Le journal n° 76 - juillet 2007

Journal n° 76 de juillet 2007

PDF - 475.1 ko

Sommaire

- De la solidarité à la fraternité
- Salam aux portes ouvertes d’Emmaüs en mai dernier
- Fermeture des associations pendant l’été
- Accueillir un(e) bénévole : Un engagement mutuel entre lui et son association
- Entendu, reçu, échangé
- Les dépannages alimentaires
- Il était une fois le Carrefour des solidarités : 10 ans de débats
- La pensée du mois
- La recette du mois : Petits pains au sésame

De la solidarité à la fraternité

La réunion des présidents le 29 mai a été l’occasion de proposer des thèmes qui pourraient être abordés lors des « assises de la solidarité locale » de 2008. Dans cette perspective il nous paraît intéressant de réfléchir à la façon dont la solidarité se construit progressivement.

Parlant de la solidarité, on peut repérer chez nous, aujourd’hui, un « socle fondamental » constitué par l’ensemble des moyens que se donne l’Etat, au travers de ses institutions pour faire face à ses engagements : « La nation assure à l’individu et à sa famille, les conditions nécessaires à leur développement (…) elle garantit à tous (…) le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. » (Préambule de la constitution de 1946 de la République Française). Cette solidarité est financée par l’impôt et chacun est invité à faire un usage raisonnable des dispositifs ainsi mis en œuvre. On peut qualifier de « citoyenne » une telle solidarité, qui repose sur des règles définies démocratiquement qui s’imposent à chacun.

Pour être fondamental, ce socle n’est pas indépassable. Une telle solidarité n’est en effet pas exempte de lacunes. D’une part l’Etat n’a pas toujours mis en œuvre les dispositifs correspondants à ses engagements. D’autre part les dispositions règlementaires peuvent ne pas prévoir des mesures qui pourront apparaître comme indispensables. C’est alors que se développe une solidarité d’un autre type, destinée à pallier ces insuffisances.

L’histoire nous apprend que la plupart des avancées majeures qui ont progressivement contribué à construire le « socle fondamental » de la solidarité, sont dues à des initiatives privées, qui après avoir fait preuve de leur efficacité, ont été validées, consolidées puis intégrées dans le dispositif institutionnel : hôpitaux, sécurité sociale … C’est ainsi que se construit la solidarité réelle, par une complémentarité entre une solidarité institutionnelle, référée à des textes, des droits, des obligations, et une solidarité due à l’initiative privée fondée sur des valeurs et des convictions individuelles.

L’importance de la démarche privée, référée à une éthique personnelle, apparaît à travers deux textes fondateurs, produits à plus de 150 années d’intervalle. La Déclaration des Droits de l’homme de 1789 dans son article premier précise : « Les hommes naissent libres et égaux en droit. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». L’article premier de la déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée en 1948 par l’assemblée générale des Nations Unies va plus loin, et la fraternité y apparaît sinon comme un devoir au moins comme une exigence qui s’impose à chacun. « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

C’est ce souci de la fraternité qui nous a inspiré dans l’organisation de la journée du refus de la misère de 2007. Qu’elle soit l’occasion d’aider le plus grand nombre d’habitants de l’agglomération à changer de regard sur les situations de pauvreté et les personnes qui les vivent, et porter sur chacune un regard de fraternité. Dans cette perspective nous souhaitons que les « assises de la solidarité locale » soient l’occasion d’imaginer les actions collectives et individuelles qui seront les solidarités de demain. Pierre Mulliez

Poème : La vie

Elle va comme elle vient
Toujours le même refrain
Le chagrin nous appartient
Il faut se ressaisir
C’est tout un empire
Comme dirait Shakespeare
Il faut se ressaisir
La vie est belle
Quand on sait la prendre
Sans se méprendre
Il ne faut pas attendre
Elle peut être tendre
Si on a le cafard
Elle n’est jamais en retard
Ce n’est pas un rempart
La vie c’est comme une rose
Elle se fane et perd ses pétales
Quand la vie s’en va
On la suivra dans l’au delà
C’est comme ça la vie.

