Turbulences électives

Avec l’automne, la pré campagne présidentielle, puis la campagne à proprement parler, nous entrons dans une période de fortes turbulences politiques. Les enjeux pour nos organisations et pour ceux et celles que nous accompagnons sont encore plus forts que d’habitude. Quelle attitude avoir pour un réseau associatif dont l’un des principes est celui de la neutralité ?

Nous ressentons tous de façon aiguë les enjeux des prochaines élections présidentielles. La période de crise économique, politique et sociale dans laquelle nous sommes situés les exacerbe. Il en va aujourd’hui encore plus qu’hier de la survie non seulement de nos organisations mais surtout des personnes que nous accompagnons.

Qu’il s’agisse de ceux et celles dont les ressources sont de plus en plus insuffisantes pour subvenir à leurs besoins essentiels. Nous savons d’expérience, par exemple, que le niveau du Revenu de Solidarité Active ne leur permet pas de s’en tirer avec dignité. Qu’il s’agisse des personnes qui n’ont pas de logement de façon exceptionnelle ou de façon quasi permanente, nous savons que la période d’hiver ne sera pas tenable. Qu’il s’agisse de ceux et celles qui cheminent parfois lentement vers une insertion sociale et professionnelle, nous savons que les moyens mis à la disposition des associations pour les accompagner sont de plus en plus insuffisants. Qu’il s’agisse des personnes étrangères, Roms ou migrants de passage par exemple, nous savons que la réponse publique essentielle est celle de la répression policière. Comment alors ne pas réagir et ne pas entrer dans le débat public ?

Qu’il appartienne à chacun et à chacune des citoyens que nous sommes de le faire, c’est une évidence. Mais, dans quelle mesure mobiliser nos propres organisations, en particulier associatives, sur ce terrain ? C’est évidemment en fonction du projet associatif de chacune d’entre elles. Mais le Carrefour des solidarités est un réseau qui s’est donné pour règle de ne jamais se substituer à ses membres et de permettre à chacun d’entre eux de s’y trouver à l’aise. La neutralité, en particulier en matière de choix politiques, est donc notre règle d’or. Doit-on garder le silence ? Doit-on ne participer à aucune manifestation ?

Ce n’est évidemment pas la première fois que nous nous trouvons dans une telle situation. Depuis la création du Carrefour des solidarités, bien des élections, qu’elles soient locales, nationales ou européennes se sont déroulées. Notre attitude collective a été constante et il est bon de la rappeler aujourd’hui.

Dire de façon forte et déterminée les difficultés que vivent celles et ceux dont nous partageons en partie la misère. Interpeller les organisations politiques et les interroger sur les réponses publiques qu’elles sont prêtes à mettre en œuvre. Ne pas se satisfaire des réponses souvent alambiquées qui sont données. Prendre tous les moyens nécessaires pour que chacune et chacun exerce sa citoyenneté et donc ses capacités de choix.

Si beaucoup de bénévoles se sont engagés dans leur association, c’est qu’ils avaient une plus ou moins claire conscience des enjeux collectifs que posait la mise en œuvre d’une véritable solidarité. Il est logique que certains soient en même temps bénévoles d’une association et militants politiques. Qu’ils se souviennent cependant que chaque terrain d’exercice de leur citoyenneté a ses propres règles et qu’il serait contre productif à plus ou moins court terme de les mélanger. Le comité de rédaction

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