AG 2010 : rapport moral

Rapport approuvé par le dernier conseil d’administtation.

Cher(e)s collègues,

La principale préoccupation des membres de notre réseau est le sort réservé à ceux qui souffrent des plus grandes difficultés sociales. Malheureusement, nous ne disposons pas vraiment d’indicateurs qui nous montreraient objectivement que ce sort s’est détérioré. Chacune des associations et chacun des C.C.A.S. ont continué, en 2009, à faire leur travail de solidarité auprès d’un nombre important de personnes et de familles.

Mais nous avons observé que le chômage était en augmentation. Et puis, pour ne prendre que l’aide alimentaire, nous avons constaté que le nombre de demandes de dépannage en 2009 avait encore augmenté de 11 %. Le nombre des personnes migrantes de passage sur notre territoire n’a manifestement pas diminué. Les C.C.A.S., de leur côté, ont vu les demandes d’aide auxquelles ils devaient faire face augmenter de l’ordre de 20 %. La crise s’amplifie manifestement et ce qu’on peut craindre en réalité, c’est que le plus difficile reste à venir.

Ce qu’on peut craindre aussi, c’est que les moyens d’intervention des associations soient insuffisants alors que les besoins de la solidarité augmentent. Le sort qui vient d’être réservé à l’une des associations fondatrices du Carrefour des solidarités, je veux parler de l’ASSFAM, association de travail social auprès des personnes d’origine étrangère, en est un indice qui nous fait craindre le pire. Je voudrais redire ici notre entière solidarité avec cette association.

Que dire des changements soit de dispositifs soit d’interlocuteurs auxquels nous devons faire face. On ne peut certes pas nier souvent les intentions du législateur. Mais en bout de course, ceux qui vivent les difficultés comme ceux qui les accompagnent ont du mal à s’y retrouver entre des dispositions souvent difficiles à comprendre et des interlocuteurs qui, au même moment, changent ou disparaissent.

Mais si l’objectif de chacun des membres du Carrefour des solidarités est de mettre concrètement en œuvre la solidarité auprès des plus en difficultés, celui du Carrefour lui-même n’est pas tout à fait identique, Lors de notre assemblée générale de l’année dernière, nous nous étions fixé deux objectifs :

- celui de mettre en œuvre les décisions prioritaires que nous venions de prendre dans le cadre des Assises de la solidarité,
- celui de développer nos moyens d’échange et de coopération.

Concernant les suites données aux décisions des Assises de la solidarité :

Comme nous le verrons dans notre rapport d’orientation, il est encore un peu tôt pour faire un premier bilan. Notons simplement que ce n’est pas grâce à nos moyens propres, mais c’est là où nous avons pu mobiliser de nouveaux moyens grâce à nos partenaires que les choses ont un peu avancé :

- la création de l’observatoire de la solidarité grâce aux moyens mobilisés par l’Agence d’Urbanisme.
- Les propositions concernant l’accueil des personnes migrantes de passage sur notre territoire, grâce à l’initiative de certaines communes et grâce à celle du conseil de développement durable de notre agglomération,
- Le développement de la formation concernant les questions de santé grâce au financement du programme régional de promotion de la santé,
- Les propositions de formation grâce à notre partenaire de l’URIOPSS ;
- La rencontre avec les huissiers de justice, grâce à l’initiative prise par les services de la Communauté Urbaine,

Nous sommes donc devant un véritable paradoxe. Nous ne sommes capables de mettre en œuvre nos initiatives que dans la mesure où nous trouvons un bon partenaire pour le faire à notre place. Combien de temps cela durera-t-il ?

Concernant le développement de nos moyens d’échange et de coopération :

Nous avons pris des initiatives : journal partagé, apéros, conférences des présidents, animation de collectifs. Sont-ils suffisants ? Disons, pour rester positif, qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. Je voudrais pour cela prendre quelques exemples qui illustreront notre réalité collective : Coordinations partielles, débats pas toujours aboutis, consensus partiel, niveaux d’analyse différents. Mais dans tous les cas l’urgence prime.

