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Témoignages 2009

Les témoignages qui sont ici rassemblés proviennent des « Rendez-vous citoyens » organisés par les membres du Carrefour des solidarités en préparation de la journée mondiale du refus de la misère.

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Témoignages 2009

L’année dernière, à partir des témoignages reçus, nous nous étions engagés à travailler ensemble en vue d’inventer des solutions aux problèmes exprimés à travers eux. Nous l’avons fait en réunissant en novembre 2008, les Assises de la solidarité. De ces Assises, une vingtaine de directions ont été définies. Il est encore trop tôt pour commencer à en évaluer les résultats.

Nous nous engageons à le faire pendant toute la durée de l’année qui vient, en y associant étroitement ceux et celles qui connaissent les difficultés de la vie et qui construisent chaque jour leur espoir.

Ces témoignages recueillis ici ne sont donc qu’une nouvelle étape de notre travail commun.

Les rendez-vous citoyens 2009 ont été organisés par :

A.C.L. Proxipol, L’accueil de jour de la Fondation de l’Armée du salut, Le C.C.A.S. de Dunkerque Le C.C.A.S. de Grande Synthe IMANI Le C.C.A.S. de Leffrinckoucke Tabgha, l’épicerie solidaire d’Emmaüs Le groupe Pascal Salam

Merci à ceux et à celles qui ont bien voulu nous apporter leur témoignage et leurs réflexions.

Nous avons joint les textes lus par les jeunes durant la manifestation qui s’est déroulée, le 17 octobre dernier, devant la stèle des droits de l’homme à Dunkerque.

La place aux trésors

« Les gens qui dorment dehors, ils n’y sont pas nés. »

« J’agis sur la misère du cœur et je subis la misère financière. »

« Quand on est dans les difficultés, c’est souvent dans l’urgence qu’il faut agir et les lenteurs administratives aggravent les situations déjà graves. Et c’est connu, on descend plus vite qu’on ne remonte. »

« Parce que manger des sardines, c’est toujours mieux à deux. »

« Les discriminations, ce n’est pas seulement une couleur de peau. C’est être petit ou gros ou noir ou vieux, c’est tout cela ! »

« Il faut s’aimer pour conserver sa dignité. »

« la souffrance ne peut se partager. Car elle est unique. Elle est dans notre âme. »

Christiane

« Voilà, je donne l’impression d’être à l’aise alors que, bien souvent, j’ai envie de pleurer. Afin de ne pas sombrer dans la dépression, je me tourne vers les autres avec ce que je suis et j’essaie d’apporter un peu de chaleur afin d’en recevoir un peu. Cela ne résout pas mes problèmes mais je me sens mieux pour les affronter.

Je suis rmiste. Je suis seule, sans enfant. Un enfant ne doit pas subir la misère. Ils ont droit à la meilleure éducation possible, d’avoir accès à la culture. Moi je cherche à échanger. Toute personne a besoin d’exister. Moi, je ne sais pas fermer ma porte. J’offre un café. On discute. On se sent moins seul. La solitude, c’est difficile. Moi, je n’ai pas d’argent, mais je suis heureuse. On n’offre même pas un sourire à un SDF. Il n’y a pas de solidarité. Aujourd’hui on a besoin de s’accrocher à quelque chose, avoir la foi çà aide. Quand on a une famille, c’est une richesse.

Parce que manger des sardines, c’est toujours mieux à deux.

Un médecin bénévole qui me voyait déprimée m’a cité toutes mes qualités. Cà m’a fait beaucoup de bien et je me les récite tous les jours. Les personnes qui nous aident devraient nous aider à réfléchir pour toutes les addictions. On nous envoie chez un psy qui nous donne des cachets qui nous font dormir. Est-ce que c’est comme cela que l’on va régler son problème. »

Espérance

« Le refus de la misère est un sujet qui me touche particulièrement. Je suis une maman de quatre enfants. J’ai trente huit ans. Je suis catholique pratiquante et militante. Et parce que pour moi, il existe deux types de misère, j’essaie de lutter à mon niveau.

La misère du cœur, que je me représente avec le racisme, l’intolérance, l’égoïsme… La misère financière, due au chômage, les fins de mois difficiles, les bas salaires écrasés par de lourdes charges, les expulsions, la faim.

Alors, je milite sur les consciences en enseignant à la jeunesse, en faisant passer des messages de foi et d’amour. Je suis maman cathé en CM1 et animatrice en aumônerie au collège. Parce que les jeunes d’aujourd’hui seront nos décideurs de demain, parce que nos jeunes seront nos adultes de demain. Ils sont l’avenir de l’humain !

J’agis sur la misère du cœur et je subis la misère financière. Je ne suis pas pauvre. Je supporte mes charges avec difficulté en rêvant de lendemain plus rose.

Actuellement je suis en instance de divorce. Je n’en suis qu’au début de mes démarches puisque je suis dans l’attente du jugement de conciliation. J’ai demandé la garde de mes quatre enfants de quatorze, douze, dix et trois ans. Mon époux ne s’y oppose pas et souhaite conserver notre appartement pour accueillir nos enfants les week-end et aux vacances. Je suis d’accord et je me suis mise en quête d’un nouveau logement. Je me suis tournée vers une assistante sociale pour qu’elle m’aide dans mes démarches administratives pour trouver un grand logement, ce qui est rare. Elle m’a donc conseillé puisque je suis mère au foyer, de faire une demande de RSA. Le hic, c’est que je ne peux toucher cette allocation que lorsque mon mari et moi seront autorisés, par la conciliation, à nous séparer officiellement.

Je suis bloquée, au point mort ! Je perçois actuellement des allocations familiales et l’APL. Je n’ai pas assez de revenu pour obtenir un nouveau logement. Voici donc ma situation. Pour avoir un nouveau logement, je dois avoir des ressources suffisantes. Pour avoir des revenus plus élevés, je dois percevoir le RSA. Pour toucher le RSA , je dois vivre seule avec mes enfants. Pour vivre seule avec mes enfants, je dois attendre la conciliation. Lorsque la conciliation aura lieu, je vais devoir quitter le domicile. Pour quitter le domicile conjugal, je dois trouver un autre logement.

Alors, même si aujourd’hui je ne suis pas en grande difficulté financière, ma situation est bloquée à cause de l’argent ou plutôt du manque d’argent . Quand j’ai dit mon inquiétude à l’assistante sociale, elle a essayé de me rassurer de son mieux, en m’expliquant que le conseil général allait m’aider financièrement par le versement d’aide. Mais quand on a des difficultés financières, c’est souvent dans l’urgence. C’est tout de suite que le manque d’argent se fait sentir. Or pour obtenir des aides, il faut remplir un dossier, amener des justificatifs que l’on doit photocopier, bien entendu en payant, et attendre qu’une commission, que l’on ne rencontre jamais, accepte ou refuse l’attribution de l’aide. Et encore attendre deux ou trois semaines pour recevoir une réponse. Malheureusement la situation du demandeur s’est aggravée et l’aide n’est plus suffisante.

En conclusion, quand on est dans les difficultés, c’est souvent dans l’urgence qu’il faut agir et les lenteurs administratives aggravent les situations déjà graves. Et c’est connu, on descend plus vite qu’on ne remonte. »

Micheline

« Pourquoi dans notre France, enviée dans le monde entier, en ce vingt et unième siècle, on entend toujours parler de la misère ? L’égoïsme n’est il pas le premier fléau ? Le chacun pour soi ? Qui arrivera à changer cela ? Le soleil ne brille t-il pas pour tout le monde ? Il faut initier les personnes qui ont du mal à gérer leur budget, les faire sortir de chez eux pour qu’ils ne connaissent pas la détresse morale.

