Le journal n° 87 - juin 2008

Journal n° 87 de juin 2008

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journal de juin 08

Sommaire

- Développer la citoyenneté
- La bonne foi exigée des pauvres
- Et si on faisait confiance aux professionnels ?
- Le coin de l'observatoire
- Bien dans sa ville, bien dans son quartier
- Charité durable et justice
- Place aux jeunes !

Développer la citoyenneté

Développer la citoyenneté des personnes qui vivent la pauvreté et les difficultés sociales est l’un des objectifs majeurs du Carrefour des solidarités depuis son origine. Il est inscrit dans nos statuts. Notre assemblée générale annuelle doit être l’occasion pour le réseau dans son entier et pour chacun de ses membres de voir si nous ne devons pas franchir un nouveau pas dans sa mise en œuvre.

Nous avons toujours affirmé en effet que développer la citoyenneté des personnes qui vivent la pauvreté passait par leur prise de parole et la mise en valeur de celle-ci. A l’échelle de notre réseau, c’est ce que nous avons entrepris à travers les rendez-vous citoyens annuels qui se tiennent lors de la journée du refus de la misère. Lancée primitivement par A.T.D. quart monde, cette initiative a pris de l’ampleur, relayée par l’édition que nous faisons de « Paroles de souffrances et d’espoir. » C’est devenu l’une des rubriques de notre site internet les plus lues. Progressivement, mais avec lenteur, nous associons dans les ateliers dont nous prenons l’initiative ces personnes.

Du côté des associations et des C.C.A.S. les initiatives sont aussi nombreuses. Groupes de parole, commissions d’usagers, ateliers participatifs, conseils de vie sociale, ces derniers exigés par la loi depuis 2002, se multiplient.

Bref, en douze ans, le paysage a changé de façon positive. Cependant ces nombreuses initiatives ne dépassent pas le rassemblement de témoignages ou la concertation en vue d’améliorer tel ou tel service. Peu ou pas d’initiatives ont été prises en vue d’associer les personnes qui vivent la pauvreté à la co-élaboration des solutions associatives ou publiques qui pourraient les concerner. Etre citoyen n’est-ce pas en effet participer à l’élaboration des règles collectives, c’est-à-dire les co-produire ?

Il nous semble qu’est venu le moment de nous poser ensemble la question de faire passer un nouveau seuil au développement de la citoyenneté des personnes qui vivent la pauvreté. Cela devraitse traduire, nous semble-t-il, au Carrefour des solidarités par la création à terme d’un sixième collège réunissant les représentants des usagers ou bénéficiaires de nos actions collectives. Mais nous savons que cela demandera du temps et du travail. Comme le rappelle l’observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion dans son rapport annuel, il faut du temps et du travail collectif pour passer de l’expérience individuelle à la généralisation d’une situation de pauvreté ou d’exclusion. Alors, pourquoi ne pas commencer ce processus. C’est ce que nous proposons en lançant l’idée d’Ateliers de travail social. Construits sur l’expérience positive et maintenant ancienne des ateliers de travail urbain, ils devraient rassembler : personnes vivant la pauvreté, professionnels et bénévoles les accompagnant et élus, pour co-construire des solutions nouvelles aux problèmes rencontrés comme l’aide alimentaire, par exemple.

Cette question sera bien évidemment abordée aux Assises de la solidarité locale qui se tiendront en fin d’année. Mais n’avons-nous pas à nous en emparer collectivement dès maintenant ?

Le comité de rédaction

Extrait du Rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, 2007-2008, pages 22 et 23

Dans son champ de compétences, l’Observatoire (national de la pauvreté et de l’exclusion sociale) souhaite enrichir la connaissance de la pauvreté en y associant l’expérience de personnes ayant vécu des situations de pauvreté. Il doit définir en quoi et comment, à côté des regards d’experts et de chercheurs, des analyses d’universitaires et de praticiens, une autre parole, plus centrée sur l’expérience vécue, peut permettre d’enrichir la connaissance de la pauvreté. L’Observatoire devra à la fois mieux identifier la nature de l’apport ainsi réalisé, et définir les moyens de le restituer dans toute son authenticité.

