Supplément assises de la solidarité - décembre 2007

supplément au petit journal n° 80 de décembre 2007

PDF - 122.6 ko
Supplément Assises

Sommaire

- Pour des Assises largement ouvertes
- Premiers travaux dans les associations
- Mais à quoi peuvent bien servir les Assises de la solidarité locale pour les associations de grande taille ?
- Mais à quoi peuvent bien servir les Assises de la solidarité locale pour les associations composées uniquement de bénévoles ?
- Pour mettre un peu d’ordre dans nos débats
- Premier état des lieux provisoire

Pour des Assises largement ouvertes

Les Assises de la solidarité locale de la région dunkerquoise sont destinées à rassembler tous ceux qui travaillent sur notre territoire à développer la solidarité avec les personnes qui vivent des difficultés sociales. Le Carrefour des solidarités a beau en avoir pris l’initiative, il n’a pas la prétention de rassembler tous ceux et celles qui travaillent dans ce sens.

C’est pourquoi, dans les semaines qui viennent, sera constitué un comité de pilotage de ces Assises auquel participeront, nous l’espérons, d’autres partenaires associatifs qui ne sont pas membres de notre réseau. Nous sommes en train de les contacter et nous espérons vivement qu’ils répondront favorablement à notre initiative qui doit devenir aussi la leur.

Ce à quoi nous tenons cependant, c’est qu’il s’agisse d’abord d’une initiative associative. Celle-ci devrait rencontrer, dans sa troisième puis dans sa quatrième étape, un accueil favorable de la part des pouvoirs publics ou des administrations, qu’ils soient locaux, départementaux ou nationaux. Les contacts préalables que nous avons pu prendre en ce sens ont reçu des réponses positives pour peu que nos travaux soient sérieux, sachent distinguer les responsabilités différentes de chacun et aboutissent à des propositions responsables, voire à des interpellations ciblées.

Dans cette période électorale, notre intention n’est pas d’intervenir en tant que tel dans les débats démocratiques évidemment nécessaires. Ce sera le rôle, s’ils le souhaitent, de chacun des participants, mais à son propre titre. En revanche, notre volonté est de pouvoir peser sur les premières décisions que prendront les assemblées locales et départementales renouvelées.

Premiers travaux dans les associations

L’objectif commun, dans les semaines qui viennent, sera d’arriver à définir un état des lieux des questions et problèmes actuellement rencontrés par les personnes qui vivent, dans notre région dunkerquoise, des difficultés sociales et qui seraient susceptibles de connaître une avancée ou une solution grâce à la mobilisation et aux négociations que permettront la tenue des Assises.

Dans ce but, le travail que s’engagent à mener, d’ici le 15 janvier prochain, les associations et organisations membres, est le suivant :

1° Dans la continuité des « Rendez-vous citoyens » du 17 octobre dernier, vérifier et compléter avec les usagers et bénéficiaires, la liste des problèmes rencontrés, voire les solutions qu’ils sont susceptibles de préconiser. Ce travail devrait permettre de mener à son terme le 1° temps de nos Assises.

2° Mener avec les intervenants salariés et bénévoles un travail identique qui pourrait être provoqué par l’analyse en commun des problèmes rencontrés par les usagers et bénéficiaires, voire des solutions qu’ils proposent.

3° Rassembler tous les éléments d’observation en sa possession susceptibles de venir conforter, voire préciser, l’analyse des causes des problèmes identifiés, voire les propositions de solutions.

Ces deux derniers travaux représentent l’amorce de notre deuxième étape qui entend mobiliser l’expérience et les compétences des intervenants tant salariés que bénévoles.

L’équipe d’animation du Carrefour des solidarités se tient bien évidemment à votre disposition pour vous aider dans la préparation et l’animation de vos initiatives. N’hésitez pas à nous appeler ou à nous interpeller.

Mais à quoi peuvent bien servir les Assises de la solidarité locale pour les associations de grande taille ?

