Le journal n°52 - Septembre 2005
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Sommaire

- Où est l’échange ?
- En direct du Carrefour
- En direct des associations
- Rencontre avec l’URIOPSS
- Conversation avec Béatrice, la maman
- Le dossier : Surendettement
- Un dossier de surendettement ou une mise en faillite personnelle
- Vous, vous dites :

L’été se termine…. Nous espérons qu’il vous aura apporté détente et repos. Mais c’est maintenant le moment de reprendre nos différentes activités associatives. Comme nous le relatons un peu plus loin la pauvreté n’a évidemment pas cessée avec les vacances. Nous devons même reconnaître qu’elle n’a fait que s’approfondir à tel point que les bénévoles qui ont assurés les permanences ont eu le sentiment d’avoir parfois de la difficulté à faire face aux différentes demandes. Il nous faudra d’ailleurs réfléchir à une meilleure organisation pour soutenir de façon commune, les associations qui assurent ces permanences.
Ce journal pour sa part continuera à vous rendre compte de ce que chacune des associations du Carrefour des solidarités entreprend et vous proposera réflexions et expériences.
Bon courage à tous.

Le Carrefour

Où est l’échange ?

Bénévoles ou professionnels, notre objectif avoué est certes de venir en aide aux personnes ou aux familles exclues de notre société. C’est surtout permettre de recréer du « lien social », c’est-à-dire de l’échange. Mais où est l’échange ? La façon dont nous accueillons ces personnes y suffit-il ?

Dans les débats qui ont suivi les réflexions proposées ici sur la triple peine sociale, les confrères de Saint Vincent de Paul ont fait ressortir la nécessité que l’aide que nous apportions se situe toujours au sein d’un échange. Seule façon de sortir de la logique de l’assistanat et de respecter la dignité des personnes aidées.

Depuis lors, cette question court dans chacune des actions que les uns et les autres mènent. Le collectif contre les coupures d’eau sur Saint Pol sur mer se la pose sans y avoir apporté pour l’instant une réponse. Faut-il contractualiser un échange au moment où on apporte l’aide qui permettra d’éviter la coupure d’eau ? Celle-ci doit être apportée dans l’urgence. Est-ce le bon moment pour évoquer les termes d’un échange ? Sous quelle forme ?

Dans ce bulletin, la réponse apportée a été l’ouverture de la rubrique : « conversation avec ». Nous savons qu’elle a étonné, le plus souvent intéressé. Ceux ou celles qui s’y sont prêtées, nous les en remercions, l’ont fait avec une certaine crainte au début, satisfaits ensuite du résultat. C’était parce qu’il y avait eu au préalable un climat de confiance établi.

Au moment où va s’ouvrir une nouvelle campagne d’inscription pour l’aide alimentaire, n’est-il pas opportun de se poser la question ? Dans chacune des associations du Carrefour, les termes de l’échange ne sont pas forcément les mêmes. Cela nous intéresserait de les connaître et de les partager ici.

Les nouveaux membres que seront bientôt certains C.C.A.S. ont une façon particulière d’apporter une réponse à cette question. Se rapproche-t-elle de celle apportée chez nos voisins belges où toute aide apportée par la collectivité se traduit par la nécessité de participer à un service collectif ?

Cela ne mérite-t-il pas d’aller plus loin ensemble sur le sujet ?

En direct du Carrefour

Pendant l’été, le Carrefour n’a pas cessé d’être présent, même si cela a été sous une forme plus intermittente. Formation, approfondissement de partenariat, préparation de la journée de refus de la misère et, toujours, recherche de financements sont à nouveau au programme.

Inscription à l’aide alimentaire
On se forme !

Comme de coutume, une formation est organisée à destination de ceux et de celles qui accueillent les personnes demandant une aide alimentaire régulière tout au long de l’année. Nous innovons cependant. Deux journées sont organisées les vendredi 23 et 30 septembre prochain. Elles se dérouleront toutes les deux au centre de culture populaire du Puythouck, à Grande Synthe de 10 h à 16 h. Entre autre, ce centre nous permet de prendre nos repas ensemble sur place.

