Le journal n°64 - Juillet 2006
PDF - 80.4 ko
Téléchargez le Journal n°64

Sommaire

- Bonnes Vacances !
- Bonnes Vacances !
- Faire appel à la solidarité est un droit !
- Ouvertures des associations pendant la période estivale
- En direct des associations
- L’association du mois : les Restos du cœur
- Congés payés : un anniversaire, mais pas pour tout le monde !
- En direct du Carrefour
- Hygiène alimentaire : Rappel des règles en matière de dates de consommation
- Conversation avec Sylviane, l’élue
- La pensée du mois
- Règles en matière de dates de consommation

Bonnes Vacances !

Comme nous le rappelle le réseau « Vacances familiales – combattre l’exclusion », tout le monde ne part pas en vacances. Pour autant que vous soyez bénévoles, salariés ou personnes bénéficiant de leur travail de solidarité, si vous le pouvez, ne rechignez pas à prendre quelques jours de repos. C’est du moins ce que nous espérons pour vous. Qu’ils vous permettent non seulement de reprendre des forces, mais surtout de renouveler votre regard sur les autres et sur le monde.

Bonnes Vacances !

Comme nous le rappelle le réseau « Vacances familiales – combattre l’exclusion », tout le monde ne part pas en vacances. Pour autant que vous soyez bénévoles, salariés ou personnes bénéficiant de leur travail de solidarité, si vous le pouvez, ne rechignez pas à prendre quelques jours de repos. C’est du moins ce que nous espérons pour vous. Qu’ils vous permettent non seulement de reprendre des forces, mais surtout de renouveler votre regard sur les autres et sur le monde.

A chacun sa méthode. Certains préfèrent oublier tout pendant un moment en pensant à autre chose ou en pratiquant d’autres activités. D’autres en profitent pour prendre quelque distance et revenir paisiblement sur ce qu’ils font ordinairement. Nous espérons que ce petit journal pourra y participer.

Mais la solidarité ne prend pas congé. C’est pourquoi vous trouverez aussi ici les permanences que chacun organise pendant ces mois d’été.

A bientôt

Faire appel à la solidarité est un droit !

A écouter certains d’entre nous, les gens pauvres se diviseraient en deux catégories. Il y aurait d’un côté ceux qui seraient les bons pauvres, dignes de la compassion des bénévoles et des associations et donc de leur aide. De l’autre côté, il y aurait ceux qui sont indignes de cette aide. Cela se dit rarement dans des termes aussi crus. Mais comme au Carrefour, on n’a pas l’habitude de mettre sa langue dans sa poche, autant aborder le problème de front. Cela résiste-t-il à l’analyse ?

Dans le temps, on parlait de « pauvres dignes » ce qui s’accompagnait d’un doute permanent sur la dignité de la personne ou de la famille qui demandait de l’aide. Car, chacun le sait ( ???), quand on est pauvre on a tendance à profiter de la solidarité des autres. On se couvre de dettes pour acheter n’importe quoi, en tout cas des choses non essentielles (télé, voitures, vêtements de luxe, etc). On détourne constamment les règles en allant d’une association à l’autre pour recevoir de l’aide. On se permet même, scandale suprême, de réclamer l’aide qui est apportée comme un dû !!!

Reconnaissons le. De façon explicite ou de façon implicite, c’est bien ce que pense un certain nombre de bénévoles voire de professionnels du social ou encore, un certain nombre d’élus. Ne dit-on pas, d’ailleurs, que le travail social consiste à « rendre leur dignité aux pauvres » ? Comme si la pauvreté rendait les gens « indignes » ! Cette façon de penser est largement répandue. Elle se construit sur la conviction que tout ce qui arrive à un individu serait essentiellement, voire uniquement, dépendant de ses propres actes et donc de sa propre volonté.