Christian

En direct des associations

Salam aux portes ouvertes d’Emmaüs en mai dernier

Le but des portes ouvertes d’Emmaüs était de mettre en valeur l’ensemble des actions, activités et partenariats de la communauté de Dunkerque. C’est dans ce cadre que l’équipe locale de Salam a été invitée à tenir un stand.

Les bénévoles s’étaient mobilisés pour présenter l’association, l’action en faveur des migrants, mise en place sur Loon Plage et Grande Synthe : distributions alimentaires et vestimentaires deux fois par semaine, consultation médicale hebdomadaire. Le partenariat avec la communauté Emmaüs était aussi présenté : confection de la soupe le samedi, mise à disposition de la caravane et d’un véhicule pour consultation médicale, dons alimentaires et vestimentaires, etc.

Au programme, présentation de Salam : expo photos, vente de badges, recrutement de bénévoles, nouveaux adhérents et donateurs.

L’exposition photos prêtée par l’équipe de Calais a été complétée par un panneau reprenant l’engagement de la paroisse « Notre Dame des Salines » vis-à-vis des migrants ainsi qu’un texte rédigé par Antoine Laurent, bénévole, exposant l’historique des actions et les partenaires engagés. Jean Benoît, d’Emmaüs, avait placé la caravane dans laquelle se déroule la consultation médicale de « Médecins du monde », à côté du stand, au milieu des oyats pour rappeler les conditions de vie des migrants à Loon Plage : les dunes, la « jungle » comme ils disent.

La tenue du stand n’a pas empêché la distribution alimentaire du samedi aux migrants. Les bénévoles se sont ensuite joints à la communauté pour partager le repas.

Les copines de Calais, Sylvie et Fabienne, sont venues renforcer l’équipe samedi après-midi, entre deux scènes de tournage du film Maman est folle. Nous avons eu le plaisir de recevoir la visite de l’actrice Christine Murillo, sociétaire de la Comédie française et actrice dans le film. Nous la comptons désormais parmi les adhérents.

Le week-end aura donc permis de sensibiliser le grand public. Certaines personnes ont manifesté leur intérêt pour la cause des migrants en posant des questions, en adhérant, en effectuant un don ou en proposant leurs services. L’une d’elles était d’ailleurs présente à la distribution du vendredi soir suivant. Manuella Lavoisier

Nouvelles des associations

La congrégation de l’Armée du salut, comme chaque année, envoie une trentaine d’enfants en Hollande, pour qu’ils soient accueillis par des familles.

Le Fiteiro cultural de l’A.J.S. sera présent en juillet, au festival des Folklores du monde à Bray Dunes.

L’Estaminet du cœur inaugurera ses nouveaux locaux (rue du Ponceau, en face de son adresse actuelle) samedi 7 juillet à 17 h.

En mémoire de Marc Albert

Il animait, à côté de Jean-Marie Sornin, l’antenne locale du Secours Populaire Français. Militant dans l’âme, il en avait parfois l’intransigence. Educateur spécialisé, il était proche de ceux qu’il accompagnait portant constamment le soucis exigeant qu’ils développent une véritable autonomie. Quelques semaines avant de partir, il avait posé sa candidature à notre conseil d’administration.

Fermeture des associations pendant l’été

AJS : fermée du 6 août au 19 août. Réouverture le lundi 20 août aux horaires habituels
Congrégation Armée du Salut : fermée du 28 juillet au 6 septembre. Réouverture le vendredi 7 septembre à partir de 9h
Croix Rouge : 2 permanences en juillet et août : le mardi de 8h30 à 11h30 et le jeudi de 13h30 à 16h30
Emmaüs : fermée du 23 juillet au 20 août. Réouverture le mardi 21 août.
Le Phare : ouvert en juillet et août (dépannage principalement pour les saint polois)
Les Conférences Saint Vincent de Paul : fermées en août
L’Estaminet du coeur : ouvert en juillet et août
L’Accueil de jour, au coeur de l’espoir : ouvert en juillet et août
Le FLIU : fermé du 6 juillet au 26 août

Le Carrefour des solidarités sera fermé du 30 juillet au 12 août.

