Le journal n° 85 - avril 2008

Journal d’avril 2008, n° 85

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journal d’avril 2008

Sommaire

- Rien n’échappe à la santé
- Témoignages
- Charte d’engagement réciproque entre la Région et les associations
- Un site, des minisites
- Le petit journal, quelques éléments d’évaluation
- Entendu, reçu, échangé…
- La pensée du mois :

Bienvenue aux anciens et aux nouveaux, élus et élues

Les élections municipales et cantonales ont donné leur verdict. Les citoyens ont fait leur choix. Notre réseau associatif et institutionnel a donc à nouveau des interlocuteurs légitimés, représentants de l’intérêt général de leur territoire. C’est donc le moment de leur souhaiter la bienvenue, mais aussi de leur rappeler que nous serons des interlocuteurs exigeants au nom de ceux pour lesquels et avec lesquels nous agissons, les personnes pauvres.

Après l’excitation de la campagne électorale, les blessures qu’elle produit parfois ou les mises en valeur qu’elle oblige, l’exacerbation des choix partisans, voici venu le temps de la mise en œuvre de l’intérêt général des différents territoires. Les associations n’ont pas été absentes des débats, chacune selon son choix collectif. Le Carrefour des solidarités, respectant la diversité de ceux qui la composent mais aussi les objectifs communs du réseau qu’elle forme, a tenu à faire entendre les voix de ceux pour lesquels et avec lesquels chacun de ses membres agissent, les personnes pauvres. Les citoyens se sont prononcés. Bienvenue donc à leurs représentants, qu’ils soient anciens ou nouveaux.

Bienvenue à un double titre. Les associations rassemblent des initiatives citoyennes. Dans le domaine caritatif ou humanitaire, elles ne visent pas d’abord l’intérêt de leurs propres membres, mais celui de ceux et de celles auxquelles elles viennent en aide. Elles font donc partie des services collectifs qui doivent ajuster leurs actions avec les services publics qui visent les mêmes personnes. Les élus locaux et les conseillers généraux sont donc pour elles des interlocuteurs privilégiés. La réciproque est évidente. Bienvenue aux nouveaux élus avec lesquels nous souhaitons établir ce dialogue constructif. Quant aux anciens, déjà connus de notre réseau, nous savons d’expérience que ce dialogue va de soi pour la plupart d’entre eux.

Depuis deux ans, par ailleurs, un certain nombre de Centres communaux d’action sociale sont devenus membres de notre réseau. Malgré, sauf exception, une grande stabilité des équipes municipales, nous savons que les responsabilités parfois changent. Bienvenue donc à ces anciens ou nouveaux représentants du collège des C.C.A.S. Et puis, il n’y a pas de raison que certains C.C.A.S. ne nous rejoignent pas. La porte leurest grande ouverte. Nous sommes évidemment prêt à en discuter avec ceux qui le voudront et à construire une coopération fructueuse.

Passer de la défense de ses points de vue partisans à la construction de l’intérêt général n’est pas chose toujours facile. Evidemment les choix partisans étaient construits à partir d’une perception de l’intérêt général. Mais une fois élu, ce n’est plus ses partisans qu’il faut convaincre. C’est l’ensemble d’une population qu’il faut emmener et respecter. C’est bien pourquoi, bon nombre des listes en présence avaient mis à leur programme la mise en œuvre continue d’une concertation étroite avec les citoyens. Notre réseau associatif, à côté des nombreux autres citoyens qui doivent y participer, y est prêt. Il y sera exigeant. Tout simplement parce qu’il entend rendre présent dans le débat public et dans la recherche de nouvelles dispositions la parole de ceux qui souffrent tous les jours dans leur chair et dans leur esprit de la pauvreté et de l’exclusion sociale. C’est l’esprit dans lequel, avec l’accord renouvelé par bon nombre de candidats devenus ou redevenus élus aujourd’hui, nous avons proposé de mettre en œuvre les Assises de la solidarité locale de la région dunkerquoise. Nous espérons tous, avec les élus que nous accueillons aujourd’hui, qu’elles seront une réussite au bénéfice exclusif des personnes qui vivent dans la pauvreté ou dans les difficultés sociales.

