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"Paroles d’or" et "rendez-vous citoyens" : quelle suite leur donner ?

On peut faire deux lectures du livret « Paroles d’or » qui regroupent des témoignages de personnes ayant exprimé leur « vécu » à l’occasion des « rendez-vous citoyens », et plus généralement à l’occasion de toutes ces rencontres qui sont l’occasion de partager des expériences, et si possible de donner, de trouver du sens à des situations qui paraissent inacceptables. Parlons-en

Dans une première lecture on peut repérer l’expression des dysfonctionnements de nos organisations, de tout ce qui rend difficile ce « vivre ensemble » auquel chacun aspire légitimement : des ressources insuffisantes pour permettre de bénéficier des biens et services auxquels on peut souhaiter accéder, simplement pour vivre normalement ; des logement mal adaptés ou insalubres ; un système de soins qui n’est pas accessible à tous ; sans oublier ces mauvaises relations qui existent parfois entre celui qui veut comprendre une situation, bénéficier d’un droit, et la personne, qu’elle soit bénévole ou professionnelle dont la mission est d’apporter une réponse.

Plus généralement, repérer touts ces cho ses qui rendent pour certains la vie difficile, voire impossible, sans perspective ni espérance. Il est important de comprendre les réalités qui sous tendent ces témoignages, de ne pas accepter les situations injustes, inhumaines. Il est important d’en témoigner, plus important encore de faire quelque chose pour que ces injustices soient réduites voire éliminées.

Il y a une seconde façon - complémentaire de la précédente - de lire ces mêmes témoignages : porter attention à toutes ces paroles qui expriment que même dans des situations difficiles, certains trouvent le courage de rester debout, de faire face, d’avancer, de donner du sens à leur vie. C’est la mère de famille, animée d’un profond amour pour ses enfants, qui trouve des solutions, au prix souvent de privations personnelles, pour leur rendre la vie plus agréable, qui maintient cette tendresse cette disponibilité même quand son enfant dérape, c’est encore le témoignage de ceux qui, à un moment ou un autre, ont trouvé auprès des associations, des services sociaux le réconfort et l’aide dont ils avaient besoin, c’est aussi les témoignages de ceux et celles qui ont voulu, réussi à se remettre debout. Des témoignages enfin de ces bonheurs, souvent fugitifs, mais réels, à l’occasion d’une rencontre d’un échange entre des personnes, fut-ce un sourire, qui ont témoigné à celui qui était dans la souffrance qu’il comptait pour quelqu’un.

Ces deux lectures éclairent deux aspects complémentaires du réseau que constitue le Carrefour des solidarités, mis en valeur dans le cadre de la journée du refus de la misère.

D’une part, comprendre les situations pour interpeller les responsables politiques, économiques, institutionnels, associatifs, … pour leur faire toujours mieux percevoir, à la lumière des expériences vécues les dysfonctionnements, les injustices, les situations inacceptables bien réels auxquels il faut remédier, quitte à remettre en cause des priorités, des budgets.

D’autre part, aider un nombre croissant de personnes à voir autour d’elles ceux qui souffrent, et à comprendre mieux combien l’attention portée à celui qui est en souffrance est importante, urgente. Elle peut se manifester par des actions matérielles, concrètes ou par des comportements marquant une démarche d’attention. Chacun sera pour celui qui souffre signe qu’il n’est pas seul et qu’il peut compter sur quelqu’un, qu’il compte pour quelqu’un.

La première lecture, nous renvoie à cette exigence républicaine d’égalité. La seconde, nous rappelle cette autre exigence : celle de la fraternité. Il relève de notre liberté de citoyen de faire des choix, de prendre des engagements, qui lui paraissent appropriés pour faire face aux situations de souffrances vécues dans notre société.

La journée du refus de la misère, n’est-elle pas, ou ne devrait-elle pas être, une occasion de permettre à chacun de comprendre que, en complément des indispensables aides institutionnelles, il a un rôle important à jouer, à sa mesure, pour aider, réconforter celui qui souffre ?

A propos de la journée du refus de la misère

Les points de vue sur le déroulement de cette journée sont divers voire contradictoires. Mélange des genres pour certains, lieu de rencontre pour d’autres, absence des associations pour les uns, absence de certains élus pour d’autres encore, etc.

Quelques éléments pour réfléchir et débattre :

- A vouloir viser trop d’objectifs à la fois, on risque de tous les perdre, voire de les mettre en contradiction. Promouvoir l’action des associations et des C.C.A.S. est-il compatible avec la priorité à donner à ceux qui souffrent et qui sont exclus ? Interpeller les différents responsables est-ce compatible avec les flons flons de la fête ? Avoir pour cible de la communication le grand public, est-ce compatible avec des temps de rencontre entre associations et C.C.A.S. ? Etc.
- Qui parle à qui et de quoi ? Est-ce les personnes dans la difficulté qui témoignent de leurs souffrances et de leurs espoirs ? Est-ce les associations qui veulent présenter leurs actions ? Est-ce les pouvoirs publics qui en appellent à leurs citoyens ? Est-ce le grand public qui est visé ? Est-ce les différents responsables ?
- Donner la parole à ceux qui souffrent et à ceux qui sont exclus sans jamais procéder avec eux à une évaluation des avancées ou des reculs collectifs est-ce tenable longtemps ?
- Etc.

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