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Témoignages 2016


Témoignages 2016

Comme chaque année, nous sommes allés à la rencontre des personnes qui vivent la misère au quotidien. C’est ainsi que la Fondation de l’Armée du Salut, l’association IMANI, ATD ¼ monde nous ont ouverts leur porte et nous ont permis d’échanger avec les personnes qu’elles accompagnent. Leurs témoignages décrivent leurs galères mais expriment également leur envie de s’en sortir. Nous tenions à les remercier de s’être exprimés sans retenue et en toute franchise. Nous remercions également les associations qui nous ont accueillis

Julie
J’ai dû payer mon appareil auditif donc je me retrouve sans argent puisque je n’ai toujours pas reçu mon accord de la sécurité sociale pour le remboursement de mon appareil. Je n’ai pas pu obtenir de secours au niveau de la mairie. En ajoutant le paiement des autres charges, je me retrouve en difficultés financière.

Coralie
J’ai été en galère une première fois après le décès de ma mère, je me suis retrouvé seule sans rien à part les tickets du CCAS. Le compte de ma mère a été bloqué pendant 6 mois. J’ai donc dû me débrouiller. La seconde fois s’est passé après le décès de mon premier mari, heureusement j’ai pu obtenir un petit boulot de la mairie qui n’était pas grand-chose mais c’étais mieux que rien, j’ai pu travailler pendant deux ans. Après cela, j’ai eu des problèmes de santé qui m’ont rendu incapable de travailler.

Bastien
Moi, j’ai toujours vécu chez ma mère et quand elle décédée, on m’a donné 15 jours pour tout débarrasser et quitter le logement. Je n’ai pas réussi à garder l’appartement et je suis donc retrouvé dehors. J’ai été à la rue pendant 6 mois, je devais me débrouiller comme je pouvais pour manger, surtout que je n’avais pas de quoi réchauffer, c’était donc des gamelles froides, si je réussissais à en avoir, ce qui n’étais pas le cas tous les jours. Mais je n’ai pas laissé tomber, je me suis accroché et j’ai eu la chance de me faire héberger par un couple que je rencontrai souvent.

Karim
Il existe des hébergements où l’on accepte les animaux sur Saint-Dizier et même dans le sud. Des personnes se font passer pour des migrants pour taper la manche. Les gens ont peur le soir. Je travaille dans une association d’insertion. Cette association est en galère pour trouver des jeunes qui veuillent bien y travailler

Jacques
Merci à l’association. J’étais bien ressorti (plus de consommation d’alcool). J’ai rencontré une personne et j’ai recommencé à boire. Je ne veux pas me montrer donc je consomme. On est entre amis et on boit un coup. J’essaie tout pour m’en sortir : trouver un foyer, un travail… Retrouver une vie zen. Tout va bien. Si je pars défaitiste je me retrouve en bas, je veux être positif. Dire aux autres suivez moi.
J’essaie de m’organiser moi-même. Parler c’est bien mais il faut garder la même ligne. On n’ose plus s’engager.
C’est compliqué pour les gens à la rue. On nous dit de nous séparer de notre chien pour entrer en hébergement mais un chien, c’est un animal, mais c’est aussi de la famille.
En plus, le maire ne veut plus de SDF sur Dunkerque. On veut nous cacher. Mais bon… Je mise 1.50€ tous les vendredis à l’euromillion pour gagner et là je pars si je gagne…
On essaie de se réintégrer mais on est pris comme si on était du bas niveau. J’ai été réinséré 6 fois mais ça n’a servi à rien.
Il faut voir l’avenir pas le passé.