Accueillir un(e) bénévole : Un engagement mutuel entre lui et son association

Accueillir un nouveau bénévole. La chose n’est pas simple. Comment transformer les désirs d’une personne qui frappe à la porte d’une association, en actions qui entrent dans l’histoire et les objectifs d’une association ? Comment établir avec elle des règles claires ? France Bénévolat, avec laquelle nous avons établi un partenariat, propose aux associations de passer avec leurs nouveaux arrivants une convention d’engagement réciproque. Nous avions convenu d’aller voir avec elle comment cela pouvait fonctionner dans une association qui pratiquait une telle convention. C’est chose faite. Nous avons rencontré la V.M.E.H., Visite des Malades dans les Etablissements Hospitaliers.

Nous avons pu longuement discuter avec Gérard Nicolas, président, et Geneviève Lefever, Vice Présidente de la V.M.E.H. en présence de Christine Bourbiot, présidente de France Bénévolat-Dunkerque.

Et d’abord, connaissez-vous l’association ? C’est entre 70 et 80 bénévoles qui chaque semaine vont rendre visite aux malades ou aux usagers des hôpitaux de notre agglomération ou encore à un certain nombre de foyers de personnes âgées, voire de personnes lourdement handicapées. Visites de voisinage pour parler souvent d’autre chose que ce qui retient la personne dans l’établissement. Visites de courtoisie, entre habitants d’une même agglomération. Le plus souvent, pas plus, pas moins. Pour le dire autrement, elles rompent quelques instants la solitude. Elles créent du lien, provisoire et simple, avec qui le désire, sans s’imposer. Dans certains établissements, elles proposent de la lecture. Dans d’autres, concernant les jeunes et les enfants, elles proposent des ateliers, du soutien scolaire ou des contes.

Lorsqu’un nouveau bénévole arrive, il y a avec lui un long entretien. Histoire de mieux le connaître, de lui expliquer ce qu’il va faire, les règles de l’association et de l’orienter vers l’activité où il pourra être le plus efficace. Histoire aussi de vérifier que l’association n’a à faire ni à un farfelu, ni à quelqu’un qui va rajouter aux problèmes ou souffrances des personnes qu’il va visiter, les siens. Ensuite, il fait de la double commande. Plus simplement, il accompagnera pendant un certain temps des personnes de l’association dans leurs visites. C’est plus tard, qu’il pourra le faire tout seul. Entre temps, l’association aura vérifié qu’il n’y a pas eu de problèmes ni du côté des personnes visitées, ni du côté du visiteur. Alors, on lui remet le petit livret qui rappelle les règles du visiteur et celles de l’association ainsi qu’un badge qui lui permettra d’être reconnu comme membre de l’association dans les établissements où il ira visiter les personnes. Ensuite, il sera tenu de suivre régu-lièrement les conférences qu’organise l’association pour approfondir ses connaissances.

« J’aime bien les choses organisées et responsables », nous a dit Gérard Nicolas, médecin hospitalier à la retraite. « Lorsque France Bénévolat nous a parlé de la convention d’engagement récipro-que, cela m’a paru clarifier les responsabilités entre l’association et les bénévoles. » De fait, au moment où, après la période d’apprentissage réciproque, on remet au bénévole son petit livret et son badge, il signe désormais une convention d’engagement réciproque. L’association et le bénévole s’engagent ainsi, chacun de son côté. « Cela a-t-il changé les choses ? », avons-nous demandé à Geneviève Lefever qui, depuis longtemps, s’occupe de l’accueil des nouveaux arrivants et de la marche générale de l’association. « Pas vraiment, pour l’instant », a-t-elle reconnu. « En fait, cela vient compléter notre cycle d’accueil. Mais nous ne le faisons que depuis un an. Il nous faudra voir à l’usage. »

Dans la discussion qui a suivi nous sommes tombés d’accord sur les conclusions provisoires suivantes. Lorsque la procédure d’accueil d’une nouvelle personne est claire et réfléchie, et lorsque le passage d’une période d’observation réciproque est symbolisée, le contrat ne vient que donner une trace écrite à ce qui est fait. Lorsque cette procédure n’existe pas, l’étude d’une telle convention entre le nouveau bénévole et l’association est l’occasion de se reposer la question de l’accueil et de ses exigences, du projet associatif et de l’engagement de l’association vis-à-vis du bénévole.

