect des engagements de l’Etat,
- De légiférer à partir des nombreuses propositions du milieu associatif afin d’obtenir une reconnaissance pérenne de nos structures. »

Shibani

Poème

Mes copains

Je les comprenais très bien
On s’est connu sur les chemins
On aimait la route
C’était notre bien
On le connaissait bien
En mal et en bien
C’était toujours le même refrain
On avait chacun sa passion
C’était notre gagne pain
Jusqu’au lendemain
On était tous solidaires
Comme des frères
Même dans le chagrin
On assumait le coup
Jusqu’au bout
On le conduisait jusqu’à sa dernière demeure
C’était difficile
Mais on l’acceptait
Et la vie reprenait son cours

Christian Demette
4 décembre 2006

Dossier

6 € par jour pour survivre (suite)

L’alimentation reste une grande préoccupation des ménages. Manger équilibré, consommer chaque jour légumes et fruits. La publicité ne manque pas de nous alerter. Les familles vivant de minima sociaux éprouvent plus que d’autres des difficultés liées au manque de ressources pour pouvoir s’approvisionner comme elles le souhaiteraient. Avec l’aide des services sociaux de la CAF, nous avons tenté une approche des situations des familles précaires et de la part de budget dont elles disposaient pour s’alimenter.

- Manger avec moins de 2,5 € par jour
Dans le journal du mois d’octobre, nous avions pris pour exemple deux situations de familles qui bénéficiaient de l’aide alimentaire des associations. Après paiement des charges du ménage, elles disposaient de moins de 5 euros pour faire face à l’alimentation, l’habillement, l’entretien du linge, de la maison, les frais scolaires, les loisirs. Comment ces familles (une femme seule avec 1 enfant disposant de 3,56 € par jour et par personne, un couple avec 4 enfants qui dispose de 4,32 € par jour et par personne) vont-elles pouvoir vivre dignement ? Pour reprendre l’expérience de ce couple, l’analyse de leur budget donnait les résultats suivants. Les charges du ménage, qu’on peut appeler incontournables, représentent 50 % de leur budget mensuel, l’alimentation 30%, ce qui ne fait que 473 euros pour 6 personnes pendant 30 jours, les 20 % restants peuvent être consacrés à l’habillement, l’entretien et autres dépenses…

Le service social de la CAF contacté est aussi démuni que nous devant ces situations de pauvreté. Il constate que les familles en précarité ont bien souvent des budgets alimentaires tournant autour de 2 à 3 euros par personne et par jour.

Sur leur conseil, nous nous sommes rapprochés de la revue trimestrielle « alimentation et précarité » éditée par le Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles, le CERIN. « Les populations en précarité consomment moins d’aliments comme les fruits et les légumes dont il est conseillé d’augmenter les consommations, pour plus d’aliments riches en matière grasse et en sucre » indique le CERIN. On lira ci-contre quelques résultats d’une enquête menée sur le terrain.

- Que peuvent faire les associations ?
Premier constat : pour un budget réduit, la vie quotidienne est vraiment difficile. Deuxième constat : l’aide alimentaire qu’apportent les associations n’est certes pas négligeable, mais est-elle à la hauteur des difficultés rencontrées par les familles ? N’est-elle pas d’une certaine façon plus dégradante que vraiment utile ?

N’est-il pas plus important de leur redonner le goût de cuisiner, de planifier leurs dépenses alimentaires, de lister les courses à établir avant de faire ses achats, d’éviter de se laisser influencer par la publicité, de reprendre l’habitude de cuisiner elle-même ? Facile à dire quand, chaque jour, il faut compter et voir ce qui reste dans le porte monnaie…

Les bénévoles des associations ont ainsi un rôle plus important que la seule distribution d’aliments. Apporter des conseils bien sûr dans le respect des traditions alimentaires, qu’elles soient ethniques et/ou familiales. Mais surtout orienter vers les structures de quartier où les familles peuvent échanger entre elles ainsi qu’avec des professionnels (conseillère en économie sociale et familiale, diététicienne..).

Les expériences en la matière sont diverses, tel que l’échange des recettes comme cela se pratique dans un atelier cuisine de Grande-Synthe. Il suffit de s’y intéresser et de motiver les familles à participer aux échanges d’expérience en la matière.

Informations tirées d’une étude menée par Mme Myriam Renaudin, diététicienne à partir d’un stage effectué dans un quartier populaire de Grenoble.
les familles ont moins de 3 € par jour et par personne pour se nourrir.
- pour 16 % d’entre elles : 3,75 € par jour et par personne
- pour 30 % d’entre elles : 2,50 € par jour et par personne
- pour 54 % d’entre elles : moins de 2,50 € par jour et par personne
Part du budget consacré à l’alimentaire par les familles vivant de façon précaire :
- pour les personnes défavo-risées : entre 28 et 48 % du budget total
- pour les autres : 12 % du budget total

Le prix de l’eau : des tarifs à revoir.

