Le journal n°57/58 - Janvier 2006
PDF - 136.2 ko
télécharger le journal N°57/58

Sommaire

- Bon courage à tous !
- Merci
- Bon anniversaire
- JE SAIS… JE NE SAIS PAS
- 2005 à travers les titres du petit journal
- En direct du Carrefour
- En direct des associations
- L’association du mois : La Ligue des droits de l’homme
- La Ligue des droits de l’homme
- Conversation avec Isa, la rebelle

Bon courage à tous !

Nous avions été plutôt discrets, dans notre numéro de fin d’année. Les fêtes qui se préparaient nous laissaient un goût amer. Les cris d’alarme des jeunes dans les banlieues, l’approfondissement de la pauvre-té, les réfugiés qui longent nos routes en plein hiver ne nous donnaient pas le cœur aux réjouissances. Face à cela, l’arrogante certitude de certaines paroles publiques ne laissait poindre à l’horizon, aucune amé-lioration de la situation des pauvres.

Seule certitude que nous avons exprimée alors : rester debout et faire face aux vents froids. Façon de montrer que, dans l’adversité, la solidarité qui rassemble notre réseau associatif est source d’espérance.

Les vœux que vous présentera, dès les premiers jours de janvier, notre Présidente, n’ont pas d’autres sens. Les associations et les institutions publiques essayent de palier les besoins les plus urgents. Elles ont pourtant comme tâche première d’interpeller cette société qui est la nôtre et qui crée un monde à deux vitesses. Comment mieux interpeller que de tenter inlassablement d’accompagner les plus pauvres dans leur volonté de redevenir acteurs de cette société qui les exclut.

Et puis, ce sont les gens qui vivent la pauvreté et, parfois, la misère qui, par leur courage et leur dignité, nous communiquent cette espérance. Pourquoi, en ce nouvel an, ne pas les en remercier.

Ce qu’ils vivent est inacceptable. Et il est encore plus inacceptable que certains osent penser et parfois dire que s’ils sont pauvres, c’est qu’ils l’ont bien voulu.

C’est pourquoi, ce petit journal, ne cessera pas de leur donner la parole et de faire connaître leurs situations concrètes, leurs pensées, leurs joies et leurs revendications.

Bénévoles et professionnels sont à leur côté. Chacun a sa façon d’intervenir. Nous continuerons à réfléchir avec vous à leurs rôles respectifs.

Le rêve d’un petit journal mensuel comme le nôtre, c’est que ses lecteurs n’hésitent pas à prendre la parole. Nous le savons, ce n’est pas facile et vous avez d’autres chats, de façon beaucoup plus urgente, à fouetter. Qu’importe ! Parlez-nous, communiquez nous vos réactions. On tâchera de les transcrire.

A tous, une bonne et heureuse année.

Le comité de rédaction

Merci

Depuis le début de l’année, vous, lecteurs de ce petit journal, et nous, membres du comité de rédaction, nous avons pu rencontrer un certain nombre de personnes. Elles nous ont, avec simplicité, fait partager leurs souffrances et leurs espoirs, leurs expériences et leurs pensées. Parfois nous avons des nouvelles d’elles. Un grand merci pour ce qu’elles nous ont apporté.

Merci à Fred, à Béa et à « Carole et ses enfants ». Les conversations que nous avons eues avec elles ont beaucoup intéressé les lecteurs. Leurs paroles ont parfois été décapantes. Mais leur justesse a été souvent reconnue.

Merci à Eric, le pro. L’ouverture du débat sur les rôles respectifs des professionnels et des bénévoles lui doit beaucoup.

Merci à Sila, Didier, Aïcha et à tous ceux qui ont participé à la rédaction des premiers cahiers de témoignages et de doléances. Ils ont ouvert un chemin qui, nous l’espérons, ne s’arrêtera plus.

Merci à chacun de ceux qui, dans les associations que nous avons présentées, nous ont reçu avec confiance et chaleur. Leur regard lucide sur leur propre association aura permis à chacun de les découvrir ou de compléter ses connaissances.