Chacun sent bien que cette position ne résiste ni à l’observation, ni à l’analyse. Elle est d’abord contraire aux principes qui nous régissent depuis que nos prédécesseurs ont décidé que nous serions régi par les lois de la république. « Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme… », rappellent les rédacteurs de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen dans son préambule. Est-il besoin de rappeler le premier article de notre charte commune fondamentale ? «  Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »

Tous les témoignages que nous recevons et que nous vous présentons ici montrent bien que les personnes qui vivent dans la pauvreté la ressentent d’abord comme une situation subie et non voulue par eux. Chacun, à sa mesure, tente d’y faire face, voire, dès que l’horizon se dégage un peu pour eux, de s’en sortir. Le reconnaître, c’est cela d’abord leur rendre leur dignité de citoyen.

Au fond, rejeter la responsabilité de la pauvreté sur ceux qui la subissent, n’est-ce pas une façon très habile de se dédouaner de notre responsabilité collective et donc de notre incapacité à construire une société où chacun pourrait vivre selon ses besoins ? Faut-il encore le rappeler ? Dans notre République des droits de l’homme, le recours à la solidarité est un droit qui répond à la dignité d’être citoyen. Seule la loi, donc la justice, peuvent déclarer l’indignité. Celle-ci ne peut donc être le fait du jugement personnel d’un autre citoyen.

Ouvertures des associations pendant la période estivale

Les associations qui assurent une distribution de l’aide alimentaire
- l’A.J.S. ferme du 31 juillet au 15 août inclus
- La Congrégation de l’Armée du salut ferme en août
- Emmaüs est fermé du 7 août au 2 septembre
- La Croix rouge est ouverte le mardi et le vendredi matin, le jeudi après midi
- Le Phare est ouvert en juillet et en août pour les personnes inscrites
- Les restos du Cœur sont ouverts en juillet et en août
- Saint Vincent de Paul ferme en août (sauf Saint Eloi)
- Le Secours Catholique ferme du 1er au 31 août
- Le Secours Populaire est ouvert en juillet et août
- Tabgha est ouvert en juillet et août

Les autres associations
- l’A.A.E : la boutique de l’insertion et le service adultes sont ouverts en juillet et en août. Concernant la domiciliation ouverture le matin
- la C.A.O. : pas de changement
- l’Estaminet est fermé du 31 juillet au 27 août
- L’AFEJI : pas de changement
- Le FLIU : ferme du 7 juillet au 31 août
- La Fondation Armée du Salut : ouvert en juillet et août
- La Ligue des Droits de l’Homme : permanences interrompues entre le 14 juillet et le 3 septembre, reprise le lundi 4 septembre
- Le PACT : le Service Accueil d’Urgence est ouvert en juillet et août
- Les Rues du monde : ouvert le samedi après-midi (jeux de société, de cartes, boissons…)
- Le Carrefour des solidarités ferme du 21 au 27 août.
- Médiane ferme du 28 juillet au 20 août

En direct des associations

Carnet de voyage : d’une A.G. à l’autre

Les mois de mai et de juin sont traditionnellement consacrés dans les associations à la tenue des Assemblées Générales statutaires. C’est ainsi que beaucoup d’associations membres du Carrefour ou partenaires parlent d’elles-mêmes à leurs propres membres et que les orientations du projet associatif sont renouvelées. Il nous est difficile ici de rendre compte de chacune d’elles. Ce serait trop long et parfois fastidieux pour le lecteur. Aussi nous vous proposons un carnet de voyage, forcément subjectif, tentant de glaner chez les uns et chez les autres ce qui peut nous intéresser tous.

SEDIRE, le 12 mai

Une entrée peu ordinaire : le chant d’une femme exprimant sa douleur et ses hésitations. Une assemblée peu nombreuse, mais convaincue et vouée à la cause des femmes victimes de violence. Plein de projets. L’association ne fait pas partie du Carrefour. Mais si elle le souhaitait, elle y aurait toute sa place.

Louise Michel, le 22 mai

Aucun membre de l’équipe d’animation du Carrefour n’a pu être présent à cette A.G. Des échos que nous avons pu avoir nous retirons que la principale préoccupation est la réouverture du centre d’accueil actuellement freinée par l’administration. Effet du manque de crédits du côté de l’Etat caché sous des raisons de conformité administrative ?