Je n’ai pas connu la misère ni la faim. Elle est inacceptable. Mais comment la combattre ? Ne peut-on organiser un loto pour récolter des fonds pour nourrir ceux qui ont faim ? C’est scandaleux, qu’à notre époque, il y ait des gens qui ont faim, qui vivent dans la misère ! »

Ramlata

« Je suis étudiante et je trouve révoltant les discriminations à l’embauche, même pour des entretiens pour trouver un stage de formation professionnelle. Rater ses études parce qu’aucune entreprise n’accepte de nous accueillir du fait de nos origines, à cause de cela il nous est impossible de valider notre BAC. Supporter les regards étonnés des gens comme si nous étions des animaux en cage.

La misère, c’est aussi un problème d’intégration. Il est difficile de vivre dans un pays qui nous ignore et encore plus d’y grandir. Quand on est dans les DOM-TOM, on est français. Quand on arrive en métropole sur le sol français, on dit de nous qu’on n’est pas français à cause de la couleur de notre peau. On voudrait bien vivre dans nos terres d’origine mais on ne peut pas parce que la misère y est plus grande et qu’on veut vivre mieux ! Les discriminations, ce n’est pas seulement une couleur de peau. C’est être petit ou gros ou noir ou vieux, c’est tout cela ! »

Karine

« Je suis saint-poloise et je suis dans l’association IMANI. Je vis avec mon ami depuis trois ans dans un F2 avec trois enfants. Mon ami ne trouve pas de travail et moi non plus. J’ai une grande fille de dix-huit ans, une autre fille de douze ans et ma dernière a seize mois. Dans un F2, c’est pas facile, c’est la misère. On a beau chercher du travail, on ne trouve pas. Je confectionne des costumes de carnaval. Je ne trouve pas d’aide à la CAF. Grâce à une assistante sociale j’ai été aidée. La misère, ce n’est pas seulement les gens qui dorment dehors. »

Paulette

« Je vis seule et je n’ai pas de travail. Il n’y a pas de travail. Les parents n’ont plus d’argent et ont bien du mal à gâter leurs enfants. Et quand on n’a pas d’argent, on ne peut pas subvenir aux besoins de sa famille. L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. »

Lucie

« C’est aberrant de voir la misère aujourd’hui au vingt et unième siècle. On ne peut accepter ce qui se passe. Tant de vilaines choses, tant de personnes qui vivent dans la précarité, tant d’enfants malheureux, c’est inadmissible d’accepter cela. Il faut que les choses changent. Nous, nous avons de la chance. Nous avons un toit au dessus de notre tête, alors qu’il y en a qui n’ont pas de quoi se nourrir. »

Zaïnaba

« Je suis membre de l’association IMANI. Elle est très importante pour moi. Elle m’a aidée à sortir de mes quatre murs. On échange nos savoirs. On voit d’autres gens. On s’ouvre aux autres. La misère est partout ! Il y a des gens qui travaillent et qui sont pourtant dans la misère. Ils ont du mal à subvenir aux besoins des enfants. Nous autres, on n’a pas fait d’études, alors on veut mieux pour nos enfants. Qu’ils aient de l’instruction et qu’ils réussissent mieux que nous. Ici, il n’y a pas de travail. On a du mal à en trouver, ne serait ce qu’un stage pour se former. Les gens qui dorment dehors, ils n’y sont pas nés. ils ont eu un toit, et du jour au lendemain ils ont tout perdu, souvent par manque de travail. »

Salmata

« La misère dépasse nos frontières. Elle est internationale. Partout il y a des SDF, peu de travail, pas assez pour tous. Un sourire est l’arme la plus puissante du monde. Il faut se tenir la main, ne pas baisser les bras, ni la tête, ne pas rester seul dans ses quatre murs. Il faut se battre mais en gardant le sourire. Penser toujours que peut-être çà ira mieux demain. Il ne faut pas se laisser abattre, il faut aller de l’avant et se dire que je ne suis pas seul dans la misère. Il faut penser que l’on n’est pas tout seul au monde. Il faut oser parler, garder sa dignité, dire je suis là. Ce n’est pas une honte d’être dans la misère. La vie n’est pas facile mais on peut trouver des solutions. Il est important de s’aimer de se respecter soi-même pour être respecté par les autres. Certains pays sont en guerre. Pour eux, c’est encore plus dur que pour nous. Ici, le plus dur, c’est pour les réfugiés. Il faut s’aimer pour conserver sa dignité. Si tu baisses la tête, tu es vite jugé. Avoir le moral, c’est la plus grande des richesses, il faut être content du peu que l’on a. Avec le peu qu’on a, on peut espérer que demain ça ira mieux. Si la porte aujourd’hui est fermée, demain elle s’ouvrira. »

Mariama

« Au cours de ma jeunesse, j’ai vécu dans la misère et donc je sais ce que c’est. Si l’on regarde bien, la misère est la même, que ce soit en Asie, en Europe, en Afrique ou en Océanie. Des personnes souffrent énormément et je trouve qu’il faut essayer d’y remédier pour le bonheur de tous. C’est pour cela que la journée du refus de la misère me touche profondément et j’espère qu’elle sera supprimée et que la misère ne sera plus qu’un souvenir lointain. Mais n’oublions pas que ce sont des épreuves et qu’après le malheur vient le bonheur. Et que Dieu nous aide. »

Nacima

« Moi, je suis ici depuis 2001, avec mes enfants. J’ai vu la misère comme personne ne peut la partager. Car la souffrance ne peut se partager. Car elle est unique. Elle est dans notre âme. Je m’en suis sortie avec mes enfants qui sont formidables et aussi grâce à des personnes que j’ai rencontrées dans mon chemin. Les associations m’ont beaucoup aidée, comme l’AAE à Dunkerque qui m’a donné un toit, les éducateurs qui m’ont suivie dans mon parcours. L’association Lugova de Grande-Synthe qui m’a permis de passer des vacances avec mes enfants et de nous retrouver et qui m’a écoutée avec cœur. L’association IMANI m’a ouvert ses portes et après des années l’amitié est toujours là. L’amitié c’est beau et c’est éternel. On se bat toujours pour nos enfants, pour qu’ils fassent des études. Car on voit que c’est dur. Car ils n’ont pas les mêmes chances que les autres de trouver un stage. »

Sabine

« Je suis née ailleurs. Je suis française de nationalité et j’ai vécu dans la misère. J’ai quitté mon pays natal, abandonné ma famille, mes amis et le soleil de mon pays. Malgré la souffrance que j’ai vécue là bas, le soleil de mon pays me réchauffe le cœur. En arrivant en France, je voyais la misère autrement. C’est dur de vivre sans sa famille, sans ses amis, avec le froid qui te pèse, sans sourire, sans travail. Heureusement j’ai des enfants qui me soutiennent et l’association IMANI. Je me sens utile et je vois le sourire de toutes les nationalités et la chaleur qui me réchauffe le cœur et qui remplace le soleil de mon pays. »

