Le journal n° 83 - février 2008

Le journal n° 83 de février 2008

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journal de février 2008

Sommaire

- Des vœux partagés
- Bréves :
- C’est pas moi, c’est l’autre
- L’aide alimentaire : les dépannages alimentaires, les causes répertoriées
- Nous avons vu pour vous : Réaliser Mon Idée
- Multiplicité des services sociaux et caractère unique de la personne aidée
- La pensée du mois
- La recette du mois

Des vœux partagés

Par ce temps venteux et froid, quelle chaleur ! Comment rendre compte de ces vœux que les membres du Carrefour des solidarités se sont donnés les uns aux autres ? « Avec un temps pareil, c’est bien parce que je t’aime que je suis là » a dit l’une à Thérèse. « Il n’y a que là qu’on trouve une telle chaleur » a ajouté une autre, en a parte.

Car s’il y a eu foule, c’est plus par le nombre de ceux qui étaient représentés et auxquels tous pensaient que par celui des présents.

On s’était dit : « nous sommes un réseau et ce réseau n’existe que par ceux qui le constituent. Alors à chacun de prendre la parole ! » C’est pas toujours facile de prendre la parole devant les autres. Mais quand la simplicité règne, ça facilite les choses. Tout le monde n’a pas parlé. Qu’importe. Chacun s’y est retrouvé et les paroles échangées ont été formidables. Jugez-en.

Pierre, d’Emmaüs a commencé fort : « Je souhaite en ce début d’année que nous soyons toutes et tous de bons conducteurs, c’est ce qui convient pour s’engager dans le carrefour. De bons conducteurs de chaleur, c’est ce qui manque le plus, aux réfugiés, à ceux qui ont faim, à ceux qui sont sans familles, sans papiers, sans espoirs… De bons conducteurs d’énergie, c’est l’enthousiasme dans nos combats qui désarme ceux qui pensent que les choses peuvent s’arranger sans rien risquer. De bons conducteurs de sécurité, c’est la prévoyance, la connaissance, le respect de chacun, qui fait que ceux que nous accompagnons nous donnent leur confiance alors peut-être que dans la proximité du voyage une parole d’espoir pourra faire vivre. »

Jean-Marie, de l’antenne locale de la banque alimentaire du Nord, a continué : « La collecte de produits alimentaires, cette année, a été moins bonne que l’année dernière et nous savons que les demandes d’aide augmente. Nous sommes jeune dans le réseau. Mais nous avons appris qu’ensemble on pourra s’en sortir. »

Michel, du Phare, nous a rappelé que la vocation de son association était d’éclairer, vocation partagée avec les autres membres du Carrefour. Il a donc souhaité que nous continuions à faire ce travail ensemble. Au passage il nous a rappelé que le Phare organisait un concert, le 23 janvier prochain et que le droit d’entrée était un kilo de nourriture.

Sylvie, de la Croix Rouge, a repris l’importance du travail en commun. C’est aussi le même thème que Sandrine, du C.C.A.S. de Grande Synthe a développé. « Un C.C.A.S., c’est une administration, nous a-t-elle dit, alors c’est un peu froid, mais pas toujours. Il y a donc une véritable articulation à développer entre lui et les associations qui apportent leur chaleur humaine et leur accueil. » Elle a terminé en souhaitant que « tous soient au service de la dignité des personnes que nous recevons. »

Jean-Paul, de la congrégation de l’Armée du Salut, nous a rappelé qu’à sa connaissance, « aucune agglomération ne connaissait un travail inter associatif aussi intense. Cette chance-là, il faut la développer tout en gardant la chaleur de notre accueil et le respect des personnes que nous accueillons. » Jean-Marie, du Secours populaire Français, a de son côté insisté sur le fait que « les plus pauvres ont besoin de nous. » Il a souhaité que nous soyons toujours à leur service.

Moment émouvant, lorsque Bogdane, avec son chapeau noir et sa moumoute blanche, la main sur le coeur nous a dit en signe de remerciement, dans son français approximatif : « Oh ! Dunkerquos, ailleurs, pas pareil ! »

Malheureusement, Salmata d’Imani, n’a pu se libérer à temps pour nous entraîner dans l’un de ses chants dont elle a le secret.

Avec tout ça, que pouvait rajouter Jean-Marie, le Président du Carrefour des solidarités, qui n’ait pas été déjà dit ?

Nous avons eu le plaisir d’accueillir Georges, le fondateur du Phare. « Je voulais vous revoir », a-t-il dit à Thérèse. Et « je reviendrai l’année prochaine » lui a-t-il dit en partant. Belle conclusion !

