Le journal n° 99 - jlt-at 2009

Journal de juillet-août 2009, n° 99

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journal de juillet-août 09

Sommaire

- Edito : A vos plumes !
- Premier « Apéro Carrefour »
- L’ETRANGER (poème)
- Conversation avec Didier et Mandoline
- Le droit au logement
- L’U.R.I.O.P.S.S. se rapproche de ses adhérents
- La faim dans le dunkerquois, qu’en savons-nous vraiment ?
- L’observatoire partenarial de la solidarité
- La pensée du mois
- Des livres pour l’été, proposés par Thérèse Caulier

Edito : A vos plumes !

« ‘En direct du Carrefour’ est votre journal. A vous de le faire vivre. Ne manquez pas de nous faire partager les évènements, les manifestations, les actions nouvellement mises en place au sein de vos associations… N’hésitez pas à faire part de vos remarques et suggestions au comité de rédaction. » Ainsi écrivait Thérèse Caulier, première éditorialiste du n°1 de notre petit journal, paru en octobre 2000. On pourrait presque signer le même éditorial aujourd’hui que se prépare pour la rentrée le n° 100. Et, dites-le autour de vous, on aimerait bien être entendu et recevoir plein de contributions, gentilles, émouvantes, méchantes ou rigolotes. A vous de voir.

C’est vrai. Dans les premiers temps, nous rappelait récemment Thérèse, on lui disait : « on aime bien recevoir chaque mois un petit coucou de ta part. » Sans nouvelle des associations, on laissait dans le journal une partie blanche, sans rien, en espérant que cela déclencherait d’autres envois. Et la vie n’était déjà pas un long fleuve tranquille. Dès le n° 2 de novembre 2000, on annonçait que les associations arrêtaient de faire les dépannages alimentaires tant que la fiche de liaison mise en place ne serait pas utilisée. Heureusement, depuis, les contacts ont été rétablis et les associations peuvent faire leur travail en bonne intelligence avec leurs partenaires.

Le réseau s’est agrandi en passant de 15 membres à 36 aujourd’hui. Le journal s’est étoffé. Des 2 pages du début, il en est arrivé à 8 pages régulières et parfois 10, comme pour celui du mois dernier. Des rubriques habituelles se sont ajoutées. A côté des « nouvelles associatives » et de « la vie du Carrefour », sont apparus « Conversation avec… », « Débat », « le coin de l’observatoire » ou encore « Entendu, reçu, échangé. » Dans notre dernier numéro, les rédacteurs exceptionnels ont tenté un « Livres ‘coup de cœur’ ». Le nombre de lecteurs a aussi grandi. D’une centaine de destinataires au tout début, on est arrivé aujourd’hui à 500 lecteurs du journal papier et à 200 lecteurs réguliers par l’intermédiaire du site. Il est même lu à La Rochelle, Grenoble, Rouen, Paris et sa banlieue, Lille, Hazebrouck et d’autres peut-être. Bon, mais ça, c’est la cerise sur le gâteau. Car nos destinataires privilégiés demeurent bien les membres de notre réseau local et leurs partenaires.

Des critiques ? Il y en a. Sur le ton. Certains le trouvent parfois trop rugueux. Sur le style. Un peu toujours le même. Mais, entre nous, comment faire autrement quand l’écrivain public est peu remplacé ? Sur le contenu. Ça se discute et c’est normal. On aimerait même que ça se discute plus. C’est bien pourquoi on a lancé l’’essai, manifestement avec succès, de changer de temps en temps d’animateur du comité de rédaction.

Mais, une fois de plus, c’est nous qui racontons. Pour une fois, si vous preniez la parole, ce serait formidable. Si vous nous disiez vos préoccupations actuelles. Si vous nous racontiez comment vous lisez ce petit journal. Si vous nous faisiez découvrir ce que vous aimez y lire, ce qui vous déplaît ou ce que vous aimeriez y trouver.

A vous. Prenez la balle au bond !

Le comité de rédaction

Premier « Apéro Carrefour »

Vendredi 19 juin dernier, premier « apéro carrefour » dans les locaux de l’Armée du salut. Pas la foule. Mais sympa et détendu.