La première journée sera réservée aux personnes expérimentées (23 sept). En revanche celles qui n’ont jamais utilisé la fiche d’inscription commune à toutes les associations, se formeront de leur côté au cours de la deuxième journée (30 sept.).

Cahiers de doléances : premiers retours ?

En vue de préparer la journée de « refus de la misère » du mois d’octobre prochain, nous avons invité chaque association à recueillir les témoignages des personnes pauvres auxquels ils viennent en aide. Ces témoignages rassemblés formeront des « cahiers de doléances » qui seront remis aux différentes autorités.

Si vous n’avez pas eu encore le temps d’entamer ce travail, il n’est pas trop tard. Vous avez encore un bon mois pour le faire. Chacun est évidemment libre de la façon dont il s’y prendra.

Certaines associations, par exemple, ont prévu de mettre le sujet sur la table des réunions régulières qu’ils ont avec les personnes qu’elles aident. D’autres recueillent plutôt des témoignages individuels.

N’oubliez pas cependant de rassembler ces témoignages et de nous les envoyer. C’est en effet le Carrefour qui se charge de rassembler ces témoignages et de les mettre sous la forme de « cahiers de doléances ». Une rencontre destinée à mettre en commun ce que vous aurez recueilli est prévue, dans les locaux du Carrefour

le Jeudi 22 septembre à 14 h 30

Si vous avez une difficulté, n’hésitez pas à nous en parler.

En direct des associations

Pendant l’été les dépannages alimentaires sous pression

Aux dires des bénévoles de la Croix Rouge, ils n’avaient jamais vu ça. A tel point qu’à certains moments, ils ont dû alerter la C.A.O. et le Carrefour pour leur demander d’arrêter de leur envoyer des personnes. Le nombre de demandes de dépannages d’urgence, particulièrement durant la première quinzaine d’août, où la plupart des associations ont fermé leurs portes, a explosé. Compte tenu des moyens disponibles en nourriture, il leur a fallu arrêter.

Outre le fait qu’au fond, il n’y a aucune raison pour que les gens qui ont faim habituellement, n’aient plus de besoin parce que c’est l’été, cette situation leur fait poser, en matière d’organisation, un certain nombre de questions.

Il appartient évidement à la Croix Rouge d’y répondre pour ce qui la concerne. Mais cela devrait aussi nous en poser collectivement, de façon inter-associative… avant l’été prochain.

Sur Calais, les bénévoles appellent au secours

L’envoyée spéciale du journal Libération, Stéphanie Maurice, rend compte de la situation difficile des associations caritatives de Calais, débordées par l’afflux de migrants. (cf édition du mercredi 24 août). Extraits.

« Les migrants ne passent quasiment plus. Depuis les attentats de Londres, la surveillance s’est renforcée. Mais nous, nous ne pouvons pas assurer les douches pour 400 personnes ! » Dans la petite maison restaurée par le Secours Catholique à Calais, le bénévolat tient du Stakhanovisme. Une cinquantaine de réfugiés passent par les quatre cabines de douche tous les jours, travail non-stop jusqu’à 20 heures (…) Un café au lait, et deux bénévoles les rembarquent vers le point de ralliement, le terrain vague où se distribuent les repas, avec son Algecco aux fenêtres aveuglées par des planches de bois, aux graffitis rageurs, « I hat France (sic) ».

