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Les associations à l’époque managériale


Une association, selon la loi datant de 1901, se construit et vit selon les règles de la démocratie : un membre, une voix. Or, à regarder de près, les associations ne vivent plus de cette façon mais selon des règles qui se rapprochent de plus en plus de la gestion d’une entreprise.

Quelques faits. Les cadres bénévoles des associations vieillissent et ont de plus en plus de mal à être renouvelés. On entend faire des distinctions subtiles entre ceux et celles qu’on appelle des adhérents, ceux qui sont des bénévoles ou ceux qui sont membres. Les bénévoles seraient de plus en plus les personnes qui apportent leur aide de façon partielle à la différence des adhérents qui n’apporteraient que leur cotisation ou leur don. Les membres adhèrent à la philosophie de l’association et ont donc voix au chapitre. Ils participent à l’élection des dirigeants.

On voit bien que non seulement les mots, mais aussi la réalité se distancient de plus en plus de la définition primitive de l’association selon la loi de 1901. Par facilité de langage, par souci d’efficacité immédiate, par simplification abusive, on est passé, sans s’en rendre compte le plus souvent, d’une libre organisation entre citoyens respectant les principes de la démocratie à celle d’une entreprise recherchant l’efficacité, ici, au Carrefour des solidarités, dans l’exercice de la solidarité.

Est-il utile de prolonger la confusion ? Qu’y a-t-il de commun entre une « association » qui gère plusieurs centaines de salariés et une association de militants qui réunit avec peine une dizaine de bénévoles pour mettre en œuvre ses actions réfléchies et discutées à tout moment ? Peut-on continuer à appeler association ce regroupement de personnes qui se rassemblent une fois par an pour mener une action décidée à l’échelle régionale, voir nationale, et sur laquelle ils n’ont rien à dire de plus que d’approuver le sens global de celle-ci ?

Que ces différentes formes d’organisation existent et que leurs membres aient souhaité construire un lieu de coopération ne gêne évidemment pas le Carrefour des solidarités. Il a reconnu, dans ses statuts, cette diversité et s’est construit avec elle, jusqu’à intégrer en son sein une autre catégorie relevant elle du droit public, les C.C.A.S. Mais, au moment où nous menons ensemble une réflexion sur la recherche de nouveaux bénévoles et, en particulier, de nouvelles compétences pour participer à la gestion de nos associations, il paraît nécessaire de lever les confusions de langage. Présider, donc animer un conseil d’administration et construire un projet est-ce la même chose ?

S’agit-il des mêmes personnes ? Peut-on participer à une action associative sans adhérer à sa philosophie et sans peser sur ses orientations ? Peut-on adhérer à une association et donc devenir l’un de ses membres sans qu’il y ait vérification réciproque d’accord sur les orientations et sur l’organisation. Comment faire cohabiter des personnes, jeunes en général, qui ont l’habitude d’exprimer leur opinion d’un seul twitte et des personnes, plus âgées en général, qui ont l’habitude de se taire et de ne jamais se faire entendre lorsqu’elles élèvent la voix ?

Autant de questions sur lesquelles nous avons intérêt à faire la clarté si nous voulons agir efficacement.

Jean-Marie

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