Le journal n°63 - Juin 2006
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Sommaire

- Ils sont fous, ces autres ! ou alors, ils sont débiles !
- Se former avec le Carrefour
- En direct des associations
- IMMIGRATION : « leurs droits sont nos droits »
- En direct du Carrefour : Le programme de travail du Carrefour vu par le C.A.
- La pensée du mois

Ils sont fous, ces autres ! ou alors, ils sont débiles !

Quand on est dans une association caritative ou humanitaire, voire même dans une institution sociale, on rencontre plein de gens dont les comportements sont pour le moins étonnants. Le premier réflexe est de juger négativement, pèle mêle, comportements et personnes, voire de les considérer comme des enfants qu’il faut rééduquer. Et si c’était nous qu’il fallait former !

« Les familles que nous aidons ne savent pas gérer leur budget ! » « Mais comment, avec les maigres ressources qu’ils ont, peuvent-ils s’endetter autant ? » « Venir chercher son colis alimentaire en voiture ! En ont-ils vraiment besoin ? » « Ils sont pauvres. Ce n’est pas de leur faute. » « Ils n’ont jamais vécu la galère. Comment peuvent-ils comprendre ? » « Ces fonctionnaires, derrière leur bureau, ils vous jugent ! » On pourrait rallonger à l’infini ces exemples de jugement à l’emporte pièce que chacun de nous profère à tout instant.

A bien y réfléchir, il n’y a là rien d’anormal. Pour vivre sereinement, nous avons tous besoin d’avoir un environnement de valeurs stables et sécurisantes. Certains appellent ça des convictions. D’autres préfèrent parler d’évidences. D’autres encore, plus savants en apparence, évoquent des représentations culturelles.

Il n’en reste pas moins que juger le monde qui vous entoure et les personnes qui le composent d’après ces seuls critères nous amènent à apprécier ceux qui n’ont pas les mêmes valeurs ou les mêmes règles de comportement comme des fous, des débiles ou, au mieux, comme des enfants dont il va falloir entreprendre l’éducation, voire la rééducation.

Aimé Césaire rappelait récemment, parlant de la mémoire de l’esclavage, que, pour Victor Hugo, « c’était le blanc qui avait fait du noir un homme et qu’au 20° siècle, ce serait l’Europe qui ferait de l’Afrique un monde. » Il ajoutait que ce complexe de supériorité de l’homme blanc portait en lui-même les germes de tous les comportements humainement indignes de l’esclavage à la colonisation, voire à « l’immigration choisie ».

Comment s’en sortir ? S’interdire de juger ? Sans doute pas. Ce serait parfois accepter ce qui n’est pas humainement acceptable. Se former à découvrir d’autres logiques de comportement que les siens ? Peut-être. C’est ce qu’avaient réussi à faire certaines séances de l’ancienne commission « femmes, familles ». Et si nous reprenions ce travail ? Qu’en pensez-vous ?

En revanche, que ces jugements soient explicites ou implicites et silencieux, ils entraînent chez ceux qui en sont les objets de la honte. Ce sentiment procure de la douleur et souvent de l’impuissance pour faire face à la situation difficile dans laquelle on se trouve. L’accueil bienveillant n’est souvent pas suffisant pour aider la personne qui éprouve cette honte. Se former n’est-il pas nécessaire à nouveau ? Nous travaillons actuellement avec quelques uns à vous faire des propositions dans ce sens.

Se former avec le Carrefour

Chaque année le Carrefour des solidarités organise une série d’ateliers de formation destinée à tous les membres des associations et institutions qui le composent. Ces ateliers sont destinés aux bénévoles comme aux professionnels, aux dirigeants comme aux simples membres. C’est l’une des vocations fortes du Carrefour. Pour nous il s’agit d’un droit comme d’un devoir de chacun, même si ce n’est pas toujours évident. Autant y réfléchir. Nous joignons à cette occasion le détail des propositions 2006.