Urgence pérennisée. Depuis la fermeture du centre de Sangatte, en novembre 2002, les clandestins n’ont pas cessé d’arriver dans la ville portuaire, qui, entre ferries et Eurotunnel, concentre 79 % du trafic transmanche. Ils étaient livrés à eux-mêmes ; un collectif d’associations, C’Sur, s’est créé pour leur apporter la première aide humanitaire. Repas midi et soir, couverture, soins médicaux, coups de main pour leurs démarches administra tives. Trois ans après, l’urgence s’est pérennisée. Cet été, les bénévoles font face à une recrudescence du nombre de réfugiés, qu’ils estiment à 400. Un chiffre contesté par la préfecture (…)La camionnette du Secours catholique a à peine le temps d’arriver que les réfugiés se pressent pour se laver, ticket rouge à la main. Il n’y aura de la place que pour huit d’entre eux. « L’Etat ne veut rien faire pour les gens en transit », constate Myriam Rachih, l’animatrice du Secours catholique. (…)

Navettes. « J’ai horreur de la loi de la jungle, détaille-t-elle. Nous respectons donc l’ordre des numéros, en donnant cependant la priorité aux malades et aux femmes. Mais par fois, ils montent à 20 ou à 30 dans la camionnette. Nous leur expliquons que si au bout de deux heures ils n’ont pas bougé, nous appelons la police. Généralement, une demi-heure après, ils se mettent en file avec leurs numéros. Mais que de temps perdu ! C’est usant, ces bousculades, les bénévoles se fatiguent et ont parfois un peu peur. » C’est donc toujours à deux qu’ils gèrent les navettes, quand trois autres nettoient les sanitaires, emmènent un blessé chez un médecin... Le Secours catholique, à lui seul, mobilise tout au long de l’année une bonne cinquantaine de volontaires venant de tout le département. Ainsi que d’importants moyens. « Une douche nous coûte 6 euros, calcule Myriam, car nous donnons, en plus du savon et du shampoing, un slip et des chaussettes. »
Sans le Secours catholique, ça fait longtemps qu’on aurait arrêté » soupire Jean-Claude Lenoir, de l’association Salam… Et nous n’étions pas en nombre suffisant en août. C’est quand même dur, et nous avions besoin de ce break, même entre nous. Il faut gérer la vie d’un collectif comme le nôtre, sinon on risque de se faire éclater sous la pression. »(…)
Clandestins. Le sujet est chaud, deux membres de Salam doivent comparaître devant un juge d’instruction pour avoir dénoncé sur un blog le comportement de la police, qui aurait sali et détruit un tapis de prière. Une nouvelle affaire, après le procès où deux militants avaient été condamnés mais exemptés de peine pour avoir hébergé des clandestins. (…)
NB : les stocks de vêtements, de chaussures, surtout, sont vides.

Rencontre avec l’URIOPSS

Cela faisait quelque temps que nous désirions rencontrer les responsables de l’URIOPSS. C’est désormais chose faite. Au début juillet, Bernard Delaval, son directeur, est venu nous rendre visite. Nous avons pu avoir un échange approfondi entre nos deux associations, proches et différentes. Voici quelques échos de ces échanges ainsi qu’une présentation succincte de cette importante association. Nous reprendrons le mois prochain la visite mensuelle d’une des associations du Carrefour.

Dans son dernier éditorial, le professeur Henri Petit, président de l’URIOPSS du Nord-Pas de Calais regrettait que localement les 900 associations qui en sont membres ne se connaissent pas suffisamment. Il proposait donc que « le rôle de l’URIOPSS NPDC soit de bien remailler le tissu associatif ».

C’est dire que notre rencontre s’est faite sur fond de compréhension. Le rôle du Carrefour n’est-il pas en particulier de mailler entre elles les associations caritatives et humanitaires de l’agglomération dunkerquoise. Oui, mais. Qui fait quoi ? Qui est qui ?