Geneviève et Jean-Paul, nos hôtes, Stéphanie et Mélanie qui avaient préparé, ont accueilli la petite vingtaine de personnes venues partager quelques moments conviviaux. Echange de nouvelles. Echange de points de vue. Prises de rendez-vous. Et même, échange de recettes. Quelques uns sont venus juste le temps de montrer leur nez et de boire un coup. D’autres sont restés plus longtemps et ont entamé discussions et réflexions à partir de quelques expériences vécues et racontées. Jean-Paul a pu montrer à quelques uns la rénovation des locaux. Petits groupes, assis, debout. Une sauce à faire pleurer d’envie et à réjouir les papilles. A sept heures et demi, chacun s’en est retourné vers ses occupations ordinaires. Objectifs remplis. Simple et sympa. A renouveler. Merci à nos hôtes et à nos intendantes.

L’ETRANGER (poème)

Toi l’étranger
Le faible, le mal aimé
Tu nous offres la possibilité
De nous enseigner l’humilité

En t’accueillant parmi nous
Tu nous fais découvrir
Tes richesses d’humanité
Sans limites ni frontières pour aimer

Quelles que soient tes différences
Ce n’est pas un problème
Il est temps maintenant
De nous interroger sur nous-mêmes

La haine raciale, l’indifférence, la cupidité
Sont toujours d’actualité
Changeons nos mentalités
Notre avenir en dépend

Je te dédie ce poème
Pour continuer ton combat
La terre ne nous appartient pas
Elle nous aide à vivre

Nul n’a le droit
De se l’approprier
A nous de faire une place à l’étranger
C’est une priorité

Angèle BELLIER CACI

Conversation avec Didier et Mandoline

Didier nous a reçu sous sa tonnelle, construite de ses propres mains, dans la cours d’Emmaüs à Grande Synthe. Mandoline, sa chienne, nous est apparue de temps en temps, à la porte de la caravane mise à leur disposition par l’association, juste à côté. Elle sent ces inconnus, d’abord inquiète. Puis rassurée, elle se retire au fond de la caravane…

Il est des chiens qui en disent plus long sur leur maître que ce que leur maître ne vous dit de lui-même. Didier et Mandoline, eux, vous en disent autant l’un sur l’autre. Didier a l’avantage de la parole. Il nous a raconté sa vie, sa philosophie, ses amours, avec des mots simples, presque bruts de décoffrage. Mais, à bien observer Mandoline, elle nous en a dit tout autant.

On est trois. Didier, Isabelle et moi, Jean-Marie. Que dis-je ? Quatre, avec Mandoline. Dans le cercle, je suis le nouveau. Pas l’intrus. L’accueil a été formidable de gentillesse et de simplicité. Mais celui qu’on ne connaissait pas bien. Alors, il faut d’abord sentir, tester, comprendre ce petit nouveau. Renifler aurait dit Mandoline. Introduit dans le cercle par Isabelle, c’était déjà un a priori positif. Elle, l’une de ses sœurs, ils connaissent. Elle sait ce qu’ils vivent. Pas besoin de grand discours. Alors notre conversation a été à l’image de Mandoline. Didier pointait son nez à la porte. Il nous racontait une tranche de vie, un petit bout de son art de vivre. Sentait la réaction. Et puis, rassuré, sans en dire beaucoup plus, il se retirait en lui-même, avec le sourire.

Par bribes, il nous a raconté son enfance. Ses souffrances de môme, lourdement handicapé à cause de la bêtise d’un autre môme. La révolte qui est progressivement montée dans l’institution où on l’a obligé à vivre, jusqu’à sa première vraie connerie, face à une « tête de con ». Et puis, ses métiers. Un vrai pro de la couverture, zinguerie, tôlerie et le reste. Ses différents parcours.

Isabelle, qui n’était pas à sa première conversation avec eux, aurait bien voulu qu’il nous livre la richesse de leur expérience. Les femmes ? Il en a aimé et même chéri. Elles ne le lui ont pas toute rendu. « Mais, leur place n’est pas dans la rue. Y a pas d’hygiène possible. » Les enfants ? « Si je tiens à la vie, c’est pour ma fille. » La famille ? « Je préfère avoir des copains que de la famille. » La façon dont les institutions sont incapables de s’ouvrir à ceux qui ne leur ressemblent pas ? « Quand je me suis réveillé à l’hôpital, après mon opération, j’avais encore plein de sang dans la gueule. On ne me soignait pas. Je me suis barré. » La rue ? « On est libre. Tu fais ce que tu veux. On n’a pas le garde chiourme qui vous dit ce qu’il faut faire à telle heure. On a des sacs. Mais quand il pleut, ça pisse à travers. » La solidarité ? « Un jour, on a trouvé une femme désespérée. Elle nous a causé et on l’a écouté. Elle s’en est sortie. Tu vois, mon pote, même quand on est dans la rue, on fait aussi du social ! » Les longues conversations avec Mandoline, le soir. Les flics ? « Certains nous aident. » Les professionnels ? « Il faudrait pas qu’ils oublient que s’ils ont un travail, c’est grâce à nous. Mais il y en a des super. La toubib, l’autre jour. Elle a été tout de suite simple et amicale. Je me suis excusé de ne pas m’être lavé avant de venir chez elle. Mais, pour elle, un malade, c’est un malade. » Le puit sans fond de l’alcool ? « Quand on était chaud, on se comprenait. Pourtant, arrêter, je l’ai fait. » La santé ? « J’ai souvent envie de crever. Mais parfois, y en a marre d’avoir mal. Alors on se soigne. » Des projets ? « J’en ai fait. Certains ont même reçu un 20/20. Mais quand on ouvre une porte, elle se ferme et ça tombe à l’eau. »