Deux principes doivent guider cette démarche :

– Les personnes en situation de pauvreté ne doivent pas seulement être considérées comme des usagers de services ou des bénéficiaires de dispositifs ; leur expérience et leur parcours de vie doivent être accueillis dans leur globalité. Pour que leur parole soit bien comprise, un travail de préparation est indispensable : la possibilité de pouvoir se regrouper, afin de passer de l’expérience individuelle à la définition d’une problématique collective, est essentielle.
– Ce savoir fondé sur l’expérience doit apporter une valeur ajoutée aux autres modes de connaissance de la pauvreté sans pour autant les délégitimer. À la fin des années 1990, le Mouvement ATD quart monde a conduit une expérience de « Croisement des savoirs » afin de construire une réflexion collective sur la pauvreté qui a permis de souligner l’importance de la relation interactive entre scientifiques et personnes ayant une expérience vécue de la pauvreté.

L’intégration de l’expérience des personnes à la construction de la connaissance permet de combler les écarts qui peuvent exister entre les représentations construites des phénomènes de pauvreté et l’expérience pratique des individus. Les représentations ou les appréciations normatives des experts qui élaborent les dispositifs devraient en être modifiées. Cette approche compréhensive « met en récit » la réalité sociale à partir du sens que les personnes elles-mêmes donnent à leur parcours. Elle permet de faire émerger ce qui n’est pas mesurable, de rendre compte des données « improbables », de mieux prendre en considération la diversité des trajectoires, de réinterpréter certaines données quantitatives. Les personnes concernées ne sont pas dans une simple position de témoin, mais dans une position de coproduction de savoir où elles apportent aussi leur capacité de réflexion, le chercheur ou l’expert pouvant faciliter le croisement des approches et la montée en généralité.

Des exigences méthodologiques sont néanmoins requises pour passer de l’expression des personnes à une construction explicative susceptible, à terme, d’une validation scientifique. Pour cela, il importe de trouver par quels moyens satisfaire aux critères de la rigueur scientifique :

– construire des thématiques et les traduire dans un langage commun, par la confrontation des points de vue ;
– contextualiser les récits d’expérience pour ne pas déplacer les facteurs explicatifs sur des situations de fragilité individuelle. La combinaison de méthodes quantitatives et qualitatives peut être fructueuse en ce sens ;
– établir une distance critique avec ce qui est énoncé, par le détour de l’écriture. . Ces précautions méthodologiques, comme les exigences éthiques de l’approche participative, nécessitent de travailler sur des temps longs, et dans des espaces où puissent se confronter les points de vue des institutions, des personnes et des chercheurs.

La bonne foi exigée des pauvres

L’une des dispositions mises en œuvre par le Département du Nord pour permettre d’accéder au Fonds Solidarité Logement est d’exiger de la part des demandeurs de continuer à payer leur facture. « Pour faire la preuve de leur bonne foi » explique-t-on avec un large sourire. Mais comment se débrouille-t-on quand on n’a plus rien pour faire manger ses enfants ?

Un Fonds Solidarité Logement, c’est un vrai dispositif dont la vocation est de permettre aux personnes sans ressources de faire face à leurs factures d’eau, d’électricité, de loyer, voire de téléphone. Il est géré par le Département, c’est-à-dire par le Conseil Général dont nous venons de renouveler pour moitié les membres. Ce fonds est donc alimenté par celui-ci, mais aussi par les fournisseurs d’eau, d’électricité, etc. Façon pour ces derniers d’éviter les impayés qui leur coûtent chers s’ils sont trop nombreux.

L’un des vrais problèmes auquel il faut trouver une solution dans l’affectation de ces fonds, c’est d’éviter qu’ils servent aux mauvais payeurs, à ceux qui, tout en n’ayant aucun problème de moyens, oublient pour une raison ou pour une autre, bonne ou mauvaise, de payer leur facture. Jusque là, tout le monde comprend et personne ne peut être en désaccord. Comment faire alors ?