Suzy

« Je fais partie du comité d’usagers et je suis bénévole à la maison de quartier avec les maternelles. Ça me fait du bien. Je suis seule avec mes enfants. Je suis fort active. J’ai créé une association, pause sourire, pour organiser des activités le week-end avec une maison de quartier. Je suis la présidente. Nous voulons faire un repas à Noël avec les gens qui sont seuls pour rompre l’isolement, faire une fête à Halloween, organiser une bourse aux vêtements. Au RMI avec quatre enfants, je dépasse le plafond. J’ai été exclue de l’aide alimentaire. Je me suis sentie rejetée. Je suis allée à l’épicerie solidaire, j’y retourne pour boire un café. »

Fatiha

« Je fais partie du comité d’usagers. On m’a mis en inaptitude et je me sentais ne plus servir à rien. J’ai aussi des problèmes de santé. Mais je ne suis pas reconnue par la COTOREP. Après six mois de dépression je me suis dit : il faut que je sorte. Je fais partie d’associations. Les enfants suivent le rythme. Quand je donne un coup de main comme bénévole, les enfants aident aussi. Mes deux filles sont au collège et elles sont toutes les deux au comité de l’école. Devant l’école avec les parents, on discute. Je suis un relais dans le quartier. Je suis déléguée communale. Comme bénévole, j’ai appris beaucoup de choses et je le fais savoir aux autres. Les gens qui distribuent de l’aide alimentaire, on dirait que la nourriture vient de chez eux. A l’aide alimentaire on m’a dit que des aliments étaient réservés. On m’a dit : c’est comme ça. Pourtant ce sont des bénévoles comme nous. »

Eric

« Je fais partie du comité d’usagers et je suis demandeur d’emploi depuis pas mal de temps. Je suis suivi par la maison de l’emploi. On se demande pourquoi on cherche puisque on ne reçoit que des réponses négatives. Même par mèl, ils ne se donnent pas la peine de répondre. Je perçois le CCAS autrement. J’y vais avec le sourire. On discute. Je continue à aller au comité d’usagers même si je suis suivi par le pôle emploi. Ce qui m’aide à tenir, c’est de venir au comité, de rigoler avec les gens. Ça m’a aidé à prendre la parole en public. Ça ne se voit peut-être pas. Mais je suis timide. J’ai fait un voyage avec les personnes du CCAS et maintenant les relations sont différentes. La solidarité, c’est aider les autres. Ça fait du bien d’être utile. » Christelle

« J’ai deux garçons : un de dix-sept et un de dix ans. Je suis suivie par la maison de l’emploi. J’ai commencé un contrat d’accompagnement vers l’emploi. Je fais partie du comité d’usagers et j’aime bien. Je travaille à l’atelier couture et je me suis fait de nouvelles amies. Je suis partie en vacances en août avec le CCAS et la CAF près de Sète. Quand je suis arrivée au CCAS, j’étais seule dans mon coin. Je n’arrivais pas à parler. Maintenant ça va. »

Claudine

« Je fais partie du comité d’usagers et je suis demandeur d’emploi. J’ai un rendez-vous à Emmaüs pour faire du bénévolat. Depuis que je suis au CCAS, je bouge mes fesses. »

Isabelle

« Je suis une maman de trois enfants. Je suis divorcée. Je viens de retrouver un emploi en vacation pour la mairie dans les établissements scolaires. J’ai profité d’une sortie avec le CCAS et j’ai fait un séjour familial avec les enfants. C’était la première fois qu’on partait. On ne pensait à rien. Les soucis étaient derrière. Je suis revenue avec un grand sourire. Les vacances ça fait du bien. »

Maryse

« Je suis demandeur d’emploi. Je fais un atelier à la maison de quartier. Je fais du bénévolat. Je fabrique des petits objets et les produits de la vente sont reversés aux associations. J’y suis très bien, ça me socialise sinon je me replie sur moi-même. »

Patricia

« Quand on ne fait rien, on se replie sur soi-même. On se renferme. Je vois un psy dans une association. Ça me permet d’évacuer. Je me suis mise à Internet. Mais en même temps, çà peut isoler. J’ai des problèmes de voisinage. Je veux quitter mon quartier. Comme je ne suis pas entendue, je me sens isolée. C’est très dur d’aller quémander, surtout le regard des autres. J’avais besoin d’aide mais je n’y suis pas retournée. J’avais peur d’être vue par quelqu’un que je connais. Tout le monde est individualiste. Moi je donne des affaires aux restos du cœur. Mais une dame m’a dit : moi je ne donne pas, car ils ne me donnent pas. C’est bien que le CCAS aide au départ en vacances. Les gens pensent que comme on n’a pas trop de moyen on nous donne des tas d’aides. »

Rodolf

« Je suis membre du comité des pongistes. Je recherche un emploi dans le dessin industriel. Je n’ai pas le permis de conduire. Dans ce métier, on demande un véhicule. Je suis pongiste depuis vingt ans et je peins des figurines. C’est une passion. J’essaie de les vendre. Mais c’est difficile. Depuis 2001, j’ai fait des formations pour compléter ma formation. S’il le faut, je suis prêt à bouger. »

Gérard

« Je suis à la COTOREP depuis vingt-six ans. Ça fait quelques années que je me retrouve seul. Je n’ai pas d’activité. Tous les jours, à dix-sept heures, je vais dans une association pour jouer aux cartes. On est une bonne vingtaine. Je voudrais participer à un groupe. Mon seul compagnon, c’est ma petite chienne. Je suis dans un fauteuil, ça fait vingt-six ans et c’est à vie. Je me suis renseigné dans les associations. Comme j’ai quarante neuf ans on m’a dit que j’étais trop jeune. Avec mon fauteuil, je ne peux pas aller partout. »

Martine

« Pour m’en sortir c’est très dur. Ça fait quatre ans que je suis dans le nord avec ma famille. Nous venons de Compiègne. On a démissionné et nous sommes venus à Grande-Synthe pour s’occuper d’un gros problème rencontré par ma belle soeur. Son fils est à la maison. Il n’arrive pas à remonter.

Avant, nous n’avions pas de problème financier. Mais aujourd’hui c’est catastrophique.

Dans certaines associations, c’est spécial. On vous accueille les bras grands ouverts. Mais après, c’est différent. Par contre une autre association, ce qu’elle m’a apporté, c’est énorme. Pour un dépannage d’une semaine, j’ai eu de quoi manger pendant un mois.

A chaque fois que j’essaie de faire quelque chose, autre chose m’empêche d’avancer. Une assistante sociale de la ville me suit. Mais on ne peut pas rester à demander. On doit s’en sortir par soi-même. Je n’aime pas me plaindre, aller demander de l’aide.

Trois mois de soucis par an, ça va. Mais, toute l’année, ce n’est pas possible. Je suis en arrêt maladie. Je touche trois cent euros. Quelque chose ne va pas dans le système aujourd’hui. Je m’enfonce. Mes difficultés sont liées à la maladie. Tout augmente, le loyer, le carburant. J’ai deux enfants à la maison, ils n’ont pas de revenu. Mon aîné a démissionné de l’armée, je le booste. Celui de vingt-deux ans est resté à Compiègne. Il a commencé par un stage et maintenant il est adjoint de direction. Mon neveu est aussi à la maison. Il ne se lève pas le matin. Il ne cherche pas de boulot. Il se dit bien chez sa tante. Il touche le RSA. Il cherche un logement. Je ne veux pas être son garant. Car il tiendra deux mois pour le paiement du loyer et après il lâchera.

Mon mari a été très gentil pendant dix ans. Il est toujours gentil mais il est devenu coureur. Il y a de l’orage et des conflits. (…) Mais je tiens parce que je tiens à lui et à mes enfants.