A chaque fois qu’on esquissait un sujet, comme avec Mandoline, un bout de visage apparaissait et puis, avec le sourire, disparaissait.

L’essentiel, ils nous l’ont pourtant livré. « Le monde se divise en deux. Il y a les têtes de con et les autres. Au premier regard, tu sais à qui tu as à faire. Les premiers, sans s’en rendre compte, ne n’écoutent pas. Ils parlent à ta place. Stop ! Au mieux, on peut les utiliser pour ce qu’ils peuvent t’apporter quand même. Les autres ? Là, il faut pas faire n’importe quoi. Il faut d’abord les rassurer. Je sais que je peux faire peur avec ma tête. Pourquoi crois-tu que, parfois, je parle vite en disant tout et n’importe quoi ? J’aime ça, bien sûr. Mais, c’est parce que je sais que ça rassure. Après, on peut parler, échanger. Quand je fais la manche et que je tombe sur ce genre de personne, je ne peux pas m’empêcher de leur donner en échange de leur pièce, l’un de mes petits objets, faits par moi à partir de mes récupérations. Ça leur montre ce que je sais aussi faire de mes mains. »

Et puis ? Rideau. Sourire. Mandoline, comme Didier, apparus à la porte, s’en sont retournés au fond de leur caravane. C’est ça, la liberté. Et on ne la leur enlèvera pas. Quitte à partir ailleurs. Et c’est prévu. Si tout va bien.

Mais pourquoi certains s’obstinent-ils donc à vouloir séparer les gens de la rue de leur chien ? Devinez dans quelle catégorie on pourrait les placer.

Isabelle et Jean-Marie avec l’accord de Didier et de Mandoline

Le droit au logement

Depuis le début de l’année dernière, chaque citoyen peut se retourner contre l’Etat s’il ne trouve pas à se loger. Mais, pas à n’importe quelle condition et pas n’importe comment. C’est ce qu’est venu nous rappeler A.T.D. quart monde lors d’une réunion de travail ouverte à tous, le mois dernier.

« Pour la première fois, un droit fondamental est garanti par l’Etat » a rappelé d’emblée, Jean-Yves, d’Aide à Toute Détresse quart monde (A.T.D.). Mais, attention, pas à n’importe quelle condition. Comme il n’était pas possible concrètement à l’Etat d’assurer un logement aux 2 millions de français qui sont aujourd’hui mal logés, il a restreint ce droit aux personnes qui se trouvent dans les conditions suivantes :

- être réellement sans logement,
- être menacé d’expulsion,
- être en centre d’hébergement, demander un logement et n’avoir aucune réponse.
- Être dans un logement insalubre ou dans un logement surpeuplé en particulier s’il y a des enfants mineurs ou handicapés,
- Être demandeur d’un logement H.L.M. depuis plus de 2 ans et n’avoir reçu que des réponses négatives de la part des « bailleurs » sociaux (organismes H.L.M.)

Si on se trouve dans ces conditions, qu’on est en situation régulière (les sans papiers sont exclus de ce dispositif) et qu’on est de bonne foi, on peut alors déposé un dossier auprès de la Préfecture.

Ce dossier sera d’abord étudié avant d’être soumis à une commission de médiation. Etude du dossier et avis de la commission doivent être rendu avant six mois. Le Préfet a alors à nouveau six mois maximum pour prendre les dispositions préconisées par la commission. Au-delà de ces délais, si rien ne s’est passé, la personne concernée peut intenter un procès à l’Etat par l’intermédiaire du tribunal administratif.