Le comité de rédaction

Rien n’échappe à la santé

L’atelier santé du Carrefour des solidarités a repris son travail le mois dernier. Au programme : « échanges de pratiques en matière de santé ». Rien ne remplace le témoignage direct de ceux et celles qui les vivent. Mélanie Vanmerris, animatrice de l’atelier nous raconte.

Nous avions invité Sylviane Hembert, référente sociale de l’association La Courte Echelle, un des éléments du pôle insertion par l’activité économique de l’AAE. Nous lui avions demandé de nous présenter leur atelier santé « autrement bien ». Cela devait être d’autant plus intéressant qu’elle ne venait pas seule mais accompagnée de trois participantes à cet atelier. Mis en place en 2005, il a été mis en place pour permettre aux salariés de trois structures du pôle ( Tremplin Aider, DK propre, La Courte Echelle) d’exprimer leur bien être ou leur mal être et d’évoquer ensemble les problèmes relatifs à la reprise d’activité professionnelle.

Mais avant toute chose, cette initiative leur a permis d’établir un lien entre des personnes qui ne se connaissaient pas et qui sont devenues très vite, grâce à elle, bien plus que de simples collègues. À l’intérieur comme à l’extérieur de l’atelier, elles ont construit une véritable dynamique de groupe où la parole, l’échange et la convivialité étaient leurs mots d’ordre.

Partant systématiquement des attentes des participants, diverses thématiques ont été abordées, toutes aussi intéressantes les unes que les autres : les loisirs, la dépression et l’alcoolisme, l’autorité parentale, l’équilibre alimentaire et bien d’autres encore…

Après nous avoir présenté l’atelier, Sylviane Hembert a laissé la parole aux participants de l’atelier. Bien qu’un peu timide au départ, c’est finalement avec beaucoup de simplicité et d’émotion qu’ils nous ont fait partager un petit bout de leur parcours. Nous l’avons bien compris ! Quoi qu’ils aient vécu, grâce à cet atelier ils continuent à avancer. Comment ? Tout simplement en leur permettant de s’exprimer, de s’informer et d’être ensemble. Leur discours très chaleureux nous a d’ailleurs littéralement transporté dans l’ambiance très conviviale qui règne au sein du groupe.

Un exemple d’action locale de santé qui nous a donné, je pense, des idées ou tout simplement l’envie de continuer nos pratiques ou nos projets en matière de santé ! Car la santé comme nous l’a démontré cette intervention, ce n’est pas seulement l’accès aux soins, c’est aussi et avant toute chose le bien être dans la vie quotidienne. La santé comme nous l’a si bien dit, Sylviane Hembert, englobe tout !

« Autrement bien », l’atelier santé de la Courte Echelle

L’atelier santé à lieu une fois toutes les trois semaines, pendant la pause repas, de 12h à 15h. C’est l’occasion de se rencontrer autour d’un repas et de créer un moment convivial entre collègues de travail. Les repas sont « tirés des sacs, pris sur l’extérieur ou confectionnés sur place.

En partant toujours des attentes des participants, ils ont abordé diverses thématiques :

• Les loisirs à moindre coût (mise en place de randonnées pédestres à Bergues, Gravelines, au Parc Départemental Marguerite Yourcenar, à la plage, visite guidée des dunes Dewulf.)
• La dépression et l’alcoolisme (intervention d’un psychologue et d’un psychiatre.)
• L’autorité parentale (intervention d’un juriste et d’un thérapeute familial)
• L’équilibre alimentaire : Information sur les groupes d’aliments avec les Conseillères en Economie Sociale et Familiale, échanges avec un Médecin du Centre de Prévention Santé, confection de plats, échange de recettes et des cultures culinaires, mise en pratique et repas avec l’atelier santé du service A.V.E.C de l’AAE situé à Hazebrouck.
• La réalisation d’un bilan santé (accompagnement lors de toutes les étapes du bilan de santé)
• La création d’un journal (avec l’aide d’une chargée de communication du Comité Régionale d’Education à la Santé) faire connaître leur atelier santé, transmettre des informations, exprimer ce qu’ils vivent à travers l’atelier.