Formation ou recherche collective ?

Nous introduisons depuis quelque temps dans les programmes de formation une distinction nette entre ce que nous appelons des « ateliers » et ce qu’on continue à appeler des « formations ». Les « ateliers » sont des lieux de recherche collective où chacun apporte son expérience, ses savoirs, ses questions. Lorsque les ressources internes à l’atelier ne sont pas suffisantes pour répondre à telle ou telle question, il est fait appel à des compétences extérieures qui interviennent alors de façon momentanée. C’est ainsi le groupe qui organise lui-même son cheminement. Les « formations » sont plus classiquement des lieux où quelqu’un qui sait propose à ceux qui assistent ce savoir. Il a semblé au comité de rédaction du journal que cette distinction avait lieu d’être précisée parce qu’elle était source de richesse.

La formation des bénévoles, un droit ou un devoir ?

D’un côté des bénévoles, taillables et corvéables à merci, auxquels on oublie de transmettre les possibilités de formation, alors qu’ils souhaiteraient pouvoir en bénéficier, de l’autre des bénévoles qui, dit-on, n’estiment pas avoir besoin de se former. Où est la vérité ?

L’une des vocations du Carrefour des solidarités est de proposer aux membres des associations et institutions qui la composent un ensemble de formations. Le plus souvent, ça marche. Les formations proposées rassemblent la plupart du temps des gens motivés et en nombre. Parfois, comme dans le cas de la formation sur le surendettement, on est obligé de doubler, voire de tripler les séances. Mais, quelquefois, il n’y a pas assez de demandeurs. On est alors obligé de retarder la formation proposée, ou encore de la supprimer purement et simplement.

Du coup, on s’interroge. L’offre serait-elle inadaptée ? Pourtant, ces offres sont validées par le conseil d’administration qui représente tous les membres du Carrefour. Alors ? On enquête discrètement. Et le résultat vaut le détour.

La formation est un droit

Ne revenons pas sur le droit à la formation des salariés. Il est inscrit dans la loi depuis une vingtaine d’années. Les associations et institutions qui emploient un certain nombre de salariés ont obligation d’inscrire chaque année un budget. Le Carrefour n’entend d’ailleurs pas sur ce terrain entrer en concurrence avec les entreprises de formation continue dans lesquelles les salariés et leurs entreprises trouvent sans doute ce qu’ils recherchent. Nous pouvons juste proposer des formations où puissent se croiser dans leurs différences salariés et bénévoles. C’est ce que nous faisons.

En revanche, la formation des bénévoles n’est pas inscrite dans le marbre. Certaines associations l’intègrent dans le contrat de bénévolat qu’elles passent avec chaque nouvelle personne dans les premiers mois de son adhésion. Parmi elles, parce qu’elles sont inscrites dans un réseau national, certaines proposent des formations de ce réseau.

Mais, bon nombre d’associations n’ont pas encore éprouvé le besoin d’élaborer ce contrat. Elles oublient ainsi que, pour le bénévole comme pour l’association, la formation est un échange où chacun est susceptible de se retrouver gagnant. L’association voit la pertinence de l’intervention du bénévole s’améliorer et donc la qualité de son projet associatif se développer. Le bénévole voit sa compétence grandir et l’efficacité de son intervention s’améliorer au bénéfice des personnes qu’elles ont souhaité aider, voire d’être de plus en plus à l’aise dans son association.

Beaucoup de bénévoles ont parfaitement compris ce qu’ils pouvaient tirer des formations, pour eux comme pour le travail qu’ils réalisent. Comment comprendre alors que, dans certaines associations, les bénévoles ne soient même pas informés des possibilités de formation qui leur sont proposées ?

La formation est un devoir

L’explication la plus souvent invoquée par les dirigeants des associations, c’est que les bénévoles n’ont pas un temps extensible. Ils sont d’accord pour en donner un peu à l’action de l’association. Mais pas au-delà.

