Le journal n° 84, mars 2008

Journal de mars 2008 – n° 84

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mars 2008, n° 84

Sommaire

- Votez
- La solidarité en chantant : visite au C.C.A.S. de Fort Mardyck
- Logements et discrimination
- Se former, c’est bon pour les intervenants sociaux. Non, pour les associations ?
- Nouvelles des migrants
- La pensée du mois
- La recette du mois

Votez

Les élections municipales sont dans quelques jours. Membres salariés ou bénévoles d’associations sociales ou caritatives, nous savons que notre responsabilité vis-à-vis de ceux qui souffrent ou qui sont dans la misère est aussi celle de choisir les futurs élus de nos communes. Elle est aussi d’inciter les gens que nous aidons à le faire. Mais il est bon parfois de se rappeler pourquoi c’est un devoir.

Quelques bonnes raisons d’aller voter

On a vite fait de les oublier. Les raisons de ne pas se déplacer sont tellement faciles et tentantes.

Tout ne se décide pas à Paris, à Bruxelles ou sur la planète globale. A l’échelle locale, nous sommes capables d’inventer des dispositions collectives qui respecteront mieux la dignité des personnes en difficulté. Dans notre réseau du Carrefour des solidarités, en particulier depuis que les C.C.A.S. sont venus nous rejoindre, nous savons mieux qu’en fonction de telle ou telle équipe municipale nos actions sont plus ou moins efficaces ou aidées, par exemple.

Et si nous faisions attention à leurs programmes ?

Les candidats ne se ressemblent pas tous. Les plus sérieux se sont intéressés à ce que notre réseau associatif avait à dire, aux questions que nous posions, aux problèmes concrets vécus par les habitants les plus en difficulté. Nous pouvons en témoigner, au moins sur le territoire de Dunkerque. Fidèles à notre neutralité active, nous avons reçu plusieurs équipes candidates ou sommes allé participer, à leur invitation, aux réunions publiques qu’elles organisaient. Nous avons pu dire ce que nous observions des difficultés croissantes vécues par une partie de la population, y compris la population étrangère. Nous avons été écouté avec sérieux. Mais, maintenant, c’est à chaque citoyen de constater ce que ces candidats proposent en réponse à ces interpellations. A vous de juger de ce qu’ils disent.

La démocratie ne s’arrête pas aux urnes

La démocratie est un des biens les plus précieux de notre société. Permettre à chacun des citoyens de participer à l’élaboration des décisions qui le concerneront est un droit fondamental à ne pas galvauder. C’est dire, en réalité, que l’élection démocratique n’a rien à voir avec l’onction sacrée d’autres régimes. Le lendemain des élections, les élu(e)s ne seront pas devenu(e)s plus intelligent(e)s ni plus savant(e)s que la veille. La démocratie ne s’arrête pas aux urnes. Son exercice doit être permanent. Parmi d’autres, notre réseau associatif est un maillon de cette démocratie permanente, à condition qu’il accepte le débat avec les autres citoyens et qu’il soit présent dans les différentes instances qui seront mises en place. C’est là aussi un critère de choix entre les différents candidats. Quelle place ont-ils l’intention de donner aux différentes formes de démocratie permanente et quelles instances ouvertes et non contrôlées lui donneront-ils ?

Votez bleu, orange, vert, rose ou rouge, mais votez, sauf le brun !

Le comité de rédaction

Brève

Une nouvelle revue de presse pour vous informer

Depuis quelques semaines, Edith Guilbert s’est proposé de créer une revue de presse sur les sujets qui intéressent la plupart des membres de notre réseau. Elle consulte régulièrement la presse locale (la Voix du Nord et le Phare), la presse nationale (le monde et la Croix) et la presse spécialisée (les A.S.H.) et fait une collecte des articles susceptibles de nous intéresser.

Pour l’instant, elle fait parvenir par voix de mel personnalisés une image de ces articles à un public sélectionné.

Nous avons commencé à les archiver sur notre site où vous pouvez dès maintenant en consulter quelques uns. (chemin : bénévoles et salariés -> se former -> revue de presse).