Les prochaines thématiques : Informations sur le don d’organes, l’alcoolémie, Relation parents/enfants

Témoignages

Quelques membres de l’atelier « autrement bien » et celles qui étaient présentes à la réunion ont parlé avec simplicité et chaleur de leur expérience. Paroles riches.

« Que pensez-vous de cet atelier ? »
« C’est bien ! » ont-elles répondu en chœur.

P. « J’ai eu un parcours très difficile et je me dis que c’est du passé. Il faut avancer et repartir sur de bonnes bases. J’ai apprécié l’atelier sur le thème de l’alcoolisme. Les randonnées, c’était super. Avec le groupe nous sommes allées à Bergues, Gravelines. On pique nique tous ensembles. J’ai bien aimé la plage, on est allé au restaurant. Je suis originaire de Bergues. Ce sont des souvenirs, un retour aux racines. Je suis une grande timide. Je n’ose pas. Je me replie sur moi-même. C’est difficile d’aller seule quelque part. Mais une fois que je connais, c’est comme des copines. Le repas pris en commun, c’est super !! »

E. « Au début, je ne comprenais pas en quoi consistait cet atelier. Je pensais rencontrer des personnes faisant parties d’autres structures de l’association et en contrat aidé. Je ne pensais pas qu’il y aurait des interventions avec des personnes extérieures. Les personnes de la structure dans laquelle je travaillais ne voulaient pas trop que je participe à cet atelier. Car il fallait me remplacer et cela faisait trop de travail pour les autres salariés. Lors de l’intervention du psychologue, j’ai eu peur. J’étais gênée de voir un psychologue en groupe. Je suis moi-même suivie par un psy.

Pour le bilan de santé, je ne voulais pas participer à l’atelier concernant ce thème. Je ne trouvais pas normal qu’un employeur fasse faire un bilan de santé à ses salariés. Lorsqu’on m’a dit que les résultats des bilans allaient être fait en commun, j’ai eu peur. Je ne voulais pas que le groupe sache mes résultats. Lorsqu’on travaille, on ne peut pas dire à l’employeur qu’on est malade. Cela fait peur.

Lorsque je participe à cet atelier, j’en sors plus riche, nous sommes tous égaux. Pour éviter de faire de longs discours, j’ai préféré écrire une carte postale avec plein de grenouilles : « COA de neuf OZOBAN ? Evelyne a terminé contrat de 4 ans ½... Et oui, COA, tout a une fin…Elle s’est longtemps demandé pour COA cet « ATELIER »à la Courte Echelle, une mise « en observation » ou COA…Mais COA, Enfin, t’as pas compris ! C’était une COAlition entre eux. C.F Le Petit Larousse : entente circonstancielle entre personnes pour une action commune. Ah bon ! Une COAlition ? Mais pour COA faire ?? T’es bête ou COA… c’est tout simplement pour aller AUTREMENT BIEN. »

Lorsqu’on est sans travail et pris en charge, on a l’impression qu’on doit quelque chose, alors que maintenant, on est acteur. On se rend utile ! »

S. « Ce n’est pas toujours simple de pouvoir participer aux rencontres car cela rentre dans le cadre du bénévolat (les heures de travail sont à rattraper). Les thématiques abordées sont très intéressantes. J’ai bien aimé celles sur la dépression, l’alcoolémie et l’autorité parentale. »

J. « Je suis bénévole dans une association. J’aime les gens. J’aime la vie. Je suis malade. Mais j’ai besoin du sourire des autres. Je ne peux pas arrêter de faire du bénévolat car je pense à ces gens qui ont besoin de leur colis. Tant que je peux faire la distribution je la ferai. J’ai besoin de voir, de parler à ces personnes. »

