Le journal n°37 - Mai 2004
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Sommaire

- Quelle place ont les personnes pauvres dans nos associations ?
- En direct des associations
- Ce journal est le vôtre
- Nouvelles adhésions
- Du manche à balai à l’accompagnement social
- Communiqué

Agenda du Carrefour

Les 13 et 17 mai - Formation sur les lois de l’immigration - proposée par l’URIOPSS à la Maison de quartier de Dunkerque Centre - 36 rue de Soubise

Les 15 et 16 mai - Portes ouvertes - A Emmaüs de 10 h à 18 h - 62 rue de la gare (quartier du Moulin) à Grande Synthe

Mardi 18 mai - Commission Femme, famille de 14 h à 16h - dans les locaux du Carrefour
Sur le thème :
Les relations et/ou les conflits intergénérationnels - Rencontre co-animée par
Madame Brigitte Decatoire de l’association « Aladho » Comme annoncé dans le dernier « Au carrefour », notre assemblée générale a été un lieu d’échange entre les associations et les partenaires institutionnels présents. En voici quelques échos.

Quelle place ont les personnes pauvres dans nos associations ?

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Autant d’associations, autant de pratiques : de la présence chaleureuse à l’accompagnement exigeant en passant par toutes les sortes d’aide directe. Certaines profitent de l’aide apportée pour fournir de l’information concrète. Mais la première demande des familles et leur premier besoin, c’est le service qu’on leur apporte. De quel droit leur imposerions-nous autre chose ? Pour d’autres, l’essentiel est que ces personnes retrouvent les ressorts de se battre et d’agir comme citoyens. Leur permettre de se constituer et de vivre en communauté est une autre réponse.

On voit bien que chacune des associations a son mode d’intervention qui vient de son expérience. C’est la richesse du Carrefour que de permettre des échanges exigeants entre elles. Si notre première vocation est la solidarité, celle-ci n’est pas séparable de la montée en citoyenneté. Les pauvres ne sont décidément pas des citoyens de seconde zone.

3 nouvelles questions

Elles ont été exprimées au cours du débat et, même si certaines ne sont pas complètement nouvelles, nous continuons à être démunis pour y répondre avec une complète pertinence.
- les jeunes
- les personnes immigrées en voie de régularisation
- les personnes atteintes d’une maladie mentale.

Des institutions locales aussi déconcertées que les associations ?

Nous avons rappelé fortement que le nombre des personnes souffrant de leur situation de précarité augmentait à nouveau fortement. Nos ressources, celles que nous pouvons partager comme celles qui nous permettent de nous organiser, diminuaient. Les rares institu-tions représentées l’étaient par des personnes qui sont intervenues plus comme des militants que comme les représentants de leur institution. Celles-ci seraient-elles aussi déconcertées que les associations face à cette situation ?

En direct des associations

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Une semaine de solidarité au lycée Vauban
par la Conférence Saint Vincent de Paul de Dunkerque

Nous avons participé à la « semaine de solidarité » organisée au lycée Vauban les 23, 24, 25 et 26 mars dernier. Madame Joëlle Legros responsable de la pastorale catholique a eu une superbe idée d’inviter toutes les associations caritatives du dunkerquois : les Restos du Cœur, le Secours Catholique, les Petits Frères des Pauvres, Capucine, la Lutte Contre le Cancer, etc… Nous avions à notre disposition un stand où nous pouvions présenter notre association et répondre aux questions des élèves fort intéressés par ces associations sorties par miracle d’une boite à surprises ! Des conférences dans les classes étaient organisées afin de pouvoir expliquer en détails nos actions, notre bénévolat auprès des familles les plus démunies, nos échanges, nos craintes, nos joies et nos convictions. J’ai été agréablement surprise par l’attention de ces élèves curieux, intéressés par les différentes causes de la misère qui les entoure. Il est important de sensibiliser les jeunes au vrai monde qui les entoure. Ils ont appris ce que représente le seuil de pauvreté, les prix des aliments et surtout des couches et du lait maternisé. Nous leur avons donné beaucoup d’exemples vécus par nos familles et je pense qu’ils ont été interpellés par la pauvreté et l’exclusion dans leur propre ville. Beaucoup de bonnes volontés se sont manifestées après les dialogues échangés entre nous. Joëlle me remettra un questionnaire où les élèves se seront exprimés sur ces journées, donnés des idées ou leurs coordonnées. J’espère renouveler cette expérience très enrichissante de par et d’autre l’année prochaine et pourquoi pas dans d’autres lycées de la région. Je remercie toutes les personnes qui sont venues nous aider pendant ces quatre jours. Merci à Joëlle et son équipe.