Merci à ceux et à celles, parfois anonymes, qui nous ont proposé des articles. Puissent-ils être suivis par d’autres au cours de cette nouvelle année.

Le comité de rédaction

Bon anniversaire

Le Carrefour des solidarités aura dix ans cette année. Un anniversaire, ça se fête. On ne sait pas encore trop comment. Toute idée sera la bienvenue. Pour ce qui nous concerne ici, nous en profiterons pour revisiter les fondations de la maison tout en faisant des plans sur la comète.

Parmi les idées : reconstituer l’histoire du groupe Alerte local à partir duquel est né l’idée de constitution du Carrefour, relire quelques documents du début de l’association et de quelques unes de ses étapes, recueillir le témoignage de ceux qui ont participé à la création de l’association, interroger les plus jeunes générations, etc.

JE SAIS… JE NE SAIS PAS

Je sais qu’un jour je vais mourir,
Je ne sais pas quand.
Je sais qu’alors je comprendrai
Ce que je suis venue faire ici.

Je sais que je serai seule
A la porte de l’inconnu,
Mais je ne sais pas
Si quelqu’un me tiendra la main.
Je voudrais bien.

Je sais que j’aurai peur,
Je ne sais pas de quoi.
Je sais que j’aurai mal,
Je ne sais pas pourquoi.

Je sais que de ma vie, à ce moment,
Ne restera que l’essentiel.
Je ne sais pas quel poids elle pèsera,
Je sais que mes amours survivront au néant,
Je ne sais pas combien de temps.
Et je ne sais pas
Si quelqu’un m’attendra
De l’autre côté.
Je voudrais bien !

Martine

(Extrait des poèmes de la nuit)

2005 à travers les titres du petit journal

Janvier : Je rêve…

Février : Alerte au Tsunami à Dunkerque !

Mars : La triple peine sociale

Avril : Après l’accueil d’urgence, les expulsions !

Mai : Quand des banques deviennent affameuses

Juin : Charte de solidarité de l’agglomération dunkerquoise

Juillet : Le renouvellement des dirigeants

Septembre : Où est l’échange ?

Octobre : Associations, quantité négligeable ?

Novembre : Paroles de pauvres, paroles sacrées ?

Décembre : Dormez bonnes gens ! Les associations caritatives veillent.

La vie nous ramène vers la mort
Alors qu’on n’a pas choisi de vivre.

Si vous ne l’avez pas rencontrée
C’est qu’elle se cache dans vos rêves d’enfant.

En direct du Carrefour

Le spécial « nouvelle année » vous a présenté, en avant première, les vœux du Carrefour et ceux du comité de rédaction. La vie ne s’arrête pas pour autant. Pour preuve, ces relations rapides de l’actualité de notre réseau.

Nouvelle plaquette

Nous vous annoncions dans notre dernier numéro la décision de renouveler la plaquette de présentation de chacun des membres du Carrefour. Cette décision avait été prise en accord avec les président(e)s des associations. Depuis lors nous vous avons fait parvenir un questionnaire. Pour l’instant, peu de réponse. A vos crayons ou à votre ordinateur !

De l’énergie pour tous !

A l’initiative de Jean Le Garrec, député de l’Ouest de l’agglomération dunkerquoise, nous avons tenu une réunion de travail avec EDF et GDF au cours du mois de décembre. Au menu : comment éviter les coupures d’énergie pour raison sociale ? Nous avions pris soin de préparer cette réunion par une première séance d’échange d’expérience et de réflexion entre les associations. Résultats. Une réunion de travail plus technique est programmée dès les premièressemaines de janvier avec EDF (cf agenda). Elle partira, en particulier, de l’expérience que nous avons menée sur Saint Pol sur mer concernant l’arrêt des coupures d’eau pour raison sociale. Avec la décision gouvernementale d’interdire toute coupure d’énergie au cours des mois d’hiver, nous avons un peu de temps pour mettre en place un dispositif. Attention, cependant. Dès la cessation de cette interdiction, vers mars, les problèmes pour les familles ou les personnes avec des ressources médiocres se seront accumulés. Il sera donc urgent de trouver des solutions. Evidemment, nous comptons vivement sur la présence des C.C.A.S. à cette réunion. Ils sont aussi directement concernés et sont des partenaires incontournables.

