Le surendettement

1° séance des ateliers « Echanges et découvertes »

La première séance d’atelier a permis de mettre toutes les différentes questions liées au surendettement sur la table. Il fallait tenter d’en faire le tri pour permettre d’organiser les séances qui vont suivre. En voici une proposition.

Les associations en première ligne

A travers les différents témoi-gnages, il apparaît qu’être suren-detté n’est jamais une situation vraiment voulue par ceux qui la vivent. Le plus souvent, on en prend conscience lorsque les gros ennuis arrivent : perte d’emploi, décès, huissier, mise à la porte du logement, etc. Et, à ce moment là, pour la plupart, c’est la honte, l’aveu d’impuissance personnelle, l’incapacité de mobiliser, quand il existe, son réseau d’amis ou de copains. C’est pourquoi, le plus souvent, on n’est pas prêt pour faire face à une administration, même à un service social. C’est pourquoi, l’association qu’on connaît ou auquel on fait appel pour une aide alimentaire, par exemple, est souvent le premier recours ou le premier lieu où on est amené à en parler. Au dire des associations, elles rencon-trent de plus en plus souvent des personnes dans ces situations. D’où leurs questions.

Le dossier de surendettement

Les premières questions qui se posent en effet tournent toutes autour du dossier de surendettement. Comment ouvre-t-on un dossier ? A partir de quel montant de dette convient-il de le faire ? Qui peut le remplir ? Quelles dettes doit-on mettre dans le dossier ? Comment lire un plan de surendettement ? Quelles en sont les conséquences ? Garde-t-on la possibilité d’utiliser son compte en banque ? Peut-on aller encore tirer de l’argent ? Etc. La rencontre à la banque de France commencera à apporter des réponses. Mais on a aussi envisagé que l’atelier consacre une séance entière à construire concrètement un dossier. Au-delà, il est demandé qu’une information sur la nouvelle loi instituant la possibilité de « faillite sociale » soit présentée.

Mais comment en arrive-t-on là ?

Si on veut aider les gens qui sont dans cette situation, c’est important de les comprendre. C’est d’autant plus vrai que, sur la maîtrise de l’argent et des dettes, nous sommes tous remplis de préjugés et que les jugements à l’emporte pièce vont toujours bon train. Pour des gens qui ont des revenus réguliers, même modestes, c’est souvent difficile de savoir ce que vivent, par exemple, ceux qui sont dans la précarité permanente. On a donc décidé que chacun dans son association, mènerait une enquête pour recueillir les témoignages de ceux qui ont vécu la situation de surendettement. Qu’est-ce qui s’est passé ? Comment l’ont-ils vécu ? Quelles questions se posent-ils ? On va aussi rechercher si des études ont été menées sur ce sujet. On trouvera bien un universitaire pour venir nous en parler.

Les cartes de crédit

Presque dans tous les cas, les cartes de crédit permettant, sans contrôle, d’accéder à de l’argent sans contrainte apparente sont présentes. Du coup, on s’aperçoit que ce sont les gens en situation de faiblesse ou de fragilité qui les utilisent le plus. Les conséquences sont redoutables.

Ce sont les gens les plus pauvres qui paient les crédits les plus chers. Au lieu de les aider, les crédits les enferment dans des situations qui deviennent inextricables. Peut-on contrôler l’attribution de ces cartes ? Comment lutter contre leurs caractères néfastes ? Y a-t-il une législation en la matière ? Existe-t-il des crédits plus sociaux ? Juristes, économistes, expérimentateurs de banque sociale seront sans doute appelés à la rescousse pour nous aider par rapport à ces questions.

Qui sont les personnes surendettées ?

Les études menées sur la question font apparaître trois types de surendettement :

- celui des personnes pauvres : faute de revenus suffisants, elles ont beaucoup de difficultés à faire face aux factures de loyer, d’eau, d’électricité ou de téléphone.
- celui des personnes qui doivent faire face à un évènement imprévu et malheureux : mort d’un proche, perte d’un emploi, maladie, etc.
- celui des personnes qui se laissent prendre dans la logique dominante de consommation. Elles agissent souvent par impulsivité, ayant intégré, à leur corps défendant, les habitudes et les valeurs de la société dans laquelle elles vivent. Il s’agit plutôt d’une attitude culturelle.

Rarement, ces trois types se superposent. Les observateurs notent que c’est le premier type de surendettement qui augmente le plus aujourd’hui.

Prévenir ?

Quand on en arrive à devoir constituer un dossier de surendettement, c’est le plus souvent qu’on en est arrivé à une situation impossible. Peut-on intervenir avant ? N’y a-t-il pas un travail à engager pour aider les personnes et les familles à ne pas se retrouver dans ces situations ? Informer sur les dangers des cartes de crédit ? Apprendre à se défendre ? Créer des ateliers de défense des consommateurs de crédit ?

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