Le journal n° 86 - mai 2008

Journal n° 86 - mai 2008

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mai 08 - n° 86

Sommaire

- Pour une relance des jardins familiaux
- Les ressources des personnes à bas revenu
- Parler ou ne pas parler ?
- La C.L.C.V. : syndicat du cadre de vie
- La pensée du mois
- La recette du mois

Pour une relance des jardins familiaux

Les faits sont incontestables. Plus de 3000 foyers de la région dunkerquoise n’ont pas les ressources suffisantes pour manger tous les jours à leur faim tout au long de l’année. D’une année sur l’autre, leur nombre n’augmente pas vraiment. Ce n’est pas qu’il y en ait moins. C’est que les capacités des associations ne leur permettent pas d’en accueillir plus. Et la situation se dégrade de jour en jour.

On a beau retourner le problème dans tous les sens, les associations caritatives et humanitaires, les C.C.A.S. peuvent en témoigner chaque jour : on n’en sort pas. La situation empire. Les maigres ressources dont ces ménages pouvaient disposer diminuent : forfait nouveau à payer par ci par là, augmentation des charges incompressibles comme l’électricité ou le gaz, augmentation du prix des denrées alimentaires… D’un autre côté, l’effort constant des pouvoirs publics, qu’ils soient nationaux ou territoriaux, de maintenir ce qu’il est convenu d’appeler la pression fiscale aboutit aux mêmes résultats. Les capacités de redistribution sociale par l’intermédiaire des prestations diverses versées aux plus démunis sont amoindries. Les services publics qui doivent permettre à chaque citoyen, quels que soient leurs revenus, d’avoir le même niveau de service sont fragilisés ou supprimés. Enfin, la quantité de produits collectés par les associations en vue de les redistribuer diminue elle-même.

Les associations développent, bien souvent avec l’aide des entreprises elles-mêmes, des trésors d’inventivité ou de réactivité, pour traquer les surplus éventuels ou pour éviter que se perdent des denrées qui sont juste à la limite de leur aptitude à la consommation. Elles se questionnent constamment sur la façon dont elles accueillent et viennent en aide ; elles inventent ou développent des épiceries sociales ou solidaires, qu’elles soient itinérantes ou virtuelles ; à défaut de pouvoir vraiment apporter le nécessaire, elles maintiennent les contacts et les liens. Elles ne sont pas pour autant au bout de leurs évolutions nécessaires. Mais les bras manquent souvent et le temps de bénévolat aussi.

Et les perspectives internationales ne sont pas plus réjouissantes. On voit avec inquiétude se développer les situations de famine et leurs conséquences : les révoltes de la faim. On reparle de la nécessité de relancer l’agriculture de proximité.

Bref, ce que nous avons du mal à considérer, dans notre société d’apparente abondance, c’est qu’un nombre important de nos concitoyens est en situation de survie. Et, à situation de survie, ne faut-il par retrouver des solutions de survie ? Nous sommes dans une région qui a su inventer, pour permettre aux salariés les moins bien payés, de trouver des compléments de ressources, les jardins ouvriers, devenus depuis les jardins familiaux. Ne serions-nous pas acculés, nous aussi, à demander aux pouvoirs publics locaux de relancer une grande campagne de création de jardins familiaux dont les destinataires prioritaires seraient les familles volontaires que nous accueillons ?

Le comité de rédaction

NB : 3 associations membres du Carrefour ont déjà mis en œuvre à notre connaissance des jardins, mais principalement à vocation d’insertion : l’AFEJI, Les Restos du cœur et A.C.L. Proxipol. Nous avons appris aussi que, dans certaines communes, beaucoup de demandes de jardins familiaux n’étaient pas satisfaites. Enfin, il semble que qui jardine, risque de voir son R.M.I. baisser. De qui se moque-t-on ? Des pauvres ?

Les ressources des personnes à bas revenu

Depuis qu’il existe, le Carrefour des solidarités rassemble les informations que lui fournissent les associations dont l’une des activités est d’apporter de l’aide alimentaire aux personnes qui leur demande. Ces associations vérifient au préalable que les revenus de ceux qui font une telle demande justifient, par leur bas niveau, cet appel à la solidarité collective. C’est donc l’image de cette population qui est présentée ici à travers leur situation financière concrète. On n’oubliera évidemment pas qu’il s’agit, à travers ces chiffres, de l’image de personnes concrètes qui vivent tous les jours la galère.