L’A.F.A.D., le 24 mai

Quoi de plus merveilleux qu’un service de proximité qui travaille quotidiennement avec les familles et qui facilite les coordinations nécessaires avec les autres services ! Nous vous avons rapporté dans notre précédent numéro ce travail social de base.

ACL Proxipol, le 1er juin

Association de quartier à l’origine, son action désormais s’étend sur l’ensemble de la commune de Saint Pol sur mer. On sent bien que les débats doivent être plus animés autour du café quotidien avec les usagers qu’en A.G., forcément plus formelle. Elle a un nouveau directeur dont l’exposé des activités et de leurs objectifs est particulièrement clair. Incompréhension sur la baisse des subventions municipales. On sent bien que les raisons techniques invoquées cachent d’autres points de vue. Il n’est pas normal que les personnes démunies et en difficulté fassent les frais de débats où ils n’ont pas grand-chose à voir.

La C.A.O., le 14 juin

Les demandes d’hébergement d’urgence ne baissent pas vraiment. Augmentation des demandes en contact direct (accueil dans les bureaux de la C.A.O.). Diminution des demandes par téléphone. Quand on est à la rue, la demande n’est pas seulement de trouver un toit, mais aussi (et surtout ?) de retrouver un contact humain chaleureux. La chaleur est difficilement communicative par le téléphone et se mesure difficilement à travers des statistiques. Parmi les nouvelles orientations : constitution d’un comité d’orientation où pourraient être présents des usagers de la C.A.O., conventionnement avec les différents partenaires, etc.

L’U.R.I.O.P.S.S., le 15 juin

Grosse machine (plus d’un millier d’adhérents) dominée par les associations gestionnaires d’établissements. Plein de questions et d’interpella-tions. Parmi celles-ci : que deviennent les projets associatifs quand les directives européennes et les orientations gouvernementales assimilent de gré ou de force les associations à des entreprises de service dans un marché concurrentiel ? Le service solidaire devient une marchandise. Comment résister ? Ou encore : la grosse machine régionale qu’est l’U.R.I.O.P.S.S. cherche à se décentraliser. On parle de délégués ou de représentants locaux. Décentrali-sation ou déconcentration ? Termes barbares pour poser la question : à qui va rendre compte de ses actions ce nouveau délégué ? A l’échelon régional dont il serait le délégué ou à l’échelon local dont il serait le représentant ou encore aux deux ?

A.A.E., le 16 juin

Tout va bien, sauf… les mêmes problèmes lourds qu’ailleurs : les incertitudes sur les financements de l’Etat, la décentralisation qui fait supporter de plus en plus les charges au département dont les finances ne sont pas extensibles, la remise en cause de la loi fondatrice du secteur de l’éducation spécialisée (mesures sécuritaires contre mesures éducatives), etc. Parmi les orientations : retravailler le projet associatif en s’appuyant sur les valeurs fondatrices de l’association.

Emmaüs, le 22 juin

« Servir premier le plus souffrant ». Le président, dans son rapport moral, évoque d’emblée, pour illustrer le Manifeste du mouvement, les conditions de vie des étrangers sur nos côtes, subissant l’exil, soumis à la traque des patrouilles policières et le choix d’Emmaüs et d’autres associations de leur apporter un minimum d’urgence (nourriture, douches, soins…)

Qui comprend quelque chose aux comptes ?

Point commun à toutes ces A.G., le moment fastidieux et le plus souvent incompréhensible des comptes. Formalisme à outrance où le trésorier de l’association qui, sans forcément le comprendre, lit un rapport qui lui a été écrit par un comptable. Les comptables parlent aux comptables et tout le monde en profite pour s’inquiéter, auprès de son voisin, des nouvelles de la petite dernière. Théoriquement, c’est un contrôle démocratique, c’est-à-dire par tous, de la bonne gestion de l’année précédente et de la santé financière de l’association pour affronter son avenir. Or le plan comptable tel qu’il est, ne permet pas, sauf pour quelques techniciens, de lire facilement la réponse à ces questions. Si nous voulons respecter l’obligation qui est faite à chaque association du contrôle démocratique de sa gestion, nous avons du travail de traduction à faire. Et si nous l’entreprenions ensemble ?