C. « Nous, les Rmistes on est considérées comme des « merdes ». Heureusement, que je m’entends bien avec J., on se soutient. Cela me fait du bien de faire du bénévolat. »

Charte d’engagement réciproque entre la Région et les associations

Les grands réseaux associatifs régionaux et la Région du Nord – Pas de Calais ont mis sur pied une charte d’engagements réciproques. Le Carrefour des solidarités a décidé, lors de son dernier conseil d’administration d’y adhérer. On pourra trouver sur le web le texte entier de la charte (http://www.nordpasdecalais.fr/2007/telechargement/charte.pdf).

En voici cependant quelques extraits significatifs.

« Les associations constituent des espaces essentiels de rencontre d’individus de classes sociales, de genres, d’ethnies, de générations… différents ayant, sur une question, des intérêts, des connaissances, des projets d’actions qu’ils souhaitent mettre en commun qu’ils soient bénévoles, salariés ou utilisateurs des services. Elles sont indispensables à la prise d’initiatives collectives et à la mise en œuvre de réponses dans de nombreux domaines de la vie quotidienne.

Les associations sont, par les actions de formation, de sensibilisation et de revendication qu’elles mènent des acteurs essentiels du mieux-vivre ensemble et de la sauvegarde du bien commun. »

« Les associations sont un ferment de la démocratie et favorisent la participation collective des citoyens à la vie de la cité et à la transformation sociale… En adoptant cette charte avec la Région, les associations entendent :

- Faire vivre leurs statuts notamment :
. par un fonctionnement démocratique laissant toute sa place au débat contradictoire entre les membres ;
. par une gestion financière collective transparente au service du projet associatif.

- Assurer un égal accès de chacun et de chacune aux fonctions d’animation et d’administration.
- Organiser la circulation de l’information pour mettre la participation des associés au centre de la vie associative.
- Participer au dialogue avec les instances de la Région, aux consultations sur les politiques publiques, aux débats publics et contradictoires.
- Rendre compte de l’utilisation des fonds publics qui leur sont alloués.
Coopérer, directement ou non, à l’élaboration des modalités de suivi, d’évaluation et de contrôle contribuant à l’évolution des actions associatives et des politiques publiques. »

Innovation sociale : monopole, concurrence ou contagion ?

Les associations et institutions caritatives et humanitaires innovent constamment. A écouter certaines, cependant, on dirait qu’on les imite. On ne reconnaît pas le travail parfois immense qu’elles ont du amasser, le plus souvent de façon bénévole, pour arriver au bout de leur expérience. Pourquoi ne pas en parler ? Pourquoi ne pas aller, par exemple, jusqu’à réfléchir à la création d’un fonds public de soutien à l’innovation dans le service social ? Surtout, pourquoi ne pas en discuter librement ?

Comme dans d’autres domaines, les acteurs de l’action sociale mènent des recherches et des expérimentations. Ils tentent constamment d’améliorer leur compréhension de la réalité sociale. Ils essayent de mettre en œuvre des solutions nouvelles au service des personnes qui vivent de grandes difficultés sociales. Dans la seule région dunkerquoise, on pourrait en citer des centaines. Nous ne le ferons pas, parce qu’il est impossible de les citer toutes et qu’en citer une pourrait être vécu comme injuste par toutes les autres.

Système de concurrence ?

Reconnaissons-le, il y a comme un malaise. Alors que certains déploient des trésors d’inventivité et que ceux qui bénéficient de ces innovations en sont largement satisfaits, il ne faudrait pas en parler. « Après tout, ce n’est pas grand choses », prétendent-ils. D’autres, à l’occasion, rappellent volontiers que ce qui paraît normal aujourd’hui, ils l’ont inventé, il y a plusieurs années. D’autres encore, dont la survie financière dépend en grande partie de leur capacité d’innovation et des financements qu’ils arrivent à trouver pour les mener jusqu’à leur terme, s’irritent volontiers quand ils constatent que ce qu’ils ont mis si longtemps à inventer est largement copié par d’autres.

