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Nouvelle destruction sur la "jungle" de Téteghem

Les associations du collectif migrants communiquent :

« Nous fuyons les terroristes de notre pays mais ici, c’est la police qui est terroriste. » (commentaire de l’un des migrants)

Ce jeudi 30 juin 2011, le campement de migrants de Téteghem a été partiellement détruit par les forces de l’ordre et la Mairie de Téteghem. Ce campement, placé sur un terrain dont la Communauté Urbaine de Dunkerque est propriétaire, qui abritait 70 à 80 personnes hier, ne comptait qu’une quarantaine de personnes la semaine d’avant. C’était trop pour les autorités qui ont agit très rapidement. Ces populations se répartissaient en deux petits campements sur les quels des abris avaient été construits par les associations. L’un de ces deux campements a été totalement rasé. Environ 35 personnes de nationalité irakienne, iranienne, palestinienne, égyptienne, afghane y vivaient, hébergées dans 4 abris différents.

L’autre partie du campement, sur laquelle les associations avaient implanté des abris provisoires, mais solides, n’a pas été détruite. Ces abris de 40 m² au sol, ne peuvent accueillir qu’une quinzaine de personnes suivant les normes habituellement respectées au plan international pour l’accueil des réfugiés. Les associations demeurent perplexes sur le double langage de la Mairie de Téteghem qui continue à dire sa volonté d’accepter d’accueillir une quarantaine de migrants et participe à la destruction de leurs campements. Elles se demandent aussi comment une mairie peut intervenir sur un terrain qui ne lui appartient pas (propriété de la CUD) sans autorisation de celui-ci. La CUD consultée a assuré qu’elle n’était d’aucune façon demandeuse d’intervention

Aucun témoin associatif n’a pu assister à l’évènement, nous avons simplement pu constater les dégâts et recueillir les témoignages des migrants. D’après ces témoignages, 35 policiers sont arrivés à 8h du matin et ont procédé à l’arrestation des personnes avant que la Mairie de Téteghem ne supervise la destruction du campement. Toutes les personnes présentes sur cette partie du campement ont été arrêtées après avoir été réveillées brutalement d’après leur témoignage. Certaines ont été emmenées au commissariat de la PAF de Dunkerque et d’autres placées en rétention à Lesquin. Les personnes placées au commissariat ont été libérées après une paire d’heure. A leur retour sur le campement, ils ont pu constater la destruction intégrale de leurs abris. Dans ces abris, certains avaient des affaires personnelles : vêtements, produits d’hygiène, nourriture, téléphone portable leur permettant de rester en contact avec la famille restée au pays, argent, papiers d’identité et même originaux de diplômes : ils ont tout perdu. « Nous fuyons les terroristes de notre pays mais ici, c’est la police qui est terroriste », déclarera un irakien qui cherche à rejoindre l’Angleterre pour y demander l’asile. A l’arrivée des associations sur le terrain vers 14 heure, l’émotion et la colère étaient fortes. Dans un premier temps, les migrants ont même refusé que les associations accèdent au campement.

Mr KEMP, adjoint au Maire de Téteghem, assure avoir demandé aux migrants de prendre leurs effets personnels avant de se faire emmener par la police. Il assure également avoir inspecté chaque abri et retiré les sac qui s’y trouvaient mais « on ne s’est pas préoccupé des vêtements ni de la nourriture » dira-t-il. Force est de constater que malgré ces efforts, beaucoup ont perdu le peu qu’ils avaient. Suite à la destruction de leur lieu de survie, les personnes n’avaient plus rien : ni couverture, ni tente, ni vêtements. Les associations ont donc distribué un minimum de matériel pour parer au plus urgent : des tentes, des couvertures et des jerrycan d’eau ont été distribués.

Mr KEMP explique que le site ne peut accepter plus de quarante personnes. Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir averti les migrants la veille, alors que la police était intervenue sur le campement ? Cette action conjointe de la Sous-préfecture et de la Mairie de TTG est d’une violence inacceptable ayant pour conséquence une sur-précarisation des personnes qui ont été moralement très affectées par l’évènement. Le comble est que cette violence n’apporte aucune solution à la situation. Nous rappelons que ces personnes ont déjà été victimes des conflits, des crises ou de l’oppression dans le pays qu’ils ont dû fuir.

Rappelons que cet évènement survient alors que la pression et le harcèlement policier s’est encore intensifié sur Calais : après l’expulsion d’un squat de 100 personnes en début de semaine, les personnes expulsées errent désormais dans la ville et sont harcelées par les forces de l’ordre qui détruisent tous les abris et tous les squats dans lesquels les migrants cherchent à trouver refuge.

.Cette situation, hélas, n’est pas nouvelle : nous demandons que les élus apportent des réponses positives pour rendre aux migrants et à la population leur dignité.

Le collectif migrant de Dunkerque

Contact : mailto:chantiers@carrefourdessolidarites.org

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