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Le collectif Alerte se questionne sur son rôle
en construction

Les associations fondatrices du Carrefour des solidarités étaient toutes engagées dans le collectif Alerte ! dès la fin des années 1980. Ce collectif s’interroge en ce début 2010 sur ses objectifs et ses modalités d’action. On pourra lire ci-après quelques éléments de réflexion provenant du niveau national :

Uniopss LCE - Alerte 14/02/2010

Document de travail
Ce document résulte d’une réflexion poursuivie depuis quelques mois par le groupe restreint. Il s’appuie aussi sur les échanges de l’atelier du Congrès de l’Uniopss.
Il traite notamment de la question des orientations, du message d’ALERTE. Il appartient aux organes de décision des associations membres de la commission LCE et d’ALERTE de discuter ces pistes de réflexions.
Les questions institutionnelles, d’organisation, seront traitées ultérieurement.

_ INTRODUCTION

Le collectif ALERTE a déjà une longue histoire. Voir le document réalisé par Gilbert Lagouanelle qui porte sur la période 1985-2004., à compléter pour les cinq dernières années. La lutte contre la pauvreté et l’exclusion a aussi donné naissance à plusieurs lieux de réflexion collective, de partenariat entre institutions diverses, d’élaboration de prises de position, tant en France qu’au niveau européen (voir tableau proposé par B.Grouès).

Ces dernières année le Collectif ALERTE a essayé de redéfinir des objectifs lors de discussions multiples. Ces discussions n’ont pas abouti à des orientations précises.

Le devenir d’ALERTE, mais surtout la question d’un message partagé à porter devant l’opinion publique, demande une clarification.

Attendus.

1.-Le message de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion porté depuis plus de vingt ans n’a pas permis d’atteindre les objectifs de diminution significative de la pauvreté. De nombreuses lois (neuf) ont été votées, mises en oeuvre. Elles n’ont pas changé fondamentalement la situation des plus pauvres. S’ils ont obtenu des droits (rSa après le RMI, CMU, DALO), ceux-ci n’ont pas abouti à une inclusion des plus pauvres dans une société solidaire, mais à des traitements spécifiques successifs de situations limites.

2.- L’autre échec majeur est celui de la compréhension même des personnes en situation de pauvreté et de leur stigmatisation. Les discours sont passés des pauvres « victimes » aux pauvres « responsables », de la légitimation de la solidarité à la dénonciation de « l’assistanat ». Avec pour double corollaire une peur répandue de tomber dans la pauvreté et une volonté de se distinguer des pauvres les plus proches.

Nicolas Duvoux (au Congrès de l’Uniopss) expliquait cela par un développement de la « pauvreté laborieuse » au moment même où les politiques intervenaient dans les marges. Ces deux dynamiques ont entrainé un rapprochement objectif des situations, mais surtout un clivage entre des populations très proches portant des représentations d’elles-mêmes très différentes, avec un effet effet de décohésion sociale, de fragmentation. Ces phénomènes de différenciation empêche d’imaginer une société de semblables.

3.- Enfin aujourd’hui, nous sommes dans une situation de « crise » dont les effets ne se sont pas encore tous fait sentir. Mais à la faveur de cette situation, c’est plutôt à un détricotage de la protection sociale que nous assistons, malgré les discours sur le rôle d’amortisseur de la protection sociale.

Les renoncements ou reculs dans le domaine de la santé, du logement, des ressources des plus pauvres, des plans banlieues, risquent de se multiplier. Et le traitement social continue à créer de nouvelles catégories (tarifs sociaux de l’énergie, de l’eau .. ?), à complexifier les dispositifs (rSa), ce qui provoque parfois un phénomène de non-recours.

La situation des personnes, la régression des politiques de solidarité et les risques de dégradation de la cohésion sociale nécessitent un engagement fort des associations, et un message qui permette de faire avancer ensemble les conditions de vie et les droits des personnes en difficulté.

Cet engagement doit s’appuyer aussi sur des alliances renouvelées ou nouvelles avec d’autres partenaires.

Les partenariats

1.- Le travail d’ALERTE avec les partenaires sociaux a montré que les préoccupations portées par les associations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, devaient et pouvaient être partagées avec d’autres, transformer des manières de comprendre, et aboutir à des prises en compte des non-salariés ou des demandeurs d’emploi non-indemnisés (ex : formation)

2.- La participation des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion dans un certain nombre de lieux d’échange, voire de délibération, est une avancée manifeste. Elle ne doit pas cependant faire oublier le fait que ces personnes sont rarement en situation de s’organiser elles-mêmes pour faire valoir leurs points de vue.

2.- L’autre question devrait être celle des partenariats à nouer en fonction des objectifs. La « société civile » a d’autres composantes que les organisations syndicales et d’employeurs. Des essais ont été envisagés avec des « think tanks ». La récente Conférence de la Vie associative a bien manifesté les alliances possibles à construire pour un « dialogue civil » : par exemple les questions de surendettement pourraient être traitées en alliance avec les associations de consommateurs. Par ailleurs, le projet de « pacte de solidarité écologique » marque bien la nécessité de lier solidarité et environnement.

3.- Enfin d’autres acteurs ont émergé dans le domaine de la lutte contre telle ou telle situation, notamment sur le logement. Mouvement sociaux ou groupes de citoyens, ils donnent une visibilité médiatique à certaines questions. Le risque d’une hiérarchisation des « causes » en fonction de leur exposition médiatique peut se poser dans ce contexte. Mais aussi la nécessité d’alliances sur des points précis.

Les partenariats sont l’une des conditions de la prise en compte de la situation des couches sociales les plus fragiles dans l’opinion publique, et dans l’élaboration des politiques publiques.

Comment avancer ?

1.- Les attendus suggèrent au moins que nous demandions une évaluation des effets des politiques publiques (voir le rSa où les associations ont obtenu que l’évaluation se fonde sur plusieurs indicateurs plutôt qu’un seul). Et que nous nous battions pour des études d’impact des projets de lois et des textes réglementaires sur leur capacité à favoriser l’inclusion, la cohésion sociale.

2.- La question serait ensuite de savoir si nous voulons « monter en généralité », c’est à dire essayer de prendre la situation de plus « haut », avec le risque que cela comporte d’être dans une posture plus « politique » que la posture relativement « morale » de lutte contre la pauvreté.

Est-ce que nous envisagerions d’articuler la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, à la lutte pour la solidarité/inclusion/cohésion et contre les inégalités ? A sortir de « politiques spécifiques » pour revendiquer des politiques généralistes, universelles, inclusives, attentives aux plus pauvres et qui produisent du commun entre ceux qui cotisent et ceux qui reçoivent (cf. N.Duvoux) ? Cela voudrait dire s’intéresser aux réformes de la protection sociale et aussi aux questions de fiscalité

Il appartient aux associations membres du collectif ALERTE d’indiquer comment elles se situent devant cette question de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, quel rôle elles attendent du Collectif, quels partenariats elles l’engagent à nouer, et enfin quels engagements elles sont prêtes à prendre.

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