Accueil du site  menu Citoyens pauvres  menu Prendre la parole : Forum, ateliers et rendez-vous citoyens  menu L’atelier de travail social  menu Les ateliers de travail social (décembre 2010 et janvier 2011)

 
Les ateliers de travail social (décembre 2010 et janvier 2011)

Depuis les Assises de la solidarité, nous nous étions engagé à mettre en place des ateliers de travail social : lieu permanent où des citoyens puissent exprimer leurs questions et chercher avec d’autres professionnels et responsables, les solutions. Dans un premier temps, il était important que ces citoyens, particulièrement ceux qui vivent de grandes difficultés sociales, prennent la parole et commencent à faire le tour, ensemble, des principaux problèmes qu’ils rencontrent dans leur vie quotidienne. C’est le but que nous nous sommes fixés au cours des premières réunions dont nous rendons compte ci-après. Viendra le temps de la confrontation et de la recherche de solutions en commun qui feront la suite de ces premiers ateliers. Les notes qui suivent ont été prises par les deux animateurs et n’ont pas encore été validées par les participants.

Atelier de travail social du 14 décembre 2010

6 personnes présentes + 2 animateurs

« J’avais trouvé un poste dans l’entretien de bureaux mais je devais commencer mon travail à 5h le matin, je n’ai pas trouvé de transport en commun pour arriver à cette heure là. »

« Il faut faire attention lorsqu’on cumule le RSA avec un emploi car après il faut faire un remboursement à la CAF. C’est pareil dans le cas du passage au RSA à un emploi, on ne sait pas combien on va avoir. »

« C’est illogique quand on tombe malade, on le déclare à Pôle emploi et du coup on ne touche plus d’allocations et on n’a que des demies journées. »

« J’ai fait une remise à niveau, j’ai appris des choses. Il faut se donner la peine, s’accrocher, se battre, se dire j’y vais. »

« Le cœur du problème à Pôle emploi, c’est le manque de personnel. Comment la personne qui a autant de dossiers peut elle bien suivre les demandeurs d’emploi ? »

« Il faudrait ouvrir des accueils d’urgence toute l’année, pour des couples, des femmes seules. Partout il y a des bâtiments vides on pourrait les utiliser pour y loger des gens. »

Questions que le groupe voudrait aborder les fois suivantes :
  l’accès aux transports collectifs
  les logements sociaux et l’hébergement d’urgence

Atelier de travail social du 14 janvier 2011

6 personnes présentes + 2 animateurs

« Ma fille est handicapée et a besoin de séances de kiné régulièrement. Ces séances de kiné se passent à l’hôpital dans le cadre d’une hospitalisation de jour. Ma fille ne peut pas se déplacer. Comme je n’ai pas de permis de conduire, nous sommes obligées de faire appel à un taxi-ambulance. Et c’est là que la galère commence. J’ai téléphoné à plusieurs stations de taxi-ambulance. Aucune n’était apparemment disponible. En fait, j’ai l’impression qu’ils n’avaient pas envie de faire la course. A l’hôpital, pourquoi il n’y aurait pas un service de taxi ambulance sur place ? »

« L’hôpital, c’est la galère. L’autre jour je devais faire un bilan de santé. J’ai dû attendre près de 5 heures, tout seul et sans que personne ne vienne me donner de l’information. Mais à quoi elles servent les infirmières et les secrétaires ? Il n’y en a aucune qui pourrait tenir informé le patient sur ce qui se passe ? »

« Moi, le médecin m’envoie à l’hôpital de Bailleul. Je n’ai jamais réussi à avoir de sa part un bon de transport. Il l’a clairement refusé. C’est quand même pas normal qu’on ne prenne pas en compte la volonté du malade. La volonté du malade et celle du médecin, ce n’est pas pareil. »

« Polonais, donc européen, j’ai eu un accident qui m’empêche de travailler. Je n’ai pas le droit d’avoir une allocation comme handicapé. Comment je m’en sors ? »

