Le journal n°42 - Novembre 2004
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Sommaire

- Le bouchon de la cocotte minute ?
- Le dossier : Le projet d’Epicerie solidaire
- Petite annonce
- En direct des associations : Puissances T
- Débat avec les élus
- Etre bénévole aujourd’hui

Agenda

Vendredi 19 novembre - à partir de 10 h dans les locaux du Carrefour - Commission « Aide alimentaire » - Bilan des inscriptions

Lundi 22 novembre - à partir de 18 h - C.A. du Carrefour

Mardi 23novembre - de 14 h à 17 h - dans les locaux du Carrefour - Groupe d’échange et partage - Autour du vécu du bénévole

Jeudi 25 novembre - à 14 h 30 - Présentation des missions des assistantes sociales de la C.R.A.M. de Dunkerque - Rue de la Batellerie

Vendredi 3 décembre - de 14 h à 17 h - dans les locaux du Carrefour - Groupe d’échange et partage - Autour du vécu du bénévole - Culture et pauvreté

Le bouchon de la cocotte minute ?

Au cours de la journée de refus de la misère du 16 octobre dernier, un forum citoyen a été organisé. En voici quelques échos.

Nous devions débattre sur la façon dont les personnes pauvres pouvaient prendre la parole et exprimer ce qu’ils vivent. Les quelques scènes théâtrales présentées par la Compagnie « Arc en Scène » ont failli rendre inutile le débat. Elles démontraient à l’évidence qu’avec de l’enthousiasme, de la constance et un travail sérieux, des personnes en grande difficulté étaient capables de créer du théâtre amateur de bon niveau. Qui plus est, ce théâtre là disait avec clarté et de façon convaincante comment les personnes, les couples ou les familles, qu’elles soient pauvres ou non, étaient capables de s’enfoncer dans le silence voire, la bêtise quotidienne. Pourquoi ne pas le dire ? Au Carrefour, on aimerait avec les associations avoir les moyens pour que se développent plus largement de telles initiatives. Sur notre agglomération il devrait y avoir des dizaines d’Arc en scène, d’Arc en mots, d’Arc en image et autres Arc en musique.

Il y a eu débat pourtant. Mais sur un autre sujet, aussi culturel. Que les gens s’expriment est une bonne chose. Mais est-ce suffisant ? Ne faut-il pas les aider surtout à se révolter contre la situation qui leur est imposée par une société qui ne les respecte pas ? Certains sont même allés jusqu’à suspecter l’aide apportée de faire taire cette révolte. Ne serait-elle que le bouchon qu’on met sur une cocotte minute pour éviter qu’elle n’explose ?

Vraie question qui traverse les associations du Carrefour. Pour certains la priorité, c’est d’apporter la première aide indispensable à la survie dans la dignité. Quand on a faim, on n’a plus la force de se révolter de toute façon. Pour d’autres, aider à faire face aux premières nécessités n’est pas suffisant. Il faut aider les gens à se reprendre en main. Pour d’autres encore, le combat politique pour faire cesser la situation qui crée la pauvreté est aussi indispensable. A chacun d’y répondre ?

Le dossier : Le projet d’Epicerie solidaire

Quand on est pauvre, on a à peine les moyens de survivre. Faire face aux obligations quotidiennes est à chaque instant une aventure douloureuse : manger, avoir où se loger, payer ses factures d’eau et d’électricité, assurer un minimum de joie de vivre à ses enfants. Alors, construire un projet, ce n’est pas la peine d’y penser ou c’est se couvrir de dettes auxquelles on sait qu’on ne pourra pas faire face. Et, quand on vit ça, c’est difficile de le partager. On est entré dans la logique inextricable de l’exclusion.

Les associations du Carrefour connaissent bien ces gens pauvres et l’extrême difficulté qu’ils ont à sortir de cette situation. C’est pourquoi, par solidarité, elles apportent leur aide. Mais cette aide s’arrête souvent, faute de moyens, là où les personnes pourraient recommencer à reconstruire un projet et donc à sortir du cercle vicieux de l’exclusion. Pire, elles sont souvent impuissantes à aider quelqu’un qui, face à une difficulté imprévue, chômage, séparation, risque d’entrer dans ce cercle vicieux.

C’est pourquoi nous nous intéressons à toutes les initiatives prises localement ou non pour tenter d’aller au-delà de l’aide immédiate et nécessaire. Aujourd’hui nous présentons TABGHA, l’épicerie solidaire, qui ouvrira bientôt ses portes. Le Carrefour

Le principe

On achète à bas prix des produits alimentaires, des produits pour bébé, des produits d’entretien ou des produits frais. La différence entre le prix réél et le prix auquel il aura été acheté constitue une somme économisée. Celle-ci pourra être utilisée pour le paiement et la réalisation d’un projet.