Le système n’en est qu’à son début et nous réfléchissons avec Edith à la manière de l’améliorer. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos réactions.

Dans tous les cas, un grand merci à Edith.

La solidarité en chantant : visite au C.C.A.S. de Fort Mardyck

On a beau être en pleine campagne électorale pour les municipales, pourquoi se priver de parler de l’un des centres communaux d’action social membre de notre réseau ?

Il s’agit d’un service public local. Et les services publics ne ferment pas pendant la campagne, même si leurs responsables élus sont en fait devenus des candidats.

« Notre plus belle réussite », nous ont dit Annie et Geneviève qui nous ont accueilli dans le Centre communal d’action sociale de Fort Mardyck, « c’est d’avoir pris l’initiative d’un concert ». On doit vous l’avouer tout cru. Lorsqu’on a posé la question, façon de connaître un peu mieux ce service public local de la solidarité, on ne s’attendait pas à cette réponse. Mais reprenons depuis le début.

Dans la tournée des visites aux membres du Carrefour des solidarités, on avait un peu attendu avant de prendre l’initiative de rencontrer ceux de Fort Mardyck. Ils avaient bien adhéré à notre réseau, très vite, dès que la possibilité leur en avait été donnée grâce à nos changements de statuts. Et puis, plus beaucoup de nouvelles.

Alors, on a pris notre bâton de pèlerin. Une grande avenue avec des arbres. Ça doit être beau au printemps ou à l’été. En toile de fond, les hauts fourneaux rougeoient. Presqu’en face du stade, un baraquement qui ne paye pas de mine. Sur la façade, une grande pancarte sur laquelle est écrit : « Maison de la solidarité ». Evidemment, on se sent en famille. Et lorsqu’avec de larges sourires, Annie l’élue et Geneviève la directrice nous accueillent avec chaleur, on oublie vite le baraquement. C’est sans doute ce que vivent les nombreuses personnes qui y sont accueillies. Car sont regroupés dans le même lieu : l’accueil classique des personnes qui vivent des difficultés pour survivre avec leurs maigres ressources, les personnes sans emploi et qui participent aux ateliers emploi, les personnes qui bénéficient du revenu minimum d’insertion pour le suivi de leurs démarches, les personnes âgées pour lesquelles la « coordination gérontologique » déploie des trésors d’écoute, de conseils, voire de services.

« Lorsque je suis arrivée ici », nous raconte Geneviève qui n’est à la tête de ce service que depuis deux ans, « j’ai constaté que nous avions, élus et professionnels, une masse importante de lieux ressources pour nous aider dans notre travail. Trop, d’une certaine façon. Parce qu’avec nos charges de travail, il faut que nous allions à l’essentiel. Et l’essentiel, c’est bien d’accueillir les gens et d’être pertinents dans notre accueil et dans l’aide que nous pouvons leur apporter. » « Mais nous avons besoin d’être mieux informées », a complété Annie, « sur tous les dispositifs qui existent dans notre agglomération, pour mieux orienter les personnes que nous recevons. Le Carrefour peut nous aider à cela. » « A trop multiplier les structures », a enchaîné Geneviève, « on ne se renouvelle plus et on risque fort de diminuer la pertinence de nos réponses. Si le Carrefour permet ce renouvellement et ces interrogations, alors il nous intéresse et est utile aux personnes qui sont dans la difficulté. »

Et c’est là que nous en sommes venu au concert. « Nous participions vers la fin de chaque année à la collecte de produits pour la banque alimentaire, » nous ont raconté chacune leur tour nos deux interlocutrices. « On s’est aperçu que ça marchait de moins en moins et que les personnes se lassaient de toujours donner, juste au moment des fêtes. Alors on s’est dit qu’il fallait peut-être passer par les enfants. On a travaillé avec les responsables de chorales et on a organisé un concert par les enfants. Le droit d’entrée était simplement l’apport d’une denrée. La première expérience a eu beaucoup de succès. Alors on s’est tourné vers les aînés qui chantent aussi. On a abouti à un spectacle où chacun chante et où ensuite on chante ensemble. Et ça marche. Les employés de Mairie sont venus chanter. Chacun veut nous aider. L’association art et modelage a l’intention de créer des petits personnages qu’elle mettra en vente. Bref, on ne sait plus où nous allons nous arrêter. Et c’est formidable, la solidarité en chantant. »

Ça vous donnerait envi de chanter ! Non !

