Pour une évaluation financière de l’aide associative

La solidarité associative n’a pas de prix. Chaque bénévole, qui en est l’agent, sait bien que c’est autant le colis de nourriture qui est donné que le contact et l’accueil qui sont fait aux personnes dans le besoin qui sont précieux. Mais elle a un coût et une valeur financière qui peuvent être mesurés. En voici une première approche.

Sommaire

- D’où proviennent les produits redistribués ?
- Quelles sont leurs destinations ?
- Quels apports pour chacune des communes ?

La multiplicité des interventions associatives et la diversité des formes qu’elles revêtent sont telles qu’il peut paraître difficile a priori d’établir une évaluation financière de celles-ci. Et puis, surtout, ceux qui donnent ne comptent pas. Quand on a, on répartit au mieux ce dont on dispose. Quand il n’y a plus grand-chose, on racle les fonds de tiroir. Quand il n’y a vraiment plus rien, reste la chaleur du contact et des paroles échangées. Résultat ? On ne mesure pas l’influence économique réelle de la solidarité associative et on voit des décisions aberrantes se prendre comme la fermeture d’un local pour une association, sans en mesurer réellement les effets pour la population de sa propre commune.

L’évaluation qui suit est construite sur l’expérience, d’une part de l’antenne locale de la Banque alimentaire du Nord et, d’autre part, des associations qui regroupent régulièrement leurs informations au sein de la commission alimentaire du Carrefour des solidarités. C’est donc dire qu’elle arrive à des résultats partiels. En particulier, elle ne prend pas en compte, par ignorance, l’intervention des Restos du cœur ou les autres formes d’aide que pratique par exemple le Secours Catholique comme les tickets service.

Plus d’1 million d’euros redistribués chaque année dans la région dunkerquoise

Le calcul est simple. L’antenne dunkerquoise de la Banque alimentaire du Nord apporte aux différentes associations, pour une année, 350 tonnes de produits alimentaires afin qu’elles les répartissent auprès de ceux qui viennent frapper à leur porte. Leur valeur mercuriale (estimation du coût, si ces produits étaient sur le marché) est au total de 1,06 millions d’euros. De leur côté, en accord avec la Banque alimentaire, les associations complètent cette base, soit par les dons qui leur sont faits directement par les particuliers ou par les commerçants, soit par des achats qu’elles font sur leurs ressources propres dont l’origine est à nouveau des dons, soit enfin, en particulier pour les produits frais, par un système de récupération rapide auprès des grandes surfaces ou des industriels de l’agro-alimentaire opéré par l’association Emmaüs. Celle-ci redistribue aux autres associations, les produits ainsi récupérés. On peut estimer que cet apport complémentaire représente environ 10 % du total, soit une valeur annuelle de 120 000 €.

Au total, c’est environ un ensemble de produits dont la valeur approche les 1 200 000 € pour une année qui sont redistribués dans le cadre de la solidarité associative.

D’où proviennent les produits redistribués ?

La Banque alimentaire tient à jour scrupuleusement, pour l’ensemble du département, la provenance des produits qu’elle est chargée de redistribuer dans les différentes associations. On peut penser que, globalement, cette répartition vaut aussi localement, y compris avec l’apport spécifique des associations. La répartition est la suivante :

- 39 % proviennent des surplus européens,
- 22 % des industries agro-alimentaires,
- 20 % de la grande distribution,
- 19 % des collectes auprès des particuliers.

N’imaginez pas que les industries agro-alimentaires ou la grande distribution, voire même l’Union européenne aient un goût particulièrement prononcé pour la solidarité. Certes, elles font l’effort d’alerter nos réseaux pour venir récupérer leurs invendus ou leurs surplus. Mais, d’une part elles tentent de gérer de mieux en mieux leurs stocks au point que cette source d’approvisionnement tend à se tarir, d’autre part le coût de ces denrées est récupéré sur le prix de vente de leurs autres produits ou, pour l’Union européenne, par les subventions qu’elle accorde aux producteurs. En somme, c’est au bout du compte le consommateur ou le citoyen contribuable qui payent.

En revanche, on ne dira jamais assez la solidarité concrète de tous. Qu’il s’agisse du boulanger qui apporte régulièrement son pain ou du citoyen qui répond positivement à telle ou telle collecte. Ainsi, on peut estimer que la dernière collecte opérée par les bénévoles des associations pour la Banque alimentaire a rassemblé sur le dunkerquois une masse de produits dont la valeur est estimée à 212 000 €.

Quelles sont leurs destinations ?

La Banque alimentaire n’opère pas directement la distribution des produits qu’elle réunit. Ce sont les associations qui le font. En croisant les informations fournies par la Banque alimentaire et par les associations, on peut déterminer les destinations suivantes :

- 67,4 % a été redistribué dans le cadre de l’aide alimentaire régulière (=une fois par mois), soit une valeur de 797 000 €
- 14 % l’a été dans le cadre des dépannages alimentaires d’urgence, soit une valeur de 165 000 €
- 8,2 % a été redistribué vers d’autres associations ne faisant pas partie du réseau du Carrefour des solidarités et opérant sur les communes de Ghyvelde, Bray Dunes, Coudekerque Branche et Dunkerque, soit une valeur de 97 300 €.
- 10,4 % a été redistribué aux associations du réseau pour des destinataires qui n’ont pas fait l’objet d’une fiche d’inscription saisie par le Carrefour, soit une valeur de 123 000 €

On peut aussi avoir une meilleure estimation de l’apport moyen mensuel d’un panier pour une famille moyenne : 81 €.

Quels apports pour chacune des communes ?

De la même façon, on peut estimer aujourd’hui une partie de la valeur redistribuée par la solidarité associative pour quelques grandes communes en 2009 et 2010 :

- Bourbourg : 8 040 €
- Bray Dunes : 1 500 €, (auxquels il conviendrait d’ajouter la participation d’une association comme « l’Entraide. »)
- Cappelle la grande : 18 900 €
- Coudekerque Branche : 64 469 € (auxquels il conviendrait d’ajouter l’apport de la Banque alimentaire pour une association ne faisant pas partie du réseau Carrefour, pour une valeur approximative de 32 000 €)
- Dunkerque : 416 735 € (dont 231 400 € pour Dunkerque Centre, 106 177 € pour Malo-Rosendaël, 79 140 € pour Petite Synthe)
- Grande Synthe : 190 000 €
- Gravelines : 13 270 €
- Leffrinckoucke : 8 500 €
- Loon Plage : 9 150 €
- Saint Pol sur mer : 126 269 €, au lieu des 240 000 € de l’année précédente compte tenu de l’arrêt d’activité du Phare qui s’est retrouvée sans local.

Pour revenir éventuellement au dossier spécial sur l’inscription à l’aide alimentaire

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