Pas facile de prendre la parole en public

Conduire une réunion de trente à cent personnes, capter leur attention, faire passer des messages essentiels, n’oublier personne, provoquer du débat, gérer les contradicteurs éventuels, respecter les règles de la démocratie : c’est le métier, parfois éprouvant souvent angoissant, d’un président ou d’une présidente, mais aussi du trésorier ou de la trésorière. Il y a les gentils qui tentent par leur humour et leur simplicité de mettre à l’aise tout le monde, mais qui en oublient parfois les questions. Il y a les sérieux avec lesquels il ne faut pas rigoler et finalement n’ouvrent aucun débat. Il y a les angoissés qui lisent scrupuleusement leurs papiers et qui n’intéressent que peu de monde. Il y a ceux qui veulent tout dire et qui endorment leur auditoire. Bref, chacun ou chacune a son style propre. Mais pourquoi donc la tenue d’une assemblée générale ne s’apprendrait-elle pas ou ne ferait-elle pas l’objet d’exercices permettant de s’améliorer ? A quand l’ouverture d’un atelier de travail sur la conduite d’une A.G. ?

Réaction

L’article intitulé « Ils sont fous ces autres, ou alors ils sont débiles » paru dans notre dernier numéro a fait réagir. Michel Hanschotte, délégué départemental du Secours Catholique, nous a fait part de ses objections. Merci à lui. Nous préférons de beaucoup que les désaccords, lorsqu’ils existent, se manifestent. Car nous n’avons aucune prétention à détenir « la » vérité.

Est-il utile d’employer des formules aussi directes qui, lorsqu’elles sont prises dans leur sens immédiat, sont blessantes aussi bien pour les personnes qui les emploient que pour les personnes qu’elles désignent ? A stigmatiser constamment les bénévoles, ne risque-t-on pas d’aller au détriment du bénévolat. Celui-ci part en effet d’un sentiment d’altruisme et de beaucoup de bonne volonté. Même si les bénévoles se permettent des propos semblables, il ne faut jamais oublier qu’ils sont chaque jour à la peine.

Un nouvel espace d’accueil réalisé par ses usagers

La fondation « Armée du salut » vient d’inaugurer les nouveaux locaux de l’accueil de jour.

Après plusieurs mois de travaux, l’accueil de jour « Au Cœur de l’Espoir » de la Fondation de l’Armée du Salut a été inauguré le 16 juin 2006 au 39 rue de la Verrerie à Dunkerque.

Les travaux ont été principalement réalisés dans le cadre d’un chantier école impliquant 9 personnes fréquentant l’Accueil de jour. Ces dernières ont bénéficié d’un contrat de travail de 6 mois. Les locaux ont ainsi été réhabilités en concertation avec les usagers qui disposent désormais d’espaces plus fonctionnels.

Afin de rendre cette structure plus agréable et conviviale, l’équipe associe les personnes accueillies par le biais d’instances d’expression et de propositions. Un comité d’usagers se réunit mensuellement pour s’exprimer sur le fonctionnement de l’établissement et faire des propositions d’amélioration. Ils s’expriment notamment sur l’organisation de l’établissement, de ses évolutions afin de favoriser l’échange, le partage, l’écoute et le mieux être de chacun.

D’autre part, l’équipe associe les jeunes fréquentant la structure à l’aménagement et à la décoration de l’accueil de Jour par le biais du groupe décoration. Les usagers voteront pour un ou plusieurs projet(s) proposés par le groupe (projets divers : de l’art classique à l’art de rue) qu’ils souhaitent voir à l’Accueil de Jour. Cette démarche participative et responsabilisante permet de créer un lieu qui correspond aux attentes collectives des personnes accueillies. De surcroît, elle agit comme un espace de (re)formation à la citoyenneté.

