Lettre ouverte aux citoyens de la région dunkerquoise sur leur hospitalité

Chers concitoyens,

Par deux fois en quelques jours, dans la presse locale, les représentants de l’Etat nous ont inondé de chiffres concernant les personnes migrantes, de passage sur notre territoire. Ces chiffres relèvent tous de la délinquance.

Trop, c’est trop. Outre le fait qu’assimiler migrants et délinquants est tout à fait odieux, discriminatoire et susceptible d’éveiller des manifestations de rejet scandaleuses, c’est se boucher les yeux et ceux de nos concitoyens sur le fait que notre Etat a érigé en règle l’inhospitalité. C’est se boucher les yeux et ceux de nos concitoyens sur le fait que notre Etat ne peut voir dans ces hommes et ces femmes, venus de l’étranger, que des agents économiques dont il faut « réguler les flux », même s’ils ne sont que de passage. C’est se boucher les yeux et ceux de nos concitoyens sur le fait que chacun s’est laissé gagner par un racisme ordinaire et désormais convenable, érigé en lois.

Fort heureusement, les citoyens de la région dunkerquoise comme ceux du calaisis résistent par leurs pieds et par leur cœur à cet oubli de la règle multi séculaire de l’hospitalité. En voici les chiffres.

Accompagnés par les associations ou en renfort de celles-ci, c’est tout au long de 2008 plus d’une centaine de citoyens bénévoles qui, au nom de tous les autres, ont tenté d’exercer un minimum d’hospitalité.

C’est près de 20 000 repas qui ont été servis sur le tas. C’est un nombre difficilement chiffrable de vêtements chauds, de chaussettes, de chaussures qui ont été apportés. Ces repas, ces vêtements ont été disponibles grâce aux dons de plusieurs centaines de citoyens.

C’est trois communes et leur conseil qui ont décidé de les accompagner en proposant des lieux d’accueil moins précaires que les taillis et les dunes. C’est la Communauté Urbaine de Dunkerque qui a décidé d’apporter une participation financière à ces communes.

C’est la présence régulière de médecins et d’infirmières, une quinzaine, qui ont apporté les premiers soins de façon bénévole, se substituant ainsi à l’incapacité des services sanitaires de sortir de leurs murs, même si ces derniers les soignent aussi dans leurs murs. Les hospitaliers, ce sont tous ceux là.

Les fonctionnaires, en particulier de police, sont souvent pris entre leur obligation d’obéir aux ordres et leur propre citoyenneté. Mais nous savons concrètement que beaucoup suivent les règles sans en rajouter dans l’odieux ou l’inhumain.

A tous ceux-là, à l’image du conseil de développement durable de la région dunkerquoise qui leur a voté une motion de soutien, nous disons merci de sauver notre honneur d’hommes et de femmes.

Le collectif d’associations qui accompagnent les migrants

Salam, le Secours Catholique, la Ligue des droits de l’homme, Emmaüs, le M.R.A.P., le Carrefour des solidarités, la Pastorale des migrants et une centaine de citoyens bénévoles.

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