Christine JOSEPH

Alerte
Lancée par les bénévoles d’Emmaüs famille

50 ans après l’appel de l’abbé Pierre, 2004 nous apparaît comme une année noire pour les personnes en situation de pauvreté qui viennent nous voir toujours en plus grand nombre.

Comme dans toutes les associations caritatives, nous sommes affolés par cette augmentation de la misère. Notre capacité d’accueil est atteinte. Désormais, il nous faut « choisir » les familles que nous acceptons encore – celles les plus démunies – largement en dessous du barème.

Pour les secours ponctuels, (dépannages) c’est la même chose ! Le nombre des familles envoyées par les assistantes sociales a doublé par rapport à l’an dernier.

Que se passe-t-il ? La situation économique de notre région n’est pas bonne. Des usines ferment ou licencient. Il y a donc augmentation du chômage. En plus, les nouvelles mesures sociales du gouvernement font que beaucoup de chômeurs (265 000 en France) ont vu leurs indemnités cesser au 1er janvier (même si le problème a trouvé sa solution provisoirement). Il ne leur restera que le RMI, accordé après 3 mois de démarches, Deux fois par semaine nous sommes devant des situations de détresses : « j’avais 800 € de chômage, depuis janvier je n’ai plus que 362 € de RMI. Comment voulez-vous que j’en sorte ? » « MES AMIS, AU SECOURS ! » lançait l’abbé Pierre en 1954

Aujourd’hui, nous, bénévoles à Emmaüs, nous disons, comme le collectif en 1995 :

« ALERTE ! »

En nous adressant aux femmes et aux hommes engagés politiquement au service de la France. Sans oublier que c’est aussi à chacun de nous de recevoir cet appel dans ce pays où la société de consommation « écœurante » incite à l’égoïsme.

Ce journal est le vôtre

Parlez-nous de vos initiatives, de vos réflexions, de vos expériences, de vos questions… Envoyez-nous un texte ou téléphonez-nous, on passera pour recueillir ce que vous avez envi de dire.

En direct des associations

L’A.F.A.D.,

Association Familiale d’aide à domicile

c’est :
- 70 adhérents
- 30 T.I.S.F. (techniciennes de l’intervention sociale et fami-liale)
- 16 aides ménagères
- plus de 200 familles aidées chaque mois
- un Conseil d’administration. de 7 membres bénévoles
- une Présidente : Mme Béatrice Czyolzyk
- un bureau de 5 membres

La prochaine Assemblée Générale de l’AFAD aura lieu Le 26 mai à la ferme de la Brique d’Or Craywick
Même si vous n’êtes pas membre de l’association, vous êtes invité à venir la découvrir l’après-midi

AFAD, Dunkerque Littoral
33 rue du Marais
59640 DUNKERQUE
Tél : 03 28 25 31 32

Nouvelles adhésions

C’est avec plaisir que nous avons reçu la demande d’adhésion au Carrefour de deux nouvelles associations :
- Puissance T
- L’Ordre de Malte

Une délégation du C.A. est chargée de faire plus ample connaissance avec elles avant que celui-ci ne se prononce, lors de sa prochaine réunion, sur leur entrée au Carrefour.

Du manche à balai à l’accompagnement social

Au Carrefour, deux grandes familles d’associations se retrouvent : celles dont l’action est menée par des personnes bénévoles, celles dont le service est assuré pour l’essentiel par des professionnels salariés. Les objectifs sont communs. Les histoires sont souvent différentes, les approches divergent parfois, les problèmes ne sont apparemment pas identiques. Mais, c’est cela la richesse du Carrefour. Aujourd’hui, c’est une association de professionnelles que nous vous invitons à redécouvrir : l’A.F.A.D., l’association familiale d’aide à domicile.

Les travailleuses familiales, chacun connaît. Ce sont ces femmes qui viennent à la maison, aider les familles en difficultés passagères pour faire face aux besoins quotidiens : cuisine, ménage, rangement, sécurité des enfants, etc. Parmi les travailleurs sociaux, elles sont les mieux comprises. Leur simplicité, leur proximité, leur qualité d’écoute et leur efficacité sont a priori fortement appréciées.

