On entend souvent aujourd’hui…


On entend souvent aujourd’hui de la part d’un certain nombre d’élus relayant un nombre croissant de citoyens, les affirmations suivantes :

- Solidarité n’est pas charité. Donc, il ne devrait y avoir aucune aide au nom de la solidarité sans contrepartie.
- Allocations chômage, minimums sociaux, aucune aide en espèces ne devrait tomber dans l’escarcelle du bénéficiaire simplement parce qu’il a rempli un dossier.
- La société doit proposer un rôle à chacun. Elle ne doit pas fabriquer des parasites.
- Le rôle de la solidarité n’est pas de sortir les gens de la galère, mais d’assurer des minimums humanitaires et surtout de garantir l’égalité des chances.
- Solidarité n’est pas culpabilité. Son rôle n’est pas de réparer des torts datant de la génération précédente, de compenser les carences d’une éducation, ou de lisser les effets d’une mauvaise répartition des neurones entre individus.
- La solidarité étatisée, c’est l’assistance.
- On ne peut pas comprendre qu’un revenu reçu sans effort soit un dû. Il est donc incompréhensible qu’à partir de ce revenu on en réclame des augmentations, des primes, les moyens de vivre de la même façon que les autres.

Le précédent président de la république s’est fait le héraut du ressentiment des couches populaires envers des assistés qui se trouvent juste au-dessous d’eux dans l’espace social. De ce point de vue, sa présidence a entériné la fin du consensus républicain autour de l’assistance. La réforme portant création du Revenu de Solidarité Active (RSA), votée le 1er Décembre 2008, de manière symbolique vingt ans jour pour jour après la création du Revenu Minimum d’Insertion (RMI), avait pour fonction de tourner officiellement la page.

Malgré celle-ci, la promesse de faire reculer la pauvreté d’un tiers en cinq ans n’a pas été tenue.
En effet, les résultats du RSA, après sa création en 2008, ne sont pas à la hauteur des espérances.
Ce dispositif a-t-il cependant permis de mettre fin à la stigmatisation de l’assistanat ?
Depuis la fin des années 90, la préoccupation centrale a été de renforcer les « devoirs » mis en face des « droits » et de lutter contre la « désincitation » à la reprise d’un emploi que l’assistance est supposée créer.
Cette situation de clivage croissant entre salariés modestes et assistés, populations proches par ce qu’elles vivent mais éloignées par la manière dont elles se représentent du fait qu’elles sont placées de part et d’autre des seuils de l’ouverture des droits à l’assistance, a fait l’objet de toutes les attentions.
Désolant paradoxe : en ouvrant l’assistance aux travailleurs modestes, le RSA a fait apparaître en pleine lumière que la fraude souvent dénoncée avait pour envers un non recours massif aux prestations sociales. Plus des deux tiers des personnes préfèrent se tenir à l’écart des prestations qui leur sont destinées. Un manque à distribuer important en résulte pour l’Etat ! Seuls 70.000 foyers (150.000 individus) sont sortis de la zone des bas revenus grâce au RSA. Rien n’a changé pour les autres. Étant donné l’augmentation des dépenses contraintes, cela signifie qu’ils ont continué à s’appauvrir.
Le RSA n’a pas seulement échoué en raison de son contexte d’application, il a également échoué parce que son principe directeur (les individus choisissent de ne pas travailler parce qu’ils n’y ont pas d’intérêt financier) est, à quelques exceptions près, sans fondement dans la réalité.

Jean-Claude

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