C’est là que, sans penser à mal et comme si c’était évident, le système a produit une disposition apparemment pleine de bon sens. Vous ne pouvez pas payer votre facture parce que vous n’avez plus de ressources ? Pour démontrer que vous n’êtes pas un mauvais payeur, continuez à payer quand même !

Ce que sous entend ce dispositif, c’est que la personne pauvre est pour lui a priori un mauvais gestionnaire, incapable d’organiser ses dépenses. Avec toutes les sortes d’aides disponibles, personne ne devrait se retrouver dans la situation de ne pas pouvoir payer sa facture d’eau ou d’électricité. Il faut donc leur apprendre, faire leur éducation et les forcer à continuer à payer.

Stop ! Réfléchissons quelques secondes ! Les C.C.A.S. et les associations caritatives et humanitaires qui accompagnent tous les jours les personnes qui vivent la pauvreté savent qu’avec toutes les aides disponibles, on peut se retrouver à la fin du mois dans le choix entre payer sa facture ou manger ou, pire, donner à manger à ses enfants. Ce n’est pas une exception et ça peut durer plusieurs années. C’est ce que vivent nombre de foyers de la région dunkerquoise. C’est ce que démontrent les chiffres que nous produisons dans notre observatoire.

D’après les responsables de la commission locale d’attribution du Fonds, celle-ci tiendrait compte de la réalité de la situation des familles et n’exigerait pas le fameux « payez pour démontrer votre bonne foi ! » quand la situation de la famille ne le permettrait pas. Ce n’est pas ce que nous avions compris à la lumière de plusieurs témoignages. Mais pourquoi ne pas faire confiance ? Peut-être était-ce le temps nécessaire pour résorber les retards dus à la mise en place du nouveau dispositif ? On est passé de 7 mois à 0. Il n’y en a donc plus désormais. Bravo pour l’effort réalisé. On va donc renouveler notre enquête.

Et si on faisait confiance aux professionnels ?

La lecture du projet d’article sur la bonne foi exigée des pauvres en comité de rédaction a suscité des débats, comme souvent entre nous. Mais, cette fois, il nous a semblé plus intéressant de vous présenter les points de vue en présence sans édulcorer les uns ou les autres. Comme d’habitude, à vous de vous faire votre opinion et de nous dire votre accord ou vos désaccords.

Pourquoi, comme parfois nous le faisons, mettre en cause une disposition générale qui a été construite sur la base de l’expérience ? Nous avons chacun l’expérience de personnes pour lesquelles le refus d’une aide si elle n’apportait pas une partie de ce qu’elles devaient, dure à avaler quand on n’a pas le sou pour manger le lendemain, a provoqué un choc salutaire. Plutôt que de se laisser aller et taper à toutes les portes, tout d’un coup, elles ont réalisé qu’elles avaient aussi quelque chose à faire pour se sortir de la situation quasi désespérée dans laquelle elles se trouvaient. Certes il ne s’agit pas d’une majorité. Mais si ça sert à quelques uns pourquoi s’en passé ?

La véritable question, c’est pourquoi érige-t-on en règle générale ce qui n’est, de fait, positif que pour quelques uns. Et encore, on peut constater qu’à chaque fois, les personnes pour lesquelles une telle règle a servi de déclencheur à une reprise de responsabilité, étaient accompagnées et soutenues soit par leur propre entourage soit par des associations, soit par des professionnels.

Au fond, plutôt qu’édicter une règle qu’une commission, forcément loin du terrain quoiqu’elle le veuille, est chargée d’appliquer, ne ferait-on pas confiance au professionnel ou à la professionnelle qui suit la personne régulièrement et au plus près, pour prendre la décision ? Pourquoi ne pas s’inspirer de ce que font les administrations belges ? C’est le professionnel au contact direct qui décide de l’attribution d’une aide et des conditions de celle-ci. Le contrôle public, car il en faut évidemment un, se fait a posteriori et non a priori.