Les ressources mensuelles

Revenus

Il s’agit du nombre de ménages, dans la population qui a bénéficié en 2008 de l’aide alimentaire associative régulière, en fonction de leurs ressources mensuelles par unité de consommation.

La moyenne des ressources s’établit ici autour de 581 € par mois et par unité de consommation, ce qui équivaut à peu près au seuil de pauvreté de la région dunkerquoise.

Qu’est-ce que l’Unité de consommation ?

Par rapport au nombre de personnes par ménage, il s’agit là d’une unité de compte plus abstraite. Elle est utilisée par l’Institut national des statistiques.

Elle permet d’intégrer dans le calcul les consommations différentes des enfants en bas âge ou des adultes. On sait d’expérience qu’un couple seul, par exemple, ne consomme pas le double d’un adulte seul.

Elle s’établit de la façon suivante :

Le 1° adulte = 1 U.C. Le 2° adulte ou le jeune de plus de 14 ans = 0,5 U.C. Les enfants de moins de 14 ans = 0,3 U.C.

Les charges mensuelles

Répartition des charges

Il s’agit du nombre de ménages en fonction du montant des charges mensuelles par unité de consommation.

La valeur moyenne des charges est de 356 € par mois et par unité de consommation

Les charges incompressibles

Il s’agit des charges régulières qu’aucun ménage ne peut éviter :

loyer, eau, électricité, gaz, mutuelle, téléphone ou dettes contractées.

Origine des ressources

Elles ont fait l’objet d’un travail particulier sur un échantillon de deux cents ménages tirés au hasard ayant accédés à l’aide alimentaire associative régulière au cours de la campagne 2007/2008. Les chiffres indiqués ci-dessous sont à comprendre sur 100 ménages, par exemple, 25 tiraient leurs ressources d’un salaire ou d’une retraite et de prestations sociales.

origines des ressources

Les restes à vivre

Restes à vivre

Il s’agit du nombre de ménages ayant fait appel à l’aide alimentaire associative régulière en fonction du reste vivre par jour et par unité de consommation.

Le reste à vivre moyen de cette population est de l’ordre de 7,5 € par jour et par unité de consommation. Ils sont un peu moins de 40 % à avoir un reste vivre inférieur à 6 € par jour et par unité de consommation.

Le reste à vivre
est ce qui reste au ménage, une fois ses charges incompressibles payées, pour manger, s’habiller, se déplacer, s’informer ou se cultiver, en fonction de ses priorités.

Avec le printemps, la violence d’Etat contre les étrangers reprend. L’accueil associatif continue.

Le Sous Préfet nous l’avait promis. La police s’est faite plus discrète pendant l’hiver vis-à-vis des étrangers de passage sur notre territoire. Avec le printemps, la violence d’Etat reprend y compris contre les bébés. Il faut du courage pour continuer l’accueil pratiqué par une bande de bénévoles…

Un bébé de 18 mois conduit au poste de police. Des parents sommés à coup de gueule de faire taire ce bébé qui pleure, comme tous les bébés, parce qu’il n’a rien à boire ou à manger. Parents et bébé relâchés quelques heures après parce qu’ils étaient en règle. La violence d’Etat, avec le printemps revient.

L’Etat, c’est nous, les citoyens. Le Sous Préfet et ses policiers ne font qu’appliquer la violence de l’Etat, la seule qui soit autorisée parce qu’on n’a pas trouvé d’autres moyens de se préserver des autres violences dont chacun des citoyens pourrait être l’auteur. C’est un service public.

Résultats : camps de fortune établis par les étrangers de passage sur le territoire de nos communes saccagés, les quelques biens dont ils pouvaient disposer mis à la benne, contrôles musclés, etc.

Malheureusement, les bénévoles et leurs réseaux de solidarité connaissent cela. Le coup de barre passé, ils reprennent leur service inlassable pour montrer que les citoyens qu’ils sont aussi savent accueillir, soigner, écouter, apporter les aides élémentaires que sont la nourriture, les vêtements, les chaussures. Autre service public, mais celui-là, volontaire et bénévole. Cet Etat là, c’est nous aussi.

