Les migrants dans la région dunkerquoise

A) Les « migrants »

Depuis de nombreuses années, la Flandre maritime voit affluer des milliers de personnes étrangères qui fuient la guerre, la misère et les persécutions pour retrouver une terre d’asile. Ils espèrent et essaient ainsi retrouver un avenir meilleur dans les pays développés et notamment en Europe. La plupart d’entre eux ont pour objectif de rejoindre des membres de leur famille en Angleterre et transitent par la région Nord pas de Calais pour y accéder. Ils fuient la pauvreté, les régimes politiques, les guerres civiles, la mort. Certains ont même vu égorger leur famille sous leurs yeux. Ce sont majoritairement des hommes jeunes, qui abandonnent leur maison, leurs biens, et leur métier (cadres, employés, ouvriers). Il y a aussi des familles avec enfants, voire des bébés qui voyagent et survivent dans des conditions de danger extrêmes.

La fermeture du camp de Sangatte en 2002 n’a pas diminué le flux des migrants. Moins concentrés sur Calais, ils s’éparpillent dorénavant sur l’ensemble des zones côtières.

L’agglomération Dunkerquoise recense ainsi deux sites d’occupation à Loon-Plage et Grande-Synthe où les populations migrantes vivent dans des conditions de vie insupportables. Quelque soit les saisons, ils tentent de survivre à l’extérieur en l’absence de nourriture, d’eau et d’hygiène.

Des associations de proximité comme SALAM, Secours Catholique, la Pastorale de migrants ou EMMAUSse sont organisées pour leur venir en aide en apportant des denrées alimentaires, des vêtements et des produits d’hygiène. Toutefois, ces moyens restent insuffisants face au nombre élevé des migrants et les conditions de vie. Ils survivent dans des abris de fortune faits de bâches en plastique, perméables à toutes les intempéries climatiques.

Médecins du Monde assure également une permanence 1 fois par semaine mais l’absence de lieu d’accueil et de moyens permet difficilement de donner des soins. Seuls les soins d’urgence sont pris en compte.

Les observations de l’association SALAM

L’association SALAM est une structure humanitaire implantée à Calais et Dunkerque qui vient en aide aux publics migrants.

Quelques statistiques fournies par l’association SALAM de Dunkerque permettent de mieux appréhender ces populations sur les sites de Loon-Plage et Grande-Synthe :

Nombre de personnes :

De mai 2007 à mai 2008, 3712 « migrants » ont bénéficié d’aide alimentaire, vestimentaire, produits d’hygiène, tentes, couvertures,
- dont 3656 hommes,
- 14 femmes
- 36 enfants
- 6 bébés

De mars 2007 à mars 2008, 2120 personnes en situation d’extrême précarité ont reçu des repas chauds. En l’absence de cuisine, les bénévoles préparent les repas chez eux et les distribuent deux fois par semaine.

Tous les mardis, lors de la consultation médicale, les membres de l’association offrent également des produits d’hygiène et des chaussettes.

Tous les 15 jours sont organisées des distributions de vêtements, chaussures, tentes, couvertures et bâches en plastique pour les personnes qui en sont dépourvus.

Pays d’origine :

- Inde
- Libéria
- Afghanistan
- Irak
- Iran
- Palestine
- Pakistan
- Soudan
- Erythrée
- Albani

La durée de leur séjour peut varier de 3 jours à 6 mois en fonction de leur opportunité à trouver une terre d’asile. Majoritairement, les personnes en exil préfèrent tenter leur chance en Angleterre.

B) Les personnes en attente de régularisation administrative

Observations de la Ligue des Droits de l’Homme :

La Ligue des Droits de l’Homme de Dunkerque a, actuellement, en instance une centaine de dossiers initiés lors de ses permanences du mercredi. Il s’agit, pour une large part, de dossiers de régularisation de personnes étrangères qui veulent pour diverses raisons RESTER en France et donc bénéficier d’une carte de séjour pour légaliser leur situation.

Certaine de ces personnes ont de la famille dans la région. Elles viennent d’Afrique (Maghreb, Congo, Guinée, Sénégal, Comores...), des ex-pays de l’Est (Russie, Biélorussie, Arménie, Kazakhstan, Kosovo...),. d’Asie (Pakistan), d’Amérique du Sud (Colombie). Elles peuvent avoir été victimes de sévices dans leur pays.

Des accords anciens, passés entre la LDH et la Préfecture du Nord permettent chaque mois à l’un des représentants associatifs de participer aux réunions de la CODRESE, où est "plaidée" la cause de ces personnes. Ces dernières sont de plus en plus nombreuses à être frappées par un arrêté d’expulsion du territoire français. La LDH travaille, ainsi, en amont de la procédure et notamment dans l’aide à l’élaboration du dossier autour de critères tels que les attaches familiales en France, une bonne intégration dans la société, ou des promesses avérées d’embauche de travail,...

On constate, depuis les dernières lois en matière d’immigration, les difficultés pour de nombreux étrangers d’obtenir un titre d’admission au séjour en France :

- On exige ainsi du candidat qu’il ait des revenus, tout en lui interdisant de travailler.
- Dans certains cas, les autorités considèrent également que renvoyer dans son pays l’épouse d’un travailleur qui réside en France depuis de nombreuses années et occupant un emploi, n’est pas considéré comme une « atteinte à sa vie familiale, ou privée".
- L’administration refuse parfois le droit d’asile à des personnes qui ne peuvent fournir la preuve de violences liées à des répressions à caractère politique dans leur pays "doit-on alors demander un certificat de sévices à ses tortionnaires ?)…

Tous ces exemples posent question quant à l’arbitrage des décisions administratives en matière d’immigration, et souligne leur caractère hautement répressif.

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