Le conseil de développement durable de l’agglomération de Dunkerque s’est attaché, ces derniers mois, à tenter de faire le tour des problèmes liés à l’eau. C’est en effet la Communauté Urbaine de Dunkerque, auquel ce conseil de développement doit fournir ses avis, qui est le responsable ici du service public de l’eau. Le Carrefour des solidarités, dont deux membres siègent dans ce conseil, a été plus particulièrement attentif aux problèmes sociaux d’accès à l’eau pour tous. Nous reprenons ici l’essentiel de l’intervention qui a été faite à ce sujet par Jean-Marie Gueuret.

L’eau est un bien essentiel à la vie, voire à la survie. C’est pourquoi le service de l’eau est un service public dont est responsable la collectivité. Ici dans le dunkerquois, c’est la Communauté Urbaine de Dunkerque qui porte cette responsabilité. Sa tâche est de faire en sorte que chaque citoyen, quelle que soit sa situation géographique et quel que soit son statut social, puisse disposer au prix le plus juste de cette ressource vitale.

Or, compte tenu des dispositions actuelles, force est de constater que ce n’est pas le cas.

- Les coupures d’eau pour raison sociale
Si l’accès à l’eau était garanti à tous, quelles que soient ses ressources, on ne devrait en effet jamais avoir de coupures d’eau faute de pouvoir la payer au prix demandé. Or, c’est plus d’un millier de foyers qui se voient couper l’eau au moins 24 heures, chaque année, faute d’avoir honoré leurs factures dans les deux mois. Tous ne sont pas pauvres. Il y a ceux qui oublient, ceux qui ont déménagé sans prévenir, etc. Mais il y a aussi des foyers qui n’ont plus assez de ressources pour faire face à cette facture.

C’est d’ailleurs la difficulté principale du système actuel qui assimile le foyer pauvre aux mauvais payeurs. Non seulement, compte tenu de leurs ressources, ils n’ont plus la possibilité de payer l’eau. Mais en plus, ils sont considérés comme des mauvais gestionnaires récalcitrants.

- Accéder à l’eau ou avoir faim
En réalité, nous sommes incapables de savoir réellement pour combien de ménages la facture d’eau est actuellement d’un poids trop lourd. Beaucoup d’entre elles en effet, préfèrent s’acquitter de cette facture et recourir à la solidarité publique ou collective pour manger à peu près tous les jours. Beaucoup de ces ménages font partie de ceux qui, une fois les factures d’eau et d’électricité payées, ont beaucoup moins de 6 € par jour et par personne pour manger et se vêtir. Nous avons vu ce que cela représentait concrètement.

Qui sont-ils ? Là encore, nous sommes incapables de le savoir avec exactitude. Chacun de nous en connaît. Mais, tous les cas particuliers ne permettront jamais d’en avoir une connaissance réelle. Vraisemblablement, ils ressemblent aux familles qui font appel aux associations pour leur aide alimentaire, voire ils ressemblent aux foyers pour lesquels un dossier de surendettement est déposé à la Banque de France. Cela veut dire qu’ils ressemblent en réalité à tout le monde.

- Les dispositions actuelles Actuellement, la Communauté Urbaine de Dunkerque a pris les dispositions nécessaires pour que, quel que soit l’endroit où vous habitiez, à côté ou au contraire loin de la ressource en eau ou de la station d’épuration, chacun paye le même prix le m3 d’eau. En revanche, si une famille éprouve de réelles difficultés pour payer sa facture, la C.U.D. fait alors confiance aux Centres communaux d’action sociale, C.C.A.S. des communes pour l’aider à résoudre les problèmes. Ce dispositif est renforcé par les accords que la Lyonnaise des eaux, concessionnaire de la distribution de l’eau et les C.C.A.S. ont passés. Dès qu’une facture demeure impayée depuis quelque temps, le concessionnaire se rapproche du C.C.A.S.. Si la famille est connue du C.C.A.S. comme ayant des difficultés pécuniaires, des modalités de paiement spécifiques sont trouvés entre la famille, le C.C.A.S. et le concessionnaire, ce qui évite la coupure du compteur. A Saint Pol sur mer, les associations sont rentrées dans le dispositif.

Même si ces dispositions ont permis de diminuer de façon importante les coupures d’eau pour raison sociale, certaines familles passent encore entre les mailles du filet social. Dans tous les cas, rien n’est fait pour éviter que le poids de la facture d’eau vienne peser sur la capacité des familles à manger à leur faim.