L’exemple de l’aide alimentaire :
- l’A.J.S. prend l’initiative, seule, de tirer la sonnette d’alarme sur les dépannages et d’arrêter son action en la matière, sans coordination avec les autres associations,
- ce n’est qu’assez tardivement que le réseau apprend la cessation d’activité du Phare et rien n’est vraiment organisé pour en assurer la suite,
- Le Secours populaire français nous dit son intention de tenter un nouveau mode d’intervention et récemment, de déployer largement son activité en la matière et il ne participe pas à notre commission d’aide alimentaire,
- Emmaüs développe un projet d’épicerie solidaire en milieu rural parce qu’il a trouvé un bon partenaire social et financier et laisse tomber la concertation concernant le projet d’itinérance qui intéressait plusieurs communes de l’agglomération,
- Le nombre de demande de dépannage est en constante augmentation et nous ne réussissons pas, pour l’instant, à nous mettre d’accord sur une stratégie commune.
- Les C.C.A.S. interviennent largement pour répondre aux demandes de dépannage alimentaire, mais leur coordination avec les associations sont partielles et au cas par cas.

L’exemple du collectif « migrants » :
- des associations diverses, membres ou non de notre réseau en font partie.
- Leurs interventions concrètement se coordonnent sur le terrain, chacun se répartissant les jours d’intervention,
- Des divergences d’appréciation sur les modalités d’action vis-à-vis des pouvoirs publics nationaux, mais des initiatives prises par telle ou telle association,
- Construction d’un point de vue commun vis-à-vis des pouvoirs publics locaux par l’intermédiaire du conseil de développement durable.

L’exemple des morts de la rue
- nous avons eu du mal à susciter l’échange,
- mais en réunissant uniquement les instances qui interviennent concrètement sur le terrain, nous avons réussi à construire un processus d’alerte réciproque que nous devrions tester dans les mois qui viennent.

L’exemple de l’observatoire :
- Suite aux Assises, le Président de la Communauté Urbaine interpelle l’AGUR qui accepte de mettre ses moyens techniques au service d’un projet d’observatoire de la solidarité et d’en prendre la tête.
- Le processus de rassemblement des données est en cours.
- Certains C.C.A.S. se sont mis d’accord pour mettre en place une fiche d’inscription commune leur permettant et permettant à tous de mieux connaître les personnes qui viennent frapper à leur porte.

Il s’agit ici de tenter d’analyser ensemble ce qui peut nous permettre d’être plus efficace ensemble au seul bénéfice des personnes qui connaissent les plus grandes difficultés sociales.

- mettre en commun les connaissances que nous pouvons avoir des personnes et de leurs difficultés, les difficultés rencontrées par chacun et les réussites.
- Accepter de discuter et de mettre sur la table les accords et les désaccords de façon explicite.
- Inventer des solutions communes ou coordonnées, sans remettre en cause la spécificité de chacun.
- Accepter que l’un d’entre nous prenne la coordination ou le leadership des solutions communes.
- Accepter pour le leader de soumettre les principales décisions aux autres,
- Regarder avec intérêt les initiatives prises par chacun.

Pour terminer, il me semble indispensable de remercier ceux et celles qui ont permis, en 2009, que le Carrefour des solidarités accomplissent son rôle :

Merci à chacun des membres du Carrefour des solidarités : c’est parce qu’ils continuent à se faire confiance que notre réseau reste vivant,

Merci à nos financeurs : la Communauté Urbaine de Dunkerque, le conseil général du Nord et le conseil régional du Nord Pas de Calais. C’est parce qu’ils nous ont fait à nouveau confiance que nous avons pu faire notre travail,

Merci à nos administrateurs et administratrices, malgré les lourdes responsabilités qu’ils portent dans leurs propres organisations, ils ont su libérer un peu de leur temps et de leur énergie pour permettre à l’animation de notre réseau de rester proche des préoccupations de chacun,

Merci à nos partenaires fidèles, le conseil de développement durable, la direction territoriale du département, la caisse d’allocations familiales, la Lyonnaise des eaux, France Bénévolat, la Fondation Abbé Pierre, l’URIOPSS et la FNARS, et d’autres encore, je ne peux pas les citer tous, c’est avec eux, comme nous l’avons vu que nous pouvons agir concrètement,

Merci à chaque membre de l’équipe d’animation de notre réseau qui se réunit, contre vents et marées, tous les mardis après-midi,

Merci enfin à nos salariées. Ce n’est pas facile tous les jours d’être disponibles à ceux qui sont dans la galère comme à chacun des membres du réseau, comme à chacun des financeurs, comme à chacun de nos partenaires. Je sais qu’elles y mettent tout leur cœur et parfois même, leur santé.

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