Le coin de l'observatoire

Qu’on touche un Revenu Minimum d’Insertion ou un salaire On n’est pas à l’abri des questions de survie alimentaire

rmi-salaire-prestations

Comment lire le graphique ?

Il s’agit du montant journalier du Reste à vivre pour une personne qui demande de l’aide alimentaire de façon régulière aux associations. Il est exprimé en euro. Elles ont été au total 3130 en 2007 – 2008.

Leur nombre est réparti en fonction de l’origine de leurs ressources principales : soit le R.M.I., soit un salaire, soit diverses prestations sociales.

Par exemple : il ne restait que de 4 à 5 euros par jour pour un peu plus de 300 personnes pour lesquelles les ressources du ménage étaient principalement le R.M.I.

Le reste à vivre, c’est ce qui reste des ressources lorsqu’on a payé ce qu’il faut pour se loger, pour se chauffer, pour avoir de l’eau et de l’électricité et qu’on a réglé ses dettes.

Conclusions

le Revenu minimum d’insertion joue bien son rôle indispensable d’apport de ressources minimales. Sans lui, la moitié des familles qui bénéficient de l’aide alimentaire associative régulière n’aurait quasiment aucune ressource.

Le montant du R.M.I. ne met pas ces ménages à l’abri des questions de survie alimentaire.

Sauf à la marge, le fait d’être salarié ne met pas à l’abri des questions de survie alimentaire.

Manger, combien ça coûte ?

La Croix Rouge française a indiqué récemment au niveau national qu’un repas distribué coûtait 1,5 euro. Survivre alimentairement coûterait donc chaque jour aux environs de 4 euros, sans compter le reste.

Bien dans sa ville, bien dans son quartier

Ça a phosphoré fort à la maison des services de Saint Pol sur mer. Notez bien. Ils ou elles en ont l’habitude. Et en plus, la rigolade ne devait pas être loin. Résultat ? Un bric à brac d’initiatives, comme seules les brocantes savent en proposer. Chacun peut donc y trouver sa perle rare. Méfiez-vous quand même de cette impression. C’est même le secret de la réussite de la Maison des services. Sans en avoir l’air et dans une ambiance très conviviale, les questions qu’on se pose tous les jours sont abordées. Jetez un coup d’œil au programme. Vous en serez convaincu.

D’abord la toile de fond. Du lundi 2 juin au vendredi 13 juin, sauf pendant le week end, de 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 17 h : stands, expositions permanentes (Vie Libre, C.L.C.V., IMANI, Etoile du nord, ACL Proxipol), jeux flamands, dégustation gratuite de crêpes et de café. L’accueil y sera assuré par les habitants qui vous présenteront leur passion : perles, tableaux, etc. Déjà un beau programme pour discuter, découvrir, s’amuser, réfléchir, admirer, ou refaire le monde.

Et puis, vous allez pouvoir voyager. D’abord en rêvant. Vous pourrez en effet découvrir, mardi 3 juin au matin, avec l’association loisir familial et social saint polois comment partir en voyage organisé. Ils en ont une expérience déjà vieille de plusieurs années. Ne branchez pas trop Paulette Plancke sur leurs propres histoires de voyage. Elle est capable de vous en raconter des vertes et des pas mûres. LUGOVA, de son côté, mercredi 4 juin après-midi, avec l’association précédente, le conseil général et la C.A.F., discutera avec vous sur la façon de partir en vacances en famille ou en colonie. Après, avec l’A.C.L., vous pourrez aller visiter les jardins qu’ils sont en train de mettre en œuvre, de quoi vous donner quelques idées, mardi 10 juin et jeudi 12 juin à partir de 10 h. Enfin, après avoir préparé vous-même dans l’atelier cuisine vos pique-niques, vous pourrez aller passer en famille le reste de la journée au Puythouck. Comme quoi, il ne faut pas toujours aller très loin pour découvrir un véritable espace de nature et de détente. Attention ! Là, vous devez vous inscrire à l’avance et le départ est prévu le mercredi 11 juin à 10 h 45.