Isabelle et Jean-Marie

Logements et discrimination

Voir aboutir une demande de logement en location dans le parc géré par les bailleurs sociaux ou privés, est tellement long et difficile, le résultat paraît tellement incertain que l’on peut se demander si les conditions d’attribution ne relèvent pas de pratiques discriminatoires. Pour éclairer le sujet, la plate forme de l’égalité a organisé le 8 février un débat sur le thème : « Logement et discrimination ». Nous vous proposons de relever quelques points qui nous ont paru éclairer le sujet.

Choisir un locataire pour de bonnes ou de mauvaises raisons

Chez les bailleurs sociaux, il existe des règles d’attribution. Mais le choix final relève d’une commission d’attribution où sont représentés les différents partenaires et financeurs, les locataires, mais pas les demandeurs. Peut-être faudrait-il remédier à ce manque ?

Dans le parc privé, les critères d’attribution sont moins formels. Le propriétaire privilégie ceux qui favorisent la rentabilité et le maintien en état de son patrimoine. Ceci fait intervenir des éléments parfois très subjectifs.

C’est dans ce contexte qu’apparaît la suspicion de discrimination. Celle-ci peut d’ailleurs être « perçue » ou « réelle »

Le manque d’attention, d’écoute, le défaut d’explication, le vocabulaire, le ton de la personne qui informe des décisions d’attribution, peuvent être le résultat d’une difficulté de communication entre un demandeur en colère, qui ne supporte plus les conditions dans lesquelles il est logé et un représentant du bailleur, saturé par le nombre de ces situations de désespoir qu’il doit gérer en direct. Dans ce cas il s’agit de situation conflictuelle mais pas de discrimination. Ceci ne dispense pas d’améliorer l’accueil de toute personne.

La discrimination est bien réelle lorsque l’attribution est refusée pour des motifs n’ayant rien à voir avec le logement lui-même, c’est ainsi que l’on a cité à l’occasion du débat des cas de réponses négatives de la part de bailleurs sociaux : Handicap physiques suite à un accident, ou pour des raisons d’âgepersonne sortie de prison, famille nombreuse, chômage et son corollaire ressources faibles, origine ethnique, situation administrative,… ce n’était pas le lieu de dire s’il s’agissait de discrimination. Car la substitut du procureur, présente à ce débat, a rappelé un principe : le procureur intervient pour dire si la discrimination – refus d’un droit pour un motif illégitime – est caractérisée au plan pénal par une « preuve ». Elle a également indiqué qu’il était souvent difficile d’apporter la preuve de l’intention délictuelle du bailleur.

Attribuer dans un contexte de pénurie

Globalement les difficultés de logement s’inscrivent en effet dans un contexte de pénurie (cf les chiffres ci-joints) dans une histoire du logement de plus de trente années. D’autres facteurs ont été indiqués pour caractériser cette pénurie, ainsi : Difficulté de trouver des terrains en ville, accueil négatif des habitants face à un projet de logements sociaux, allongement de la durée de la vie, une pénurie qui engendre la hausse des loyers du parc privé et rend le parc social plus attractif. Des pistes de solution ont été évoquées : utilisation des logements vacants, réhabilitation de l’ancien, … Le logement est donc un problème urgent, qui nécessite une volonté politique forte et des moyens importants.

Ce qui paraît possible et souhaitable localement et rapidement c’est une information plus précise, mieux argumentée et plus respectueuse des personnes, en ce qui concerne les modalités et décision d’attribution.