« On ne pourrait pas avoir accès gratuitement, quand on est sans ressource, aux transports en commun ? »

« Il y a la carte S.T.D.E. et le tarif social. »

« Oui, parlons-en. J’ai eu le malheur d’oublier de prendre ma carte et j’ai été contrôlé dans le bus. Pourquoi on est aussitôt pris par les contrôleurs comme des tire-au-flanc ? Depuis cinq mois que je l’avais, c’était la première fois que ça m’arrivait. Aucune indulgence. C’est dégueulasse ! »

« Tiens bon ! Faut pas laisser tomber les bras ! »

« Je pense qu’il faut laisser aux gens le temps avant de prendre une décision. L’ A.S., elle a compris ce que je faisais et que je n’avais pas toujours le temps pour faire les démarches : travail, maison, repos, famille. »

« Dans l’administration les dossiers passent dans trop de mains sans qu’on sache vraiment à quoi ça sert. L’autre fois, ils m’ont demandé six fois la communication d’un papier. Il a fallu que je demande moi-même une attestation de versement de R.S.A.. Comme par hasard, même quand on prend soin de fournir les pièces demandées, l’administration dit qu’elle les a perdues. »

« Ils vous coupent le bénéfice de tel ou tel droit et vous disent toujours que ce n’est pas de leur faute. C’est d’ailleurs jamais eux. C’est toujours l’ordinateur. »

« Souvent on a à faire à des gens biens qui vous écoutent et qui tentent d’apporter une réponse à votre problème. Mais parfois, avec les mêmes, on ne comprend pas qu’en fonction de celui ou celle qui demande, la réponse apportée sera différente. Ca tient parfois au fait qu’on vous connaît déjà ou aussi, à votre façon de vous habiller et de vous présenter. »

« Quand on ne parle pas bien le français, c’est vraiment difficile. On est soi-même en colère contre soi autant que contre celui auquel on parle, quand on sent qu’on ne trouve pas le bon mot et qu’on ne se fait pas comprendre. »

« En tout cas, même si la personne qui accueille n’a pas à sa disposition la bonne solution au problème posé, il est inacceptable qu’on vous renvoie avec comme seule réponse : on ne peut rien faire pour vous. Est-ce qu’ils s’imaginent ce que c’est que de se retrouver dehors sans rien ? »

« Moi, j’ai enquêté sur les dispositions de la loi Boutin et sa mise en application aux HLM. C’est une disposition qui concerne les grands logements et les locataires qui se retrouvent, suite à une décohabitation, à une ou deux personnes dans ces logements. Le propriétaire a désormais le droit de vous faire quitter ce logement, à condition qu’il en propose un autre, mieux adapté. En fait, il peut vous faire jusqu’à trois propositions et si aucune ne vous a convenu, il peut vous expulser.

En fait, les propriétaires ne tiennent compte ni de vos besoins réels ni de votre avis. Il y a des gens qui veulent bien déménager, à condition de ne pas se retrouver dans un logement de moindre qualité, ou de rester dans la même commune, ou encore de tenir compte que vous êtes une famille recomposée et que si, habituellement, vous n’avez pas besoin d’un si grand logement, vous devez de temps en temps pouvoir accueillir les enfants de l’un ou de l’autre. En réalité, il n’y a pas assez de logements et les H.L.M. gèrent à la petite semaine leur parc de logement. »

La prochaine réunion aura lieu le 11 février, de 14 h à 16 h

On se propose d’aborder ensemble deux questions :

- celle des transports et de leurs tarifs
- celle de l’aide alime

Avertissement

Pour éviter toute polémique stérile, nous tenons à rappeler que les paroles qui sont ici retranscrites sont, pour l’instant, des témoignages individuels, totalement respectables parce qu’elles sont le reflet de ce que les personnes vivent, ressentent et jugent.

L’objectif de l’atelier de travail social est de les confronter à terme, avec les témoignages d’autres intervenants professionnels et élus et de construire une appréciation commune ainsi que des propositions.

retour vers le journal de février

envoyer un commentaire

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com