Reconnaissons qu’il n’est pas toujours facile de prime abord pour une personne bénévole de percevoir l’utilité et l’intérêt de compléter sa formation. Mais pourquoi certaines associations réussissent-elles à le faire en demandant à tout nouvel adhérent de suivre un parcours de découverte et d’essai dans les différents rouages de l’action associative ? N’est-ce pas d’ailleurs une forme non formalisée de contrat associatif et, en même temps, une forme facilement compréhensible de formation ?

Au fond, n’y a-t-il pas confusion dans les termes. Ce que refusent les bénévoles des associations, ce n’est pas le devoir de formation pour développer la pertinence de leur action sociale et caritative. C’est de retourner sur les bancs de l’école où des adultes n’ont plus rien à faire. N’est-ce pas ?

Les propositions de formation du Carrefour des solidarités

Les ateliers « échanges et découvertes »

Les ateliers sur le surendettement : de juin à décembre

Ils ont commencé en 2005. Trois nouvelles étapes seront parcourues en 2006.
- comment rédiger et suivre un dossier de surendettement ?
- qui sont les surendettés ?
- comment prévenir la multiplication des crédits à la consommation ?

Les ateliers sur la galère des jeunes : de juin à décembre

Nous commençons ces ateliers par les trois premières étapes classiques :
- quelles expériences avons-nous de cette galère ?
- quel est l’état des lieux dans l’agglomération dunkerquoise ?
- quelles questions voulons-nous approfondir ?

Les ateliers « échanges et partages »

Les groupes de parole autour du vécu du bénévole : toute l’année, tous les 2 mois

La formule fonctionne depuis plusieurs années. Elle permet à chacun d’exprimer en toute liberté et en toute discrétion les problèmes qu’il rencontre. Les échanges sont régulés par une animatrice extérieure à l’association.

Les ateliers « découvertes d’autres cultures » : en préparation

Les ateliers « politiques locales de prévention des coupures » : en préparation

Les formations « à la demande »

Accueil et écoute : Faute de monde, elle est remise au second semestre

Conduite de réunion : elle s’est déroulée au mois de mars.

Régulation non violente des conflits : prévue en mai-juin

La demande d’asile et les demandeurs d’asile : prévue en juin prochain, elle pourrait être décalée au second semestre en fonction de la demande.

Monter un projet : prévue en novembre

Initiation à la gestion financière d’une association : non encore programmée

Initiation à l’utilisation de l’informatique : non encore programmée

Le comité de pilotage des formations

Il travaillera en 2006 à la mise en place d’un processus d’évaluation participative des formations.

Note du comité de rédaction :

L’utilisation du terme de « contrat associatif » qui serait à passer entre chaque bénévole et son association a donné lieu à un débat animé au sein du comité de rédaction. Pour les uns le seul contrat possible est l’adhésion aux statuts et au règlement intérieur de l’association. Pour d’autres, certaines obligations contenues soit dans les statuts soit dans le règlement intérieur sont tellement vieilles qu’on n’ose même plus en exiger l’application. Et comme pour beaucoup, statuts et règlement intérieur ne dépendent pas de l’échelle locale, mieux vaut ne pas parler de contrat. Certains, en revanche, estimaient absolument nécessaire qu’il y ait, entre le bénévole ou le membre d’une association et sa propre association des termes explicites d’engagements réciproques. On reprendra le débat dans un prochain numéro.

En direct des associations

L’aide aux familles : l’efficacité de la collaboration

L’A.F.A.D. de Dunkerque (Aide familiale à domicile) tenait son assemblée générale. Parmi tous les sujets abordés, celui de l’efficacité de la collaboration inter institutionnelle, voire inter associative, a été mise en valeur. Témoignage. Officiellement inventé, mais sans doute très proche de la réalité.

