Les migrants de passage, ces oubliés du "plan grand froid"

Avec l’arrivée de l’hiver, l’Etat remet en place les dispositions d’urgence du plan « grand froid ». Soutenue aussi par les collectivités locales, c’est la C.A.O. (coordination, accueil, orientation) qui est ici chargée, depuis plusieurs années, de le coordonner. Dispositif indispensable et dont vont pouvoir bénéficier nombre de personnes qui se retrouvent à la rue en particulier grâce à l’efficacité de la maraude. Mais, oubliés, puisque, officiellement, ils n’existent pas, ou traitées avec parcimonie par les services eux-mêmes, les personnes migrantes de passage sur notre littoral risquent de devoir affronter seuls les rigueurs de notre hiver. Heureusement cependant, les associations humanitaires font leur travail ou font ce qu’elles peuvent avec l’aide des collectivités directement concernées auprès des oubliés de notre « solidarité publique ».

L’intervention des associations

Concernant en effet les personnes migrantes de passage sur le littoral vers l’Angleterre, la tâche principale des services de l’Etat semble être de disperser les migrants, à force de harcèlement, d’intimidation et de contrôles constants. Le but à peine voilé est de faire en sorte qu’aux yeux du public et donc des médias, ils n’existent plus. Officiellement, ils luttent contre les mafias et les passeurs. Or malgré certaines arrestations et certaines condamnations, force est de constater que les résultats sont médiocres. Rien n’est fait pour que les causes de cette immigration, l’attirance de la Grande Bretagne et l’état de guerre ou de guerre civile de bien des pays dont sont originaires la plupart des migrants, soient traitées. Résultat, l’hiver amène non seulement les hommes, mais aussi les jeunes hommes, les femmes et les enfants, à se retrouver dans des campements de fortune, dans l’humidité et le froid, sans alimentation et sans soin.

Les associations humanitaires, il y en a une petite dizaine sur le dunkerquois, n’avaient pas attendus l’arrivée soudaine du froid pour alerter les pouvoirs publics. Elles ont exprimé, au cours d’une réunion avec le Sous préfet, leurs demandes (voir leur communiqué page suivante)

Elles sont en train de contacter les mairies plus directement concernées, en particulier celle de Téteghem et celle de Grande Synthe auprès desquelles les contacts établis semblent positifs. La Communauté urbaine, de son côté, a mis en place un « fonds solidarité-migrants » qui apporte un financement de 50 % qui semble fonctionner et, bientôt, une commission consultative concernant les migrants qui n’aura pas pu se mettre en place avant l’hiver, comme les associations l’avaient demandé. Par ailleurs, en dehors de ces éléments, elle brille pour l’instant par un silence étonnant sur ces questions, en particulier sur ses responsabilités en tant que propriétaire du terrain sur lequel sont établis des campements à Téteghem.

Lire aussi :

- la liste des associations intervenantes et leurs adresses pour leur faire parvenir vos dons.

- la prise de position des associations auprès des instances de l’Etat

- les témoignages des associations

- la prise de position de la Ligue des droits de l’homme concernant l’accès au plan grand froid.

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