Tout cela sera entrecoupé de moments d’information ou d’échanges sur des questions qu’on se pose tous les jours sans forcément avoir facilement la réponse :

- comment préparer son dossier retraite ? avec la Caisse Régionale d’assurance maladie, lundi 2 juin après-midi
- comment diminuer sa consommation et sa facture d’eau ? avec la Lyonnaise des eaux, mardi 3 juin, après midi
- questions de logement et de litiges à la consommation, avec la C.L.C.V., mercredis 4 juin et 11 juin au matin,
- vous savez tout sur la Couverture Maladie Universelle ? avec la Caisse primaire d’assurance maladie, jeudi 5 juin au matin,
- comment diminuer sa consommation et sa facture d’énergie ? avec E.D.F., jeudi 5 juin après-midi,
- c’est quoi une tutelle ? C’est quoi une curatelle ? avec l’A.T.I., vendredi 6 juin après-midi,
- Comment parler alcool avec les enfants ? avec Vie Libre et l’A.A.E.,, lundi 9 juin, à partir de 10 h,
- Dépistage du diabète, avec PREVAL, lundi 9 juin, toute la journée,
- La santé en mangeant, atelier avec la C.A.F. sur cuisiner les légumes et les fruits, table ronde animée par le Conseil Général et un médecin, lundi 9 juin, après-midi,
- Faut-il tout acheter à nos enfants ? avec ALADHO, mardi 10 juin, après-midi, s’inscrire.
- Les aides à domicile pour les personnes âgées ou handicapées, avec l’A.P.A. et le C.C.A.S., jeudi 12 juin, après-midi

On vous a gardé le meilleur pour la fin. Comment se faire beau ou se faire belle avec des produits simples, donc sans dépenser beaucoup ? IMANI et l’école des consommateurs vous partageront tous leurs secrets, les vendredi 6 juin et 13 juin, toute la journée.

Et si après ça vous êtes toujours stressé(e), le conseil général vous propose deux séances de relaxation, les vendredi 6 juin et 13 juin à 15 h 30. Elle est pas belle la vie dans les quartiers et dans la ville ?

Charité durable et justice

Tel a été le thème du congrès national de la société Saint Vincent de Paul réuni à Lille fin avril dernier. On ne pouvait pas attendre d’une organisation qui se réfère explicitement du catholicisme une question différente. Se faisant, elle appartient à la diversité philosophique et religieuse du Carrefour des solidarités et, à ce titre, nous intéresse tous. Pierre Mulliez, qui a été pendant quelques temps responsables départemental de cette association, nous en donne un écho.

La société de Saint Vincent de Paul a rassemblé à Lille, à l’occasion de son congrès national, plus de 1 000 membres, des « vincentiens » venus de la France métropolitaine, des territoires d’outremer et des représentants de plusieurs pays invités comme la Macédoine, le Liban ou le Congo. Un tel congrès est destiné à permettre aux participants de réfléchir sur leurs engagements, ce qui les fonde, leurs modalités d’action, afin préparer l’avenir.

Le thème retenu cette année était : « Charité durable et justice ». De nombreux intervenants venus du monde religieux, économique, politique, se sont exprimés pour nourrir ces réflexions, chacun apportant, son savoir, son expérience, ses convictions, … ses talents d’orateur. En voici quelques points forts.

Une clarification des notions de charité et de justice. A la charité ont été associés d’autres mots : amour, fraternité, attention, bienveillance, proximité, service, accompagnement, etc. Ils ont dit que la charité relevait plutôt d’une initiative, d’un comportement individuel. La justice de son côté fait d’abord référence à l’organisation de la société, aux droits de l’homme, à l’Etat de droit, à la solidarité. Elle s’inscrit donc dans une démarche collective.