Bréves :

Depuis la mi janvier, l’équipe d’animation du Carrefour des solidarités s’est renforcée. Mélanie Vanmerris remplace Véronique Boulogne dans l’animation des ateliers santé et précarité et surendettement. Zamzam Farah nous en rejoint pour nous aider dans l’animation des Assises de la solidarité. Bienvenue à elles.

Le Carrefour des solidarités est régulièrement approché par les différents candidats aux élections municipales et cantonales. La règle de notre réseau étant celle de la neutralité politique, mais aussi de l’interpellation des responsables, nous les accueillons pour faire valoir les préoccupations des associations et les difficultés rencontrées par les personnes et les familles auprès desquelles elles interviennent.

C’est pas moi, c’est l’autre

Interpellez un responsable élu et la réponse qu’il vous fera, une fois sur deux, c’est de rejeter la responsabilité sur une autre instance de pouvoir : le conseil général vers l’Etat, l’Etat lui-même vers les instances territoriales voir vers les accords internationaux et, parfois, la communauté urbaine vers les communes. C’est peut-être vrai. Mais en attendant, le problème urgent que vous posez n’a toujours pas de solution et les gens qui sont dans la misère continue à l’être. Peut-on en sortir ?

Nous avons récemment interpellé les parlementaires locaux et les maires sur le sort indigne qui est actuellement réservé aux personnes étrangères de passage sur notre territoire. Nous l’avions fait il y a quelques semaines auprès du Sous Préfet. En caricaturant à peine leurs positions publiques, les réponses parues dans la presse (cf Le Phare du 17 janvier dernier) signifient à peu près : c’est pas moi, c’est l’Etat, pour le député M. Delebarre, c’est pas moi, c’est l’Angleterre et l’accord qu’on a passé avec elle, pour le Sous Préfet. Concrètement, c’est aux associations d’assurer la permanence des droits de l’homme et non aux pouvoirs publics.

Le royaume de Kafka n’est pas imaginaire. Nous avons toutes les raisons du monde pour croire que ces hommes responsables sont attachés à la solidarité et au respect des droits de l’homme. Mais, ce n’est plus tout à fait le cas lorsqu’ils jouent leurs rôles publics. Et dans le rôle de ceux qui souffrent parfois atrocement dans leur chair et dans leur esprit, il y a ces hommes, ces femmes et ces enfants qui dorment en plein hiver dans les dunes ou dans les champs, en état de survie permanent.

Ce serait faux de faire porter l’entière responsabilité de cette situation sur ces hommes publics, même s’ils ont accepté leurs charges. « C’est pas moi, c’est l’autre », c’est bien le réflexe le plus répandu dans l’ensemble des citoyens. S’il est vrai que le travail des associations auprès de ces personnes est le fruit d’une mobilisation incroyable de personnes souvent anonymes qui apportent denrées alimentaires, vêtements et autres produits pour qu’ils soient distribués, elles sont aujourd’hui minoritaires. Si elles étaient majoritaires, le langage de nos responsables publics serait sans doute différent.

Il n’empêche. Sur d’autres dossiers, les responsables publics savent se montrer courageux et prendre les initiatives qui ne relèvent pas de leurs compétences légales. Alors, pourquoi pas lorsqu’il s’agit des droits élémentaires de la personne humaine, quelle soit étrangère ou non ? C’est d’ailleurs la meilleure façon parfois de démontrer que les autres responsables ne font pas leur boulot. En cette période électorale, nous serons attentifs à ce qu’en disent tous les candidats et pas les seuls candidats à leur renouvellement.

« C’est pas moi, c’est l’autre », ce n’est pas un argument qui puisse justifier le « ne rien faire ».

Le "Collectif migrants" au sein du Carrefour des solidarités et Hélène Flautre, (présidente de la sous commission européenne des droits de l’homme), ont donné une conférence de presse

Le collectif par la voix de ses bénévoles a ainsi pu rendre compte de son action sur le terrain au bénéfice des personnes migrantes de passage sur notre territoire. Médecin du monde, médecins et infirmières, a pu raconter les conditions extrêmement précaires dans lesquelles ils exerçaient leurs soins, les pathologies qu’ils rencontraient : "celles de personnes qui sont démunies de tout et qui vivent dans une extrême précarité." C’est l’association qui actuellement prend en charge les médicaments et les produits sanitaires.