Si j’ai un souci, c’est ma voisine du rez de chaussée qui s’occupe de moi. Demain s’il lui arrivait quelque chose, je serai très peinée. C’est ma seule amie. J’ai demandé à une conseillère en économie sociale et familiale de venir me voir. Car je ne m’en sors pas même si je ne vais pas chez le coiffeur et que je ne m’achète pas de vêtement. Je sais lire, écrire et compter mais je ne m’en sors pas. Je ne fume pas. Je ne bois pas d’alcool, je n’achète pas de parfum. C’est ma sœur qui m’offre le parfum car elle l’a gratuit. J’achète la nourriture en promotion. Mon carburant, mon assurance voiture, je suis obligée de les payer. Mon conjoint va se faire opérer fin septembre et puis il sera en arrêt maladie. Nos revenus vont baisser. Il y a encore quelque chose qui ne sera pas payé. Mon fils peut m’aider, mais j’ai honte. J‘ai fait la bêtise de démissionner de mon poste à Compiègne. Je me suis inscrite à l’ANPE. L’ANPE m’a proposé un contrat d’avenir car j’arrivais en fin de droit. J’ai été reçue par des élus qui m’ont demandé pourquoi j’acceptais un emploi inférieur à mes compétences. Mais ils n’avaient rien d’autre à me proposer. Je fais le ménage à la maison communale.

Il y a plein de choses à changer. Le coût de la vie est trop élevé. Il faudrait plus de solidarité, que les gens changent leur façon d’être et de voir. Il y a des collectes dans les supermarchés. Beaucoup ne donnent rien. A l’ANPE, on vous demande de faire un courrier, on n’a pas de réponse et on finit par vous dire que le poste est pourvu depuis quinze jours mais on laisse l’annonce. Il y a aussi des manipulateurs, des gens qui falsifient. Ce n’est pas parce que des aides m’ont été refusées que j’en veux à ceux qui me les ont refusées.

Quand on fait les courses pour le mois, les enfants piochent dans le stock, alors j’achète au jour au jour. Mais c’est plus cher.

L’hiver, il devrait y avoir un chapiteau pour faire des repas chauds pour les gens qui n’ont rien. »

Florence

« Je suis en instance de divorce. J’occupe une maison en accession à la propriété. Mais comme je divorce, je dois la quitter. Je cherche un logement et un bailleur social m’a répondu que tant que la maison n’est pas vendue il ne peut pas prendre ma demande. Comment je fais ? Si je veux quitter ma maison je ne le peux pas puisque je n’ai pas accès à un autre logement. »

Thérèse

« Quand on est femme seule avec enfants, on galère. Je me suis retrouvée dehors. Mais j’avais un travail. J’avais fait des demandes de logement partout. Un bailleur social m’a fait visiter un logement. J’ai dit oui tout de suite. Au troisième passage en commission, mon dossier a été refusé sous prétexte que je ne gagnais pas assez. J’ai été accueillie dans un foyer maternel. Mais j’ai dû attendre. C’était il y a neuf ans. L’assistante sociale m’a fait visiter des logements. Mais ils étaient en mauvais état et je n’avais pas les moyens de les rénover. On m’a avancé de l’argent pour louer chez un bailleur privé. Aujourd’hui je touche l’allocation spécifique de solidarité. C’est quatorze euros par jour. Je paie mes factures et je ne peux pas acheter à manger. Je n’ai rien pour mes enfants de 18, 16 et 9 ans. Je n’ai jamais fait de sortie. »

Rita

« On a fort galéré. Mon mari est en invalidité. Nous habitions un appartement dans les étages avec un bébé de dix-huit mois et mon mari ne pouvait plus monter les escaliers à cause de sa maladie. On a du se battre pour pouvoir déménager. J’ai pété un câble. J’ai dit que je ne quitterai pas le bureau tant que je n’aurai pas un logement et que je ne laisserai pas mon mari mourir dans l’escalier. Nous avons été reçus en mairie par quelqu’un qui a compris notre situation. C’était une dame simple qui m’a écoutée et qui nous a aidés. J’ai voulu que l’appartement que je quittais aille à quelqu’un qui en avait besoin et c’est ce qui s’est passé. Il faut se battre. Y a pas le choix. Il faut sortir ses tripes. Ce qui m’a le plus gênée c’est de déballer ma vie. Je suis même allée dans une association pour avoir du lait pour mon bébé. Mais il faut positiver. On a réussi à avoir un toit et à élever nos enfants. Je suis scandalisée. La maladie de mon mari ne se voit pas sur son visage. Avec son problème, il devient sourd et il apprend à lire sur les lèvres. Il a vu une personne à la CPAM qui l’a traité d’escroc parce qu’il est en invalidité. Sa maladie est due aux solvants et aux peintures qu’il a respirés à son travail pendant des années. On parle de l’amiante. Mais on ne prend pas en compte les autres maladies professionnelles. Mon mari n’est pas respecté. »

Stéphanie

« Je vis avec mes deux filles dans un logement dont l’électricité n’est pas aux normes. C’est le seul logement que j’ai trouvé, il y a cinq ans, quand mon compagnon est décédé. Mes deux filles dorment dans la même chambre. Comme la salle de bain n’est pas ventilée, elle est très humide. J’ai un jardin. Mais j’y accède par la cave. Je ne peux pas laisser les enfants y aller seuls. J’ai peur de réclamer à la propriétaire. Vu tous les travaux qu’il y a à faire, j’ai peur qu’elle vende la maison et je n’aurai plus de logement. Je suis assistante maternelle. Mais j’ai peur pour la sécurité des enfants que je reçois dans ce logement. »

Christelle

« Dans mon appartement, j’ai un problème avec un lavabo descellé qui a été mal posé. Quand j’ai vu mon bailleur, il m’a dit que les travaux étaient à ma charge. Depuis, je suis en guerre avec mon bailleur car je ne ferai pas les travaux. J’ai des prises électriques qui ne tiennent plus aux murs et l’électricité n’est pas aux normes. »

Bernard

« J’habite une maison trop petite. La famille va s’agrandir. J’aurai quatre enfants et il y a trois chambres. Les deux grandes dorment ensemble dans une petite chambre. Le petit de trois ans et le nouveau né vont dormir avec ma femme et moi. J’ai fait une demande de mutation auprès de mon bailleur. Mais elle est restée sans réponse. J’ai relancé mais ils me disent qu’ils n’ont rien pour le moment. »

Naëma

« Moi, j’avais un problème de cafards dans mon appartement. Je suis allée chez le bailleur social qui m’a dit qu’il fallait mettre des morceaux de concombre dans les coins de chaque pièce de l’appartement. J’ai acheté des produits contre les cafards. J’ai ramené les factures à mon bailleur et j’ai demandé à être remboursée. Deux jours après les services de l’hygiène sont passés.

Marie

« Je connais une dame d’origine maghrébine qui a fait une demande de logement car sa famille s’agrandit. On lui a répondu « de toute façon chez vous, vous avez l’habitude de vivre à plusieurs dans des logements exigus ».