Nous n’avons aucune prétention à jouer le rôle d’une U Locale IOPSS. Nos maigres moyens ne nous permettent pas d’apporter aux associations le soutien technique que la quarantaine de salariés de l’URIOPSS est capable de mobiliser. De toute façon, ce rôle de mise à jour constante des données, des lois, etc. est bien faite à l’échelle régionale qui est aussi une bonne échelle de discussion et de rassemblement d’expériences associatives, voire de lobbying, lorsqu’il s’agit de peser sur les orientations régionales ou nationales. Par ailleurs nous n’avons pas prétention à rassembler tous les secteurs associatifs. L’URIOPSS rassemble les associations qui travaillent dans les secteurs de l’enfance, des jeunes et de la famille, dans celui du sanitaire, dans celui de l’insertion et du développement et dans ceux des personnes âgées, des personnes handicapées et du soutien à domicile. Enfin nous n’avons aucune prétention à être un point de passage obligé entre les associations membres du Carrefour et l’échelle régionale que représente l’URIOPSS.

En revanche, notre proximité avec le terrain, la présence constante des associations à nos réflexions et propositions, notre capacité de mobilisation locale nous permettent de jouer un rôle que l’URIOPSS a plus de difficulté à remplir. Voilà pourquoi nous avons envisagé d’ouvrir avec elle plusieurs champs d’expérimentation.

- construire une articulation efficace entre l’échelle associative locale et l’échelle régionale (répartition des rôles et des moyens, représentation réciproque, etc.)
- construire des offres de formation destinées aux associations les plus proches possible de leurs besoins.
- Bénéficier et faire bénéficier les associations d’une partie des moyens dont dispose l’URIOPSS, y compris financièrement.
- Etc.

C’est dire que nous nous sommes engagés à nous revoir et qu’il y a du travail à faire ensemble.

L’Uriopss NPDC ?

C’est une association loi 1901. Créée depuis 1948, elle regroupe la plupart des associations et organismes privés non lucratifs de l’action sanitaire, médico-sociale et sociale de la région Nord-Pas de Calais, c’est-à-dire plus de 900 associations, établissements et services. Elle s’inscrit dans un réseau composé de 22 unions régionales et d’une union nationale.

Elle apporte une aide dans :
- l’élaboration et la mise en forme des projets associatifs
- le soutien dans le fonctionnement des associations
- la mise à disposition de services (administration, juridique, documentation, formation, gestion, recherches et études).

A la demande de ses adhérents, elle intervient en proposant des actions adaptées à la défense de leurs intérêts :
- aider et coordonner leurs propositions, initiatives et actions en diffusant leurs expériences et en suscitant les rencontres.
- proposer des temps de réflexions (colloques, journées d’études, groupes de travail)
- développer un partenariat actif entre les associations et les collectivités publiques, territoriales et locales.

Son C.A. est présidé par Monsieur Henri Petit. La région dunkerquoise y est présente par l’intermédiaire d’un membre de l’AFEJI.

Son équipe professionnelle est dirigée par Bruno Delaval et rassemble une quarantaine de professionnels, répartis sur Lille, Arras et Valenciennes.

Conversation avec Béatrice, la maman

Nous poursuivons nos conversations ce mois-ci avec Béatrice. Peu de femmes vivent la rue. C’est trop dure pour elles et trop risqué. Pourtant elle l’a vécue.

Pantalon et veste de survêt’. Gros pull. L’hiver de la rue vient à peine de se terminer. Teint pâle. Elle écoute. Elle regarde. Queue de cheval légère. La conversation sera entrecoupée de longs silences, sans gêne. Simplement, pour établir la confiance qui permet l’échange, il faut du temps. Elle l’avait déjà pris avec Isabelle. « Montre-nous l’échographie », demande cette dernière.

Alors, le regard de Béatrice devient étincelant. Ses joues rosissent presque. Elle nous montre avec fierté et avec joie, l’image de son bonheur. Celle d’un futur petit bonhomme, le médecin le leur a dit, recroquevillé dans le ventre de sa mère. Une future beauté, certainement. Conçu avec désir partagé, dans l’amour Cela vaut presque toute la conversation qui va suivre.