Pierre Mulliez

Le logement en quelques chiffres

Le parc français du « logement social » compte environ 4 millions de logements, environ 21 % de la population française y est logée. La loi oblige chaque municipalité à compter dans son parc total de logements un minimum de 20 % de logement social. Ce seuil est atteint ou dépassé dans tous communes de la CUD, parfois très largement : Grande Synthe (plus de 60 %), Saint Pol (près de 50 %).

Une demande de logement non satisfaite qui s’accroît dans la zone de Dunkerque : plus de 7 000. Le besoin s’accroît de 600 à 800 logements par an (jeunes prenant leur indépendance, création de familles ou consé-quences de divorces). Pour faire face à ces besoins l’ob jectif est de construire chaque année environ 750 logements en agglomération et 300 en milieu rural. Au total, sur ce millier de logements, seuls 250 environ contribueront réellement à résorber le déficit. Ceci explique pourquoi le délai d’attente d’un logement peut être long. Les bailleurs présents ont parlé d’un délai de l’ordre de 6 mois et il peut être plus important dès lors que des besoins particuliers (handicap physique, familles nombreuses, …) doivent être pris en compte.

Les logements « sociaux » sont en général habités par des locataires aux ressources modestes : 75 % des ménages disposent d’un revenu inférieur à 60 % du plafond des HLM, un tiers d’un revenu inférieur à 30 % de ce plafond. (Environ 1 650 € par mois pour une personne seule et 3 250 € pour un couple avec deux enfants).

Se former, c’est bon pour les intervenants sociaux. Non, pour les associations ?

Se former, c’est accroître ses connaissances et donc ses capacités d’action. C’est en tout cas la première demande formulée par les bénévoles et les salariés des associations et institutions membres du Carrefour des solidarités. Mais est-ce la seule réponse que notre réseau doive apporter en matière de formation ? Non, répond l’évaluation que nous venons d’entreprendre avec l’aide du COPAS. Quoi d’autre alors ?

Près de 150 personnes ont participé l’année dernière aux programmes de formation animés par le Carrefour des solidarités ou organisés dans nos locaux par l’U.R.I.O.P.S.S. Les 2/3 d’entre elles étaient des bénévoles. Le dernier tiers était constitué de salariés. C’est dire que, sans être une véritable entreprise de formation, nous n’en avons ni la vocation ni les moyens, la formation continue à être l’un des axes forts de nos activités. Et si aux ateliers, groupes de travail, rencontres et autres sessions de formation, nous ajoutons les instruments de travail que nous mettons à la disposition de nos membres, journal mensuel, site web en constante évolution, revue de presse et autres documents, nous pouvons dire que nous restons fidèles à l’un des objectifs définis par nos statuts.

Mais pour autant, ce travail est-il pertinent ? Correspond-il réellement à la vocation d’un réseau comme le nôtre ? Nous avions demandé au COPAS, bureau d’étude nordique, de nous aider à répondre à cette question. Voici quelques échos de ce à quoi nous avons abouti.

Si l’on s’en tient à la première demande formulée par les personnes qui souhaitent se former, il faut répondre par de l’information, par la découverte concrète des structures et des partenaires du dunkerquois, par la connaissance des dispositifs et règles qui concerne l’aide sociale. Mais est-ce suffisant ?

Avec les ateliers et les groupes de parole, nous allons déjà un peu plus loin. Il ne s’agit plus d’accroître seulement les connaissances des participants. Il s’agit de les accompagner dans l’acquisition de nouvelles compétences et de nouveaux savoirs être. Aux dires des participants à la réflexion sur la honte, par exemple, c’est leur propre attitude dans la relation avec les personnes qu’elles aident qui a été interrogée et qui, du coup, a été provoquée au changement.