Salam et les autres ont pu dire la mobilisation formidable de bénévoles qui, depuis la réception en permanence de produits (alimentation, vêtements, produits d’hygiène, tentes, couvertures, etc.) en passant par le tri de ces produits et la préparation des repas (préparés à la maison dans des cocottes personnelles) jusqu’à la distribution sur le terrain, permettent aux personnes étrangères de passage sur notre territoire de survivre misérablement. Certains ont mentionné la pression policière qui s’exerce d’abord sur les personnes étrangères et jusque sur ces bénévoles pour les dissuader de faire ce simple travail d’humanité.

Dans son intervention Hélène Flautre a insisté particulièrement sur l’importance qu’avait cette mobilisation bénévole non seulement pour apporter un peu d’humanité, mais aussi pour mettre au grand jour ce que les pouvoirs publics voulaient cacher : l’inefficacité des dispositions répressives actuellement conduites aboutissant à traiter inhumainement des personnes dont le seul tort, qui n’est ni un crime, ni un délit, était d’avoir passé notre frontière. Elle a pu développer ses analyses sur la politique d’immigration actuelle et ses contradictions avec les droits de l’homme et le droit international.

En conclusion, il a été rappelé les demandes posées par le collectif auprès des autorités publiques qu’elles soient nationales ou locales :

la mise en place d’un lieu d’accueil permanent avec les moyens de survie indispensables : cuisine collective, douche et sanitaires, salle de soin, informations sur le droit, etc.
la prise en charge publique des moyens nécessaires à l’accueil des personnes.

L’aide alimentaire : les dépannages alimentaires, les causes répertoriées

A la demande des différents services sociaux du département ou des C.C.A.S., ou encore à la demande des autres associations, 8 associations du réseau du Carrefour des solidarités procurent à plus d’un millier de familles par an des dépannages alimentaires sous la forme d’un colis d’aliments. A la demande du Conseil Général que nous avions interpellé à ce propos, nous avons étudié pour l’année 2007 les raisons de ces demandes, telles qu’elles sont indiquées dans les fiches de transmission qu’ont reçu ces associations. En voici les résultats étudiés à partir d’un échantillon au 1/10° de ces fiches de transmission.

L’analyse des causes des demandes de dépannage fait apparaître les grandes familles de causes suivantes :

1- Des ressources insuffisantes : 27,5 %
2- Des demandes d’accès à des droits en cours : 36, 2 %
3- Des problèmes d’incidents bancaires : 12,8 %
4- Des accidents de la vie : 22,8 %
5- Sans motif explicité : 0,7 %

Sur le tiers des motifs invoquant un temps de latence pour accéder à des droits, réétudier les droits acquis ou bénéficier d’une prestation, les différentes origines sont les suivantes :

- pour 31,5 % des cas, il s’agit d’une demande de R.M.I. en instance,
- pour 14,8 % des cas, il s’agit d’une demande d’AMASE en instance,
- pour 14,8 % des cas, il s’agit d’une demande d’A.P.L. en instance,
- pour 7,4 % des cas, il s’agit d’une étude de droit ou de nouveau droit en instance à la C.A.F.
- pour 7,4 % des cas, il s’agit d’une transmission entre la permanence d’urgence de l’U.T.P.A.S. et l’assistante sociale de secteur,
- pour 5,6 % des cas, il s’agit d’un problème de tutelle,

En première analyse, le temps pris dans la réalisation de la demande d’aide ou dans l’instruction de celle-ci est bien l’une des causes importantes de ces demandes d’aide d’urgence.

Nous répétons ici que nous ne mettons pas du tout en cause ces temps nécessaires et le plus souvent non réductibles, surtout s’il s’agit aussi d’un temps consacré par le travailleur social à une meilleure connaissance et à un accompagnement personnalisé de la famille concernée, comme c’est le plus souvent le cas. Nous ne mettons pas en cause non plus le recours, dans cette situation d’urgence, à l’intervention associative qui est souvent complémentaire à celle des services sociaux eux-mêmes.

Nous nous interrogeons simplement sur le fait que l’aide apportée dans ces temps de carence soit à la charge entière des associations.

Ces observations questionnent aussi fortement les associations. Qu’une demande d’aide d’urgence sur cinq relève de leur intervention habituelle sous forme d’aide alimentaire régulière et qu’elles n’y répondent pas, doit les interroger sur les critères d’accès qu’elles ont mis en place.

Nous avons vu pour vous : Réaliser Mon Idée

En décembre dernier, à l’invitation de l’union départementale des C.C.A.S., nous avons pu voir au Studio 43 le film « Réaliser mon idée ». Ce film relate la vie d’un couple bénéficiaire du R.M.I. qui cherche par tous les moyens comment s’en sortir. Dur, lorsque ces moyens ne sont pas ceux qui sont prévus par l’administration, C.C.A.S. ou A.N.P.E. Jean-Paul Besson a vu ce film et nous raconte ses réactions.