L’U.R.I.O.P.S.S. réfléchit

Comme d’autres associations, le Carrefour a reçu la visite de Francis Calcoen, chargé par le bureau de l’U.R.I.O.P.S.S. d’une mission de réflexion sur ses missions et son positionnement. On devrait en savoir plus à la prochaine A.G. de juin prochain. En attendant, rien ne semble être prévu, en dehors de cette rencontre exploratoire, sur la façon dont les membres de cette grande association pourront participer à cette réflexion. Quand on vous dit qu’il était nécessaire de réfléchir.

Des vœux par milliers

C’est la période. Le Carrefour est invité à différentes manifestations. Nous retenons, entre autres, la teneur de l’accueil fait par Jean Le Garrec. La rafle des étrangers sans papier sur le site de Calais lui faisait revenir des souvenirs nauséabonds. Il a parlé des années trente avec sa montée du racisme. Il a aussi évoqué la rafle du Vel d’Hiv. Il n’est pas le seul.

Dernières nouvelles

Monique Dubois nous a indiqué qu’elle cessait ses activités à ATD et, du coup, démissionnait de toutes ses responsabilités au sein du Carrefour, conséquen-ces d’un long cheminement. Bon vent, Monique.

En direct des associations

Gain de cause

Ainsi titrait la Voix du Nord du jeudi 22 décembre en parlant des personnes sans domicile qui ont obtenu l’ouverture, sans discontinuité, du local grand froid de la Place Vauban. Mais, contrairement à leur revendication qui portait sur une ouverture jusqu’à la fin mars, cette petite victoire n’a été obtenue, auprès de la D.D.A.S.S. que jusqu’au 10 janvier.

Après ?

On verra, disent les administrations, bien au chaud, comme ceux qui leur donnent leurs consignes et leurs budgets.

Un collectif de personnes sans domicile qui agit, ça valait le coup d’en parler !

Calais, lundi 19 décembre 2005, 18 h 30

Ils ont osé

Ils ont osé encercler le quartier,
Ils ont osé intervenir au moment du repas,
Ils ont osé se servir des bénévoles pour les arrêter,
Ils ont osé arrêter les 200 migrants qui attendaient dans le froid pour manger,
Ils ont osé les pousser du haut du quai,
Ils ont osé dire « lâche le, c’est pas… »,
Il a osé accepter le marché et mettre ses bus à disposition pour emmener les migrants,
Il a osé bousculer un homme de l’église,
Il a osé dire « ils iront en CADA », mais oui, bien sûr, c’est pour leur bien !!!

Association Salam du collectif C SUR
associations amies du Carrefour

(CADA= Centre d’accueil des demandeurs d’asile)

L’association du mois : La Ligue des droits de l’homme

Ils font partie des nouveaux arrivés de l’année dernière. Nous nous étions rencontrés dans le cadre du collectif « migrants ». L’image nationale de la Ligue des droits de l’homme est plutôt d’être des « leaders d’opinion » marqués à gauche de l’échiquier politique. Mais, localement, qu’en est-il ?

L’étranger ne fait pas recette !

Il est arrivé avec sa casquette bleue d’ancien base-baleurs habitué à lancer des balles qui font mouche. On le sent plein de son sujet et prêt à en découdre avec quiconque se mettrait en travers de sa route. Jean Séname, que la section locale de la Ligue des droits de l’homme a désigné comme se chargeant des relations avec le Carrefour des solidarités, vient nous parler du travail au jour le jour de cette section.

« La Ligue des droits de l’homme est un mouvement national, surtout connu par ses prises de position », nous indique-t-il d’abord. « Née au moment de l’affaire Dreyfus, elle s’est donné pour objectif d’être le rempart de chaque citoyen pour le respect de ses droits fondamentaux face à des pouvoirs froids, distants et appliquant les textes, voire en les tordant, dans le sens qu’ils veulent ». Et de rappeler que la déclaration des droits de l’homme est le préambule de notre propre constitution française. C’est bien pourquoi, intervenant sur le champ politique, elle est susceptible d’interpeller tout pouvoir, qu’il soit de droite ou de gauche. Et elle ne s’en prive pas. Sarkosy n’est pas leur copain. On pouvait s’en douter. Mais Chevènement ne l’a pas non plus été.