Pendant combien de temps encore et combien de bébés qui pleurent avant que l’ensemble des citoyens ne fassent arrêter cette violence d’Etat là ?

Parler ou ne pas parler ?

C’est une constante repérée par les bénévoles qui interviennent auprès des étrangers de passage sur notre territoire. Chaque prise de position publique, chaque manifestation sont suivies par des interventions policières. Parler, est-ce mettre en danger ceux que nous aidons ?

Il y a du débat dans les rangs des bénévoles et des associations qui interviennent régulièrement pour venir en aide aux étrangers de passage sur notre territoire pour aller vers l’Angleterre. Un article dans le journal, une photo scandaleuse sur un blog, une manifestation publique ? Quelques jours après, il y a quasiment toujours une intervention policière plus ou moins musclée.

« Faut il ne pas en parler », s’interrogeait l’un de ces bénévoles, « et donc faire que cela reste un non cas au vu de la population. Communiquer avec le risque que les migrants perdent tout ? Personnellement, je pense qu’il faut en parler, mais peut être pas de façon si claire. Citer un nombre de migrants et les secteurs où ils se trouvent, mais peut être éviter de mettre trop en avant la sédentarisation des camps avec leur implantation précise. Il est clair que nos sites de dénonciation sont observés. Et comme ils sont vus par de nombreuses personnes, les autorités ne pourront se permettre de laisser debout la preuve de leur inefficacité en matière de régulation des flux de migrants. Je pense donc qu’il faut ne plus cibler si précisément les squats sur les blogs. Car comme dirait le ministre, les étrangers dehors. Et si la population ne s’émeut pas des migrants qu’ils croisent sur l’A16, cela pourrait changer s’ils se disaient « ah oui, si près de là où on vit ? ».

La C.L.C.V. : syndicat du cadre de vie

Nos chemins se croisent régulièrement, dans les quartiers, sur certains thèmes comme ceux de la santé, du logement ou du surendettement. Leur vision est plus large ; leurs modes d’intervention pas tout à fait les mêmes. Il était temps de se rencontrer pour faire mieux connaissance, réciproquement.

Au coin de la rue qui monte vers la Maison communale, juste en face d’une boulangerie flambant neuve, une suite de maisons. Nous sommes en plein centre ville de Grande Synthe. C’est au premier étage de l’une d’entre elles que nous trouvons le local de la C.L.C.V. (consommation, logement et cadre de vie). Marie Paule Hocquet, présidente de l’union locale Flandre maritime, nous accueille. Il y a Zamzam Farah, qui travaille sur les Assises de la solidarité locale, Mélanie Vanmerris, animatrice de l’atelier santé et précarité, et Jean-Marie, le président du Carrefour des solidarités. La petite salle où nous nous trouvons est pleine d’armoires, de cartons contenant des brochures et des tracts. On sent le local militant où se rencontrent des gens pour qui agir est plus urgent et important que ranger. Il y a quand même, complétant le climat, l’instrument indispensable à toute mobilisation militante, la machine à café. Il est bon et chaud à souhait.

« Nous rassemblons des gens », nous affirme d’emblée Marie Paule, « qui ont éprouvé l’intérêt concrètement de se défendre avec d’autres. Car notre principe, c’est l’action collective. Bien sûr nous répondons d’abord aux questions et aux problèmes des gens que nous recevons dans nos différentes permanences. Mais notre objectif c’est de les amener à comprendre qu’ils ne sont pas isolés dans les problèmes qu’ils rencontrent. S’ils s’unissent, ils seront plus forts face à leur propriétaire commun, face à la Lyonnaise des eaux, face à tel ou tel service public, etc. C’est ainsi, en prenant l’exemple du logement, que nous avons été amené à présenter des représentants dans les conseils d’administration des bailleurs sociaux ou, de façon plus récente, à devenir membre de commissions d’attribution. »

De notre côté, nous présentons le réseau du Carrefour des solidarités. Les associations qui le composent se sont construites pour donner des réponses aux questions urgentes que posaient les gens qui vivent dans la pauvreté, parfois extrême. Face à quelqu’un qui a faim, par exemple, on n’a pas le temps de l’accompagner jusqu’à ce qu’il puisse s’organiser de lui-même avec d’autres. Il faut d’abord trouver de quoi manger. Cependant, lé développement de la citoyenneté donc de la responsabilité fait partie de nos objectifs communs.