Joué bénévolement et réalisé par des personnes qui sont elles-mêmes bénéficiaires du RMI, c’est à l’initiative du CCAS de Feignies que ce film à été tourné.

Un couple au RMI, cela veut dire des fins de mois difficiles. Pas d’argent pour habiller les enfants qui, eux, sont la risée à l’école. Bagarre dans la cour de l’école, le garçon revient le pantalon déchiré. Pas de sou pour racheter un pantalon, donc il faut trouver une solution. Et c’est là que vient l’idée de créer une nouvelle mode : des badges recousus sur les trous et cela donne un nouveau style aux habits. Et ça marche.

Convocation à l’ANPE pour le père. Il propose son projet. Il reçoit une réponse négative et tranchante : « si vous ne faite pas le stage que je vous propose, nous vous supprimons tous vos droits ». Le couperet ANPE est tombé. Remballe tes idées. Nous on en a de meilleur. On sait ce qu’il faut pour toi. Pas question de perdre le peu de ressources dont il bénéficie. Notre homme fait donc son stage de soudeur.

Pourtant la famille est toujours en danger. Ça se dégrade. Le couple n’est plus en harmonie. Après le stage réussi, idée géniale de l’ANPE : « nous avons un contrat pour vous à Nancy (ben tient !) Et sachez que vous n’avez pas le choix, sinon ! (Rebelote) ». « Et mon projet ? ». « Je ne veux rien savoir, vous le prenez ce contrat ? » Et voilà notre homme parti à Nancy (ouf ! 1 de casé vive les stats). Mais c’est sans compter sur les amis et sur la famille qui eux ont cru au projet et se sont mis à exploiter l’idée pour leur copain parti à Nancy. Tous se sont unis pour que le projet marche.

L’homme arrête finalement son contrat et revient à la maison, pour le bonheur de tous. Et il monte son entreprise.

Que dire ?

Après le film il y a eu un débat qui a démontré les lacunes des services sociaux de l’Etat. Il y avait aussi deux acteurs de ce film. Leur témoignage nous a montré que malgré le tournage qui a demandé beaucoup d’efforts et de sacrifices ils sont toujours au même point. Il faut tout de même dire que pour 2 ou 3 acteurs la situation a évoluée et a débouché sur un contrat. Pour eux, on peut dire bravo. Mais les autres ?

Quand l’ANPE sortira-t-elle de son carcan administratif ? Elle ne le peut peut-être pas. Mais il le faudrait. Avec un peu plus d’humanité et de bon sens, on peut faire beaucoup de choses.

Jean-Paul Besson

Multiplicité des services sociaux et caractère unique de la personne aidée

Constatation classique, mais toujours à refaire : il y a une grande multiplicité de services publics ou associatifs alors que la personne à aider est toujours unique et spécifique. Comment sortir de cette contradiction ? Comment faire pour que les difficultés d’accès au service pertinent ne viennent plus augmenter les difficultés vécues par les gens ?

Expérience classique. Un citoyen exprime toujours une difficulté simple : je n’ai plus les ressources suffisantes pour manger à ma faim, je n’arrive pas à trouver de logement correspondant à mes capacités financières, je n’ai plus de quoi payer mon eau ou encore je ne peux plus me payer le médecin. Bref, je ne peux plus m’en tirer seul. J’ai besoin de faire appel à d’autres et à leur solidarité. Une fois épuisées les ressources de son milieu familial, lorsqu’il en a un, voire de son voisinage, lorsqu’il en a un, les portes auxquelles il peut frapper sont multiples, voire difficiles à décrypter. Voyez la fiche « urgences ! » que nous vous avons proposé. A de rares exceptions près, il y a toujours de nombreuses possibilités.

Et comme souvent, lorsqu’on a un problème, d’autres apparaissent très vites : le boulot, les factures, la maladie, le toit, les enfants, etc, on peut se retrouver à devoir expliquer dix fois les mêmes choses, face à des interlocuteurs qui n’ont pas forcément la même logique ni les mêmes exigences. Ils vous obligent d’un coup à devoir justifier des choses qui, pour vous, étaient jusqu’à maintenant évidentes. Ils vous demandent des papiers qu’on n’a pas l’habitude de classer ou de garder en mémoire. Etc.

En somme, alors que vous aviez l’impression de poser une question simple, vous avez en face de vous une multiplicité de réponses complexes qui, finalement, ne répondent pas d’abord à la question que vous posiez.