Une situation presque … banale

Madame M est âgée de 48 ans. Elle est veuve. Son mari est décédé d’un cancer, il y a quelques années. Elle vit aujourd’hui avec ses deux enfants : Marie, âgée de 19 ans et Julie, âgée de 11 ans. Longuement suivie pour un cancer, elle est aujourd’hui en phase de rémission. Mais elle subit les séquelles physiques et psychologiques. La famille n’a pas fait le deuil du père.

Il y a 8 ans, l’AFAD avait accompagné cette famille. Elle est intervenue au titre de « maladie de la mère » et, au terme des 200 heures d’intervention, elle avait interpellé le travailleur social de l’UTPAS pour un relais dans le cadre de l’Aide sociale à l’enfance. Au terme du bilan d’évaluation et en accord avec la famille, nous avons quitté le foyer.

Il y a quelques mois, l’assistante sociale de l’UTPAS nous interpelle et nous demande d’intervenir pour « établir une meilleure relation entre la mère et son enfant de 11ans ». L’AFAD obtient alors un accord du Département dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance pour intervenir une fois par semaine : le mercredi après-midi, « pour la petite ».

Découverte et diagnostic partagé

Dès les premiers contacts, la TISF (travailleuse familiale) remarque que la petite dernière est en forte demande d’attention et d’affection. Elle est aussi face à une maman qui a perdu ses repères parentaux et qui est en conflit avec sa fille aînée. Elle constate donc qu’elle ne pourra pas s’appuyer sur les capacités ou les potentialités d’aucun des membres de la famille.

Après quelques mercredis et en accord avec la maman, un rendez-vous est pris avec le travailleur social de l’UTPAS. Chacun apportant son point de vue, le diagnostic est le suivant :

- difficultés à faire des activités avec les enfants et la maman,
- problèmes financiers,
- les enfants n’ont pas de vêtements adaptés à leur âge,
- les courses alimentaires ne sont pas faites,
- l’aînée se déplace toujours à pied et ne peut s’acheter une carte de transport,
- la mère et la fille aînée sont continuellement en conflit et les disputes sont récurrentes,
- la mère observe qu’avec la plus jeune, il n’y a pas de conflit.

Le diagnostic partagé aboutit à une décision d’intensification du rythme de la prise en charge. De nouveaux axes concertés ont été retenus pour réorienter le projet d’intervention et proposer de nouveaux acteurs.

Tout le monde s’y met

Pour résoudre les problèmes relationnels, il lui apparaît nécessaire d’entamer un suivi psychologique. Une rencontre avec une infirmière du Centre médico-psychologique adulte est proposée à la maman.

Pour réorganiser la gestion administrative et financière, il faut travailler sur le budget avec la famille. Elle cite : des dettes se sont accumulées, les ressources se résument à l’allocation pour adultes handicapés. Une conseillère en économie sociale et familiale de l’UTPAS est sollicitée pour préparer un dossier de surendettement. Parallèlement un « cahier de dépenses à faire quotidiennement » est mis en place.

Pour rétablir le rôle parental, la TISF souhaite responsabiliser la maman. Au début de sa maladie, l’aînée avait dix ans et la cadette, trois mois. C’était le père qui avait pris le relais et pris en charge l’ensemble des tâches et des besoins familiaux : repas, courses, entretien du linge, de la maison, éducation des enfants. Depuis la mort de ce dernier, « ce sont les enfants qui se privent pour que la maman soit bien… »

Pour obtenir la confiance de tous les membres de la cellule familiale, préalable à toute intervention, la TISF utilise de vieux adages : « ventre affamé n’a pas d’o-reille », « donner pour recevoir ». L’action commence donc par une rencontre avec le CCAS et des démarches auprès des associations caritatives et des épiceries solidaires. Il s’agit de remplir le frigidaire, chercher des aides financières pour atténuer le découvert bancaire et rembourser certaines créances urgentes. Ainsi « la famille s’est sentie sécurisée par la prise en charge et nous avons pu commencer à travailler. »

La relation de confiance établie par la travailleuse familiale facilite l’entrée en scène d’autres acteurs sociaux. La famille accepte l’intervention et les conseils de la conseillère en économie sociale et familiale, se préparant ainsi à une autonomie relative. Depuis plusieurs semaines, elle a préparé et incité la maman à se rendre au centre médico-psychologique. Elle a obtenu qu’elle prenne un rendez-vous.