Adrien

« J’ai passé quelques années de mon enfance dans un foyer de l’AFEJI. A dix-sept ans, j’ai commencé à faire un contrat d’apprentissage en boulangerie. Mais j’ai dû arrêter car je faisais une allergie à la farine. Après ça, j’ai eu du mal à trouver mon orientation. Mais j’ai pu faire des stages en espaces verts et cela m’a bien plu. Après, pendant plus d’un an, j’ai beaucoup cherché. Mais je n’ai pas trouvé de contrat d’apprentissage. J’ai été suivi par la mission locale et j’ai rencontré la conseillère municipale déléguée à l’emploi et la conseillère de la maison de l’emploi. Elles ont réussi à me faire entrer en contrat d’accompagnement à l’emploi dans le service des espaces verts de ma commune. Depuis je suis très heureux. Je travaille quatre heures tous les matins. J’acquiers une bonne expérience et en plus je vais faire des petites formations, en plus d’une remise à niveau en français et en math. Car j’ai toujours eu des problèmes à l’école. Ce contrat va bien m’aider pour mon avenir. »

Maryvonne

Il y a un an, j’ai perdu mon mari et je me suis retrouvée seule face à cette situation avec ma fille âgée de quatorze ans. Dans cette épreuve, j’ai rencontré plusieurs personnes qui m’ont soutenue moralement, en particulier l’armée du salut. Elles m’ont permis d’avancer et de retrouver le goût et la joie de vivre. Je me suis investie comme bénévole. Depuis le quinze septembre, je suis salariée en contrat d’accompagnement à l’emploi et je remercie le professionnalisme de ma référente de l’ANPE et la conseillère municipale déléguée à l’emploi qui connaissait particulièrement la situation dans laquelle je me trouvais. J’ai retrouvé une stabilité et je peux mieux faire face à l’avenir. »

Dany

« Par rapport à la CAF, comment ça se fait que les familles avec enfants aient des prêts ? Moi, je suis une personne seule. Je touche le RSA et je n’ai pas le droit à un prêt pour acheter une gazinière.

Ma mère s’est suicidée. Je buvais et après ça a été pire. Je ne payais plus mon loyer. Je me laissais aller. J’étais sale. Je n’avais plus envie de vivre. Je ne faisais plus rien. J’ai été expulsé de mon logement et j’ai été hébergé par ma sœur. J’ai eu un déclic et j’ai arrêté de boire du jour au lendemain.

Quand j’ai eu des problèmes de retard de loyer, je suis allé au CCAS avec les papiers de l’huissier. Je leur ai demandé une aide. J’en ai eu une du conseil général pour payer mes loyers et j’ai donné une partie de mon RMI. Malgré le paiement de cette somme, trois jours après, ils sont venus pour m’expulser. J’avais un chien et de ce fait je ne pouvais pas accéder à un hébergement. Je ne voulais pas me séparer du chien. Je lui donnais tout mon amour. Au début du mois je fais les courses et j’achète d’abord pour le chien. Elle a huit ans. Je n’ai pas d’ami, j’en avais quand j’avais des sous et que je buvais. J’ai donné un coup de main à une personne, je l’ai bien aidée, je l’ai conseillée pour avoir des aides et maintenant elle se fout de moi.

Aujourd’hui, j’ai mon appartement et je paie mon loyer. Je dois toujours rembourser mes dettes même deux ans après. Je ne dépense pas beaucoup et tous les mois je m’achète quelque chose pour mon appartement.

Par rapport au CCAS, si on a tout payé et que l’on n’a pas de dette, il ne nous aide pas et vous dise « qu’est ce que vous vous plaignez, vous avez tout payé ».

Séverine

« Je vais régulièrement au CCAS de ma commune, surtout depuis que je suis au RSA. Il y a des papiers à remplir. C’est dur d’aller demander même si c’est pour nourrir mes enfants. Ils m’ont donné quinze euros pour un mois pour moi et mes deux enfants. Une boîte de lait, c’est déjà quinze euros. J’ai même dû montrer mes relevés bancaires. Depuis je ne demande plus rien. Je me débrouille toute seule. Je me suis sentie mal jugée par rapport à mes problèmes. Avec le RSA, on doit participer à de plus en plus d’activités puisqu’on ne travaille pas. On a eu une réunion d’information avec un ancien banquier. On a fait ça sous forme de jeu et on a géré un budget. Des activités de type marché et cuisine vont se mettre en place. Moi, j’aimerais offrir à mes enfants un week-end à Disneyland et j’en ai parlé au CCAS. Cet été avec l’aide de la CAF, nous sommes allés à Nausicaa.

Moi, les amis c’est fini. J’ai été trop déçue. Quand je me suis séparée, une partie s’est éloignée. J’ai aidé une amie qui se séparait et quand elle a rencontré quelqu’un sur le net, elle m’a laissé tomber. J’ai juste des copines maintenant. J’ai tellement été déçue. On a trop profité de ma gentillesse, j’ai été salie.

Avec Tabgha, on se sent moins seul. Mais pour s’en sortir, c’est un combat individuel. On s’en sort tout seul. J’avance dans ma vie avec ceux qui veulent avancer. C’est avec le soutien de mes enfants que je me pousse pour aller plus loin. Je sais ce que je veux. Si mes enfants sont bien éduqués et auront un bon avenir, c’est grâce à moi.

Les assistantes sociales vont trop loin. J’ai fait une demande de FSL et je lui ai dit que mon compte était à découvert. Tous les mois je mettais dix euros sur les livrets de mes enfants. L’assistante sociale m’a conseillé pour être reçue favorablement à la commission FSL d’arrêter cette épargne pour mes enfants. C’est important pour l’avenir de mes enfants. J’ai dû prouver que j’arrêtais d’épargner pour mes enfants. Malgré tous les problèmes qu’on a, on a des projets, des ambitions. »

Anita

« Je suis au chômage. J’ai eu la chance de pouvoir acheter une maison il y a deux ans et demis. Mais malheureusement j’ai perdu le papa de ma fille et je n’étais pas mariée. Il n’avait jamais été malade. Il est décédé à sa retraite. Mon frère a fait des arrêts cardiaques et s’est retrouvé dans le coma. J’ai dû aider ma belle-sœur. Nous sommes une famille très unie. Après mon père est décédé et ma mère s’est fait hospitaliser. J’ai retravaillé après tous ces événements. Je suis secrétaire médicale. Mais le problème n’est pas là. Le problème c’est que j’ai acheté une maison. Je paie 660 euros par mois d’accession à la propriété. Je suis allée voir une assistante sociale du CCAS de ma commune qui m’a dit que je serais aidée une seule fois et qu’après ce serait fini. Je paie toutes mes factures. Je paie au mois. Mais j’ai eu un dépassement de 200 euros sur l’EDF. Je viens de recevoir les impôts fonciers, l’assurance auto et habitation. Ma mère va m’aider mais elle ne sera pas toujours là. C’est aussi à moi de me battre pour ne pas dépendre de ma famille. Je ne devrais pas payer mes factures au mois et attendre d’avoir une grosse facture pour être aidée. Je n’ai pas le droit à l’aide alimentaire car je dépasse le barême.

Si on est bien habillé et que l’on porte des bijoux, on est jugé comme riche et on nous regarde quand on demande des aides. Si on est sale et mal habillé, ça ne va pas non plus. »

Bernard

« A chaque fois qu’on demande un logement, on nous demande si on est sous tutelle ou si on a un garant ou si une tierce personne peut s’engager pour nous. Si ce n’est pas le cas, on vous dit qu’on gardera un double de la clef du logement et qu’on viendra vous voir pour contrôler.