Francis
Le plus dur est de s’adapter. Je « débute » dans ce système, c’est difficile. On fait une boucle, on passe tous dans les mêmes endroits. C’est la première fois pour moi. J’ai un sentiment de honte, de gêne. J’ai eu la chance de donner maintenant c’est moi qui reçoit. On perd confiance en soi. J’ai l’impression de ne plus diriger ma vie, de ne plus faire de choix pour l’instant, de ne plus être responsable. Les personnes dans les associations permettent de se reconstruire. On est face à ses difficultés. J’ai peur de m’habituer au système. Même les gens qui ont une situation mais avec des problèmes de santé se retrouvent dans le pétrin. Ce que je veux dire, c’est que cela peut arriver à tout le monde.
Il faudrait plus d’hébergement d’urgence pour les couples. Je suis séparé de ma compagne pour des raisons de places en structures d’hébergement. Être séparés, c’est encore plus dur.

Nathan
Malgré les difficultés dans les démarches, on est entraîné par les copains. C’est un problème, j’ai refusé 6 emplois à cause de ma chienne car je ne trouve pas de refuges pendant les horaires de travail. On ne peut pas prendre son chien pour aller travailler. Je prends deux douches par jour. J’essaie de m’en sortir. Je peux signer un contrat, si je trouve un logement j’ai les diplômes pour ce travail. Ma chienne est malade mais je ne peux pas payer les médicaments.
Je tiens à remercier la structure qui m’a aidé à mettre mon chien au chaud lorsque je fais des activités.
Il manque des hébergements où l’on peut prendre les animaux sur dunkerque.
C’est difficile pour les SDF de vivre dans la rue alors qu’il y a beaucoup de bâtiments vides…. Pourquoi ne pas les utiliser ?
Les gens pourraient faire des choses mais ils ont peur. Les jeunes devraient avoir la possibilité de se former.
Les gens commencent à confondre les SDF et les migrants.

Gérard
J’ai du mal à lire et à écrire. Les démarches, c’est important, j’ai tous mes papiers. Pour les démarches pour un dossier pour personne handicapée, il faut trouver un médecin. Pour mon traitement aussi. Pour l’instant personne ne veut me prendre car j’ai des soucis de santé. Je suis peintre en bâtiment, j’ai de l’expérience.
J’étais chez ma sœur à Roubaix. Elle m’a hébergé. Je suis parti. J’ai été hospitalisé à Boulogne puis à Dunkerque. J’ai été envoyé à Malo dans un hébergement mais j’ai été mis dehors car je parlais mal aux personnes maintenant je suis dans un foyer d’urgence. Mais il n’y a pas beaucoup d’hébergement d’urgence pour les – de 25 ans.

David
A ma sortie de prison je suis arrivé sur Dunkerque, depuis je suis dehors…

Chinchan
Pas beaucoup de liberté dans mon pays car ce sont des coutumes et aussi parce qu’on est des femmes. J’ai rencontré mon mari et ça fait 11 ans que je suis ici. Mon mari est français. Je suis venue à l’association pour les cours de français. Je cherche du travail mais le problème de la langue c’est difficile.

Abdoul
Avant j’avais beaucoup de problèmes. Je viens d’Iran. Je suis réfugié. J’ai dormi 8 mois à Téteghem puis 4 mois à Calais. C’était difficile pour moi. Je suis arrivé à Grande-Synthe pendant 4/5 mois. J’ai de gros problèmes de santé. Je ne savais pas où dormir. Je suis allé 15 jours à l’hôpital puis le 115 m’a aidé.
La structure m’a beaucoup aidé, je fais beaucoup d’activités ici et dans d’autres associations.
Je dors dans un foyer. J’ai été aidé par des éducateurs. Je vais à l’école pour apprendre à parler français et dans une autre école pour apprendre de dessin.

Djimangji
Mon mari travaille en France. Je suis arrivée en France, il y a 14 ans. Je suis mariée et j’ai 2 enfants – 1 fille et 1 garçon. Ca se passe très bien. J’aime bien la France car il y a beaucoup de liberté. Dans mon pays d’origine, il n’y avait pas beaucoup de liberté avant mais ça commence à changer. Je me suis mariée mais mon mari habitait déjà en France cela fait 32 ans. Je cherche du travail mais je ne parle pas très bien français, je prends des cours. Si je travaille un jour ce serait dans un magasin ou dans un restaurant.
J’apprends la couture et le français. Cela fait longtemps que je suis en France. J’apprends le français pour moi. Je ne travaille pas, j’ai un garçon et je suis mariée. Je n’ai pas de difficulté, c’est mon mari qui s’occupe de tout – les papiers, les courses. Je n’aime pas chercher les problèmes. J’ai habité 18 ans à Dieppe mais je n’avais pas de famille, c’est mieux ici, j’ai de la famille.