Mais ne devons-nous pas envisager une autre perspective ? Dans tous les domaines qui concernent l’action sociale, notre réseau, et donc chacun de ses membres, recherchent constamment à améliorer les réponses apportées aux personnes en grande difficulté. Les formations que nous proposons n’ont pas d’autres visées : développer les compétences des intervenants bénévoles et salariés pour développer les projets associatifs et institutionnels et donc les faire évoluer. Autrement dit, les programmes de formation que nous proposons ne devraient pas seulement répondre aux demandes des individus, mais aussi à celles des associations et institutions pour correspondre à leur volonté d’amélioration. Est-ce le cas ? Nous sommes obligés de constater que, sauf exception, les associations et institutions s’expriment peu sur ces sujets.

Qu’en pensent les responsables ?

L’équipe d’animation du Carrefour des solidarités

Programme des formations organisées en 2007

. Accueil / Ecoute (URIOPSS) les 5/11/19/28 juin
. Formation des bénévoles sur le thème de "la honte" animée par L. Damiens (association Chrysalide) juin
. Monter un projet (URIOPSS) les 10/17/24/28 septembre
. Les outils de l’accompagnement social (URIOPSS) les 4/18/25 octobre
. Le dossier d’inscription à l’aide alimentaire (Carrefour des solidarités) le 5 octobre 2007
. L’atelier d’échanges et de découvertes sur la santé des personnes précaires
. L’atelier sur le surendettement
. Les groupes de parole sur le vécu des bénévoles

Programme URIOPSS en 2008

Les lois et les droits des demandeurs d’asile
- les 23, 27 et 30 juin, de 9h à 12h et de 13h30 à 16h30
au Carrefour des solidarités à Dunkerque

Régulation non violente des conflits, faire face au moment de tension
- les 20 et 21 mars, 3 et 4 avril et 16 mai, de 9h à 12h et de 13h30 à 16h30 (au SAMO à Petite Synthe)

Monter un projet : les 9, 16, 23 et 30 septembre, de 9h à 12h et de 13h30 à 16h30 (lieu non défini)

Accueil, écoute : les 22, 23, 29 et 30 mai, de 9h à 12h et de 13h30 à 16h30, (au Carrefour des solidarités)

Nouvelles des migrants

La situation de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants provenant des pays du Moyen Orient ne s’améliore pas. Les associations continuent à leur apporter leur soutien et leur aide.

Nous avons appris avec joie que l’association Médecins du monde avait finalement décidé de continuer à apporter son soutien indispensable aux médecins et infirmières qui interviennent régulièrement auprès de ces personnes.

Depuis quelque temps, nous avons tous constaté que des gens du voyage, des Roms provenant de Roumanie élisaient domicile dans notre agglomération. Leur situation, leur caractère européen et leur culture sont différents des autres personnes migrantes. Beaucoup d’entre eux envoient leurs enfants dans les écoles de notre région. Leur statut d’européens leur donne désormais des droits. Nous vous en reparlerons dans le prochain journal. Sachez cependant dès maintenant que Nathalie Delaine, de l’AFEJI, a été chargée de coordonner les actions sociales les concernant.

Enfin, le Sous Préfet, suite à l’entretien qu’il avait accordé au collectif migrant et au courrier que nous lui avions fait parvenir, nous a indiqué qu’une Permanence d’accès aux soins et à la santé existait bien au Centre Hospitalier de Dunkerque et qu’elle avait vocation à accueillir les personnes migrantes quelles que soient leur situation vis-à-vis de la loi. Vous trouverez ci-après le courrier que nous lui avons adressé en retour, le 4 février dernier.

Lettre au Sous Préfet de Dunkerque

Monsieur le sous-préfet,

J’ai pris bonne note de votre courrier du 27 décembre 2007 et vous remercie des nombreuses informations concernant la Permanence d’Accès aux Soins et à la Santé.

Ces informations concernent également d’autres types de population que les populations migrantes. Je ne manquerai donc pas d’en tenir informées les associations à l’occasion de nos réunions de travail.

Tous les témoignages reçus me montrent que les soins assurés par les services d’urgence du Centre Hospitalier de Dunkerque ou en hospitalisation ne posent aucun problème. Mais le Centre Hospitalier de Dunkerque est éloigné des lieux de stationnement habituel des migrants.

