Les présidents des associations ont planché sur la méthode

Réunis le 6 novembre dernier, les présidents des associations et structures membres du Carrefour des solidarités ont planché sur la méthode à adopter pour engager les travaux dans chacune des associations. En voici le compte-rendu.

Objet de la rencontre

Dans la perspective de l’organisation - en octobre 2008 - des assises de la solidarité cette rencontre avait un double objectif :
- Valider les modalités pratiques envisagées depuis la dernière rencontre, le 29 mai
- A partir des attentes et propositions de chaque association et structures par rapport à ce projet, envisager ensemble les modalités et stratégies que chacune pourrait mettre en œuvre.

Points principaux

1 Mise en œuvre du projet : « assises de la solidarité »

1.1. objectif

Globalement l’objectif est de trouver « ensemble » les solutions et moyens pour passer des témoignages reçus et des situations observées individuellement, à des propositions, des solutions concrètes.

- Il s’agit donc d’un travail de concertation entre les personnes en situation de souffrance les associations et structures intervenant, les politiques et au final la population.
- A partir des paroles des « gens », des situations observées, des informations disponibles, il s’agit de proposer des solutions, des pistes de solution, pour cela de construire des dossiers argumentés, « en béton », de les présenter et de les défendre auprès des responsables concernés.
- La plupart des problèmes repérés et qui n’ont pas aujourd’hui de solution appropriée, sont connus des responsables. « Il faut dire clairement les choses », les faire bouger lorsque c’est nécessaire, « continuer à taper, appuyer plus fort là où cela fait mal ».
- Au besoin, en particulier si la solution déborde de la responsabilité des seules responsables politiques locaux, il faudra interpeller plus haut, ailleurs : le monde politique, et économique, les administrations.

1.2. Déroulement

- Les quatre phases dans la démarche des assises ont été rappelées et validées :
. Collecte des témoignages et des données caractéristiques
.Rencontres entre les intervenants de l’action sociale, professionnels et bénévoles, pour faire le l’état des lieux, des problèmes et des causes, proposer des solutions.
.Rencontre avec les responsables politiques locaux pour envisager ensemble les modalités pratiques de mettre en œuvre ces propositions : envisager des phases de travail à caractère discret ou public.
.Organisation d’une communication grand public.

- Seules les deux premières phases ont été étudiées au cours de la réunion.

1.3. Acteurs responsables dans la mise en œuvre des assises

Au cours de la rencontre il est apparu nécessaire d’être attentif à la position particulière des CCAS, dans le cadre de ces Assises. Dans les rencontres dites « des présidents », le Carrefour souhaite que soient présents les décideurs des structures : pour les associations il s’agit du président, pour le CCAS, il s’agit normalement de l’élu en charge de cette mission.

S’agissant des deux premières phases, de diagnostic et de propositions, qui se feront de plus en pleine campagne électorale, comment éviter le rôle ambigu que pourrait avoir l’élu représentant un CCAS ? Le représentant du CCAS reprendra de fait sa fonction de « politique » au cours des deux phases suivantes.

Il a paru nécessaire de clarifier des jugements qui ont paru parfois trop sommaires : Les « politiques » et les CCAS ont le souci et la pratique de l’écoute des personnes, ce n’est pas une exclusivité des associations.

2 Distinguer : besoin exprimé, problème, cause et solution

Au cours des échanges, le 6 novembre, il est apparu qu’il fallait distinguer :

- Les besoins (« les appels au secours ») adressés à une structure : ils sont en général précis : aide alimentaire, aide financière, hébergement… et correspondent aux possibilités de la structure. Ainsi une association qui ne fait pas d’aide alimentaire, ne reçoit pas, en général, de demande de cette nature.

- Les problèmes rencontrés par les personnes : ils sont souvent plus larges ou plus complexes, il faut du temps pour passer du besoin exprimé au problème réel. Ainsi derrière la demande d’aide alimentaire on trouvera des problèmes de surendettement, de charges liées au logement, de santé… la solution n’est pas l’aide alimentaire. Dans une rencontre précédente, un intervenant avait pu dire que parfois : « c’est l’offre qui crée le besoin » : le besoin exprimé n’est pas nécessairement le bon indicateur du problème de la famille.

