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Elus des communes et membres des associations : une complémentarité ?
Les associations avaient interpellé les élus des communes de notre agglomération pour entamer un vrai dialogue. Une première réunion entre eux et les associations du Carrefour s’est déroulée. Finalement, plus de questions que de réponses ?

Ils et elles étaient une petite dizaine d’élus. Nous étions une bonne quinzaine membres bénévoles ou salariés d’associations. Au début, on s’est cherché en exécutant quelques figures classiques. Les élus étaient venus pour écouter les associations, pas pour parler, fidèles en cela, disaient-ils, à leurs comportements ordinaires. Les associations, en ordre un peu dispersé malgré la préparation qu’elles avaient faite de la rencontre, se réfrénaient pour ne pas se lancer dans la critique des services publics et dans la revendication. Et puis, au fur et à mesure que le dialogue s’est noué, d’autres choses sont apparues.

Appel à la responsabilité

Du côté des élus, on s’est montré particulièrement attentif à vouloir sortir de l’aide sociale classique. La solidarité continue aujourd’hui à être nécessaire. Mais elle doit quitter les réflexes de l’assistance, pour faire de plus en plus appel à la responsabilité des gens qui sont dans la difficulté. On ne rend pas service aux gens en leur apportant de façon systématique une aide, comme si cela était un droit. L’objectif principal est qu’ils deviennent acteurs responsables de leur propre vie. Les associations sont importantes parce qu’elles ont le contact direct avec les gens en difficulté. Mais, à la limite, leur but devrait être de disparaître, une fois chacun devenu citoyen responsable.

Les élus, c’est la règle, les associations, ce sont les gens

Du côté des associations, on a tenté de faire comprendre que, même dans un monde parfait, élus et associations resteraient nécessaires, différents et complémentaires. La responsabilité des élus est de décider des règles collectives, en particulier ici, celles qui définissent les cas où la solidarité communale doit s’appliquer et sous quelles formes. Elle est aussi de les faire respecter. Ils ont d’ailleurs manifesté beaucoup d’attention, au cours de la réunion, aux quelques cas, marginaux, de détournement de la règle (les tournants et les dégourdis). Les associations sont, sous des formes très diverses, à côté ou avec les gens pauvres ou en difficulté. L’aide matérielle qu’elles apportent est le plus souvent secondaire. L’important, pour elles, c’est d’être avec ces gens, de les accompagner, de les aider à reprendre pied, en somme, de jouer un rôle de médiation entre elles et les pouvoirs ou services publics. Aucune règle ne peut être parfaite. Elle laisse toujours des trous dans lesquels se retrouvent certaines personnes. C’est aussi pourquoi les associations doivent constamment interpeller les élus au nom de ceux que la règle collective laisse sur la touche.

La parole des gens sur les élus

L’un des moments forts de la réunion a été le témoignage apporté par un membre d’ATD sur ce que les gens pauvres disaient des élus. Les élus, disait-elle après eux, sont des gens inaccessibles. Ils ne nous connaissent pas. Quand on a la chance d’être reçu, on ne l’est pas toujours très bien. Ils ne se rendent pas compte qu’être pauvre, c’est souvent avoir peur et avoir honte. Parfois, on ne comprend pas bien ce qui est dit et pourquoi telle règle existe.

En revanche, ajoutait-elle, tout n’est pas négatif. Le travail fait à Saint Pol sur mer pour éviter les coupures d’eau ou l’établissement de la convention avec EDF à Dunkerque sont des pas très positifs.

Attention donc aux messages que votre parole d’élus véhicule, commenta-t-elle ensuite. La honte, c’est souvent dans ces paroles qu’on la trouve. Pourquoi auraient-ils honte d’une situation que la plupart n’ont pas voulu et qu’ils n’ont pas pu éviter ?

L’attente des bénévoles

De leur côté, les bénévoles des associations ont exprimé par la bouche de l’un ou de l’autre, un certain nombre d’attentes. La première était celle d’une diminution des exigences administratives. Les personnes bénévoles se sont engagées pour mettre en œuvre une solidarité concrète, non pour crouler sous ce qu’elles estiment souvent comme de la paperasserie. La deuxième était celle d’une certaine reconnaissance de leur savoir faire. On n’a pas eu vraiment le temps de vérifier la pertinence de ces attentes et de préciser comment elles pourraient se traduire.

Les demandes de financement

Discutant avec des responsables de finances publiques, on devait nécessairement arriver à discuter des formes et de la continuité de l’aide que les collectivités locales devaient apporter aux associations caritatives et humanitaires. Là encore, les questions ont été à peine esquissées. Tout juste a-t-on eu le temps de préciser que le Carrefour et les associations qui la composent ne sont pas assimilables en matière d’aide financière publique. Le Carrefour est un lieu de mutualisation de certains moyens : interpellation, formation, information, etc. En revanche, l’action sociale est toujours le fait des associations.

A se revoir ?

Dialogue nécessaire. Mais dialogue trop bref. Les élus ont fait valoir le peu de temps dont ils pouvaient disposer compte tenu de leurs multiples responsabilités, voire de leurs propres engagements associatifs. Les associations en avaient trop à dire pour aller au fond de chacune des questions abordées. On a donc convenu de se revoir. L’engagement de tenir deux réunions annuelles a été pris de part et d’autre. A cela, pourra-t-on ajouter telle ou telle réunion sur des sujets plus précis ? Voir.

Les insatisfaits

Comme il est normal, certains n’ont pas été pleinement contents de cette rencontre. Qu’en ont-ils dit ?

« Pas assez direct ! ». « Ce n’est pas tous les jours qu’on a des élus en face de soi, il aurait fallu en profiter pour leur faire remonter nos questions, pour les interpeller ». « Nous nous débattons tous les jours dans des problèmes concrets. On n’en a pas parlé. » « Connaissent-ils leur métier ? Ce qu’ils ont dit est assez décevant sur leur niveau de réflexion. » « Le Carrefour serait-il devenu une association de bénévoles ? Si les professionnels avaient mené cette réunion, elle aurait été plus hard ! » « Les vrais élus n’étaient pas là ! » (N.D.L.R. : sans doute s’agit-il des élus à responsabilité nationale, députés ou sénateurs).

Il est vrai que la plupart des critiques viennent de professionnels, salariés d’un certain nombre d’associations. A travers elles, de vraies questions s’expriment tant sur le Carrefour que sur les élus et sur cette réunion. Nous tenterons d’y revenir dans nos prochaines parutions.

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