Les grandes associations négocient en permanence des avancées en matière sociale, que peuvent bien leur apporter les Assises auxquelles vous nous inviter ?

C’est vrai que les associations qui font partie du réseau du Carrefour des solidarités et qui sont des entreprises sociales ne cessent jamais de négocier avec les pouvoirs publics des avancées en matière sociale. Leur force d’intervention, la somme de leurs expériences internes et leur savoir faire en la matière sont indéniables. C’est heureux pour tout le monde qu’elles soient en capacité de relayer de façon quasi permanente les difficultés connues par les personnes en difficulté.

Cependant, leurs marges de négociation sont parfois réduites par la nécessité où elles se trouvent de devoir assurer, pour leurs bénéficiaires comme pour les salariés qu’elles emploient, leur propre survie. Elles ne peuvent donc pas toujours tout dire. En particulier, il leur est parfois difficile d’émettre des interrogations critiques auprès de ceux dont leur survie financière dépend.

Cependant encore, lorsqu’une négociation se fait au nom d’un ensemble d’associations, elle se fait souvent dans une écoute plus réceptive et un rapport de force plus favorable aux associations.

Cependant toujours, les entreprises sociales elles-mêmes, parce qu’elles ont le poids de leur organisation et de leur structure salariée, courent le risque d’être moins sensibles à certains aspects des problèmes abordés que des associations plus petites, à structure bénévole.

Cependant enfin, l’arrivée de nouvelles équipes politiques ou d’équipes renouvelées à l’échelon local comme aux autres échelons territoriaux, produisent des moments privilégiés où il est plus facile de faire changer des choses. On l’appelle souvent « l’état de grâce ». En réalité, c’est plus prosaïquement que les équipes politiques nouvellement élues sont plus en capacité d’opérer des changements de comportement qui risquent toujours de se heurter au poids des habitudes. Et ces moments privilégiés, il vaut mieux que ce soit l’ensemble des associations qui en profitent plutôt que telle ou telle.

On ne s’engage volontiers dans un nouveau travail que si on voit clairement ce qu’on pourra en tirer. Ceci est vrai pour les associations d’une certaine importance comme pour celles qui ont moins l’habitude de négocier.

Mais à quoi peuvent bien servir les Assises de la solidarité locale pour les associations composées uniquement de bénévoles ?

Bien souvent préoccupées essentiellement des personnes avec lesquelles elles sont en contact, les associations composées uniquement de bénévoles n’ont ni le goût ni l’habitude de négocier des dispositions plus collectives. Pourtant les Assises de la solidarité locale leur sont aussi proposées. Quelle peut en être l’intérêt pour elles ?

Toutes les associations ne se situent pas dans la longue tradition de l’éducation populaire. Pour cette tradition les actions de développement concernant leurs propres membres passent par l’action collective, sa préparation et sa mise en œuvre.

D’autres sont situées dans une tradition qui a mis essentiellement en avant l’action individuelle et charitable. Il est moins évident pour leurs membres de percevoir que la solution de certains problèmes relève de dispositions générales et de la solidarité publique : logement, hébergement, santé, emploi, ressources et, par voie de conséquence, génère d’autres besoins : nourriture, vêtements, culture, etc.

Cela ne veut pas dire pour autant que tout relève de l’action publique. La démarche associative et privée restera indispensable : fraternité, rencontre, écoute, accompagnement. Les « paroles » entendues le 17 octobre en montrent la nécessité et les fruits de ces rencontres

De plus il reviendra toujours à l’initiative collective des associations de pallier les carences de institutions : en termes de besoins satisfaits, de droits non appliqués, de publics non pris en charge, etc.

Ce que se proposent les Assises de la solidarité locale, c’est un temps fort d’interpellation des pouvoirs publics pour inventer ou pour améliorer, si cela est nécessaire, les solutions publiques à certains problèmes. C’est aussi un temps fort de réflexion collective sur la pertinence de l’action de chacun, y compris des associations et de chacun de leurs membres, au regard de ce que vivent et de ce qu’en disent, les personnes en difficulté sociale.