- Et si on revoyait les tarifs ? Reste alors à intervenir sur la facture elle-même par l’intermédiaire des prix pratiqués. Le principe est simple. Le prix d’accès à l’eau pourrait être modulé en fonction des ressources du ménage. La Communauté Urbaine elle-même met en œuvre ce principe pour l’accès au service public des transports en commun, dont elle est responsable, comme pour l’eau. Elle a mis en place, bien avant d’autres collectivités un tarif social. Elle a ainsi montré sa capacité d’innovation sociale. On trouve des dispositions identiques dans l’accès à certains produits culturels. Le Bateau Feu, à la demande de la ville de Dunkerque et de la C.U.D. a des tarifs privilégiés pour ceux qui ont des ressources faibles. Les musées ont aussi la même pratique. Pourquoi pas pour l’eau ?

Plusieurs modalités sont déjà mises en œuvre dans d’autres collectivités :
- la mise en place de deux tarifs : le prix du m3 d’eau pourrait alors être moins cher pour les revenus les plus tendus, système pratiqué en Belgique.
- Le règlement par le C.C.A.S. de la commune de l’abonnement à l’eau pour les familles en difficultés financières, prix fixe et égal pour tous, vous donnant droit à tirer de l’eau à votre robinet.
- Une baisse significative des premiers m3 d’eau tirés, disposition prise par la Communauté urbaine de Bordeaux.
- Etc.

Chacune de ces modalités a des avantages et des inconvénients. Le prix de l’eau est en effet le facteur le plus important qui pèse sur le consommateur pour le contraindre à contrôler sa consommation et ainsi à mesurer la rareté de la ressource d’eau elle-même.

Quoi qu’il en soit, il est désormais urgent que notre collectivité locale prenne des dispositions qui permettent à chacun, quel que soit son revenu, d’accéder à cette ressource vitale. D’après les professionnels, le prix de l’eau, même sans augmentation de sa consommation, montera dans les années qui viennent. La cote d’alerte pour les familles à revenu modeste est déjà dépassée.

En direct du Carrefour

Pendant que les associations et les institutions membres du Carrefour des solidarités font leur travail au plus près des problèmes et des souffrances des plus pauvres, la tête de réseau fait son travail modeste et, nous l’espérons, efficace à leur service. En voici quelques éléments.

Le guide des ressources Depuis longtemps nous voulions mettre à la disposition des bénévoles et des professionnels un guide simple leur permettant de savoir quoi faire ou quoi répondre devant une situation d’urgence sociale. A partir du travail mené depuis déjà un certain temps par la Boutique de l’insertion de l’A.A.E. et en complément de ce travail, Pierre Mulliez, Pierre Flamen, Thérèse Caulier et Isabelle Damiani mettent le dernier point à ce document.

Il servira en même temps, comme c’était prévu, aux informations que nous pourrons diffuser à partir de notre propre site internet.

La rédaction de ce document pose aussi la question de la formation qui devra être proposée pour sa bonne utilisation et de la rédaction d’un document plus explicatif et plus fourni.

Sans se substituer à la formation qu’organise régulièrement la Boutique de l’insertion et à son document, ils devraient permettre au plus grand nombre, en particulier aux bénévoles, d’apporter les réponses appropriées sans gêner le nécessaire travail des professionnels qui prendront en charge les personnes considérées pour la suite.

Les formations s’évaluent

Avec l’aide du COPAS, nous avons entrepris une évaluation de notre offre de formation. Les premières réunions de travail devraient aboutir à un questionnaire qui sera lancé dans les semaines qui viennent aux associations et institutions, et aux personnes qui ont participé à ces formations.

Notre objectif est d’ajuster les offres de formation, dans leur contenu comme dans leur forme, au plus près des besoins des bénévoles comme des salariés.

Le site dans quelques semaines

Nous avions indiqué que le site internet du Carrefour des solidarités ouvrirait ses premières portes en janvier ou février 2007. Nous y sommes presque puisque nous mettons la dernière main à son premier état. Nous l’avons voulu évolutif et perfectible par ses futurs usagers. Il ne réussira que si vous le prenez en main. C’est pourquoi nous avons prévu une série de formations destinées aux membres des associations et institutions du Carrefour qui devraient commencer dans les mois qui viennent. Nous avons aussi obtenu des financements exceptionnels qui devraient nous aider à mobiliser et à former les volontaires qui souhaitent en faire l’un de leurs outils au bénéfice des personnes pauvres. Nous vous reparlerons de ce projet. En attendant, les associations qui ne nous ont toujours pas fait parvenir leur « carte de visite » ne pourront pas s’étonner de se voir présentées par un blanc. Il est toujours temps de le faire.

Un projet de règlement intérieur

Le Conseil d’administration s’était aperçu que nous n’avions pas de règlement intérieur nous permettant de régler les problèmes ordinaires que rencontrent dans leur fonctionnement toute association. Grâce au travail de Pierre Mulliez, de Janet Fernandez et d’Isabelle Damiani, un projet sera soumis à la prochaine réunion de ce conseil.