Serions-nous arrivés dans le domaine de l’action sociale à être dans un champ de concurrence sauvage ? Deviendrait-il indispensable d’inventer un système qui garantirait la propriété intellectuelle de telle ou telle invention sociale, voire la propriété industrielle de telle ou telle mise en oeuvre ? Les institutions publiques ne seraient-elles pas en train de mettre de l’huile sur le feu dans ce système infernal en multipliant, au nom des règles du marché public, les appels d’offres ? Bref, l’innovation sociale pourrait-elle être régulée par les seules lois du marché ?

Où est l’intérêt général ?

Ce qui, au fond, est en jeu, ce n’est pas d’abord la capacité de tel ou tel acteur à être innovant, mais bien la pertinence de la réponse sociale à apporter à ceux qui souffrent. C’est dire qu’innover en matière de service social relève bien de l’intérêt général et non seulement de l’intérêt de tel ou tel acteur associatif ou institutionnel. En ce domaine, les acteurs privés associatifs et les acteurs publics institutionnels n’ont-ils pas à inventer, y compris à l’échelle locale, les règles du jeu qui préserveraient l’intérêt primordial de ceux qui souffrent ? Au fond, les bonnes solutions inventées par les uns ou par les autres ne devraient-elles pas être plutôt contagieuses ? Naïveté sans doute. Mais à l’époque où se reconnaît de plus en plus l’efficacité de l’intelligence collective, peut-on accepter que celle-ci soit mise sous le boisseau au nom d’un « mieux disant social » ?

Une série de questions se posent donc. Innover dans le service social est fondamental pour le développement d’un territoire. Cette innovation demande souvent des moyens que les associations n’ont pas. Contrairement au secteur productif pour lequel une innovation peut trouver un débouché sur un marché, le secteur des services sociaux a des clients non solvables. Bon nombre d’innovations proviennent de groupes de bénévoles qui, par leur passion et par leur ténacité, ont réussi, avec peu de moyens, à inventer. N’y aurait-il pas lieu alors de réfléchir avec les pouvoirs publics à la création d’un fonds de soutien à l’innovation dans le service social ? N’avons-nous pas à imaginer une meilleure reconnaissance entre nous, un système d’évaluation et une meilleure circulation des bonnes solutions pour servir ceux qui souffrent des difficultés sociales ?

Un site, des minisites

Nous venons de souffler la première bougie de notre site internet et sa 12 000° connexion. Il va désormais accueillir un espace réservé aux associations qui le veulent. Un site n’est rien d’autre qu’un outil de communication supplémentaire. Peut-il devenir un véritable outil de coopération ?

Les gens qui « font dans le social » sont en général des gens qui parlent peu. Confrontés quotidiennement à ceux qui souffrent de pauvreté et d’exclusion, ils ont plutôt l’habitude de réserver à ceux-là leur parole et d’agir pour leur venir en aide. Il n’était donc pas évident que l’ouverture d’un site internet, entièrement destiné à eux et à ceux qu’ils aident, réponde à un besoin. L’expérience démontre le contraire. Avec une moyenne qui augmente constamment et qui tend vers les 2000 connexions par mois (entre 50 et 60 connexions par jour), l’intérêt de ce site se confirme. Sauf la maintenance technique assurée par le cabinet e-dock, le développement et le renouvellement des informations qu’il contient sont assurés bénévolement. Ses contenus sont étroitement issus du travail en réseau réalisé par les membres du Carrefour des solidarités et par l’équipe d’animation de celui-ci.