L’association du mois : les Restos du cœur

Coluche, l’enfoiré, tout le monde connaît, même vingt ans après sa triste disparition. Les Restos du cœur pareil. Ca devait durer quelques années. Résultat, ils viennent de fêter leur vingtième anniversaire. Pourquoi en parler alors ? Ils sont assez grands pour faire parler d’eux tout seul. Sauf que, la plupart du temps, on ne sait pas grand-chose de toutes leurs activités, de leur vie associative, des actions qu’ils mènent. Alors nous nous sommes dits que, faisant partie du réseau du Carrefour des solidarités, c’est sans doute intéressant pour les autres associations de faire mieux connaissance.

Un régiment d’enfoirés

Jean-François Kelma, le président, et Roger Puget, nous reçoivent dans les translokos situés au fond de l’entrepôt de la rue de la Verrerie. L’ordinateur portable est encore ouvert. Efficacité ! Efficacité ! « La ‘philosophie’ n’a pas beaucoup d’intérêt quand on doit faire face à tout instant aux problèmes des gens », nous dit d’entrée de jeu Jean-François. Nous, on veut bien.

Près de 800 000 repas distribués, plus de 10 000 bénéficiaires, 27 centres de distribution ouverts en hiver, 17 le reste du temps, 5 restos bébés, un Estaminet du cœur, 4200 familles vues au moins une fois, 409 bébés accueillis avec leur maman, 400 bénévoles, une gestion des stocks complexe et minutieuse – « on doit rendre des comptes à notre échelon national, mais aussi nous sommes susceptibles d’être contrôlés au pack de lait près par l’Union européenne » - « mais les Restos du cœur, ce n’est pas que de la distribution de repas ». Stop ! Nous reprenons notre souffle et nous commençons à poser quelques questions. Mais qui êtes-vous ? Sur quels territoires intervenez-vous ? Comment êtes-vous organisés ? Comment devient-on bénévole des Restos ? Un bénévole se forme-t-il ? De quoi vivez-vous ? Quels sont vos problèmes actuellement ? Etc.

« Nous sommes ici une association départementale » nous expliquent alors tour à tour Jean-François et Roger. « Il y en a 113 comme nous en France. Nous couvrons, pour ce qui nous concerne, le territoire littoral de Bray Dunes à Calais. Association selon la loi 1901, nous renouvelons chaque année nos engagements vis-à-vis de l’association nationale qui en retour, après contrôle, nous octroie son label. Cela veut dire que nous nous engageons à suivre les règles communes (cf la charte des bénévoles, par exemple), les critères d’accès à l’aide, l’indépendance complète à l’égard du politique et du religieux, la totale transparence de nos actions et de nos comptes, etc. De son côté, l’échelon national, sur nos indications, nous envoient l’essentiel de ce que nous distribuons, auquel il faut ajouter le fruit de nos collectes locales. » Chacun des 27 centres de distribution du littoral est constitué d’un(e) chef de centre et d’une équipe qui organisent localement le calendrier d’ouverture.

Mais, ne retenir des restos du cœur que la distribution de repas serait une véritable erreur. « Le niveau national nous incite vivement à avoir des projets d’accueil et d’aide à la personne. C’est ainsi que non seulement nous avons désormais dans chacun de nos centres de distribution un coin café, mais nous nous efforçons de former les bénévoles à faire un véritable accueil, à guider et à conseiller les personnes accueillies. » « Et puis, nous développons d’autres actions en fonction des intérêts et des compétences de l’équipe de tel ou tel centre : invitation au cinéma (4 séances par mois) à Calais, un salon de coiffure à Saint Pol sur mer, des coins bibliothèque, etc. Il y a même à Hazebrouck un atelier informatique. Nous avons ouvert depuis la mi-avril, les jardons d’insertion à Leffrinckoucke, près du Lycée Horticole, où nous avons embauché près de 10 personnes en insertion. L’important n’est pas la production de ces jardins que nous redistribuons dans nos centres, mais plutôt le cheminement de ces personnes vers un retour à l’emploi. »