Que les services sociaux publics ou associatifs soient nombreux et divers est un fait. Ils se sont constitués progressivement pour répondre de mieux en mieux aux questions qui se posaient et, en particulier, aux questions nouvelles qui apparaissaient progressi-vement. Leur caractère foisonnant est-il cependant un bien ?

Manifestement, non. L’usager s’y perd et en supporte les conséquences. Ça coûte, au bout du compte, cher à la collectivité. Voire, lorsque l’usager devient un spécialiste de leur utilisation, il apprend à jouer des particularités des uns et des autres. Ce qui devait être une aide momentanée pour sortir de la mauvaise passe dans laquelle il se trouvait devient alors une machine à l’enfermer dans sa situation.

Manifestement, oui. Le citoyen en recherche d’une aide n’est ni une machine, ni un numéro. Sa première quête est l’aide qu’on peut lui apporter, certes, mais surtout, l’accueil qu’il pourra trouver et la confiance qui pourra naître. Or cette confiance n’a rien de mécanique. Les facteurs qui peuvent la faire naître sont multiples et non programmables. La diversité des portes d’accès est donc une chance pour trouver les bonnes clefs qui ouvriront la confiance.

Nous nageons donc en pleine contradiction dans l’incapacité de trouver une solution ?

Certains pensent l’avoir trouvée dans la spécialisation des services. Nous dirons ce que nous en pensons dans un article consacré à l’actuelle réforme du Fonds solidarité logement. La mécanique et l’action sociale n’ont jamais fait bon ménage.

La solution la plus courante actuellement est celle de la débrouille individuelle. Chaque intervenant social se constitue son réseau. Pour éviter à son interlocuteur d’avoir à aller de porte en porte, il fait jouer son téléphone personnel. Au bout du compte, cela dépend trop de la débrouille et de la qualité personnelle de l’intervenant.

D’autres ont tenté de jouer la coordination locale des services entre eux. C’est, en particulier, ce qu’a tenté la politique de la ville par l’institution des groupes de service public. En fait, elle a plutôt facilité la débrouille personnelle par une meilleure connaissance des intervenants entre eux, non une évolution dans l’organisation des services. Les responsables intermédiaires capables de mener cette évolution n’y ont jamais été associé ou n’ont jamais voulu s’y associer.

D’autres encore, dans la logique de la spécialisation, prétendent que leur service doit jouer le rôle de tête de file. C’est ce que souhaiteraient certains C.C.A.S. ou les U.T.P.A.S. Solution là encore mécanique qui se heurte à la réalité du choix réél des citoyens et de la confiance qu’ils réclament.

La solution serait-elle à trouver dans l’acceptation que le service le mieux reconnu dans l’instant par le citoyen demandeur joue ce rôle de tête de file, coordinateur des autres intervenants ?

Sans doute pas à n’importe quelles conditions. A discuter, non ?

La pensée du mois

Quand tu ris, tout le monde le remarque ;
quand tu pleures, personne ne le voit.
Proverbe yiddish

La recette du mois

 : Curry de poulet

Ingrédients

. 1 poulet d’1kg 700, coupé en morceaux
. 30 gr de margarine
. 2 oignons
. 2 pommes reinettes
. 1 cuillère à café de gingembre rapé, ½ cuillère à café de cannelle en poudre
. 1 cuillère à café de noix de muscade, 1 cuillère à soupe de curry
. 2 branches de thym, 3 feuilles de laurier, 3 gousses d’ail
. 1 boîte de tomates pelées
. 100 gr de crème fraîche
. 1 jus de citron
. sel et poivre

Matériel nécessaire : 1 faitout, 1 cuillère en bois, 1 couteau, 1 fourchette, 1 plat pour servir, 1 moyen de cuisson

Recette

. Faire chauffer la margarine puis les morceaux de poulet
. Ajouter les oignons pendant le rissolage
. Laisser prendre couleur puis ajouter les pommes épluchées et hachées fines
. Ajouter la cannelle, la noix de muscade, le thym, le laurier, l’ail écrasé et le gingembre
. Mélanger et laisser rissoler
. Ecraser les tomates pelées à la fourchette
. Saupoudrer avec le curry lorsque le poulet est bien doré
. Ajouter les tomates écrasées
. Saler et poivrer
. Laisser mijoter tout doucement environ 30 minutes
. Ajouter un peu d’eau chaude si la sauce réduit trop
. Incorporer la crème fraîche, le jus de citron
. Laisser cuire encore 10 minutes
. Servir avec du riz

Les épices coûtent chères mais vous pouvez les acheter en petite quantité dans les boucheries Hallal ou sur les marchés. Elles peuvent servir souvent car elles se conservent bien et il en faut peu dans la confection d’un plat.

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