C’est honteux de voir des logements à l’abandon. Mais tant que les propriétaires ne veulent rien savoir… Ce qui est choquant c’est que dans les squats, on n’intervient que lorsqu’il y a des accidents. Il y a des propriétaires qui disent que les associations qui mettent des gens dans les logements ne les suivent pas et les logements sont détruits. On peut comprendre la colère des propriétaires et en plus on leur dit que les locataires sont insolvables. D’un côté il y a des personnes qui ont besoin d’un logement. En face il y a le marché du logement et là c’est bloqué. Il y a des gens qui sont prêts à mettre 400 euros dans un loyer. Mais ils ne peuvent pas toucher l’aide personnalisée au logement parce que ce logement est insalubre. Il y a aussi des marchands de sommeil. Quand vous voyez un maire qui est au courant depuis des lustres et qu’il n’intervient pas. On fait voter des lois qui ne servent à rien au lieu de voter des lois utiles. Je connais un bien, une grande bâtisse qui se fissure dans tous les sens. Le propriétaire ne veut pas vendre, c’est à l’abandon. Dedans ça va s’effondrer, mais le maire ne bouge pas. On devrait travailler tous ensemble, un suivi avec une association ou une tutelle. »

Marie-Joëlle

« Les squats ça craint. C’est insalubre mais ceux qui les occupent n’ont pas le choix. Ils ne vont pas dormir dehors. Ça fait pas longtemps que je suis à la rue. Avant j’étais en foyer. Je me démerde pour dormir. Le week-end dernier, j’étais dans un appartement chez des gens. Mais ils ont bu et se sont engueulé. C’est fatiguant. Je suis logée à l’hôtel avec mon copain depuis deux jours. Je n’avais pas de domiciliation. Maintenant c’est fait. Je veux récupérer mes enfants. Un est chez son père et mes jumelles de quinze ans sont placées. Mais je ne sais pas où. Je viens de Moselle et j’ai été dix mois en Belgique.

Moi aussi j’ai failli me faire expulser. J’étais tombée dans la drogue. Je faisais des teufs dans mon appartement. On a voulu m’expulser. J’ai eu un mois pour partir.

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. De plus en plus de jeunes tombent dans la drogue. Où vont-ils ? En prison, à l’hôpital psychiatrique ? Je veux m’en sortir. Avoir un logement. Il y a toujours une solution. Mais je suis très fatiguée. Demain je ne sais pas où dormir. La galère, ça fait pas mal de temps que je la connais. J’avais tout construit. J’ai tout perdu et en plus j’ai des dettes qui se sont accumulées. Je ne vois plus l’avenir, je ne sais plus où j’en suis. »

Amandine

« Discuter c’est joli. Mais c’est agir qu’il faut faire. J’habite le quartier de l’armée du salut. J’aide comme je peux. Ce ne sont pas les gens qui connaissent la misère qui ont un droit de parole. Ce sont les autres. Quand je téléphonais pour chercher un logement avec mon enfant et que je disais que je touchais l’allocation de parent isolé, les gens me raccrochaient au nez. »

Titi

« J’ai vécu dans la rue. Je suis sorti de la rue. J’ai revécu dans la rue. Je suis ressorti de la rue. J’ai revécu dans la rue et je suis ressorti de la rue. On vivait à quatre à la rue. On faisait à manger avec un petit feu. On faisait chauffer des boîtes. On se levait dans la neige à pied nu. J’ai pris la parole avant le maire pour la journée du refus de la misère. Je me suis glissé entre les gardes. Moi aussi dans mon cœur je suis militant et même si ma vie s’arrange, je resterai militant. Il y a des choses qui doivent bouger. J’ai proposé à l’adjoint au maire de rénover des maisons qui étaient vides dans le centre et qu’on travaille ensemble pour faire des studios qui seraient destinés aux personnes qui n’ont pas de logement. Il a refusé parce qu’il y allait avoir des gens qui allaient venir avec des potes et des chiens. Pourtant, nous, on était prêts à être encadrés par une équipe éducative et rénover des logements. Pourquoi les associations et les autres ils ne sont pas là, à cette rencontre, alors qu’ils sont concernés ? »

Eric

« Ils construisent sur le chantier de France. Mais c’est pas des logements pour des gens comme nous. C’est pour ceux qui ont un travail qu’ils construisent. Le PACT, ils ont des logements sociaux qui ont été rachetés par un bailleur social. Ils mettent des radiateurs électriques. J’en ai eu pour 700 euros pour six mois. Mon logement est humide. Je suis tombé malade. J’ai fait venir le service de l’insalubrité. Ils ont tout mesuré. Quand j’étais avec mes enfants j’avais aussi un logement insalubre. »

Christophe

« Je déprimais parce que j’avais perdu une amie. Je me suis mis à l’alcool et à la drogue. Dans mon appartement avec des copains, on cassait les murs. On était mal. Les flics sont venus et nous ont virés. Je suis du 93. J’ai connu une personne qui m’a fait venir ici. Je n’ai pas de famille ici. J’ai dû me démerder tout seul. Là je suis dans un foyer. J’ai une fille. Elle passe avant moi. »

Christine

« A l’âge de seize ans, j’ai été dehors. Je me suis prostituée. J’ai fait la pute. J’avais mon appartement juste au dessus du café où je travaillais. Je me rappelle encore le nom du café. Je m’en suis sortie toute seule. J’ai trouvé une annonce pour un appartement insalubre. Je l’ai retapé et j’ai eu un an de loyer gratuit. »

Manu

« Il y a des SDF qui sont considérés comme dangereux, surtout quand ils ont bu. La gare a une réputation dangereuse. Moi je suis un SDF. Quand je suis allé à la gare, je les ai trouvé sympa alors qu’on m’avait dit qu’ils étaient dangereux. Je connais quelqu’un qui vivait dans une tente. Quand il a pris un appartement, il ne l’a pas abîmé. Pour les SDF il faudrait du matériel pour dormir dehors, des duvets, des couvertures, des tentes… »

Christophe

« Mon frère a un logement insalubre qu’il loue à un bailleur privé. Il m’héberge. Le propriétaire avait promis de tout faire. Il y a des cafards. J’ai écrit au CCAS. Le service de l’hygiène est venu. Ils disent que c’est lié à une fuite d’eau dans un autre appartement. C’est un taudis ! Il y a huit mois, il y a eu le feu. Mon frère et deux copains ont été intoxiqués. On est resté cinq mois sans compteur. Si on ne branchait pas sur le voisin, on n’avait rien. Quand je cuisine le soir, je dois mettre ma main au dessus de la poêle pour pas qu’une bête tombe dedans. Je dors avec un bonnet pour pas que les cafards viennent dans mes oreilles. »

Alain

« Aujourd’hui, nous attendions Alain pour l’interviewer. Il n’est pas venu pour différentes raisons qui lui sont propres et que je ne connais pas encore. Alain tenait à nous apporter son témoignage afin de soutenir tous ceux qui vivent dans la précarité, sans logement, dans des squats, sous tente… Il veut encourager les personnes à garder le lien avec les gens en général, continuer à faire des démarches pour s’insérer.

Il y a quelques jours, Alain me disait au téléphone que tous les matins il lit son journal, s’intéresse à l’actualité… D’ailleurs, il s’est empressé de nous dire qu’un article sur notre association était paru, de féliciter notre nouvelle Chef de Service qu’il a connu à ses débuts comme animatrice, il y a 9 ans.

Alain nous appelle régulièrement pour nous donner de ses nouvelles, discuter quelques minutes. Il nous parle aussi bien de ses parties de pêches, du squat, de l’hébergement d’urgence où il a dormi, d’une association où il essaie de « s’investir », des moments de galère qu’il peut avoir, du fait qu’il boit moins et dit se sentir mieux.