La santé des personnes vivant la précarité

Dans le nouveau cadre des programmes régionaux de santé, nous avons lancé un projet de formation et d’information concernant la santé des personnes qui vivent la précarité à destination des bénévoles et des salariés des associations et institutions membres du Carrefour. Nous vous en parlons par ailleurs.

La santé des personnes qui vivent dans la précarité

Favoriser l’accès aux droits et aux soins des personnes en situation de précarité, tel est l’objectif du projet que vous venons de déposer auprès du Programme régionale de santé. De quoi s’agit-il ? Serez-vous concerné ?

Le diagnostic

A travers les échanges et les rencontres organisés par le Carrefour entre les associations composées de bénévoles et de professionnels et les partenaires institutionnels, nous avons effectué un certain nombre de constatations :

- plus de 50% des associations membres, notamment celles composées exclusivement de bénévoles, mais aussi au moins une association composée à la fois de professionnels et de bénévoles, identifient mal les dispositifs et les acteurs de la santé travaillant plus particulièrement auprès des publics en situation de précarité
- ces associations manquent d’information sur les droits en matière de santé des publics précaires
- elles éprouvent des difficultés à orienter et à accompagner ces publics en matière de santé et d’accès aux soins et notamment dans le cadre de l’accès au bilan de santé de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Dunkerque.

Les objectifs

C’est pourquoi il nous a semblé répondre aux besoins des associations de lancer ce projet qui devra répondre aux objectifs suivants :

- Développer la connaissance des bénévoles en matière d’accès aux droits et d’accès aux soins des publics en précarité.
- Favoriser la mise en lien et le travail de réseau entre les bénévoles et les professionnels de la santé.
- Faire en sorte que les bénévoles repèrent les problèmes de santé spécifiques à ces populations : souffrance psychique, addictions...
- Inciter les associations à accompagner les personnes en situation de précarité au bilan de santé

Les modalités

Cette nouvelle action d’information et de formation à destination des bénévoles et des professionnels des associations devrait démarrer en janvier 2007 et pourrait se dérouler sur 2 à 3 ans. Elle aurait les formes suivantes :

- 1 atelier "santé des publics précaires", toutes les 6 semaines à partir de janvier, animé conjointement par la coordinatrice salariée du Carrefour des Solidarités et un professionnel de la santé choisi en fonction des thèmes développés : accès au bilan de santé, identification des structures et des acteurs de la santé, la question du mèdecin référent, les dépistages, la CMU...
- 5 à 7 séances d’information annuelle seront menées par des professionnels de la santé dans le cadre de la mise en lien et de la constitution de réseaux et aborderont des thèmes comme les droits en matière de santé des publics précaires.
- 5 à 7 visites de sites de l’agglomération et du département seront organisées : structures de santé locales, centre de prévention santé, centre d’alcoologie, centre d’accueil des toxicomanes...

Evidemment, c’est avec les participants qui se manifesteront que le projet se précisera dans les semaines qui viennent.

La pensée du mois

"Bien qu’entouré d’amis sincères, le lièvre, fut mangé par les chiens"

Fables d’Ignacy Krasicki. Pologne 1801

Le Carrefour des solidarités, c’est 22 associations et 9 C.C.A.S.

Plus de 850 bénévoles, plus de 1000 professionnels et plusieurs milliers de citoyens pauvres. L’A.A.E. (Association d’Action Educative), l’A.F.A.D. (Association d’aide familiale à domicile), l’AFEJI, l’A.J.S. le bon emploi de la solidarité, l’Armée du Salut, A.T.D. (Aide à toute détresse) Quart Monde, A.C.L. (Association Cité Liberté) Proxi Pol, les Centres Communaux d’Action Sociale de Bourbourg, Bray Dunes, Dunkerque, Fort Mardyck, Grande Synthe, Gravelines, Leffrinckoucke, Loon Plage et Saint Pol sur mer, Emmaüs, IMANI, La Croix Rouge, La Fondation Armée du Salut, la Ligue des Droits de l’homme, LUGOVA, le P.A.C.T. (Protection, amélioration, conservation, transformation de l’habitat), Le Phare, Puissances T, les Rues du Monde, le Secours Populaire, les Restaurants du Cœur, Association Louise Michel (hébergement d’urgence pour les femmes), le Secours Catholique, la Société de Saint Vincent de Paul.

Comité de rédaction : Jocelyne Bot, Thérèse Caulier, Isabelle Damiani, Jean-Marie Gueuret, Pierre Morel, Pierre Mulliez, Stéphanie Tant, Sylviane Thomas 15 rue de l’Ecluse de Bergues, 59140 Dunkerque - tél 03 28 63 70 40 - fax 03 28 63 70 60
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