Car la rue, pour Béatrice, ça a été par accident. « Mon ‘ex’ pétait les plombs de plus en plus souvent. Il ne faisait rien sauf de se laisser aller avec ses copains. C’est moi qui travaillais. Et il n’était même pas capable de faire à manger ou de conduire mon gamin à l’école. » Car Béatrice a un premier garçon. Son vrai point d’attache. Mise dehors de chez elle par son propriétaire parce que son ‘ex’ s’était montré violent avec lui, c’est l’hôtel et une situation qui se dégrade de plus en plus. Au point que « les services sociaux m’ont enlevé mon enfant ». Ça ne s’est pas fait en un jour. Les services sociaux ont même pris soin de créer le contact entre elle et la famille d’accueil. « Mais c’est trop dur. Je pétais les plombs de plus en plus souvent. Alors, ça a été les cachets. Beaucoup de cachets. De tout. Quand tu prends ça, t’as plus ta tête. Tu mélanges tout. T’es perdu. Tu n’entends plus ce qu’on te dit ou tu réponds une autre chose, à côté. Quand j’allais voir mon fils, je ne faisais plus rien avec lui. Je piquais du nez. » Arrivée sur Dunkerque. La rue. L’entrepôt, la nuit, avec ses dangers surtout quand on n’a plus la tête à soi. « Le matin, tu ne sais plus ce qui s’est passé pendant la nuit. » Alors la peur. Et puis des rencontres qui se montreront décisives pour l’avenir. Des gens de la rue comme elle, mais qui vous écoutent et avec lesquels la confiance s’établit. Pas besoin de leur faire un dessin. Ils comprennent vite, l’accueillent dans leur camping organisé et lui apportent une certaine sécurité. Son compagnon d’aujourd’hui avec lequel elle va réussir à construire quelque chose, quelqu’un en somme. « Quand je l’ai vu, j’ai su tout de suite. Mais il a fallu du temps. » Ce temps, on le poursuivra avec elle, le mois prochain.

Le dossier : Surendettement

Ateliers « Echanges et découvertes

Les personnes qui participent aux ateliers « échanges et découvertes » sur le sujet du surendettement ont été accueillies, avant l’été, par la Banque de France. Le directeur de l’agence locale et Madame Adamski, coordinatrice du ser vice de surendettement ont expliqué en long et en large les procédures complexes d’examen des situations de surendettement des particuliers. Il n’est pas question de résumer ici le topo très complet qui nous a été fait ni les dossiers très riches qui nous ont été remis et que chacun peut consulter au Carrefour. En revanche, voici quelques éléments simplifiés d’information qui peuvent intéresser les personnes surendettées Ce sont elles qui sont le centre de ces dispositifs. Les bénévoles associatifs ou les professionnels ne peuvent que les accompagner.

Le parcours

Faire un dossier de demande de prise en compte de sa situation de surendettement n’est pas facile et pour aboutir à une décision, cela demande du temps (4 mois maximum). Pour bien comprendre, voici les phases essentielles.

Dépôt du dossier à la banque de France, même incomplet, accompagné d’un courrier explicatif. Cela permet à vos créanciers d’être officiellement alertés.

Confection du dossier complet (faites vous aider) et étude de recevabilité par les services de la banque de France.

Décision de recevabilité par la commission de la banque de France.

Etude du plan de redressement avec les créanciers et avec vous-même.

Décision par le juge

Mise en œuvre, par vous-même, du plan de redressement

Un dossier de demande contient :

- l’état civil, la situation de famille, les personnes à charge
- l’Etat des ressources et des biens
- l’état des charges courantes
- l’état des dettes et remboursements de prêts.

Attention, il est recommandé de tout dire. Le dossier ne sera complet qu’à cette condition. De plus, il est demandé de joindre les justificatifs de toutes ces informations (photocopies et non originaux). C’est souvent long et volumineux.