Pas de problème alors ? Mehdi Guirous, leur directeur, nous répond avec son grand sourire : « Notre métier évolue parce que le public auprès duquel nous intervenons change. Nous voyons aussi de mieux en mieux les vraies raisons de nos interventions. Grosso modo, on pourrait dire que le manche à balai s’estompe. »

Traduisons. A la demande de leurs financeurs, la Caisse d’allocations familiales et le Conseil Général, ils privilégient de plus en plus l’intervention auprès des familles dont les problèmes sont les plus lourds : perte des repères sociaux, inadaptation à la société environnante, spirale de la pauvreté, etc. L’objectif de leur intervention continue bien sûr à aider les familles à faire face aux besoins les plus urgents et les plus élémentaires. Mais il est surtout de leur permettre de réapprendre à y faire face par elles-mêmes : s’organiser, faire des choix, se réapproprier leur lieu de vie. C’est pourquoi la profession s’est enrichie. L’A.F.A.D. emploie aujourd’hui 16 aides ménagères et 30 techniciennes de l’intervention sociale et familiale. Ce nouveau nom qui fleure bon son technocrate gestionnaire voudrait signifier que le métier accentue de plus en plus son caractère pédagogique. On devine bien que faire à la place de quelqu’un ou accompagner une famille pour qu’elle retrouve le ressort et les savoirs faire nécessaires à une vie quotidienne digne et autonome, demande une technicité différente. D’ailleurs, l’exercice du métier suppose aujourd’hui une formation spécifique de deux ans.

Leurs recherches actuelles ? Comment construire avec les familles, au moment où elles vont intervenir, une forme de contrat de partenariat ? Comment signifier concrètement que les familles vont être amenées à apporter quelque chose dans cet échange de service ?

Communiqué

Chemin de Pâques
Spectacle musical de John Featherstone
Le samedi 22 mai à 20 h 30, à l’église Saint Jean Baptiste à Dunkerque
Joué et chanté par une chorale œcuménique de soixante jeunes et enfants

La nouvelle organisation du Carrefour

Chaque Assemblée Générale est l’occasion de renouveler une partie des membres du Conseil d’Administration et de redéfinir les différentes responsabilités. En voici la primeur.

3 nouveaux membres au Conseil d’administration

Madame Janet Fernandez : elle est Vice Présidente de l’A.A.E.. Elle s’est investie par ailleurs dans un certain nombre d’associations qui se consacrent aux jeunes.

Monsieur Mehdi Guirous : il est directeur de l’A.F.A.D. (association que nous présentons par ailleurs). Il a été élu dans le collège des personnes qualifiées.

Madame Christine Joseph : elle est présidente de la Conférence Saint Vincent de Paul de Rosendaël et du conseil local de ce mouvement.

Un bureau resserré

Présidente : Madame Thérèse Caulier

Vice Président : Monsieur Pierre Mulliez

Vice Président : Monsieur Jean-Marie Gueuret

Trésorière : Madame Françoise Lavoisier

Secrétaire : Madame Jocelyne Bot

Par ailleurs, chacun des membres du C.A. suivra soit une commission de travail, soit un groupe de travail. La liste vous en sera communiquée dans notre prochaine parution.

Rectificatif : à la demande de Monsieur Ferey, Sous Préfet de Dunkerque, nous rappelons volontiers que dans le cadre de la politique de la ville, l’Etat nous apporte sa contribution financière, à côté de celle du Conseil Régional du Nord-Pas de Calais.(cf notre article sur « nos finances au bord de la rupture »). Ajoutons que, sur le fond, cela ne change en rien les difficultés de notre situation.

Ce journal est destiné à tous les membres, bénévoles ou professionnels, des associations du Carrefour et à nos partenaires. Mais nous n’avons pas le budget pour imprimer, chaque mois, les 1500 exemplaires nécessaires. Alors

Diffusez le, photocopiez-le, distribuez-le dans votre association

Le Carrefour des solidarités, c’est :

Plus de 800 bénévoles, plus de 500 professionnels et plusieurs milliers de citoyens pauvres.

L’A.A.E. (Association d’Action Educative), l’A.F.A.D. (Association française d’aide à domicile), l’A.J.S. le bon emploi de la solidarité, l’Armée du Salut, A.T.D. (Aide à toute détresse) Quart Monde, A.C.L. (Association Cité Liberté) Proxi Pol, Emmaüs, La Croix Rouge, le P.A.C.T. (Protection, amélioration, conservation, transformation de l’habitat), Le Phare, le Secours Populaire, les Restaurants du Cœur, Association Louise Michel, le Secours Catholique, la Société Saint Vincent de Paul.

Comité de rédaction : Christine Ammeloot, Thérèse Caulier, Isabelle Damiani, Jean-Marie Gueuret, Françoise Lavoisier, Pierre Morel, Pierre Mulliez 6-8 rue du Ponceau, 59140 Dunkerque - tél 03 28 63 70 40 - fax 03 28 63 70 60 - e-mail : chantiers@carrefourdessolidarites.org

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