Merci à chacun. Isabelle et Jean-Marie

Extrait du livret du visiteur

Visiteur V.M.E.H., quel doit être votre comportement ?

Discrétion et tact : vous ne vous imposez jamais. Respectez la personnalité de chacun, son intimité, ses silences et gardez toujours pour vous les confidences reçues. Attention : vous êtes à l’écoute amica-le de la personne visitée qui désire, en un contact personnel, partager ses préoccupations. Votre sympathie ne vise ni à corriger, ni à éduquer, elle est avant tout un échange qui cherche à soulager l’autre de son isolement, de son angoisse, de ses craintes…

Entendu, reçu, échangé

Le Carrefour des solidarités est-il ouvert le vendredi ?

Nos locaux sont normalement ouverts du lundi au vendredi compris. Mais comme nous avons beaucoup d’activités et peu de moyens, il suffit qu’il y ait une course à faire ou une réunion dans d’autres locaux pour qu’il n’y ait plus personne. Désolée. Soyez indulgent.

Isabelle

Les assistantes sociales font-elles des permanences dans les associations ?

Ce n’est pas toujours le cas et elles n’en ont pas toujours la possibilité de temps. Mais lorsqu’elles peuvent le faire, c’est intéressant pour les usagers, particulièrement ceux qui éprouvent des réticences à bénéficier de leurs services. A notre connaissance, une assistante sociale de secteur est présente régulièrement à l’A.J.S. Du côté d’Emmaüs, il s’agit d’une assistante sociale du C.C.A.S. de Grande Synthe. Il y a peut-être d’autres expériences. N’hésitez pas à nous en parler.

Thérèse

Les associations qui font de l’aide alimentaire organisent-elles aussi des ateliers cuisine ?

Pas toujours. Mais, par exemple, l’A.J.S. ou l’A.S.F.I. proposent différentes façons d’accommoder les denrées qu’elles distribuent. C’est particulièrement intéressant quand, effet du hasard, il y a une grande quantité d’un même produit lors d’une distribution. Cela permet de voir qu’on peut manger le même produit sous des formes très différentes et aussi appétissantes.

Sandra

Où puis-je trouver une information complète sur les associations membres du Carrefour des solidarités et sur leurs activités.

On est en train de préparer une nouvelle plaquette de présentation des associations et des autres membres de notre réseau. En attendant, vous pouvez consulter le site du carrefour, www.carrefourdessolidarites.org. A la rubrique, membres, vous pourrez consulter la façon dont chaque association s’est présentée et même, vous pourrez aller leur rendre visite avec nous.

Jean-Marie

Les dépannages alimentaires

Les associations qui font de l’aide alimentaire reçoivent régulièrement des personnes envoyées par les services publics pour être soutenues provisoirement. Le plus souvent, un colis de produits alimentaires devrait permettre à ces personnes de franchir la mauvaise passe qu’elles subissent. Ces dépannages sont pratiqués tout au long de l’année. Nous en avons fait un premier bilan pour 2007, grâce à la fiche de transmission rédigée par le travailleur social ou la travailleuse sociale qui envoie la personne vers l’association.

Mais, pourquoi ces dépannages ? Qui les paye ?

3 000 personnes concernées depuis le début de l’année

C’est, depuis le début de l’année, plus de 1 000 demandes qui ont été reçues par les associations, représentant près de 3 000 personnes. S’agissant d’un dépannage, ces personnes reçoivent, la plupart du temps, un seul colis alimentaire proportionné à la taille de la famille. Cela leur permet de faire face deux ou trois jours.