Elle rétablit progressivement le dialogue avec chaque membre de la famille et entre ses membres, par une prise de conscience des âges des enfants afin de les repositionner dans une hiérarchie des rôles familiaux. Les conséquences en sont devenues observables : « elles crient moins entre elles, elles se parlent davantage et elles-mêmes me le disent… »

Enfin, pour faire sortir la maman de son isolement, elle l’a accompagné chaque semaine à un atelier cuisine au siège de l’association. Aujourd’hui, elle s’y rend seule.

A terme, nous pourrons quitter la famille. Avant de partir notre rôle sera de veiller à ce que cette famille soit en pleine capacité d’autonomie, mise hors de danger d’exclusion et d’isolement.

(TISF = travailleuse d’intervention sociale et familiale)

IMMIGRATION : « leurs droits sont nos droits »

Nous vous invitions le mois dernier à venir nombreux au forum, organisé par Emmaüs, dans le cadre de ses portes ouvertes, où devait s’organiser un débat autour de l’immigration. Nous avons demandé à la Ligue des droits de l’homme, présente activement à ce forum et qui fait partie de notre collectif « migrants » de rendre compte de ce forum. Pierre Mulliez qui y représentait le bureau du Carrefour ajoute quelques notes.

Saluons tout d’abord l’initiative courageuse d’Emmaüs qui non seulement, début mai, a ouvert ses portes dans le souci de venir en aide aux exclus de notre société, mais a mis à profit l’affluence de visiteurs pour organiser un débat sur les migrants.

La représentante de l’association Salam, qui œuvre à Calais pour venir en aide quotidiennement aux réfugiés qui croient en un avenir plus souriant de l’autre côté de la Manche, a très bien décrit les tracas, la misère indicible de ces chercheurs d’eldorado coincés entre la rapacité des passeurs et les interventions sans ménagement des forces de police. Une situation post-Sangatte qui se vit aussi maintenant tout près de chez nous à Loon-Plage et ailleurs où des êtres humains, des familles parfois avec enfants, connaissent des conditions de survie absolument désastreuses et un avenir toujours plus incertain.

Et ne voilà-t-il pas qu’une loi, une de plus, s’en vient renforcer la forteresse, loin d’être menacée d’invasion comme le prétendent des bateleurs d’estrade en quête de futurs suffrages, eux qui croient régler sans réel débat la question migratoire par des reconduites à la frontière.. !

Dans ces conditions, pouvait-on dès lors être totalement en harmonie avec Eric Pélisson, sous- préfet délégué à l’action régionale de la Haute Autorité des Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE) – il avait eu le mérite de venir ! – qui trouvait quelques vertus à une politique conduite au plus haut niveau nimbée « d’humanisme », quand bien même quelques exactions et violences minoritaires des forces de l’ordre seraient condamnables (mais personne ne leur donne l’ordre de les commettre, affirme-t-il) ? Pouvait-on partager l’avis du sociologue de service, estimant que l’action associative peut avoir des aspects négatifs puisqu’elle « contribue à faire perdurer une situation dommageable aux migrants », ajoutant qu’en fait il n’y aurait pas de solution… ?

Mais si, mais si ! Il n’y a pas de fatalité ! Imaginons un instant que l’on s’ingénie tout simplement à respecter l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme inscrite dans notre constitution : « toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. »

La Ligue des droits de l’homme

Débat de très bonne qualité. Intervenants compétents, précis, calmes. Interventions de la salle fermes, contestataires, mais toujours dans un ton permettant l’échange.