Nous avons déjà eu l’occasion d’indiquer que les trois utilisations majeures de ce site sont : l’information sur les associations, la lecture des témoignages des personnes qui vivent les difficultés sociales et les différents éléments de la vie du Carrefour des solidarités. Ces utilisations sont conformes aux intentions que nous avions au moment du lancement de ce site. Satisfaits alors ? Evidemment. Merci à tous ceux qui nous disent l’intérêt qu’ils ont trouvé dans la consultation de ce site. Pourtant, il fallait bien qu’il y ait un « pourtant », il nous semble que nous devons lui apporter des améliorations dans trois directions.

Au service de chacune des associations ou institutions membres du Carrefour

Dès que nous en avons connaissance, nous donnons les informations qui concernent les associations. L’agenda associatif est régulièrement consulté par les internautes. Mais, sauf pour quelques associations, le réflexe n’est pas encore là. Sachez qu’il ne faut en général pas plus de 24 h pour que l’information que vous nous envoyez par mail soit sur le site.

La possibilité est désormais donnée aux associations ou institutions qui le désirent d’ouvrir et de gérer un mini site à l’intérieur du site général. Les pages disponibles sont sous leur entière et unique responsabilité. Déjà une dizaine d’associations ont manifesté leur désir d’utiliser cette possibilité et plusieurs mini sites sont ouverts.

Au service de ceux qui manient plus volontiers les images et les sons

Nous sommes persuadés que ce site doit pouvoir être aussi au service non seulement de celles et de ceux qui lisent volontiers, mais aussi de celles et de ceux qui manient plus volontiers l’image et le son. C’est d’ailleurs une tendance très générale de plus en plus répandue chez les jeunes. Nous avons déjà amorcé la réflexion en la matière par l’intermédiaire d’un groupe de travail. Mais les techniques d’expression que cela suppose ne sont pas encore à notre portée de bénévoles d’un certain âge plus familiers de l’expression écrite. Si cela vous intéresse et correspond à vos propres capacités, n’hésitez pas à vous faire connaître. Sur ce point, nous cherchons la collaboration avec une radio.

Au service de l’agir ensemble du réseau

Enfin, un site est surtout intéressant s’il devient un outil permettant d’agir collectivement. C’est par l’intermédiaire de forums et d’échanges d’information que cet agir ensemble peut se développer grâce à cet outil. Nous avons eu beau offrir cette’ possibilité par l’intermédiaire des commentaires ouverts ou des possibilités de réactions immédiates, la sauce, pour l’instant, ne prend pas. Nous devons constater qu’il y a très peu d’échanges de messages ou de réflexion. C’est dommage. Mais comment faire ? Qu’en pensez-vous ?

Le petit journal, quelques éléments d’évaluation

A écouter certains retours de la part de nos lecteurs, il semblerait que nous ne parlions que de certains sujets. Pour les uns, on ne parle que d’aide alimentaire, pour d’autres, on ne parle pas suffisamment des associations et institutions et de leurs activités. On a voulu en avoir le cœur net et on a repris systématiquement les journaux de 2007. Les critiques sont toujours bonnes à entendre. A vous de juger.

Priorité aux actions communes

On a fait le décompte des articles et des sujets qui y ont été traités. Voilà ce que ça donne.

Les actions communes : 35 %
La connaissance du réseau : 27 %
Réfléchir et interpeller : 18 %
Les recettes : 8 %
Les témoignages : 7 %
Les poèmes : 5 %
(NB : vous pouvez en lire le détail sur notre site dans les archives du journal 2007)

Décrire les actions communes à plusieurs associations ou institutions, poser les interrogations qu’elles suscitent, rendre compte des solutions qui s’expérimentent ou se mettent en place, se faire le véhicule des interpellations nécessaires, nous voilà bien dans la vocation du Carrefour des solidarités. L’aide alimentaire qui fait partie de cet ensemble n’occupe que 8 % des questions abordées, à côté de celles posées par les migrants et leur accueil, l’accès à l’eau et à l’énergie, les questions d’urgence sociale, le logement, l’accompagnement de la mort dans la dignité et les questions de santé.

