Silence complice ?

Les petits discours gouvernementaux distillés depuis le début de l’été, au-delà de leur grossièreté anti humanitaire, sont beaucoup plus subtils qu’il n’y paraît. Ils se réfèrent en effet à l’expérience quotidienne vécue par tous les citoyens d’être confrontés, sans trop savoir quoi faire, à des gens dans la misère manifeste et qui n’ont pas d’autres ressources que celle de quémander une aide. « Cachez cette misère contre laquelle nous ne pouvons rien ou, à défaut, détruisez-la semblent être les demandes majoritaires, non du gouvernement, mais du citoyen de base. Qui plus est, ces pauvres là ne font pas partie de nous. Ils viennent d’ailleurs. Qu’ils y retournent. » Tel semble être le discours conscient ou inconscient auquel nos responsables politiques tentent d’apporter une réponse.

Qui aura le courage politique de dire, non seulement à l’échelle nationale mais aussi à l’échelle locale (1), que ces raisonnements sont bêtes et méchants ? Qui osera affronter une partie majoritaire de l’opinion publique pour dire que de tels raisonnements sont à courte vue et dangereux pour nos enfants ?

C’est bête parce que c’est nier l’existence de la pauvreté vécue par une grande partie de l’humanité et s’empêcher de constater que les causes de cette pauvreté, ici et là-bas, sont les mêmes : notre incapacité à savoir répartir entre tous nos richesses.

C’est méchant parce que c’est faire supporter à chacune des personnes pauvres les souffrances qui sont les conséquences de décisions qui ne sont prises ni ici, ni là bas.

C’est à courte vue parce que la misère finit toujours par se révolter et qu’aucune puissance humaine n’est éternelle.

C’est dangereux pour nos enfants parce que la révolte finit quasiment toujours par utiliser des moyens aveugles comme le terrorisme et la guerre.

En attendant, les pauvres qui sont sur notre territoire local subissent les conséquences des ordres issus de « ces petits discours gouvernementaux » : destruction de camps de Rroms, destruction d’une citerne d’eau mise à disposition par Médecins du monde sur le terrain du Port à Loon Plage, chasse aux enfants afghans sur Calais…

Nous ne pouvions garder un silence forcément complice sur ces réalités.

C’est pourquoi nous nous associons à l’appel à manifestation pour le 4 septembre prochain.

L’équipe d’animation du Carrefour des solidarités

(1) Le Maire de Grande Synthe, dans un courrier au Ministre de l’intérieur, vient de prendre clairement position.

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