Telles sont les dispositions générales de ce nouveau droit, plus connu par les professionnels sous le nom de « loi DALO ».

Bien évidemment, dans la réalité, les choses sont parfois plus complexes. Les échanges qui ont eu lieu au cours de notre réunion de travail l’ont montré. Il est impossible d’en rendre compte totalement ici. Toutefois, nous vous proposons de retenir les quelques idées suivantes :

- ce nouveau droit ne semble pas être aussi connu qu’il le devrait. Le nombre de dossiers réellement déposés depuis plus d’un an n’est pas aussi important que prévu. Nous avons donc le devoir d’informer nos différents usagers. Certaines associations, comme A.T.D. Quart Monde, d’autres aussi sans doute, sont prêtes à vous aider si vous prenez une initiative de ce genre.
- Les associations ont un rôle éminent à exercer auprès de leurs usagers pour les accompagner dans la démarche éventuelle qu’ils seraient amenés à entreprendre. Toutefois, il est indispensable de faire appel aussi à des professionnels pour aider la personne concernée dans la rédaction de son dossier et dans le suivi de ce dernier.
- Alors qu’elles en ont le devoir, il semble que toutes les mairies ne mettent pas concrètement à disposition de leurs citoyens le dossier qu’ils sont susceptibles de remplir. Nous menons une enquête sur ce point dans notre agglomération. Nous vous en donnerons les résultats prochainement.

L’U.R.I.O.P.S.S. se rapproche de ses adhérents

L’URIOPSS, vous connaissez ? Sans doute, si vous y adhérer. Pour sa part, le Carrefour des solidarités est dans ce cas. N’empêche. Sauf à être un gestionnaire d’association qui travaille dans le sanitaire ou le social pour lequel ce gros réseau régional remplit un rôle de service, de veille et d’alerte, vous ne l’avez sans doute jamais rencontré. Pour l’heure, il cherche à se rapprocher de ses adhérents. Voyons comment.

En réalité, même si cela ne vous dit pas grand-chose, vous en avez déjà entendu parlé, voire vous l’avez déjà rencontré. C’est lui qui a organisé, l’année dernière, les assises régionales de l’insertion et certains d’entre vous y ont participé. C’est lui aussi qui propose chaque année des formations dont nous nous faisons le relais. La dernière concernait les questions sur le droit d’asile. C’est lui aussi qui est le support régional du groupe « Alerte ! », lequel vient de coordonner la rédaction d’un texte concernant les migrants auquel certaines associations de notre réseau ont participé.

Quoi qu’il en soit, il n’est pas évident de rassembler un peu moins d’un millier d’associations à l’échelle régionale, de parfois parler en leur nom, et de rester branché aux problèmes et questions de chacun de ses adhérents. Voire, la perception qu’on peut avoir des problèmes au sein d’une métropole comme celle de Lille-Roubaix-Tourcoing, n’est sans doute pas la même que celle qu’on peut avoir dans chacun des autres territoires de la région. Enfin, les interlocuteurs publics de chacun de ces territoires ont leurs propres caractères, voire leur propre histoire. Ce n’est pas à une équipe centrale de développer des relations, pourtant nécessaires, avec les élus locaux, voire les différentes administrations décentralisées dans les territoires.

C’est déjà un membre local de l’U.R.I.O.P.S.S. qui le représente dans les différentes instances de concertation. Encore faut-il que l’équipe centrale prenne l’initiative de mandater le représentant de ce membre. Et ça peut demander plusieurs années… Les administrations, même privées, ont souvent des chemins mystérieux.

Mais, s’est demandé l’équipe centrale de l’URIOPSS, pourquoi ne pas tenter d’organiser, à l’échelle locale, les membres adhérents ? L’expérience a été menée d’abord dans le département du Pas de Calais. Elle semble fructueuse. Quelques délégués locaux ont pour charge d’animer le réseau des adhérents à l’URIOPSS, voire plus largement, en fonction des sujets abordés, et assurent la vitalité des relations avec l’équipe centrale. C’est au tour du département du Nord d’organiser.