Alain a 35 ans. Il est suivi par notre association depuis 2001. La première fois qu’il est venu, il était accompagné d’un travailleur social. Il dormait dans une tente et s’alcoolisait tous les jours. Il prenait également des cachets. Il a parlé de son enfance et de son adolescence passées en foyer et famille d’accueil.

Après ce premier entretien, Alain est venu régulièrement. Il est parti en cure, un départ difficile où il a du quitter ses amis, notamment celui qu’il appelle « le vieux » qui veillait sur lui dans la rue. Après la cure en hôpital, il est parti en post-cure. De retour ici, avec l’appui des partenaires sociaux, il a intégré une chambre en résidence sociale. Très vite, la solitude lui a pesé. Il a consommé de nouveau de l’alcool, des cachets, un peu d’héroïne… Puis il a entrepris des démarches de soins. Il est parti de nouveau en cure, en famille d’accueil où il a pu prendre le temps de se soigner. Une déception sentimentale pendant son séjour l’a amené à revenir dans sa région où il a vécu de nouveau quelques mois difficiles. Il a travaillé en Contrat Emploi Solidarité. Se sentant très fragile, il a décidé de repartir en cure, puis en famille d’accueil, en s’éloignant de sa région. Pendant deux ans environ, il est parti. D’un séjour en famille d’accueil, il vit dans son propre appartement, travaille, essaie de se reconstruire, de vivre en couple. Il y a un an environ, il est revenu vivre dans la région. Sans affaires, il savait qu’il repartait de zéro, assumant sa propre décision.

Aujourd’hui, il vit en accueil d’urgence, en tente. Il dit se sentir bien avec son chien, boire « raisonnablement ». Il s’occupe et entreprend toujours des démarches pour acquérir un logement. »

Comme l’année dernière, nous voulions rendre présents dans ce cahier les nombreuses personnes migrantes de passage sur notre territoire que tentent d’accompagner des bénévoles de plusieurs associations. Ceux-ci, entièrement pris par l’aide qu’ils leur apportent n’ont pas eu le temps de rassembler des témoignages surtout après le démantèlement des « jungles » qui ont eu lieu sur Calais. Nous avons donc repris quelques témoignages parus dans Montpellier journal, auprès de personnes migrantes provenant de Calais. Sur les 276 migrants interpellés lors de l’évacuation de la “jungle” par les forces de police, 19 sont en effet toujours à Nîmes. Montpellier journal a passé une journée avec eux. Ils racontent leurs parcours.

Ils étaient à Calais, la pointe nord de la France et, par la volonté d’un ministre, ils ont été conduits, de force, 1000 km plus bas. Suite à la décision d’Éric Besson, ministre de l’immigration, la “jungle” de Calais est évacuée le 22 septembre. 276 étrangers “en situation irrégulière” sont interpellés. Le jour même, 40 d’entre eux, réfugiés afghans, sont transférés, après une quinzaine d’heures de car, au centre de rétention administrative de Nîmes où ils sont arrivés le lendemain. Comme s’ils étaient des délinquants : menottés et avec un fonctionnaire de police pour chaque personne.

Uriner avec les menottes. Et pour le “gros besoin” ? “Non, non, patientez.”. Nawid raconte : “Je ne pensais pas qu’en France - on parle de la France, la France, l’humanité, les droits de l’homme, etc. - on pouvait traiter les gens comme des chiens. [...] Le jour où ils m’ont pris, c’était l’Aïd, après le ramadan [c’était le 20, deux jours avant en fait]. Chez nous, ce jour-là, on libère les prisonniers pour qu’ils soient avec leur famille. En France, ils nous ont emprisonné le jour de notre grande fête. Comme des chiens. Je n’ai vu aucune personne traitée comme un être humain.”

La menace des talibans

Malgré cela, ils disent souvent que la France est le pays où ils ont été le mieux traités. Ou le moins mal. Il faut dire qu’ils en ont vu des pays. D’abord il y a la situation en Afghanistan. Ils racontent qu’ils avaient le choix entre partir ou mourir. La menace qui revient souvent, ce sont les talibans. Khazan est journaliste.

Il publiait des textes d’étudiantes, il voulait “aider les gens simples, rendre service”. Mais selon lui, pour les talibans, “écrire dans un journal, c’est pire que d’aller à l’école”. Alors ils l’ont menacé : “On va t’enterrer vivant, on va étrangler les filles avec des lacets de chaussures.” Ils sont venus dans sa maison et ont dit à sa mère : “Votre fils, on ne le laissera pas vivant.”

Fahrid, lui, avait les cheveux trop longs. À la tombée de la nuit, armés de mitraillettes, les talibans lui ont rasé la tête par trois fois. Et ont fini par lui dire : “Rejoins-nous et on ne t’embêtera plus. Si tu ne viens pas, on va te prendre de force.” Il y aussi Jawed qui voulait se marier. Mais la famille de celle qu’il aimait n’a pas voulu. Ils sont partis pour se marier ailleurs. Quand ils sont revenus, sa femme est morte brûlée vive. Selon sa famille, elle se serait suicidée. Fahrid pense que ce sont les frères de sa femme qui l’ont tuée. Ils l’ont menacé et il a dû fuir. Pour ne pas mourir.

Le calvaire commence

Partir. Prendre contact avec un passeur. Rassembler environ 15 000 €. La famille vend ses biens, s’endette. Et le calvaire commence. L’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie puis la France. Certains mettent parfois 8 mois pour parvenir à destination. Car les retours en arrière sont nombreux.

Fahrid, 22 ans se souvient qu’on lui a demandé de se mettre debout dans un camion pour mieux tasser les personnes avant de leur dire de s’asseoir. Comme ils pouvaient. Il a voyagé comme ça, pendant deux fois 24 heures, sans boire, sans manger. Il a passé aussi un mois et demi dans une cave à Istanbul. Puis à 21 personnes dans une voiture à peine plus grande qu’une Kangoo (il montre une voiture garée). Et la prison aussi en Turquie, en Iran, en Grèce. Au total au moins 55 jours. En Iran, il y a passé 21 jours avec comme seule pitance, du pain et de l’eau, deux fois par jour. Certains sont aussi pris en otage en Iran, on demande une rançon à leurs familles, on les mutile parfois. Puis il y a la traversée d’environ 10h d’Izmir jusqu’en Grèce, en Zodiac.

Nawid raconte que les passeurs lui avaient dit : “Dès que vous arriverez en Grèce, vous verrez les maisons toutes blanches et la verdure. Il y a des gens qui ont besoin de vous. Ils se bagarrent pour vous. Vous gagnerez 80 000 roupies par mois [environ 1000 €]. J’ai commencé à rêver : 80 000 roupies ? Ce sera trop pour moi, j’en donnerai à ma famille. Et aussi aux pauvres.” Puis la côte est arrivée :“On cherchait les maisons blanches et la verdure. On est tombé sur des gros policiers qui nous ont menottés et nous ont parlé comme des chiens.” Nawid a eu le bras amoché par les policiers. On prend leurs empreintes et ils ont quelques jours pour quitter le pays. Il a dormi dans une chambre, entassés à 25. Et le lendemain on leur a demandé 6 € pour la nuit ! Pendant la traversée, certains tombent sur les policiers grecs. Armés de baïonnettes, ils crèvent le Zodiac. Celui de Nawid n’a eu que trois trous et ils ont pu gagner la côte. Ils sont tout le temps mouillés Évidemment ils ne rentrent pas chez eux. Ils continuent.