Il y a une complémentarité nécessaire à trouver entre les associations qui, par leur aide matérielle, répondent aux besoins urgents des personnes (se nourrir, se laver, avoir chaud, se soigner, etc.) et les associations qui se préoccupent des droits des personnes. Devant les situations observées à Loon Plage par exemple, il faut aussi porter plainte, non pour dégradation de couvertures, mais pour « voies de faits » et « traitements inhumains ». Il faut mettre la pression – au travers de condamnation – pour faire disparaître ces comportements.

Pierre Mulliez

En direct du Carrefour : Le programme de travail du Carrefour vu par le C.A.

La séance du dernier conseil d’administration a été presqu’entièrement consacrée à l’analyse du programme de travail 2006 du Carrefour des solidarités. Voici l’essentiel des réflexions et décisions.

Atelier inter associatif sur l’aide alimentaire

Il est animé par Christine Joseph. Thérèse Caulier y représente l’équipe d’animation du Carrefour. Il est essentiellement consacré à coordonner les interventions concrètes des associations pratiquant l’aide alimentaire. La prochaine réunion, prévue le 21 juin prochain, sera consacrée à l’évaluation par les associations de la découverte des pratiques des CCAS (objet des dernières réunions), à une réflexion sur les tarifs d’admission pour la prochaine campagne et au planning de l’été.

Atelier inter associatif sur la prospective en matière d’aide alimentaire

Des problèmes lourds concernant l’aide alimentaire se posent à l’ensemble des associations et aux C.C.A.S. :

- la montée incessante des besoins et l’incapacité actuelle des associations à y faire face (obligation de prendre des critères d’admission de plus en plus restrictifs)
- les limites financières et de bras éprouvées par certaines associations (notamment l’A.J.S., mais aussi d’autres comme le Phare, etc)
- l’augmentation décrétée unilatéralement par la banque alimentaire de la participation financière des associations.
- la question permanente de la forme de l’aide et la recherche d’autres formes (épicerie sociale, le petit chariot, etc.)
- la non couverture par les associations de territoires plus clairsemés socialement (le monde rural, les communes de taille plus modeste, etc.
- la question d’une meilleure répartition des rôles entre les associations.

Toutes ces questions demandent à être traitées avec des représentants des associations et des C.C.A.S. qui portent vraiment les questions d’avenir de leur propre organisation et qui sont susceptibles de prendre des orientations pour elle. Il a été décidé de réunir rapidement un groupe stratégique sur les questions de l’aide alimentaire qui sera animé par Thérèse Caulier avec l’appui de Jean-Marie Gueuret et de Christine Joseph.

Atelier inter associatif sur les préventions de coupure d’eau

En ce qui concerne Saint Pol sur mer, Michel Hérant a accepté d’en être le correspondant pour le Conseil d’administration. Au cours de la prochaine réunion de cet atelier, sa prolongation sur la prévention des coupures d’électricité sera mise à l’ordre du jour. Concernant son extension à d’autres communes, Gravelines a donné son accord pour entreprendre une démarche s’inspirant de l’expérience de Saint Pol sur mer.

Atelier inter associatif sur les migrants

Outre l’aspect très concret de la nécessaire coordination des interventions des associations dans l’aide aux personnes migrantes dont l’animation est assuré par Thérèse Caulier et Jean-Pierre Masclet d’Emmaüs, il est nécessaire de travailler sur une réflexion de l’opinion publique concernant les conditions d’accueil des migrants et sur les politiques d’immigration. La ligue des droits de l’homme a entrepris depuis longtemps ce travail. Emmaüs a pris récemment une initiative très intéressante en la matière (cf le compte-rendu qu’on en fait par ailleurs). Ces deux associations sont chargées d’animer ces questions au sein du Carrefour des solidarités et en son nom.

formation pour les élus

C’est à la demande de membres de C.C.A.S. que le C.A. a donné son accord à l’organisation d’une formation destinée principalement aux élu(e)s des C.C.A.S. et évidemment ouvertes aux membres des associations. Sa forme pourrait être une après-midi d’échanges d’expérience et de réflexion. Le premier thème proposé est celui des politiques communales en matière de prévention des coupures d’eau, d’électricité et de gaz.