« En ce qui concerne les bénévoles, la médiatisation des Restos du cœur a fait que nous ne manquons pas trop de volontaires. Nous sommes cependant en relation avec France Bénévolat. Mais ils doivent se conformer à la charte qui leur est donné. Et notre problème est plutôt d’ajuster les compétences que chaque volontaire présente aux besoins de l’association. Et on n’a pas toujours les compétences recherchées. Cela dit, chaque bénévole peut profiter des formations qu’organise notre réseau national. Mais ça nous arrive de dire non à un demandeur de bénévolat. »

Quant à la parole des bénéficiaires ? « Ce n’est pas pour nous, dans l’immédiat, une priorité. »

A bien y regarder au fond, de l’efficacité dans l’action, mais aussi pas mal de philosophie qui ne dit pas son nom. Que pouvait-on attendre de plus de cette « bande d’enfoirés » ?

Les Restos du Cœur

39 rue de la Verrerie
59140 DUNKERQUE
tel / fax : 03 28 69 69 88
e.mail : 59c1p1restosducoeur@wanadoo.fr

Les centres de distribution des « Restos » sur le dunkerquois :

- Leffrinckoucke
- Téteghem
- Dunkerque – les glacis
- Dunkerque – la Tente verte
- Dunkerque – le Jeun de mail
- Dunkerque – le Pont Loby
- Saint Pol sur mer
- Coudekerque-Branche – Fontaine
- Coudekerque-Branche – Musée
- Grande Synthe
- Bourbourg
- Gravelines
- Grand Fort Philippe
- Hazebrouck
- Hoymille
- Wattent
- Wormhout

Pour s’y reconnaître dans les chiffres :
Les interventions se répartissent en :
- 1/3 sur le département du Pas de Calais
- 2/3 sur le département du Nord
Ainsi, ce sont près de 7000 personnes qui bénéficient des Restos du coeur sur le territoire du département du nord.

La Charte des bénévoles

Respect et solidarité envers toutes les personnes démunies
Bénévolat, sans aucun profit direct ou indirect
Engagement sur une responsabilité acceptée
Convivialité, esprit d’équipe, rigueur dans l’action
Indépendance complète à l’égard du politique et du religieux
Adhésion aux directives nationales et départementales

Les Restos du Cœur interdisent et s’interdisent toute quête sur la voie publique. Aucune manifestation ne peut être organisée à leur bénéfice sans leur accord préalable.

Congés payés : un anniversaire, mais pas pour tout le monde !

En 1936, sous l’égide de la coalition de gauche de l’époque, les deux premières semaines de congés payés sont instaurées. 70 ans plus tard, force est de constater que pour bon nombre de personnes et de familles, les congés demeurent une revendication. C’est ce que nous rappelle le Réseau Vacances Familiales – Combattre l’exclusion auquel participent plusieurs associations membres du Carrefour des solidarités.

70 ans après leur instauration, 40 % de la population ne part pas en vacances pour des raisons financières, sociales ou culturelles. Si la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions (1998) a reconnu le droit aux vacances comme un droit fondamental pour chaque personne et un élément essentiel d’intégration et de cohésion sociale, la question de l’accès aux vacances pour tous demeure entière.

10 millions de français ne sont encore jamais partis en vacances. Solidement ancré dans la plupart des familles, cet acquis social favorisant l’accès aux sports, aux loisirs et à la culture, marginalise encore davantage ceux qui en sont écartés. Triste constat que celui qui dépeint un nombre grandissant de « travailleurs pauvres » qui ne peuvent se payer des « vacances comme tout le monde » ou encore de jeunes vivant de « petits boulots » pour lesquels le terme de « vacances » n’est qu’un mirage.

Pour les plus défavorisés, vaincre la peur de l’inconnu, le regard des autres ou encore le sentiment de « ne pas y avoir droit » sont des freins encore trop importants à surmonter pour passer à l’acte et réussir à faire une valise réunissant tout le nécessaire convenable. La méconnaissance des dispositifs d’aide au départ en vacances, le manque de moyens financiers, ou encore la peur de laisser leur lieu d’habitation désert, pour la première fois, durant plusieurs jours empêchent aussi la concrétisation du projet « vacances ». C’est pour faire face à toutes ces questions que travaillent les associations réunies dans le réseau Vacances familiales – combattre l’exclusion.

