Les migrants peuvent-ils utiliser le local "grand froid" ?

Nous reprenons ici un article paru dans Libé Lille sur cette question, paru le 19 décembre et parlant de la situation sur Calais. Il nous a été transmis par Salam Calais.

Pour ce qui concerne Dunkerque, le Sous Préfet nous a déjà répondu que les migrants de passage pouvait être accueilli dans le local grand froid géré par la C.A.O.. Mais nous savons que pas plus de 2 places ne sont disponibles à leur intention alors qu’ils sont une centaine dans notre agglomération...

Nous avons appris, par ailleurs par la même source, que le député de Calais, G. Cockempot, avait demandé l’ouverture d’un local provisoire et spécifique. Pouvons-nous espérer la même chose sur notre agglomération ?

Article publié sur le site LibéLille, le 19 décembre et relayé sur le site de Salam-Calais

Il gèle. Les candidats à l’asile en Angleterre qui hantent les forêts et les aires d’autoroute autour de Calais ont-ils droit au plan grand froid ? « Oui », répond le sous-préfet Gérard Gavory. « En pratique, non », répondent les associations humanitaires sur place.

« J’ai appelé huit fois ». Le 115 ne répondait pas, hier 18 décembre. « J’ai appelé huit fois, et huit fois je suis tombé sur un message enregistré me demandant de rappeler plus tard », indique par téléphone Jean-Claude Lenoir, de l’association Salam, mardi vers 18h, depuis les quais du port de Calais où il occupé à distribuer repas et couvertures aux migrants. « C’est vrai qu’il y a eu un problème pour joindre le 115, on fait le nécessaire pour que les choses s’améliorent », reconnaît le sous-préfet.

Le représentant de l’Etat assure que le dispositif grand froid vaut pour tout le monde, « même pour les migrants ». C’est à dire ? Quelque 120 places : 90 en centre d’hébergement et de réinsertion sociale, 23 « hébergements de stabilisation » et 7 d’urgence. Les migrants à la rue sont entre 300 et 400 au repas du soir ces jours-ci, c’est à dire en réalité beaucoup plus nombreux dans les squats et l’arrière-pays. Parmi ses 400, les associations ont repéré 25 femmes.

Bref, si 400 migrants demandent aujourd’hui à dormir au chaud, l’Etat ne pourait pas répondre. « Oui, mais concrètement, ils ne le demandent pas », répond le sous-préfet, qui reconnaît : « ils ont peur de la police ». « Ils pensent qu’il faut d’abord passer par la Police de l’air et des frontières, et par un relevé d’empreintes digitales, or ce n’est pas vrai ». Les migrants peuvent aussi demander une place en Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), mais ils sont loin de Calais, et il faut pour demander l’asile pour y entrer. « Or ces migrants veulent rester à Calais pour tenter de passer la Manche ».

Lacrymogène. En novembre 2002, dans les jours qui ont suivi la fermeture Croix Rouge de Sangatte a fermé, le thermomètre a baissé aux alentours de -5. Les associations avaient réquisitionné un gymnase pour que les migrants dorment au chaud. Réponse de la sous-préfecture : « L’Etat ne souhaite pas créer un hébergement spécifique pour les migrants. Cela créerait un pôle d’attraction, et il y aurait à l’évidence beaucoup plus de migrants à Calais ».

Jean-Claude Lenoir, de l’association Salam, se fâche : « Mais ils sont nombreux. Dispersés mais bien là. Autour de 300 visibles à Calais, plus de 100 vers Dunkerque. On a distribué 300 couvertures. On sait que dès le lendemain elles seront inutilisables, car imbibées de gaz lacrymogène ».

H.S.

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