Refuser la misère

Depuis le temps qu’on le dit, qu’on le clame et qu’on le fait… N’est-ce pas la raison d’être des associations et des centres communaux d’action sociale réunis au sein du Carrefour des solidarités que de refuser la misère ? Une journée, fusse-t-elle mondiale, y changera-t-elle quelque chose ? Nous avons tellement à faire chaque jour pour que ceux qui connaissent cette misère voient leurs souffrances être moins handicapantes pour eux qu’on est tenté de consacrer notre énergie à autre chose qu’une nouvelle manifestation. Et pourtant, ce n’est pas ce que nous disent ceux et celles que nous accompagnons quotidiennement.

Ils ont été les premiers à souhaiter qu’à l’occasion d’une telle journée on n’en reste pas à reprendre une liste sans fin de leurs doléances, mais au contraire, à redire comment l’action de chacun, à commencer par la leur, est source d’espoir pour eux.

Ils ont été les premiers à souhaiter pouvoir témoigner de la force qu’ils avaient trouvée ou retrouvée en eux grâce à la rencontre de tel ou telle bénévole, de tel ou telle professionnel, de tel ou telle compagnon de misère.

Ils ont été les premiers à reconnaître que l’important était qu’ils puissent prendre la parole.

Alors, refuser la misère, ne serait-ce pas en fait laisser la parole à ceux et à celles qui la vivent ?

« La misère dépasse nos frontières, elle est internationale. Partout il y a des SDF, peu de travail, pas assez pour tous.

Un sourire est l’arme la plus puissante du monde. Il faut se tenir la main, ne pas baisser les bras, ni la tête, ne pas rester seul dans ses quatre murs. Il faut se battre mais en gardant le sourire. Penser toujours que peut-être çà ira mieux demain.

Il ne faut pas se laisser abattre. Il faut aller de l’avant et se dire que je ne suis pas seul dans la misère. Il faut penser que l’on n’est pas tout seul au monde.

Il faut oser parler, garder sa dignité, dire je suis là.

Ce n’est pas une honte d’être dans la misère. La vie n’est pas facile, mais on peut trouver des solutions. Il est important de s’aimer, de se respecter soi-même pour être respecté par les autres.

Certains pays sont en guerre. Pour eux, c’est encore plus dur que pour nous. Ici, le plus dur, c’est pour les réfugiés.

Il faut s’aimer pour conserver sa dignité. Si tu baisses la tête, tu es vite jugé. Avoir le moral, c’est la plus grande des richesses. Il faut être content du peu que l’on a. Avec le peu qu’on a, on peut espérer que demain ça ira mieux.

Si la porte aujourd’hui est fermée, demain elle s’ouvrira. »

(extrait des témoignages)

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