Extrait d’un communiqué de presse du réseau « Vacances familiales- combattre l’exclusion »

Le réseau « Vacances familiales – combattre l’exclusion » compte 11 partenaires :
- ATD Quart Monde
- L.U.G.O.V.A.
- La fédération des centres sociaux
- Relaisoleil
- Les restaurants du cœur
- Le Secours Catholique
- Le Secours Populaire Français
- UNCOVAC – le droit aux vacances
- UNAF
- Vacances et Familles
- Vacances ouvertes

Contacts : secrétariat du réseau (SC ATD Quart Monde) tél : 01 42 46 81 95

En direct du Carrefour

Plusieurs réunions de travail importantes et autres ateliers se sont tenus au cours du mois de juin. Au menu : surendettement, paroles des pauvres, prospectives en matière d’aide alimentaire, projet de site, évaluation de nos propositions de formation. Nous avons aussi participé aux réunions concernant la stratégie à mettre en œuvre pour participer à l’arrêt des coupures de compteur pour raisons sociales et à une formation destinée aux bénévoles et professionnels de Saint Pol sur mer sur les problèmes de l’eau.

De même, des contacts riches et prometteurs ont été établis avec la Direction territoriale du Département. Le C.C.A.S. de Bray Dunes a officiellement adhéré au Carrefour.

Enfin, l’établissement dans de nouveaux locaux semble avancer.

De tout cela, nous vous reparlerons à vos retours de congé.

Hygiène alimentaire : Rappel des règles en matière de dates de consommation

Nous pouvons vouloir tordre la réalité pour la faire correspondre à nos désirs ou à nos possibilités, celle-ci résiste toujours. En matière d’aide alimentaire il se dit actuellement tout et son contraire. Il est de notre devoir collectif de rappeler les règles d’hygiène alimentaire telles qu’elles sont officiellement codifiées par les autorités sanitaires et contrôlées par elles.

Les règles

(voir à la fin du journal)

Dès qu’une association reçoit un produit, elle en est légalement responsable.

N.B. : Ces règles ont été rappelées par le Carrefour des solidarités, dès novembre 2000, suite à une formation à « l’hygiène alimentaire de base » organisée avec l’intervention de l’Institut Pasteur de Lille. La notice qui avait été éditée à cette époque est toujours disponible dans les locaux du Carrefour des solidarités.

La plupart des personnes qui reçoivent ces produits connaissent les règles qui viennent d’être rappelées. Les travailleurs sociaux témoignent d’ailleurs que, rentrées chez elles, elles opèrent le tri des produits reçus et jettent les produits dont la date de consommation est dépassée. Sans doute les associations auraient-elles avantage non seulement à être strictes vis-à-vis des produits qu’elles distribuent, mais aussi à attirer l’attention des personnes qui bénéficient de leur aide sur la différence à faire entre Date limite de consommation (DLC) et Date Limite d’utilisation optimale (DLUO).

Conversation avec Sylviane, l’élue

Avec l’arrivée des C.C.A.S. au sein du Carrefour des solidarités, le réseau associatif que nous sommes à l’origine peut découvrir de l’intérieur ce qu’est le travail municipal de tous les jours. Sylviane, élue d’une commune de près de 5000 habitants nous en offre la possibilité.