Il est donc nécessaire aujourd’hui qu’une équipe médicale puisse opérer sur ces lieux un premier tri entre ce qui peut être traité sur place et sur ce qui nécessite la présence en milieu hospitalier. C’est pourquoi une équipe médicale de Médecins du Monde se rend chaque semaine sur les lieux pour y dispenser des soins médicaux et infirmiers, même si ceux-ci sont pratiqués dans des conditions déplorables et indignes de notre pays.

Les médecins et infirmiers constatent que les migrants souffrent de nombreuses maladies de la peau (gale, eczéma) mais aussi de traumatismes assez graves. Ces différentes dermatoses mettent gravement en danger les bénévoles qui leur apportent l’aide humanitaire et également sont dommageable pour la santé publique. Un article de presse récent montrait même que les policiers qui interviennent sur les lieux craignaient pour leur propre santé.

Des douches et sanitaires à proximité me semblent donc représenter un minimum pour que les migrants de passage puissent avoir accès aux soins élémentaires d’hygiène.

Le local avec sanitaires, douches, salle de soins que nous évoquions lors de notre rencontre le 5 décembre 2007 se justifie donc dans ces dunes. Nous souhaiterions par ailleurs y accueillir les migrants, les informer de leurs droits, leur distribuer nourriture, vêtements et soins médicaux et infirmiers dans de meilleures conditions.

Ce local ne peut représenter l’appel d’air à une migration plus importante que l’Etat et certains élus semblent craindre surtout s’ils étaient réalisés de façon provisoire. Vous pouvez constater en effet comme nous que cette migration ne fait que s’accroître au fil du temps malgré toutes les mesures répressives prises par l’état.

Est-ce utopie de penser que ce passage même illégal dans notre pays puisse se pratiquer dans des conditions humaines et dignes ?

Je vous prie de croire, Monsieur le sous-préfet, à ma considération respectueuse.

Thérèse Caulier, présidente d’honneur du Carrefour des solidarités

La pensée du mois

 : Un service qu’on rend
est une dette qu’on contracte.

[Alphonse Karr]

La recette du mois

Gratin de spaghettis et de chou-fleur

Ingrédients pour 4 personnes :

-400 g de spaghettis (1.30 Euros)
-Un chou-fleur de 800 g (1.80 Euros)
-250g de mozzarella (1.48 Euros)
-50 g de beurre (1.45 Euros) ou un verre d’huile d’olive (2 Euros la bouteille)

Ustensiles :

Un plat pour le four, une casserole, une passoire, un couteau, une écumoire, une poêle à frire, une cuillère en bois, un rouleau d’essuie tout, un four.

Recettes :

Préparez un chou-fleur en enlevant les feuilles. Coupez-le en bouquets, lavez et faites cuire à l’eau salée bouillante pendant 15 minutes. Pendant ce temps, coupez la mozzarella en fines tranches.

Egouttez les fleurettes du chou-fleur (gardez l’eau de cuisson).Mettez-les à sécher sur une feuille d’essuie tout en les tapotant. Faites chauffer le beurre ou l’huile dans une poêle et faites-y frire les fleurettes bien essuyées jusqu’à ce qu’elles deviennent dorées (gardez la friture). Au fur et à mesure qu’elles sont prêtes, égouttez-les pour qu’elles drainent leur huile sur du papier absorbant.

Portez à ébullition l’eau de cuisson du chou-fleur .Versez-y les spaghettis afin de les cuire. Egouttez les pâtes. Mélangez-les avec 4 cuillerées de la friture utilisée et quelques bouquets qui auront été préalablement écrasés à la fourchette.

Graissez un plat à four. Déposez-y une couche de pâtes, couvrez avec les bouquets de chou-fleur frits et tapissez avec du fromage. Répétez l’opération jusqu’ à épuisement des ingrédients puis terminez avec le fromage.

Allumez le four à 190°C. Enfournez le plat et faites chauffer 20 minutes. Faites griller le dessus. Sortez du four. Laissez reposer quelques instants et Servez.

Documents joints

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