En somme, il y a du travail en commun à faire. « La difficulté », nous renvoie Marie Paule, « c’est que parfois la réponse professionnelle, mais aussi bénévole, n’aboutit pas à une prise de responsabilité militante. Elle conduit souvent à une diminution du militantisme et de l’action collective. Il n’empêche que nous avons à faire du travail ensemble. » « On peut imaginer beaucoup de choses », lui répond-on. « Pourquoi, sur certains problèmes, une fois que les questions d’urgence sont en voie de résolution pour une personne, telle ou telle association ne la renverrait pas vers la C.L.C.V. pour envisager comment trouver des solutions plus pérennes avec d’autres ? »

Nous n’avons guère le temps d’approfondir tous les thèmes de travail que nous avons en commun : la bonne consommation de l’eau et de l’énergie, mais aussi le règlement parfois difficile des factures, le logement, la lutte contre les expulsions, les problèmes d’attribution, la santé, l’environnement, les problèmes de bruit, les questions liées au surendettement, etc. Nous évoquons cependant de façon plus précise l’intérêt commun que nous aurions de constituer avec notre propre réseau, mais aussi d’autres associations, un réseau associatif sur les problèmes de santé dans notre agglomération. Nous évoquons aussi la possibilité de signer ensemble une convention de partenariat qui permettrait de préciser les champs communs de préoccupations et des travaux qui y sont liés : information, formation, éducation populaire, etc. Bref, du travail à mener ensemble.

C.L.C.V. : consommation, logement et cadre de vie
Union locale Flandre maritime, 18 rue Clémenceau, 1° étage, 59760 GRANDE SYNTHE, Tél/fax : 03 28 21 28 79
Permanences (pour information ou dossiers individuels)
Grande Synthe : de 16 h 30 à 17 h 30 : les 2° et 4° jeudis, Prendre rendez-vous par téléphone ou à la permanence
Dunkerque : de 16 h 30 à 17 h 30 : tous les lundis, Mairie annexe de Petite Synthe, Place de la Concorde, Tél : 03 28 26 25 25
Saint Pol sur mer : de 14 h à 16 h
Tous les 2° et 4° lundis, à la Maison des services
Tous les 2° et 4° jeudis, à la M. quartier Mendès France
Tous les derniers mercredis du mois, de 18 h à 20 h, à la maison de
quartier de la Plaine Bayard

La pensée du mois

Que celui qui n’a pas traversé
ne se moque pas
de celui qui s’est noyé.

Proverbe africain

La recette du mois

Mille feuilles de petits-beurre à la mousse au chocolat

Difficulté : moyen
Temps : 35 minutes
Préparation : 30 minutes
Pause : 2 h
Cuisson : 5 minutes

Ingrédients pour 4 : 1 paquet – Biscuits, 125 g – Chocolat, 4 – Œufs, 40 g – Beurre, 1 pincée – Sel

1/ Cassez le chocolat en morceaux dans une casserole. Coupez le beurre en parcelles, ajoutez-le au chocolat.
Mettez la casserole sur feu doux et faites fondre en remuant de temps en temps.
Quand le chocolat est fondu, versez-le dans un saladier.

2/ Séparez les blancs des jaunes d’œufs en incorporant les jaunes au fur et à mesure dans le chocolat fondu et en mélangeant bien entre chaque œuf.

3/ Montez les blancs en neige avec le sel. Quand ils sont bien fermes, incorporez-les très délicatement à la préparation au chocolat en soulevant pour ne pas casser les blancs.
Montez des mille-feuilles individuelles en alternant un biscuit, une couche de mousse, un biscuit, une couche de mousse et un biscuit.

4/ Placez les mille-feuilles dans un grand plateau et réservez au frais pendant au moins 2 heures.

Astuce
Au moment de servir, saupoudrez les mille-feuilles de sucre glace puis parsemez-les de vermicelles de chocolat colorés.

Jean-Paul

Documents joints

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