- Les causes : A travers les statistiques on repère deux grandes causes :
.Les « accidents » de la vie : rupture famille, maladie, emploi, …
.Les délais administratifs liés aux changements de droits, ou à l’acquisition de droits nouveaux.
.Les acteurs sur le terrain sont invités à affiner cette analyse. Sans oublier que parfois : « si des personnes sont dans des situations de détresse, c’est entièrement de leur faute ».

- Les solutions : c’est-à-dire la mise en place du dispositif de nature à faire disparaître le problème

3 Méthode de travail

La démarche a pour premier objet de repérer, les causes qui apparaissent avoir une grande importance dans les situations de précarité : « souvent on a des chiffres, la connaissance des situations, mais on n’a pas les causes ».

Ensuite choisir, ensemble, les causes auxquelles on voudrait s’attaquer dans le cadre des assises. Ceci n’interdit pas de trouver des solutions avant les assises elles-mêmes La démarche proposée comprend deux étapes

3.1. 1° phase : Dans chaque association ou structure :

- Partir des données connues dans la structure, on peut citer typiquement :
. Les témoignages recueillis, à l’occasion de rendez-vous citoyens ou de rencontres ponctuelles
.Les données collectées à l’occasion de l’inscription à l’aide alimentaire
- Repérer :
.Les besoins – demandes de secours - exprimés à la structure,
.Les problèmes que ces demandes révèlent
.Les causes qui paraissent à l’origine de ces problèmes, être particulièrement « attentif aux causes nouvelles ».

Note : A titre d’exemple, le Secours Catholique signale l’importance croissante dans son budget d’aide du poste « secours d’accompagnement » : colonies de vacances, personnes âgées, recherche d’emploi, …, et symétriquement la part décroissante du poste : aide d’urgence
- Identifier les (5, 10, …) causes qui paraissent, pour l’association « revenir le plus souvent derrière la demande de secours ».
- Proposer des solutions, ou pistes de solutions appropriées et réalistes.

3.2. 2° Phase : rencontre entre les responsables des intervenants de l’action sociale

- Partage les analyses et les propositions, sinon des informations détaillées qui ont permis dans chaque structure d’identifier les problèmes et les solutions
- A partir de cette expérience collective, choix des causes auxquelles on souhaite s’attaquer dans le cadre des assises 2008
- Proposition en commun de solutions, de pistes de solutions, Attacher une importance particulières aux solutions qui dépendent du pouvoir politique local : possibilité d’avoir une action concrète et d’assurer le suivi de sa mise en œuvre. A défaut envisager les interpellations appropriées si les solutions préconisées sortent de ce contexte.

4 Quelques pistes de solutions déjà repérées

A travers les témoignages reçus et l‘exploitation des données collectées à l’occasion de l’inscription à l’aide alimentaire :
- Les rendez vous citoyens : mise en évidence des besoins, de lieux, de moments, de personnes disponibles pour une écoute qui suivant les cas sera : réconfortante ou conseillère
- Envisager une tarification particulière de l’eau
- Pourquoi avoir besoin des associations pour donner à manger ?
- A quel besoin répond la fiche de liaison ?
- Dans le respect des personnes, affiner la collecte des données caractérisant les situations de souffrance et faire comprendre à tous les intervenants la nécessité et l’utilité d’une collecte rigoureuse. Développer les outils permettant l’analyse de ces données.
- « Comment faire avec ceux qui sont aidés par l’association depuis longtemps ? »
- Par défaut un participant a fait remarquer que le problème de l’hébergement n’a pas été abordé

5 Nécessaire à faire

.Dans chaque association ou structure, en concertation entre les usagers et les intervenants intervenats salariès ou bénévoles , faire l’inventaire des problèmes posés et si possible des causes, et proposer les solutions appropriées. Il est proposé de faire cette analyse à partir des informations disponibles - notamment témoignages collectés en particulier à l’occasion des rendez-vous citoyens et informations recueillies à l’occasion des inscriptions à l’aide alimentaire.

Cette étape devrait être achevée avant le 15 janvier 2007. Les modalités préconisées sont proposées dans deux documents : la lettre de JMG : Préparation des Assises de la solidarité le document : « Assises de la solidarité, préparation de la 2° étape, celui-ci dresse un premier inventaire non limitatif des problèmes posés et ouvre des pistes de solutions.

.Organiser entre les associations ou structures, partage des analyses faites séparément. L’objectif est de déterminer ensemble, les actions collectives que nous pourrions proposer à l’occasion des assises. Les modalités correspondantes restent à déterminer.

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