Pour peu qu’ils en acceptent la démarche, les associations composées uniquement de bénévoles sont donc autant concernées que les autres par ce travail commun.

Comment se construit une négociation collective ? En la préparant…

Beaucoup de responsables associatifs ont, à force d’expérience, appris à construire et à conduire des négociations collectives. Il n’est en effet pas simple de passer de la perception d’un problème vécu individuellement à l’organisation d’une solution qui fera l’objet d’une décision publique ou collective et qui pourra concerner l’ensemble d’une population. Tous n’ont pas eu cette opportunité. La préparation actuelle des Assises laisse perplexe certains d’entre nous. C’est l’occasion d’apprendre ensemble.

Arriver à une négociation la fleur au fusil et en criant bien fort ce que beaucoup disent tout bas, c’est le plus sûr moyen de n’arriver à rien. C’est pourquoi il est toujours indispensable de bien préparer une négociation. Cette préparation se fait en général en plusieurs étapes.

1° Recueillir les témoignages et les faits :

C’est parce que telle ou telle difficulté est rencontrée de façon répétée qu’on sent la nécessité de trouver une solution collective. C’est parce qu’on a repéré que les gens qui demandaient des aides alimentaires provisoires étaient souvent en attente de définition de leurs droits à prestations sociales qu’on va poser le problème. C’est parce qu’on a repéré que, malgré les efforts locaux louables, les gens de la rue qui mouraient avaient un enterrement solitaire, que l’envie de construire un autre mode d’enterrement vous est venu. C’est parce que nombre de personnes disent ne pas trouver de solutions à leurs besoins d’hébergement dans l’urgence que vous allez commencer à vous poser des questions sur l’organisation du service qui devrait répondre à cette demande. Etc.

Mais, si on vous en restez là, à la première négociation venue, on vous renverra gentiment en disant qu’il faut prouver ce que vous avancez. Et ces interlocuteurs auront raison. On ne construit pas des solutions collectives sur des impressions. On ne met pas en cause le fonctionnement d’un service sur des « on dit ».

La première démarche de construction d’une négociation doit donc être le recueil de témoignages sur les difficultés rencontrées et le rassemblement de faits précis et, si possible, qui se répètent.

2° Analyser les problèmes rencontrés :

Témoignages et faits ne suffisent pas. Il est nécessaire d’analyser les situations rencontrées pour tenter d’en déterminer les causes. Car l’objet de la négociation ne sera pas les faits ou les problèmes, mais bien les causes qui amènent à ces faits ou à ces problèmes et sur lesquelles on peut agir collectivement.

3° Tenter de construire une observation systématique des causes des problèmes rencontrés :

Vos interlocuteurs, dans une négociation, sont aussi intelligents que vous. Eux-mêmes n’ignorent souvent rien des problèmes que vous allez mettre en avant et, surtout s’il s’agit d’interlocuteurs publics, ils ont déjà réfléchi à ces problèmes. Simplement, si on peut dire, vous divergez sur l’analyse des causes. Il vous faut donc faire l’effort de produire la preuve de ce que vous avancez. La preuve est souvent le produit d’une observation systématique construite à partir de votre propre analyse. Contrairement en effet à ce qu’on peut pensez le plus souvent, l’analyse des causes n’est pas le produit de l’observation systématique, mais, au contraire, l’observation systématique des causes est le produit de votre propre analyse.

Parfois, on n’a pas eu le temps de construire l’observation systématique nécessaire ou on n’en a pas eu les moyens. L’objet de la négociation sera alors de mettre en commun les moyens d’observation. Ne croyez pas qu’il ne s’agit pas d’une avancée. Vous aurez obtenu de votre interlocuteur qu’il admette que votre propre analyse des causes peut être plus pertinente que la sienne. Ce n’est pas une victoire abstraite. C’est le premier pas vers la bonne solution du problème.