Rédaction du règlement intérieur

C’est au cours de la dernière assemblée générale de l’association que la nécessité d’un règlement intérieur a été ressentie. Le C.A. a décidé de confier à Janet Fernandez le soin d’animer le groupe de travail chargé de proposer ce règlement.

Guide des ressources locales

Pierre Flamen animera le groupe de travail nécessaire à la mise en œuvre de ce guide de ressources sous sa forme papier. Les échanges au sein du C.A. à ce propos ont montré :

- que la question est moins de rassembler les informations nécessaires, déjà présentes dans certaines associations et dans les C.C.A.S., que de les organiser pour les rendre facilement disponibles aux bénévoles des associations.
- que la même question se pose dans le cadre de l’organisation de la documentation dont Pierre Mulliez est chargé et dans celui du site internet en construction dont Jean-Marie Gueuret est chargé. Il y aura donc lieu de bien se coordonner entre eux.

Participations financières des CCAS

Lors de l’élaboration de la convention entre les C.C.A.S. et le Carrefour, chacun était tombé d’accord pour, d’une part, spécifier les domaines où C.C.A.S. et Carrefour collaboreraient plus particulièrement et, d’autre part, décider que les C.C.A.S. « participeraient » financièrement au budget de l’association à la mesure des frais occasionnés par ces collaborations et non prévus dans le budget habituel.

Concrètement, nous avons commencé à élaborer avec certaines communes un avenant à la convention principale dans lequel le C.C.A.S. spécifiait les domaines particuliers où celui-ci attendait une collaboration avec le Carrefour, décidait d’une subvention pour un montant donné et, de ce fait, était dispensé de cotisation.

Il est difficile a priori de savoir le montant des frais supplémentaires occasionnés par les collaborations. C’est pourquoi il a été décidé qu’en fonction de la taille de la commune considérée le montant de la subvention soit de 500 € pour les plus petites à 5000 € pour la plus grande. Nous nous engageons par ailleurs à faire une évaluation des frais supplémentaires à la fin du présent exercice et à rajuster le montant de la subvention convenue en 2007 en fonction de cette évaluation.

Le débat du conseil d’administration sur cette question a donné plusieurs indications :

- les membres du conseil d’administration ne souhaitent pas que les C.C.A.S. subventionnent des travaux particuliers du Carrefour, mais « participent » à la globalité de son budget. Ils ne peuvent être en effet considérés comme des financeurs du Carrefour, puisqu’ils en sont membres à part entière.
- les membres du conseil d’administration ont bien compris qu’en termes administratifs une « participation » engageait les C.C.A.S. et le Carrefour dans des procédures compliquées de contrôle des comptes par le comptable public. C’est pourquoi le terme de « subvention » a été retenu, même si en termes courant, elle revient au mode de participation des C.C.A.S. à la vie financière de l’association.
- Les subventions considérées ne peuvent en tous les cas se substituer à celles qu’attribuent les C.C.A.S. à l’action sociale, y compris dans le soutien qu’elles apportent aux associations dans le cadre, par exemple, de l’aide alimentaire. Elles sont d’ailleurs sans aucune mesure.

La pensée du mois

Entre un insecte qui vit un seul jour à l’ombre d’une pyramide égyptienne
et cette pyramide,
quelle est la différence la plus profonde ?

Les dimensions, la solidité matérielle, la permanence dans le temps ?
Assurément pas.
L’insecte vit, non la pyramide.

Ion luca, écrivain roumain

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