C’est le sens de la deuxième visite que vient de nous rendre le Président de l’URIOPSS, accompagné du directeur général et du correspondant technique pour le littoral. Nous n’étions pas nombreux, mais tous évidemment en accord avec les propositions qui nous étaient faites. Notre propre expérience de mise en réseau des associations, à l’échelle locale, dans le Carrefour des solidarités nous avait d’ailleurs amené à être parmi ceux qui réclamaient un tel rapprochement. Toutefois, le Carrefour ne rassemble pas tous les adhérents de l’U.R.I.O.P.S.S. à l’échelle locale et il ne prétend pas jouer le même rôle que lui. Nous n’en avons pas les moyens, ni humains, ni financiers. C’est pourquoi, si nous sommes déterminés à participer à la délégation locale, il nous paraît important que d’autres membres locaux de l’U.R.I.O.P.S.S. viennent compléter le dispositif.

C’est pour préciser tout cela, qu’une nouvelle réunion de travail sera programmée après l’été.

La faim dans le dunkerquois, qu’en savons-nous vraiment ?

Des témoignages de personnes qui n’ont rien à manger pour la journée ? Chacun en a quotidiennement. Qui sont-elles ? 6 associations depuis plus de 12 ans recueillent des informations. Mais, en réalité, nous n’avons qu’une vue partielle du phénomène collectif. Faisons le point.

Quelques certitudes. Les 6 associations membres du Carrefour des solidarités qui pratiquent l’aide alimentaire ont accueilli régulièrement en 2008 un peu plus de 1000 ménages regroupant près de 3400 personnes. Les mêmes associations ont dépanné, pendant la même période, plus de 2000 ménages, regroupant de l’ordre de 6000 personnes. Une certitude, très peu de ces ménages ont été accueilli ensuite dans le cadre de l’aide régulière. On peut donc affirmer que 3000 ménages regroupant 9400 personnes ont été aidé par les associations parce qu’elles n’avaient pas de quoi manger.

De son côté, les Restos du cœur annoncent qu’ils sont venus en aide à près de 10 000 personnes au cours de la même période. Doit-on les additionner aux précédentes ? Non. D’une part les Restos du cœur globalisent leur intervention qui comprend le Calaisis, l’Audomarois et la Flandre intérieure. D’après les chiffres communiqués il y a trois ans, les Restos du cœur indiquaient qu’il ne fallait prendre que les 2/3 de leurs interventions pour approcher leur activité sur le territoire de la Flandre maritime, soit près de 6 000 personnes. Notre enquête 2008 nous a montré que près de 70 % des personnes inscrites à l’aide régulière des 6 autres associations avaient l’intention de s’adresser aussi aux Restos du cœur. On peut donc en conclure qu’au total, c’est près de 8 400 personnes qui ont besoin de l’aide des associations pour moins avoir faim et 6000 autres personnes qui obtiennent une aide ponctuelle.

Ces chiffres ne comprennent ni les centaines de repas apportés par les associations aux personnes migrantes de passage sur notre territoire, ni la centaine de repas servis tous les jours à l’accueil de jour de la Fondation de l’Armée du Salut, ni les aides financières apportées par d’autres associations pour les mêmes objectifs ni les différentes interventions des C.C.A.S.

Que pouvons-nous conclure de cette triste arithmétique ?

Que la misère alimentaire touche, de façon régulière ou de façon exceptionnelle près de 10 % de la population de notre territoire. Ce n’est donc ni un phénomène marginal ni une série de problèmes individuels.

Que la dispersion et la non coordination des intervenants masque la réalité.

Qu’à ne sortir des chiffres qui ne mettent qu’en lumière l’intervention des différentes organisations et qui ne s’intéressent pas vraiment aux personnes qui souffrent, on peut continuer longtemps sans voir ce qui se passe vraiment.

Les analyses que nous avons pu faire du budget des ménages qui ont une aide alimentaire régulière corroborent pleinement les témoignages qu’ils nous donnent tous les jours. En réalité, au début de chaque mois, ces familles se posent la question : que vais-je faire ? Manger, payer mon loyer ou payer mon électricité et mon eau ? C’est parce que les ressources qu’elles ont, en particulier les minima sociaux ou les prestations sociales, ne leur permettent pas de faire face à l’ensemble de leurs obligations de survie. Le sentiment de beaucoup, c’est que les aides publiques, qu’elles soient nationales, départementales ou locales ne représentent que le petit bol d’air pour ne pas se noyer avant qu’on ne les replonge sous l’eau. La crise, cela fait longtemps qu’ils la connaissent. Quels responsables publics entendront leurs cris sans répondre immédiatement qu’ils sont incompétents et qu’il faut crier ailleurs ?