Et quand ils arrivent à Calais, la galère continue. Les policiers qui font des rafles en permanence. Nawid raconte l’histoire d’un réfugié qui s’est fait prendre 3 fois dans la même journée. Dans la “jungle”, il n’y a pas d’électricité. Ils doivent parfois se laver dans les eaux polluées par une cimenterie voisine qui leur brûle la peau. II y a la pluie. Ils sont tout le temps mouillés. Pour manger il faut faire deux heures de marche aller et retour. La “jungle” est à l’écart, “pour ne pas être une charge pour la population des villes”.

Mais pourquoi Calais ? “On va où tout le monde se réunit.” Nawid résume : “Chez moi, je mangeais 3 fois par jour. Ici, il faut se casser la tête et le bras pour avoir deux repas. Là on a compris que l’Europe est beaucoup plus pauvre que chez nous.” Alors, un jour, Nawid appelle son passeur en Afghanistan : “J’ai une vie de merde ici. Je suis devenu mendiant. Je demande de l’argent à tout le monde, je ne sais pas où dormir.” Et aussi son frère qui lui dit : “Tu fais comme tu veux mais tu ne rentres pas. Si tu retournes ici, on n’a plus rien.” Il plaisante même : “Je suis venu de chez moi en bonne santé. Et maintenant, si je rentre ce sera avec un bras amoché et des problèmes de reins !” Il conclut : “Si j’avais su toutes les difficultés, j’aurais accepté que les Talibans me pendent. Et j’aurais mis moi-même la corde autour de mon cou.”

Textes lus devant la stèle des droits de l’homme le 17 octobre 2009

Le Relais Jeunes (16-25 ans)

La Misère, c’est la honte Celle de ne pas être comme les autres, celle d’avoir l’impression d’être en dessous des autres. Quand nous ne pouvons plus assumer sa situation, quand nous ne sommes plus indépendant et que nous avons besoin d’aide. La Misère, c’est l’indifférence Celle des autres. Cet égoïsme qui sépare les gens qui, lorsqu’ils devraient se serrer les coudes, s’éloignent les uns des autres. La Misère, c’est la perte de soi, d’humanité. Le sentiment de ne plus faire parti de la société, d’être en dessous. La Misère, c’est un quotidien. Lorsque nous sommes frappé par la misère, nous avons du mal à penser à autre chose, cela nous travaille du matin au soir La Misère, c’est terriblement banal. Nicolas, c’est ce jeune qui voit partir ses amis en vacances Boris, c’est l’étudiant qui ne mange pas plus d’un repas par jour. Stéphanie, c’est l’étudiante qui se prostitue Véronique, c’est cette mère de famille qui se détruit pour préserver ses enfants Massoud, c’est le migrant parti pour l’El Dorado et ses pavés d’or et qui se retrouve face à des pavés froids et sales, à l’indifférence générale, à la conduite inhumaine du gouvernement. Simone, 86 ans seule dans son studio, oubliée de tous, deux ans qu’elle attend une visite Marcel qui n’a plus de toit, seul son chien lui apporte de l’attention. La Misère, c’est la honte. Pas celle dont je vous ai parlée, non, la honte pour Nous. Nous, nation des droits de l’homme, à cette heure nous ne parlons que de la crise, nous normalisons la Misère sous prétexte de personnes qui ont perdu le sens de la réalité. Réveillons-nous et faisons nous entendre. Et cette Journée Mondiale du Refus de la Misère, transformons-la en cri et non pas en protestation mais un cri d’espoir pour tous, montrons que la Solidarité, elle, n’est pas en crise

Conseil Municipal des Jeunes de Coudekerque-Branche.

Bonjour, je m’appelle Laura, je suis Maire du Conseil Municipal des Jeunes de la Ville de COUDEKERQUE-BRANCHE, je suis ici avec mes collègues, Conseillers au C.M.J à la commission Citoyenneté, Solidarité et Santé pour apporter nos témoignages, car : « il faut s’unir pour réussir ».

La misère çà peut arriver à tout le monde et tout le monde à le droit à sa chance pour s’en sortir.

Mélissa Conseillère

Bonjour, on a tous le droit de vivre dans de bonnes conditions. On a envie de donner quelque chose mais on ne peut pas toujours. Il faut se respecter et respecter les autres.

Carla Conseillère

Il faudrait apporter plus d’avantage plus d’aide, par exemple un local d’accueil au centre-ville, où on trouverait de l’eau pour se laver de quoi boire un café, manger et pouvoir discuter à l’abri au chaud. Que ceux qui ont de l’eau, du chauffage, enfin tout le confort ne gaspille pas !

Théo Conseiller

Bonjour, je vais d’abord vous lire un témoignage de David, 32 ans, (témoignage recueilli par notre animateur Jean-Luc). « Trouver du travail quand on est dans la misère, ce n’est pas le parcours du combattant mais le parcours du survivant ! » Moi la misère me fait mal au cœur, c’est pour cela qu’il faut tous s’unir pour pouvoir réussir.

Conseil Municipal des Enfants des différents quartiers de la Ville de Dunkerque.

Zoé de Petite Synthe

Aidons les sans domicile fixe et les pauvres, Nous pouvons lutter contre la misère et permettre aux pauvres d’oublier, parfois, leurs conditions. Aidons les restos du coeur Etre pauvre n’est pas une honte

Mathilde de Dunkerque centre

Nous, conseillères et conseillers municipaux d’enfants de Dunkerque centre , nous refusons que des personnes puissent dormir dans la rue. Sans la misère nous serions tous fiers. La misère au cimetière ! Plus de calvaires ! Etre fier et avoir une belle carrière. Tout le monde a le droit au travail, d’avoir un logement, une vie normale. Pour les personnes sans domicile fixe nous souhaiterions des lieux d’accueils des hébergements où ils pourraient dormir, manger, se laver, s’habiller ou ils seraient écouter, soigner et où ils seraient accueillis avec leurs animaux.

Billel de Rosendaël

La misère, c’est pas de travail, pas d’argent, plus de famille La misère, c’est le malheur, la tristesse Etre seul, c’est être triste. on n’a personne à qui parler, on n’a plus de famille, on ne peut plus partager de secret. Quand on est seul, on se sent coupable, on est faible parfois. Il y a même des gens qui préfèrent mourir Pour eux ce serait mieux car ils voient qu’ils ne vivent pas dans le bonheur

Clara de Malo

On a l’impression que le monde est partagé en deux, d’un côté la misère de l’autre le bonheur. Pourtant nous pouvons faire baisser la pauvreté. Nous devrions construire plus de maisons, apporter de la nourriture, permettre à tous de faire des études pour pouvoir avoir un bon travail. Ceux qui ne sont pas pauvre doivent aider les gens pauvres en récoltant de l’argent, en rendant les hôtels gratuits, en donnant des jardins pour qu’ils cultivent leurs légumes. Et plus loin de chez nous, nous devons aider les réfugiés de guerre.

Anaïs de Dunkerque Sud

Tous les adultes en âge de travailler devraient avoir accès à l’emploi. Les enfants ne devraient pas travailler et chacun devrait pouvoir manger à sa faim, avoir accès à l’eau potable et aux soins. S’il y avait plus de solidarité et de respect entre les hommes, il n’y aurait plus de guerre. Si les hommes respectaient la nature, cela éviterait que des catastrophes naturelles ne mettent les gens dans la misère.

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