Chaque section locale est une association autonome qui oriente ses actions comme bon lui semble. A Dunkerque, il ont pensé que les étrangers faisaient partie des « précaires parmi les précaires ». « Nous estimons que si une personne étrangère fait la démarche difficile de quitter son pays, c’est qu’elle a de bonnes raisons. Ce n’est jamais de gaîté de cœur. Or, la France, qui se prétend être la patrie des droits de l’homme, est le pays qui accueille le plus mal les étrangers. Ici, les étrangers ne font pas recettes ! » Du coup, Jean Séname, preuves à l’appui, devient intarissable sur les détournements de la loi utilisés par les pouvoirs publics en France pour développer leur politique répressive contre tous les étrangers. Vous connaissez la belle logique cartésienne qui veut que pas de papiers, pas de travail, donc pas de ressources, donc pas de possibilité d’obtenir des papiers. Ou encore, ce père de famille, père d’enfants français, expulsé dans son pays d’origine, incapable d’obtenir un visa du consulat pour revenir auprès de ses enfants. La Ligue, à Dunkerque, les accueille, les conseille et les aide à monter leurs dossiers, souvent lourds.

Même si le nombre de membres de la section est de l’ordre de la quarantaine, ils ne sont que six à assurer l’action quotidienne : une centaine de dossiers en instance. Il faut écouter, construire le dossier, rechercher des informations juridiques (tous les matins, il y a un nouveau dispositif ou une nouvelle loi) et aller, pour certains, défendre le dossier auprès de la Préfecture. Si la question des étrangers prend 90 % de leur énergie, ils ne font pas que cela : lutte contre les discriminations, à l’embauche, par exemple, animations diverses pour le grand public ou pour les scolaires, etc. La liste de leurs interventions prend une pleine page.

Leur adhésion au Carrefour ? Elle va presque de soi. « Nous sommes, avec les associations caritatives, très complémentaires », nous a affirmé Jean. « Nous n’avons rien à donner de concret, sinon l’aide au respect de leurs droits. Mais cela ne nourrit pas, ne réchauffe pas, etc. L’aide des autres associations est alors précieuse. » Non sans une certaine malice, il a cependant rajouté : « Ces personnes étrangères font notre admiration. Il y a entre elles une solidarité formidable. Très peu se retrouvent vraiment à la rue. Parfois, il nous suffit d’un coup de fil à tel ou tel correspondant de la même origine pour que des solutions concrètes se mettent en place. »

La Ligue des droits de l’homme

Coordonnées :
Maison de l’environnement
106 avenue du Casino
59240 Dunkerque
tél : 03 28 30 30 40

Permanence :
Tous les lundis, à partir de 17 h

Activités :
Permanences, animation de soirées débat ou de soirées cinématographiques, prêt d’exposition, etc.

Appel à l’insurrection des consciences
(extrait de la résolution adoptée en mai 2005 par le comité central de la Ligue)

« Des hommes, des femmes, des enfants, sont, aujourd’hui, pour-chassés, traqués, empêchés de vivre parce qu’ils ne détiennent pas les quelques grammes de papiers qui sont le sésame de leur dignité.

Ce sont les sans-papiers, venus des anciennes colonies françaises ou d’ailleurs. Ils illustrent les dérèglements du monde, les injustices qui mobilisent la charité ou les dictatures qui provoquent notre effroi. Ils sont venus, souvent au péril de leur vie, parfois la proie de réseaux mafieux qui prospèrent grâce à la fermeture de nos frontières. Ils n’ont pas commis de crimes, sauf à considérer que vouloir vivre à toute force et construire un avenir meilleur pour ses enfants n’est pas le droit de chaque membre de la famille humaine.