L’observatoire partenarial de la solidarité

Suite à une demande formulée lors des dernières assises de la solidarité, le conseil d’administration de l’AGUR a validé la création d’un observatoire partenarial de la solidarité à l’échelle de l’agglomération Dunkerquoise, en lien étroit avec le Carrefour des solidarités. Son comité technique restreint vient de se réunir.

Un comité technique restreint a en effet été constitué. Il rassemble pour l’instant des techniciens de l’AGUR, du Carrefour des solidarités, de la direction territoriale du conseil général et de la Caisse d’allocations familiales. Il devrait être complété sous peu de techniciens d’un ou plusieurs C.C.A.S. Il pourra s’élargir en fonction des sujets traités.

Au cours de cette première réunion, trois types d’action ont été proposés.

Action 1 : un état des lieux des populations en situation de précarité

Réaliser un état des lieux de la précarité dans le Dunkerquois. A combien estime-t-on la population en situation de précarité ? Quelles évolutions ? Quelles caractéristiques ? Quelles pratiques ? Quelles spécificités ?

Il s’agit dans un premier temps d’utiliser les données chiffrées existantes. La question de l’accès aux données est essentielle. La pertinence du diagnostic en dépend. Dans un deuxième temps le diagnostic pourra être enrichi par des entretiens auprès d’experts de l’action sociale et éventuellement de populations en situation de précarité.

Deux échelles d’observation ont été retenues : l’agglomération et la commune. Par la suite, selon la problématique, et lorsque les données le permettront, des zooms pourront être effectués à l’échelle infra communale.

Plusieurs champs d’observation ont été proposés : Revenus, logement, emploi-chômage, éducation-formation, aide sociale, santé.

Un certain nombre de données potentiellement exploitables ont été identifiées.

Action 2 : un état des lieux des réponses collectives

Réaliser un état des lieux des acteurs de l’action sociale dans le Dunkerquois. Identifier qui fait quoi, valoriser les expériences intéressantes (ex : Saint-Pol-sur-Mer et Grande-Synthe).

Action 3 : un état des lieux des difficultés rencontrées par les usagers

Repérer les disfonctionnements « administratifs », les délais d’attentes, les populations « hors dispositif », en rupture de droits. A partir de cas concrets, rendre lisible les parcours des populations.

La pensée du mois

 :

« La vie est une rose, respires-la et donnes-la à ton ami »
Proverbe kurde

Permanences des associations et partenaires en juillet et août 2009

. La banque alimentaire : fermée du 20 juillet au 17 août inclus

. l’Armée du salut : fermée du 1er au 31 août
. l’AJS, le bon emploi de la solidarité : fermée du 1er au 15 août
. La croix rouge :
- aide alimentaire : du 13 juillet au 30 août inclus ouvert les mardis, mercredis et vendredis de 8h30 à 11h30
- vestiboutique : fermée du 20 juin au 13 juillet inclus
- domiciliation : le mardi de 9h à 11h30 du 20 juin au 13 juillet , le mardi de 9h à 11h30 et de 13h30 à 16h30 du 21 juillet au 30 août
. Emmaüs : information non communiquée
. Le Phare : ouvert en juillet et août
. Conférences Saint Vincent de Paul : fermées du 1er au 31 août
. Le FLIU : ouvert en juillet et août
. L’estaminet : ouvert en juillet et août de 7h30 à 10h
. L’accueil de jour « au cœur de l’espoir » : ouvert en juillet et août du lundi au vendredi de 9h à 14h et le samedi de 9h30 à13h30

Informations réunies par le Carrefour des solidarités

Des livres pour l’été, proposés par Thérèse Caulier

Syngué Saban (Pierre de patience)

Auteur : Atiq Rahimi

Dans la mythologie Perse, il s’agit d’une pierre magique que l’on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères…

On lui confie tout ce que l’on n’ose pas révéler aux autres… et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu’à ce qu’un beau jour elle éclate… Et ce jour là, on est délivré.

Où on va, papa ?

Auteur : Jean Louis Fournier

Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J’avais honte ? Pour qu’on me plaigne ?

Aujourd’hui, j’ai décidé de leur écrire un livre pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’identité. Je n’ai pas été un très bon père. Mais avec eux il fallait une patience d’ange.

Ne vous résignez jamais

Auteur : Gisèle Halimi

Gisèle Halimi nous livre dans ce témoignage essentiel un « ce que je crois » qui, tout en éclairant un parcours de luttes, construit une réflexion générale sur le « féminisme » d’hier et d’aujourd’hui.

Un fil rouge dans cet essai unique : le refus absolu de la résignation.

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