SOLIDARITE ET PUBLICITE


Récemment, une responsable associative s’est émue de voir à l’entrée du camp de migrant de Grande Synthe, la publicité faite par une association qui avait apporté un don. Elle en appelle, à juste titre, à une réflexion commune.

- Est-ce de l’indécence vis-à-vis de personnes dans la difficulté ? Est-ce la traduction moderne des anciennes « dames d’œuvre » pour lesquelles le plus important n’était pas les dons qu’elles faisaient mais que cela se sache bien ? Disons le tout cru. Accomplir de façon quotidienne un lourd travail auprès des personnes migrantes de passage sur notre territoire, sans que cela ne se sache vraiment et voir une organisation claironner son nom et son logo pour un don apporté ponctuellement, peut provoquer un certain dépit, voire une certaine rage. Il est vrai que pris par le travail quotidien, quand on est professionnel, ou par ses activités habituelles dont on dégage quelques heures, quand on est bénévole, on n’a pas le temps de faire, pour soi-même ou pour son organisation, de la publicité.

Ne convient-il pas pour autant de prendre un peu de distance par rapport à ces premiers réflexes ?

Chaque organisation associative, pour accomplir la mission qu’elle a choisie, peut, semble-t-il, compter de moins en moins sur les finances publiques. Elle doit donc en appeler de plus en plus, à l’aide financière individuelle. Chacun sait qu’alors, c’est par le biais de la communication et de la publicité qu’elle pourra se faire connaître du grand public. En retour, ce dernier répondra par envoi de dons et de soutiens.

Les modes de communication visant le grand public sont nombreux et divers. A bien y regarder, d’ailleurs, on assiste de plus en plus à une véritable guerre de communication, qui ne dit pas son nom, entre les associations. Il est d’ailleurs clair alors que les associations qui ont pignon sur rue à l’échelle nationale, voire internationale, ont un pouvoir de communication largement plus important que celles dont le rayonnement est uniquement local.

Peut-on pour autant utiliser, lorsqu’il s’agit d’action sociale et humanitaire, les mêmes moyens de communication que les vendeurs de lessive ? Quelles formes doit prendre la communication sociale et humanitaire auprès du grand public ? Y a-t-il une différence de communication entre la banderole publique et le baptême apporté à une place locale ? Il nous faudra en discuter entre membres du Carrefour des solidarités sans réserver ces questions aux seules organisations qui interviennent auprès des personnes migrantes de passage sur notre territoire.

Cette situation pose en plus de sérieuses questions sur la cohérence locale d’intervention des associations humanitaires et caritatives. Telle association, connue et respectée à l’échelle nationale, doit-elle nécessairement faire bande à part lorsqu’elle intervient à l’échelle locale ?

Tensions inter associatives ? Oui, sans doute. Mais celles-ci montrent bien qu’il s’agit d’organismes vivants.

Jean-Marie

envoyer un commentaire

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com