Après avoir modifié la loi de la pire manière qui soit, le gouvernement aggrave les mesures prises contre les étrangers en les transformant en gibier d’une chasse indigne et, pire encore, en boucs émissaires des maux de la société française…

Conversation avec Isa, la rebelle

Isa avec un cœur grand comme ça. Isa la gueularde. Isa la douce. Elle ne laisse pas indifférente. Elle noue des amitiés sans faille comme des haines tenaces. Elle a ses têtes de turcs et des gens qu’elle admire sans partage. Injure suprême pour certains, elle n’est pas d’ici. Raisons suffisantes pour converser avec elle.

« Dunkerque, quand je suis arrivée, c’était le bout du monde. Un peu comme Berlin avant la disparition du mur. Des gens un peu repliés sur eux-mêmes qui ont du mal à sortir de leur ville, ne serait-ce que pour aller à Lille, par exemple. Et puis j’ai vite découvert qu’il y avait une espèce de maillage local, fait de proximité, de simplicité et de solidarité, comme les gens du peuple peuvent avoir. En fait, c’est bien une terre d’accueil pour des gens venus d’ailleurs. Et c’est contaminant. Ce n’est pas comme ces grandes villes, traversées de partout, où ne règne que le business. Un nulle part, en somme. Ici c’est un terroir avec ses traditions culturelles, son histoire et des personnalités trempées dans leurs racines, qu’elles soient nées ici ou ailleurs.

J’ai été attirée par le Carrefour à cause de son originalité. On n’a pas ça ailleurs. Rassembler autour de la même table des professionnels, des bénévoles, des institutionnels et même des gens de la rue, pour partager les mêmes valeurs : réfléchir et travailler ensemble pour être au plus juste avec les personnes les plus pauvres. Autour de la table on ne cherche ni le pouvoir, ni la reconnaissance, ni la gloire.

Les premiers avec lesquels j’ai noué ici de vrais liens d’amitié, ce sont les gens de la rue. Ils m’ont vite acceptée. Peut-être parce qu’ils ont su reconnaître quelqu’un qui avait connu comme eux les mêmes galères. J’ai eu comme eux des conduites à risque. Ce qui me tient debout, c’est eux. Je serais incapable de supporter le dixième de ce qu’ils vivent. Et malgré ça, ils résistent, ils se battent. Ca m’arrive d’avoir des idées noires, des révoltes, des envies de coup de gueule, des déprimes. Si je m’en sors, souvent, c’est grâce à eux.

C’est vrai aussi que j’ai été très impressionnée par les bénévoles des associations d’ici. Ils ont un engagement phénoménal et consacrent du temps et de l’énergie folle à celui-ci. Et avec ça, ils ont une grande proximité et une vraie chaleur humaine. C’est plus difficile avec les professionnels. Pourtant, je considère qu’ils doivent avoir leur place entière au sein du Carrefour. Mais, avec eux, les relations sont plus distanciées, comme on dit. Qu’ils se protègent, cela peut être compréhensible. Mais pour autant ! Quand les gens les plus pauvres viennent te voir, c’est un échange qui se met en place, sans réticence. Car s’il y a échange, il ne peut pas y avoir de limites. Ils te livrent des choses qui leur sont intimes. En retour, ils attendent de toi la même chose. Ou alors, le courant ne passe plus.

Pour certains professionnels, voire certains bénévoles, on dirait que les gens leur font peur. Ils ne comprennent pas que l’échange crée du respect et qu’alors on peut leur dire des sacrés trucs. Ils les acceptent. Même, lorsque tu leur dis : « on peut pas aller au-delà », ils comprennent et ils respectent.

Certains professionnels ne comprennent pas que, dans certains cas, des choses banales pour eux, c’est super important pour les gens. Il y a des gens qui cheminent, petitement, mais au prix d’efforts quasi surhumains. Et puis, il suffit qu’un professionnel ne veuille pas entendre. Tous ces efforts sont, en un instant, devenus inutiles. Là, j’ai la haine ! Bon. C’est aussi facile pour moi. Je n’ai pas de règles à respecter et quand les gens viennent me voir, je n’ai rien d’autre à donner que moi-même et ma capacité d’écoute…

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com