4° Construire des hypothèses de solution :

Ce à quoi chacun veut arriver dans une négociation sociale c’est de trouver la bonne solution à un vrai problème vécu. Votre interlocuteur est souvent sûr d’avoir mis en œuvre la bonne solution et qu’il n’en existe pas d’autres. Il vous faudra donc démontrer que d’autres solutions sont possibles et souhaitables. Encore faut-il les avoir imaginer.

Contrairement à ce que souvent on imagine, préparer une négociation est un vrai travail dont dépend sa bonne issue. Mais une fois préparer, on n’est pas au bout du travail à accomplir…

Pour mettre un peu d’ordre dans nos débats

Les assises de la solidarité locale de la région dunkerquoise devront tenter de n’oublier aucun des aspects des problèmes vécus par les personnes en difficultés sociales. C’est pourquoi nous vous proposons un classement provisoire des questions à aborder.

1° Citoyenneté et aide sociale ou le fonctionnement démocratique de l’aide sociale

2° Développer la vie sociale
- 21- L’accueil
- 22- Créer de l’échange

3° Avoir un toit

4° Survivre
- 41- Se nourrir
- 42- Se vêtir
- 43- Boire
- 44- Disposer d’énergie
- 45- Se cultiver et se divertir
- 46- Avoir des ressources financières
- 47- Se soigner

5° Accéder à un travail ou à une activité sociale

6° Développer le travail associatif

7° Observer et comprendre

8° Communication et image

9° Suites et évaluation des Assises de la solidarité locale

Premier état des lieux provisoire

Les premiers travaux des Assises seront de dresser un état des lieux des problèmes vécus par les personnes en difficulté sociale voire des pistes de solution. Nous ne partons pas de rien. Déjà nous avons pu accumuler les questions posées dans le cadre des témoignages reçus dans les « rendez-vous citoyens » d’octobre. De même, les différents travaux menés par les commissions et autres groupes de travail du Carrefour des solidarités en ont identifié d’autres. Voici un début de rassemblement provisoire.

1° Citoyenneté et aide sociale

11- Que fait-on, usagers et intervenants, de la parole des usagers ou des bénéficiaires ?

De façon individuelle ou de façon collective et organisée, nous recueillons les témoignages, les souffrances, les questions posées par les personnes pauvres. Qu’en fait-on ? Qui les analyse ? Comment sont-ils rassemblés ? Où sont-ils mis sur la place publique ?

12- Comment améliorer le fonctionnement des instances de concertation entre les usagers et les intervenants ou leurs organisations ?

La loi ou l’initiative ont permis de mettre en place des instances de concertation entre les usagers et les intervenants. Quels bilans d’expérience ont-ils été mis en commun ? Quels axes d’amélioration peut-on identifier ?

13- Comment faciliter l’accès aux droits pour les personnes vivant les difficultés sociales ?

Pour de nombreuses raisons, à analyser, un certain nombre de personnes vivant des difficultés sociales ont du mal à connaître leurs droits et à les faire valoir. Ce constat a déjà fait l’objet de réponses apportées par les associations ou les services publics. Plusieurs axes possibles d’amélioration ont été évoqués : amélioration de la qualité des accueils dans les services publics, développement de la connaissance de leurs droits par les bénéficiaires eux-mêmes, développement du rôle d’accompagnement des associations de bénévoles, etc.

14- Comment améliorer, voire créer, les voies de recours en cas de désaccord entre les personnes vivant des difficultés sociales et les services publics ou les services associatifs qu’ils soient professionnels ou bénévoles ?

Des désaccords se manifestent souvent entre les personnes qui vivent les difficultés sociales et les services qui leur sont proposés tant par les services publics que par les services associatifs. Il est rare que des voies de recours permettant aux uns et aux autres de s’entendre et de trouver éventuellement des compromis soient organisés. N’y a-t-il pas à inventer de telles voies de recours ou à mieux utiliser les voies de recours existantes ?

15- …

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com