Qui peut l’utiliser ?

Seules les personnes qui connaissent une difficulté provisoire pourront utiliser l’épicerie solidaire. Les seules conditions sont d’avoir fait une demande, d’avoir une projet individuel ou familial, d’avoir épuisé toutes les aides légales, d’être accompagné et suivi par un partenaire associatif ou par un travailleur social et d’être accepté par le comité de l’épicerie.

Une affaire collective

Si Emmaüs a été le promoteur du projet, celui-ci est le fruit de la mobilisation de nombreux partenaires associatifs et publics. La liste en serait trop grande. Il ne fonctionnera que si tous les partenaires locaux, en particulier les membres du Carrefour, continuent à s’y associer concrètement. La première tâche sera d’accompagner les personnes qui pourront en bénéficier.

Quand ouvrira-t-elle ?

Dans le courant du premier trimestre 2005.

Des services complémentaires

Les personnes qui auront accès à l’épicerie solidaire pourront participer, si elles le veulent, à différents ateliers d’information et de formation. Elles auront accès, au même endroit, à une friperie. Elles pourront aussi profiter de prêts à taux 0 d’un montant maximum de 780 €. C’est SOS famille qui s’occupe de ces prêts et qui pourra les attribuer à peu près aux mêmes conditions que l’accès à l’épicerie.

Le lieu

27 rue Vauban à Dunkerque.

Pour en savoir plus

Une excellente brochure est éditée. Vous pouvez l’avoir soit chez Emmaüs, soit au Carrefour.

Petite annonce

- Jeune homme de 24 ans, bénévole au Carrefour, diplômé du BTS Assistant de direction cherche un emploi administratif. Maîtrise les logiciels Word, Excel, Access et Works. Possibilité d’aide pour l’employeur.
- Assemblée Générale extraordinaire du Secours Populaire Français de Dunkerque le 10 décembre 2004 à 18 h à la Maison de quartier de la Tente verte à Dunkerque Rosendaël.

- Recherche bénévoles pour s’investir et tenir le local de Rosendaël.

En direct des associations : Puissances T

Son objet :
Promouvoir l’expression et l’information des personnes en situation précaire.

Son siège :
Maison des associations
77 rue de Soubise
59140 Dunkerque
tél : 03 28 58 93 91
en cas d’urgence
06 17 44 48 52

Ses permanences :
Tous les mercredis
de 18 h à 20 h
à la Maison des associations

Son journal :
« Puissances T, se mobiliser pour l’emploi. »

Son site : www.puissancest.com (indisponible)

Son bureau :

Président d’honneur :
Roger Lalouette
Président : Jacques Vandercamer
Trésorier : Philippe Grimonprez
Responsable du journal : Doris Grimonprez
T comme Travail ou comme Tremplin

Le Carrefour des solidarités vient d’accueillir un nouveau membre : l’association Puissances T. Isabelle Damiani et Jean-Marie Gueuret les ont rencontrés récemment.

Faisons connaissance.

Nous sommes reçu, très simplement, autour de la table de la cuisine par Jacques Vandercamer, Président de l’association et maître des lieux, et Philippe Grimonprez, le trésorier. Le chat de Jacques rôde. Il finira par se blottir dans les bras d’Isabelle. Jacques est intarissable. On le sent passionné. Dans son flot de paroles, il est parfois difficile de trouver l’ouverture pour une question. Mais quand on réussit, on se sent écouté et compris. La réponse vient, pertinente et argumentée. Philippe est attentif et approbateur.

Ce qui vient en premier, ce sont les paumés, en panne, sans bouleau et qui s’enfoncent. L’association les reçoit dans sa permanence hebdomadaire. Mais l’important, c’est de les trouver, parce que leurs pas ne les mènent pas facilement vers l’association. Alors le bouche à oreille fonctionne. Les affichettes réparties çà et là, aux ASSEDIC, à l’ANPE ou ailleurs ouvrent la piste. Ou encore, on va à leur rencontre dans la rue. Après, c’est beaucoup d’écoute, d’accompagnement, de soutien pour rédiger tel ou tel dossier, de mise en relation avec tout un réseau qui pourra les aider à rechercher du bouleau, à obtenir des moyens de vivre, voire à redevenir eux-mêmes. Ne vous étonnez pas, par exemple, de voir Puissances T mêler à l’organisation d’un tournoi de pétanque sous la houlette de la Maison des aveugles. Les triplettes regroupent des voyants et des non voyants. Pour retrouver du travail, il faut se retrouver soi-même. Alors jouer avec des aveugles comme partenaires, c’est comme retrouver sa propre lumière.