1/3 dû à la lenteur nécessaire de la prise de décision publique

24 % des demandes viennent de personnes qui sont en attente de l’aboutissement d’une démarche administrative : ouverture de droits, changement de droits, erreur de l’administration en leur défaveur, etc. C’est beaucoup. Et si on y ajoute les 9 % pour lesquels le travailleur social doit prendre le temps nécessaire pour mettre au clair la situation financière de la personne ou du ménage, c’est une demande de dépannage sur trois dont la cause est la lenteur du service public. Qu’on ne se méprenne pas, cependant. Il n’y a là aucune critique particulière à l’égard de ces services. S’assurer que les règles collectives d’attribution d’un droit sont respectées demande nécessairement du temps. Personne n’accepterait que l’argent public ne soit pas traité avec sérieux. Mais, en attendant la décision, les personnes considérées doivent pouvoir se nourrir.

1/3 des demandes devrait faire l’objet d’une aide régulière

Un budget extrêmement tendu. Des maigres ressources. On ne s’en sort pas. Et quand, en plus, pour quelques uns d’entre eux, on a fait des dettes, que faire d’autre que d’interpeller l’assistance sociale, le C.C.A.S. ou une association ? Pourtant, l’aide très provisoire qu’apporte le dépannage ne résoudra rien. Alors, pourquoi le dépannage n’est-il pas plus souvent l’occasion de commencer à se faire aider plus régulièrement ? Les personnes ne veulent pas se résoudre à dépendre, même pour quelque temps, d’une aide collective ? Résistance de certains à entrer dans ce qu’ils vivent comme de l’assistance ? Impossibilité pour les associations de faire plus que ce qu’elles font ? Ne serait-il pas opportun d’aller plus loin dans les investigations pour s’approcher d’une réponse ?

1/5 dû à une difficulté financière provisoire

Comme les précédents, ces ménages ont des budgets tendus. C’est à force d’astuces et de courage qu’ils s’en tirent un peu mieux. Et puis arrive l’imprévu. Une grosse facture d’eau ou d’énergie qu’on n’avait pas vu venir. La fille ou le fils qu’on n’a pas voulu priver de la sortie scolaire sans le dire à l’école. Un décès ou un accident. Son meilleur copain qu’il a fallu dépanner avec un peu d’argent parce qu’il n’avait plus rien à manger. Sa sœur qui entre à l’hôpital et dont il est évident qu’on va accueillir quelques jours ses enfants. Bref, on ne peut pas faire face provisoirement. On a besoin que quelqu’un vous dépanne. La solidarité organisée des associations est là.

Qui paye ?

Cette solidarité du dépannage, comme les autres, a un coût. Pour la plupart des associations, ce coût pèse sur leur budget. Souvent, celui-ci est exsangue au point qu’elles se demandent si elles vont pouvoir continuer à assurer ces dépannages alors que personne d’autres ne semble pouvoir le faire à leur place.

Au fond, est-il normal que les associations, grâce à leur organisation plus facilement réactive et à leurs capacités d’accueil personnalisé, se substituent à une responsabilité qui est, le plus souvent, publique ? Corriger la lenteur nécessaire des décisions publiques ou jouer le rôle d’une assurance, pour les plus pauvres en cas de coup dur imprévisible, ne devrait-il pas être financé par la puissance publique ?

Il était une fois le Carrefour des solidarités : 10 ans de débats

10 ans pour découvrir les vraies différences entre les membres du même réseau. 10 ans pour tenter d’agir ensemble malgré ces différences. 10 ans au cours desquels des questions fondamentales ont affleuré sans réussir vraiment à aller jusqu’au bout de leurs clarifications. En voici quelques unes.

Le temps

Une personne à la rue, qui n’a plus rien à manger ou qui n’a même pas une couverture ou un vêtement chaud. Il n’y a pas à réfléchir. L’urgence vitale commande de ré-soudre immédiatement le problème. Puis … Va-t-on continuer à lui apporter l’aide nécessaire au risque de l’établir dans un système d’assistance ? Va-t-on exiger d’elle qu’elle entre dans « un parcours d’insertion », donc dans un système d’échange qui va prendre du temps, au risque de la voir décrocher ? Comment s’articuler entre associations organisées pour répondre à l’urgence et associations qui travaillent essentiellement à l’insertion ? Comment ne jamais lâcher la personne qui a besoin de temps ?

