Le poids des mots

Les associations et, particulièrement, les bénévoles qui les composent ont du mal avec les responsables politiques à quelles qu’échelles de territoire qu’ils siègent. Ils hésitent constamment entre la crainte de se laisser avoir par les beaux discours et la confiance aveugle qu’inspire un élu du peuple, surtout s’il est de sa propre tendance. Les citoyens que nous sommes n’ont à tomber dans aucun de ces excès. Que faire alors ?

Le conseil général du Nord, suite à son récent renouvellement, consulte actuellement les associations et les bénéficiaires en vue de trouver de nouvelles attitudes vis-à-vis du Revenu de Solidarité Active. D’abord réticent par principe, il avait jusqu’à maintenant décidé de ne s’en tenir qu’aux strictes règles édictées par l’Etat. Il se demande aujourd’hui s’il n’aurait pas des initiatives propres à prendre. Démarche a priori intéressante. Mais quelle confiance avoir dans les résultats d’une telle consultation et quels gages en ont-elles ?

Le conseil régional du Nord-Pas de Calais suite à l’interpellation des « Maires hospitaliers » et des associations qui accompagnent les migrants est en train d’étudier son mode d’intervention vis-à-vis de ces questions. Soutiendra-t-il la toute nouvelle association d’associations « Plate forme de service aux migrants » ?

L’Etat, après avoir mis en chantier celui de la refondation « le logement d’abord » et, associés les partenaires sociaux est en train de prendre seul des mesures de restriction budgétaire telles que la plupart des associations manifestent leurs désaccords et trouvent qu’on est en face d’une refondation « le logement dehors ! ». Pire, si les décisions se confirment, elles devront mettre en œuvre des restrictions de service et des licenciements.

La Communauté Urbaine de Dunkerque après avoir mis en place une commission de concertation relative aux migrants tarde à provoquer une deuxième réunion de celle-ci alors qu’elle s’était engagée à la tenir avant la fin mai.

Il ne sert à rien de geindre et de pester par devers soi sur les paroles parfois très légères dont certains élus politiques se gargarisent. Elles ne sont employées par eux que parce que ça a l’air de marcher auprès des citoyens que nous sommes. Qui saurait résister à une parole d’encouragement voire à une distinction publique ? Qui se tait parce qu’il craint que sa subvention ne soit pas renouvelée ? Qui ne tarit pas d’éloge en public sur tel ou tel personnage et n’a que des mots assassins en conversation privée ? Qui ne parle jamais de peur de se faire repérer ?

Les citoyens n’ont que les élus et l’administration qu’ils méritent. Les associations que nous formons ont toujours avantage à parler vrai et clair. C’est à ces conditions qu’ils auront des élus qui pèseront leurs mots et leurs décisions. La fonction des élus est de représenter et de défendre l’intérêt général d’une collectivité. Quand l’intérêt général est en jeu, alors c’est de leur devoir de l’expliquer. Mais ils ne sont pas les seuls. Les associations ont aussi le rôle de présenter ce qui leur semble de l’intérêt général. C’est à ce prix, qu’elles seront écoutées.

Le comité de rédaction

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