Après ça, on peut parler de l’association elle-même. Un petit noyau actif, des adhérents plus nombreux. Toute personne aidée devient membre de l’association. Elle est née au milieu des années 90. Son premier Président, Roger Lalouette, en est aujourd’hui Président d’honneur et signe régulièrement l’édito du journal de l’association. Elle est issue des Alternatifs, mouvement politique de gauche. Mais elle se déclare apolitique. « Quand on fait du social, on ne fait pas de politique partisane, même si on continue évidemment à réfléchir politiquement », nous a dit Jacques. Lui et Philippe ont toutefois reconnu que cela faisait débat au sein de l’association. Son action ? Aider, débattre, se rencontrer.

Quant à son adhésion au Carrefour ? « Travailler ensemble pour travailler mieux au service des gens en difficultés », répond le Président d’honneur dans son dernier édito. « Se faire connaître et étendre notre réseau de partenaires, pour mieux répondre aux gens dans la panade » nous a dit plus concrètement Jacques. Messages reçus ?

Débat avec les élus

Il aura lieu finalement le mardi 7 décembre de 15 h à 17 h dans les locaux de la Maison de quartier de Dunkerque Sud, rue de Soubise.

Au cours de cette réunion de travail, nous souhaiterions échanger nos points de vue avec eux sur les questions suivantes :

- le rôle spécifique des associations caritatives et humanitaires dans le champ de la solidarité,
- les attentes réciproques des élus vis-à-vis de ces associations et des associations vis-à-vis des élus,
- la reconnaissance ou non du caractère de service public du travail associatif,
- la continuité des engagements réciproques, en particulier financiers, entre pouvoirs publics locaux et associations et l’évaluation nécessaire de l’utilisation de l’argent public par les associations.

Etre bénévole aujourd’hui

Plusieurs jours de formation destinés aux membres des associations du Carrefour, ont été consacrés ces derniers mois à cette question. En voici quelques échos.

Pour beaucoup l’entrée dans cette formation a représenté une certaine plongée dans l’inconnu et même suscité, pour certains, quelques appréhensions. A la sortie, l’évaluation faite par chacun des participants s’est révélée finalement assez positive.

Le partage et l’écoute semblent être les mots qui reviennent le plus souvent dans les appréciations apportées par chacun. L’écoute de soi et celle des autres, la découverte des buts et des valeurs communs à tous les bénévoles comme le respect entre les associations présentes viennent compléter l’analyse. L’ambiance conviviale et la qualité d’écoute de l’animatrice semblent avoir permis de dépasser les appréhensions du début.

En somme, le bilan de ces journées de formation semble être globalement positif s’il est vrai que le travail essentiel du bénévole d’une association caritative ou humanitaire est celui de l’accueil et de l’écoute des autres.

Pour autant, accueillir et écouter, c’est parcourir un chemin avec les personnes de son association comme avec celles qui sont dans la difficulté ou dans la pauvreté. S’interroger sur ce chemin et sur la direction qu’il doit prendre sera le sens des suites qui seront proposées par le Carrefour à cette première partie de formation.

Pour soutenir le responsable dans l’organisation et la gestion de la communauté, l’association Emmaüs Dunkerque recrute un coordinateur d’activités
Adresser les candidatures au 62 rue de la Gare, 59760 Grande Synthe Les 26, 27 et 28 novembre prochain
Collecte de la banque alimentaire
De nouveaux points de collecte vont être créés. L’aide de tous est attendue.

Le Carrefour des solidarités, c’est 16 associations

Plus de 800 bénévoles, plus de 500 professionnels et plusieurs milliers de citoyens pauvres.

L’A.A.E. (Association d’Action Educative), l’A.F.A.D. (Association d’aide familiale à domicile), l’A.J.S. le bon emploi de la solidarité, l’Armée du Salut, A.T.D. (Aide à toute détresse) Quart Monde, A.C.L. (Association Cité Liberté) Proxi Pol, Emmaüs, La Croix Rouge, le P.A.C.T. (Protection, amélioration, conservation, transformation de l’habitat), Le Phare, Puissances T, le Secours Populaire, les Restaurants du Cœur, Association Louise Michel, le Secours Catholique, la Société Saint Vincent de Paul.

Comité de rédaction : Christine Ammeloot, Jocelyne Bot, Thérèse Caulier, Isabelle Damiani, Jean-Marie Gueuret, Françoise Lavoisier, Pierre Morel, Pierre Mulliez 6-8 rue du Ponceau, 59140 Dunkerque - tél 03 28 63 70 40 - fax 03 28 63 70 60 - e-mail : chantiers@carrefourdessolidarites.org

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