Le pouvoir et la gouvernance

Agir dans le social, est-ce un pouvoir ou un service ? Est-ce un pouvoir qu’on exerce sur des personnes faibles ou déstructurées ? Est-ce le pouvoir de se mettre à son écoute et au rythme de son temps propre ? Pourquoi a-t-on tellement de difficultés à donner leur place aux paroles et à la volonté des personnes qui vivent dans la difficulté ? Donner cette place ne change-t-il pas le type de pouvoir qu’exercent bénévoles ou salariés ?

La responsabilité

Est-ce l’individu qui est responsable de la situation difficile qu’il vit ? Est-ce la société locale ou nationale qui ne donne plus leur place aux plus faibles ou aux accidentés de la vie ? Il y a vraisemblablement de la responsabilité partagée. Alors, pourquoi fait-on semblant souvent que ce soit l’un ou l’autre ? Comment articuler ces deux types de responsabilité ?

L’échelle de territoire

A quelle échelle de territoire faire exister le débat et les coordinations nécessaires : agglomération, département, région, nation, international ? Pourquoi, par exemple, a-t-on l’impression que région et département ne sont accessibles qu’aux associations de la métropole ? Pourquoi les réseaux régionaux ont-ils tant de mal à reconnaître l’existence des agglomérations ?

Agir ou penser

L’urgence commande l’action. Etre solidaire, c’est faire. Les gens qui travaillent dans le social sont donc des gens d’action. Penser son action, serait-ce de la perte de temps ? L’intelligence n’aurait-elle pas les mêmes exigences de temps et de travail que l’action ? L’intelligence serait-elle à bannir de la solidarité ?

Concurrence ou coordination

Il y a entre les associations de véritables concurrences qui ne se mettent que rarement sur la place publique. Celle-ci est même exacerbée par les pouvoirs publics. Certains déploient des trésors d’imagination pour garder leur marque de fabrique ou maintenir leurs capacités propres d’innovation. Est-ce la bonne méthode pour réguler l’action sociale sur un territoire ? Est-ce la meilleure façon pour faire émerger les innovations nécessaires ?

Public ou privé

La solidarité est une responsabilité collective et publique. Elle est aussi l’apanage d’initiatives citoyennes qui assurent ainsi une diversité des réponses. Comment articuler concrètement ces deux responsabilités ?

Bénévoles et professionnels

L’action sociale est menée par des salariés et par des bénévoles. Elle exige des uns et des autres de véritables compétences. Mais est-ce exactement les mêmes ? Peut-on imaginer une solidarité collective uniquement assurée par des services publics ? Comment articuler concrètement l’action des uns et des autres et les rendre complémentaires ?

La pensée du mois

« Un veilleur de nuit ne peut pas surveiller deux villages. »

K. MIKSZATH, Hongrie

La recette du mois : Petits pains au sésame

(recette fournie par Fatima, de l’A.S.F.I.)

Pour 10 personnes :
Préparation : 15 minutes,
Temps de pause : 40 minutes,
Cuisson : 20 minutes,
Coût : 0,10 euro par personne

Ingrédients : 2 sachets de levure boulangère, 1 kg de farine, 50 g de sucre en poudre, 150 g de beurre fondu, 1 pincée de sel, 1 œuf, 50 g de graines de sésame

Matériel nécessaire : un saladier, 1 bol, 1 plat allant au four, 1 pinceau

Préparation :

-  Dans un saladier, tamiser la farine, ajouter le sel, le sucre, le beurre fondu et la levure
-  Mélanger le tout avec de l’eau tiède jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène et lisse
-  Couvrir et laisser reposer 10 mn
-  Séparer la pâte en petites boules (de la forme d’un éclair)
-  Laisser reposer 20 mn
-  Avec un pinceau, badigeonner chaque petit pain avec de l’œuf et un peu de graines de sésame.
- Mettre au four 10 mn à 240 degrés puis 10 mn à 180 degrés, jusqu’à ce que les petits pains soient dorés

Documents joints

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com