Le rôle des bénévoles

Les dossiers de situation de surendettement ne sont pas faciles à faire. Ils doivent être complets pour que la procédure puisse commencer. Il n’est donc pas recommandé à des bénévoles associatifs peu expérimentés d’accompagner une personne qui a besoin de faire un tel dossier. Il est préférable, même si la personne concernée est réticente, de la convaincre de se faire aider par un professionnel compétent (U.T.P.A.S., C.A.F., C.C.A.S., associations de consommateurs, professionnels de votre propre association, etc.)

En revanche, votre rôle, non technique, peut être très précieux, surtout dans les premiers contacts. Reconnaître qu’on ne peut plus faire face à ses engagements, ce n’est jamais facile. Il n’est pas toujours aisé de bien se faire comprendre entre usagers et techniciens, malgré la bonne volonté des uns et des autres. Et puis cela va demander du temps alors que les situations vécues le sont souvent dans l’urgence. Votre présence et votre aide peuvent aider à démarrer une procé-dure et à aller ensuite jusqu’au bout.

Un dossier de surendettement ou une mise en faillite personnelle

Ce n’est pas la même chose !

Si vous ne pouvez plus faire face à toutes vos dettes, mais si, tout bien compté, vous pouvez opérer encore quelques remboursements, alors c’est bien un dossier de surendettement qui vous convient. Il vous servira à ce que la justice oblige les gens auxquels vous devez de l’argent à accepter que les remboursements se fassent plus lentement et avec des plus petites sommes.

Mais si vous n’avez plus aucune possibilité, même après avoir vendu les quelques biens que vous avez encore, de rembourser vos dettes, alors c’est dans une procédure de faillite personnelle qu’il faut vous engager.

L’administration ne parle pas comme vous. Sachez la comprendre et vous faire comprendre.

Vous, vous dites :

Vous, vous dites :
Elle reçoit officiellement mon dossier et elle s’engage à travailler dessus
L’administration dit :
Saisine

Vous, vous dites :
Garder en mémoire
L’administration dit :
Ficher

Vous, vous dites :
Elle reconnaît que vous êtes bien en situation de surendettement et elle est prête à travailler avec vous un plan de redressement
L’administration dit :
Votre dossier est recevable

Vous, vous dites :
Plan pour régler ses dettes
L’administration dit :
Plan d’apurement des dettes

Vous, vous dites :
Je vous indique que vous n’êtes pas dans une situation où on peut travailler avec vous un plan de redressement, mais il y a peut-être d’autres solutions
L’administration dit :
Votre dossier est irrecevable

Vous, vous dites :
Celui qui a des dettes
L’administration dit :
Débiteur

Vous, vous dites :
Celui auquel on doit de l’argent
L’administration dit :
Créancier

Vous, vous dites :
On vous propose ce plan. Vous pouvez faire des remarques dont on tiendra compte. Mais si vous n’êtes jamais d’accord, on peut aussi vous l’imposer.
L’administration dit :
Faire une recommandation

Vous, vous dites :
Rendre un plan officiel, ce qui l’impose à vous et à eux auxquels vous devez de l’argent
L’administration dit :
Homologuer un plan

Vous, vous dites :
Etude de la reconnaissance de votre impossibilité de faire face à vos dettes
L’administration dit :
Procédure de rétablissement personnel

Vous, vous dites :
Ce qu’il faut par personne pour manger, s’habiller, se cultiver, …
L’administration dit :
Forfait

Vous, vous dites :
Détail, dette par dette, des remboursements que vous devrez faire chaque mois, pendant un temps défini, détail sur lequel vous et ceux auxquels vous devez de l’argent sont d’accord
L’administration dit :
Plan conventionnel de redressement

Vous, vous dites :
Reconnaissance officielle que vous êtes dans l’impossibilité de payer vos dettes et suppression effective de celles-ci = vous n’avez plus rien à payer = vous êtes reconnu en faillite personnelle.
L’administration dit :
Quitus des dettes restantes après clôture pour insuffisance d’actifs.

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