Intensifier les témoignages

Si ce décompte montre une faiblesse par rapport à nos intentions, c’est celle qui concerne les témoignages. Donner la parole à ceux qui souffrent des difficultés de la vie est une condition nécessaire pour que les actions des membres de notre réseau soient au plus près de la demande de ceux-ci. Certes, nous publions in extenso, par ailleurs, les témoignages qui sont rassemblés lors des rendez-vous citoyens d’octobre. C’est d’ailleurs l’une des rubriques les plus interrogées de notre site internet. Mais ne devraient-ils pas être plus présents dans nos publications mensuelles ? L’idée des recettes mensuelles que nous diffusons depuis l’été dernier était bonne. Mais est-il normal que, au bout du compte, ces recettes prennent plus de place que les témoignages ? De la même façon, nous avons publié avec beaucoup d’intérêt les poèmes faits par certains de nos amis, autre façon de témoigner de ce qu’ils vivent. N’avons-nous pas à développer cette forme d’expression et d’autres peut-être ?

Un journal plus facile à lire

Ce que ne disent pas ces décomptes, c’est l’effort que nous avons fait depuis l’été dernier pour aérer la présentation de notre journal. Un certain nombre de lecteurs nous ont transmis leur satisfaction. Ils le trouvent plus facilement lisible. A y regarder de plus près, si nous donnons l’impression de tasser les articles, c’est que nous ne voulons pas et ne pouvons pas toujours ajouter quatre pages supplémentaires. Le papier coûte cher et les timbres aussi. On va voir ce qu’on peut faire. Mais en attendant, n’hésitez pas à nous faire connaître vos critiques.

Entendu, reçu, échangé…

Des informations nombreuses, parues dans les médias, font état d’évolutions dans le dispositif RMI. Dans le but de favoriser la reprise du travail, il serait fait en sorte qu’une reprise, même à temps partiel, permette à celui qui retrouve un emploi d’augmenter réellement son pouvoir d’achat. Le dispositif RSA est conçu semble-t-il dans cette perspective. Mais souvent on constate des délais importants entre l’annonce d’un projet et sa mise en œuvre opérationnelle. Qu’en est-il pour l’agglomération de Dunkerque ? Pouvons-nous déjà inciter les personnes que nous accompagnons à entrer dans ce dispositif ? Le dispositif du Revenu Minimum d’Activité est actuellement expérimenté, mais pas dans toute la France. Il existe dans quelques départements seulement à titre expérimental. Pour le Nord, c’est le sud du département qui est concerné. Les personnes que nous accompagnons ne le sont donc pas encore. Il convient d’être prudent avant de l’évoquer. Thérèse

Si j’ai bien compris, les roms, d’origine européenne, bénéficient des droits en vigueur dans la Communauté Européenne ; parmi ceux-ci les roms, de nationalité roumaine sont soumis, comme tous les roumains, à un régime transitoire moins favorable. Enfin les Roms n’appartenant pas à la Communauté Européenne relèvent du statut de migrant. Je suis donc très demandeur des informations annoncées sur le statut des roumains, roms ou non, les contraintes spécifiques, les aides qu’ils reçoivent afin de situer leurs besoins par référence à ceux des autres familles que nous aidons.

L’AFEJI, qui a une responsabilité publique en la matière, peut apporter des réponses à tes questions. Nous l’avons rencontré la semaine dernière. La situation des Roms est difficile partout parce qu’il s’agit d’un peuple nomade, depuis des siècles. On trouve leur trace en Roumanie dans les années 1800. La Roumanie en a fait un peuple d’esclaves parce que c’est un peuple courageux et très peu belliqueux. Leur situation en France est plus que précaire. Pour pouvoir rester en France, ils doivent en effet obtenir un titre de séjour conditionné à un contrat de travail et à des ressources équivalentes à un peu plus que le RMI. Nous reprendrons le mois prochain de façon un peu plus complète les informations échangées au cours de cette réunion. Thérèse

La pensée du mois :

"Quand l’ordre est injustice,
le désordre est déjà un commencement de justice."

Romain Rolland

Documents joints

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