Soumaya
Cela fait 3 ans que je viens à l’association. Je fais la couture et j’apprends le français. C’est pour moi pour me débrouiller toute

Marcelle
Je suis arrivée à l’association grâce à la responsable, j’ai assisté à une réunion puis j’ai fait de la couture tous les mardis.
C’est une ouverture, l’intégration. Quand tu es seule, tu veux aller vers les autres. J’ai arrêté de venir à l’association car j’ai eu des soucis de santé. Cela fait quelques mois que je reviens. Cela me plaît de venir car ça me permet d’échanger avec les autres.

Maryem
Je suis arrivée en France il y a 42 ans. J’étais une des premières femmes noire dans la ville et je ne savais pas parler français. Je me suis retrouvée toute seule. J’ai conduit ma fille à l’école et j’ai essayé de discuter avec les instituteurs. On a monté une association de parents d’élèves, je me suis intégrée et ça m’a permis d’apprendre le français. Au début l’association était constituée de femmes étrangères puis sont arrivés les hommes et enfin l’association s’est ouverte à tout le monde. Les gens étaient surpris de toutes les personnes que je connaissais. J’ai remarqué que chaque communauté restait ensemble. Il faut s’ouvrir aux autres. Au fil des ans l’association s’est investie dans la solidarité internationale.
Je me pose souvent les questions suivantes : qui je suis ? où j’étais ? où je suis ? où je vais aller ? Pour m’aider à garder le cap.

Martine
Je suis bénévole dans l’association. Ca me change les idées. Je participe plus aux manifestations car je travaille. Je me sens bien dans l’association, j’adhère aux valeurs car ce sont aussi les miennes

Jean
La responsable m’a souvent interpellé et je suis arrivé comme bénévole dans l’association. J’aime aider les gens. Je suis à l’écoute.

Sarah
J’ai découvert l’association lors d’une réunion et j’y suis restée. J’aime bien discuter avec les gens. On se raconte nos petites misères et on essaie de trouver des solutions. Toutes les personnes sont souriantes.

Bernadette
Je suis surtout bénévole lors des manifestations, des ateliers couture et cuisine. J’aime bien l’ambiance de l’association. J’aime bien aider. J’ai un but.

Marguerite
J’ai connu l’association grâce à ma fille aînée, elle avait rencontré la responsable qui cherchait des bénévoles. Je l’ai appelé et on s’est rencontré. Ce qui me plaît le plus c’est l’échange culturel à travers les ateliers couture, bien-être. Pour les cours de français, on discute autour d’un thème.

Sabrina
Au départ, j’étais à la recherche d’une association où je pouvais être utile. Je connaissais la responsable qui m’a présenté l’association et je m’y suis bien sentie. Je m’investis. Les personnes sont ouvertes à tout et à l’écoute. Même s’il n’y a rien de matériel, on a une écoute ce qui est très important. Moralement je m’y sens bien. Il y a beaucoup de cultures différentes, les échanges dans l’association sont très ouverts. Moi j’ai eu beaucoup de problèmes d’intégration mais j’essaie d’aller vers les autres ou de m’investir dans la société.
J’ai fait mes études en France, j’ai un master mais je ne trouve pas de travail à part quelques missions intérim. Au quotidien les portes se ferment. Ce qui m’a fait le plus de mal, c’est lorsque j’ai essayé de postuler dans une structure d’insertion et que mon interlocutrice m’a dit qu’il fallait que je recherche des entreprises Malgaches pour être embauchée.
Parce que je suis noire et Malgache, je ne peux travailler que pour des entreprises Malgaches ?

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