Papa docker, mort de l’amiante. Frère, syndicaliste. « Il voulait sauver tout le monde ». Papa et maman menant des vies associatives multiples. « Bref, conclut Sylviane, on a toujours appris à se battre. Alors, quand le futur maire de la commune est venu me trouver pour donner un coup de main dans le domaine sociale à la future municipalité, j’ai donné mon accord. Mes enfants sont grands maintenant. L’aînée est mariée. J’avais donc un peu plus de temps. Enfin, façon de parler. Je travaille à plein temps. Cela veut dire qu’avant 18 heures, je ne suis pas disponible ou alors il faudrait que je pose congé. J’y regarde à deux fois.
Je ne suis pas adjointe au Maire. Je suis conseillère déléguée à l’emploi et aux affaires sociales. Je siège en plus dans la commission qui traite des questions des jeunes et celle des fêtes. Mis bout à bout, cela demande du temps et de l’énergie. Une réunion, si on veut servir à quelque chose dans les avis que nous donnons, ça demande à être préparée, à lire les dossiers qui sont à l’ordre du jour et à y réfléchir. Je ne sais pas comment ça se passe dans les autres communes. En particulier dans les plus grosses, en terme d’habitants, ça doit être un peu différent. Nous, on se réunit tous les mois pour décider des personnes qui pourront bénéficier de tel ou tel bons, alimentaires, pour le chauffage, ou autres. Ce n’est pas facile. On a bien des critères définis. Le cas de chaque personne fait l’objet d’un dossier construit par un ou une professionnelle. Mais comment décider que telle personne a vraiment besoin de ce bon et telle autre n’en a pas vraiment besoin. D’autant plus que, selon la règle, les dossiers sont toujours anonymes. On sait bien que certaines personnes qui en auraient vraiment besoin ne font même pas la démarche pour le demander. Mais on ne peut pas aller à la porte des gens pour leur dire de venir faire leur demande parce qu’ils ont besoin d’une aide. Alors on en parle dans le bulletin municipal. Mais on sait bien que ce n’est pas très efficace. C’est certain que là, les associations sont irremplaçables même si elles aussi laissent n’arrivent pas à tout englober.
A part ça, on travaille aussi sur la façon de recevoir les gens. On prend aussi des initiatives collectives comme celle du sapin de Noël. On a emmené une trentaine de personnes à Euro Disney. On n’en a pas parlé dans la presse, parce que ça ne sert pas les gens de les stigmatiser. Mais, ça a été pour eux une réussite. On cherche d’ailleurs d’autres points de chute que celle des multinationales du loisir.

Pour m’équilibrer, je garde quelques jardins secrets : le yoga, la marche, le vélo et, depuis peu, l’aqua gym. Et puis, les vacances avec mon mari, sont de vrais moments de ressourcement. On aime voyager loin… le Canada, la Chine, les Etats-Unis. »

Vers la fin de notre conversation le portable a sonné. « C’est l’un de mes enfants. Même grands, ils ont encore besoin de leur maman. »

La pensée du mois

- Il n’y a rien de plus beau qu’un arbre, disait mon grand-père. Regardez les qui travaillent.
- Que font ils, grand-père ?
- Ils rattachent la terre au ciel. C’est très difficile. Le ciel est si léger qu’il est toujours sur le point de prendre la fuite. S’il n’y avait pas d’arbres, le ciel nous dirait adieu. Alors il ne nous resterait plus qu’à mourir. Dieu nous en garde !

Pierre-Jakez Hélias. Le cheval d’orgueil.

Règles en matière de dates de consommation

La DLC Date Limite de Consommation (=à consommer jusqu’à …) La DLUO Date Limite d’Utilisation Optimale (=à ne pas consommer de préférence après ….)
Quels produits ? Le lait, les yaourts, les produits frais, les œufs, etc. Les produits secs (semoule, riz, pâtes, etc.), biscuits secs, farine, sucre, épices, boissons que l’on peut conserver à température ambiante sauf le lait, surgelés.
Quelle réglementation ? Ces produits ne doivent plus être distribués une fois la date dépassée. Ces produits ne doivent plus être distribués une fois la date dépassée.
Position des services de contrôle Interdiction strictement suivie Une tolérance est pratiquée quand l’association s’est doté d’un moyen strict de contrôle par le biais d’une gestion des stocks rigoureuse.
Quels risques en cas de dépassement ? Risque pour la santé La qualité, l’aspect et le goût du produit se détériorent.
Quelle attitude adopter ? Bien connaître les dates limites de consommation des produits qu’on a en stock. Les garder de préférence au frigo. Jeter les produits lorsque la date est dépassée. • soit ne pas dépasser la date
• soit faire acter par le C.A. l’engagement de l’association à ne pas distribuer de produits au-delà de telle date après la date limite. 3 mois maximum sont recommandés.

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com