En fait, il ne convient pas d’opposer un mot à l’autre, une démarche à l’autre, mais plus simplement de repérer que cette double approche correspond à la double dimension de la personne humaine, à la fois individu et membre d’une société. Les intervenants ont su exprimer combien ces initiatives individuelles ou collectives reposent sur des convictions, sur une éthique personnelle. Ils ont dit ce qui pour eux en constituait le fondement spirituel ou philosophique et la fécondité de cette diversité, l’importance de la préserver.

Mais alors pourquoi la charité, repérée comme complémentaire de la justice, devrait elle être « durable » ? Serait-ce parce que la justice est inatteignable, et que le secours de la charité comme palliatif restera toujours nécessaire ? Est-ce pour exprimer que la charité est appelée à remplacer la justice, à ce titre appelée à durer ? N’est-ce pas plutôt parce que, si le rôle essentiel de l’Etat est de promouvoir un ordre juste pour la société, cet ordre, aussi juste soit-il, ne rendra jamais superflu pour la personne qui souffre, pour tout homme, le dévouement personnel marqué par la charité, la fraternité ? L’histoire notamment celle de notre région illustre la formule « La charité d’aujourd’hui annonce la justice de demain ».

De l’adjectif durable, nous sommes passés au verbe « durer ». Les vincentiens savent bien que cette démarche individuelle de charité, de fraternité, a besoin de rencontres dans la durée pour porter du fruit : écouter et comprendre l’autre, changer son regard sur lui, faire confiance, l’accompagner dans sa démarche pour grandir en humanité.

Les intervenants du monde politique ont souligné les complémentarités réelles et nécessaires entre les associations, les structures institutionnelles et les organisations politiques.

En conclusion un congrès marqué par le désir de comprendre la complexité des problèmes, la diversité des approches, des acteurs et des solutions, leur complémentarité, la fécondité des partenariats basés sur le respect de la spécificité de chacun. Un congrès qui a fait ressortir que justice et charité sont indissociables, et la nécessité de coordonner les démarches individuelles et associatives avec les actions collectives.

Place aux jeunes !

Former professionnellement à l’intervention sociale : c’est l’objectif d’une des formations de l’Université du Littoral. Le 6 Mai dernier, l’association des étudiants de cette formation organisait une rencontre entre formateurs, étudiants, anciens étudiants et tuteurs de stage. Résultat : un projet qui concerne notre réseau. Hélène, en stage au Carrefour, nous raconte.

Au programme : présentation de la formation, conférence et moments d’échanges à partir d’expériences concrètes. Outre la promotion de notre jeune filière, la journée a contribué à la mise en réseau de différents acteurs du social afin d’envisager des actions communes sur le long terme : travail avec les collectivités locales, les professionnels de terrain et les associations… Quelques pistes de réflexions sont désormais ouvertes, reste à imaginer, à créer et à concrétiser ensemble ces projets… Tout un programme … !

L’une d’elle a retenu l’attention d’un petit groupe d’étudiants : la place des jeunes dans le tissu associatif et notamment l’engagement bénévole des étudiants. Il nous semble que, mise à part les quelques assos très présentes sur la fac ( Afev, Atelier culture, Café-langues…), la richesse du monde associatif du dunkerquois reste assez méconnue du monde estudiantin. Il nous semble également que la transmission des savoirs, l’échange intergénérationnel et l’implication des jeunes dans le monde qui les entoure sont autant de préoccupations majeures de notre quotidien.

C’est pourquoi, à la rentrée prochaine, nous souhaitons organiser une fête du bénévolat au sein de l’université : projections, expos, témoignages, rencontres… Un moment de réflexion, de constructions collectives, de paroles et d’engagement citoyen.

L’équipe se réunit en juin. En attendant, n’hésitez pas à me contacter pour plus d’infos…

A bientôt,

Hélène, étudiante en première année (helene.dune@gmail.com)

La pensée du mois : Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d’un pas ferme.
Saint Augustin

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