Le journal n° 74 - mai 2007
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journal n° 74

Journal de mai 2007 – n° 74

Sommaire

- Arrêté anti mendicité : est-ce une bonne réponse à un vrai problème ?
- Questions d’urgence ! Que répondre ?
- En direct des associations
- En direct du Carrefour
- Questionnaire sur l’atelier « surendettement » : les retours tardent à venir !
- Ben, qu’est-ce ça dit ?
- La pensée du mois

Arrêté anti mendicité : est-ce une bonne réponse à un vrai problème ?

Les autorités municipales de Dunkerque viennent de prendre l’initiative d’interdire la mendicité dans certains lieux publics pour un certain temps. Certains s’en sont émus. La Ligue des droits de l’homme, membre du Carrefour des solidarités, a pris position publiquement par l’intermédiaire d’un texte qu’on trouvera ci-après. Renseignements pris, ne serait-ce pas une mauvaise réponse apportée à un vrai problème ?

La double peine

Le vrai problème : de véritables mafieux organisent la mendicité de personnes étrangères, à leur propre profit. Chaque soir, ils viennent relever les compteurs et perçoivent leur part de ce qu’il faut bien appeler un racket organisé sur le dos de personnes dans le besoin et le sentiment de solidarité des gens qui leur donnent leur obole. De plus, la mendicité se fait avec une certaine agressivité.

L’arrêté anti mendicité pris par la ville de Dunkerque est paradoxal.

Paradoxe, dans une ville où les pouvoirs publics et les associations de citoyens font tout pour répondre au mieux aux besoins urgents des personnes dans la grande pauvreté.

Paradoxe qui fait supporter aux personnes pauvres le fait d’être pourchassées et réprimées pour leur pauvreté et non aux mafieux et autres racketteurs !

Répression ou éducation civique

Décidément, les manières du tout répressif gagnent du terrain là où on ne les attendait pas et la concertation a été oubliée.

Plutôt que d’organiser le dépla-cement du problème sur d’autres communes de l’agglomération, ne serait-il pas préférable que chaque citoyen de cette agglomération connaisse les solutions qui sont organisées pour répondre à chacun des problèmes d’urgence : manger, dormir, se vêtir, etc. Il pourrait alors orienter les personnes concernées vers ces solutions collectives et refuser de tomber dans le panneau du racket.

Le Carrefour des solidarités

A propos de l’ARRETE MENDICITE pris par la Ville de Dunkerque

La section de Dunkerque de la Ligue des Droits de l’Homme

s’étonne de la teneur de l’arrêté signé par le député-maire de Dunkerque et visant à interdire la pratique de la mendicité en certains lieux de la ville et pour une durée déterminée. Ses membres avaient en effet pu apprécier encore tout récemment que les autorités locales aient soutenu la LDH dans sa recherche de solutions humanitaires en faveur des personnes étrangères cherchant à s’intégrer dans notre société.

S’il s’agit bien sûr d’éviter que des personnes en grande difficulté ne soient pas odieusement exploitées par des réseaux mafieux, s’il s’agit d’éviter que nos compatriotes subissent des agressions de la part de ceux qui les sollicitent, ces délits peuvent et doivent être durement sanctionnés par la Justice. Mais faut-il pour cela encore conforter une réglementation déjà abondante ?.

Par contre la LDH ne saurait accepter qu’un tel arrêté puisse être pris à l’encontre d’une catégorie identifiable et identifiée de personnes – de nationalité roumaine en l’occurrence, si l’on se fie à la presse et aux précédents de Boulogne et de Wimereux – .Ce qui obligerait en fait les services de police à procéder à des contrôles orientés : ce que les citoyens épris de justice ne peuvent accepter.

A la vérité, nul acte ayant fait l’objet de plainte déposée en bonne et due forme, ne semble attester que les personnes pratiquant la mendicité aient jusqu’alors altéré « le bon ordre, la tranquillité et la sécurité publiques ». Jusqu’à preuve du contraire, les personnes sollicitées peuvent tout à fait librement répondre ou non aux sollicitations. Mais peut-être les mendiants ternissent-ils l’image des accès de la ville ?

Il apparaît dès lors essentiel à la section dunkerquoise de la Ligue des Droits de l’Homme que les libertés publiques en ces temps où d’aucuns entendent les restreindre, voire en supprimer, soient défendues par tous les démocrates et les républicains et que, plutôt que de stigmatiser des personnes démunies, Dunkerque s’efforce de les accueillir et de les aider dans la satisfaction de leurs besoins les plus élémentaires.

En conséquence, elle demande que cet arrêté contesté soit annulé.

Questions d’urgence ! Que répondre ?

Bénévoles ou salariés des associations ou institutions membres du Carrefour des solidarités, voire citoyen lambda (cf article sur la mendicité), nous sommes régulièrement interpellé pour répondre à des situations d’urgence éprouvée par quelqu’un que nous rencontrons. Nous ne connaissions pas sur le dunkerquois de fiche simple, permettant de trouver immédiatement la réponse.

Urgence téléphonique : police, pompiers, SAMU.
Où dormir quand on est à la rue ?
Où manger quand on n’a rien ?
Où se soigner rapidement ?
A qui demander une aide alimentaire urgente ?
Où se laver dans l’urgence ?
Si vous avez besoin d’une autre aide immédiate ou d’un soutien, à qui s’adresser ? (toxicomanie, violences, discrimination raciale, enfance maltraitée, solitude ou désespoir, expulsion de son logement)

Des questions simples et courantes auxquelles nous n’avons, au mieux, que des réponses parcellaires au gré de notre propre expérience ou de nos propres connaissances. Nous nous étions promis de constituer une fiche simple qui permette de trouver toutes les solutions existantes. Ce sera chose faite dans les semaines qui viennent. Nous vous la présenterons dans notre prochain numéro.

Dès maintenant, vous pouvez consulter notre site : www.carrefourdessolidarites.org en empruntant le chemin suivant :

- rubrique : bénévoles et salariés,
- puis rubrique : S.O.S. questions d’urgence.

En direct des associations

Emmaüs Dunkerque « Un village aux multi-facettes »
12 et 13 mai 2007
de 10 h à 18 h
Venez découvrir, pendant les Portes-ouvertes, au fil des rues, allées, places !
Meubles, bibelots anciens, linge, livres, disques, bric à brac, jeux, électroménagers…
Stands information : Tabgha, l’épicerie solidaire – Emmaüs famille, Spycker, l’atelier palette – Projet Cameroun – le mouvement Emmaüs.
Visites guidées de la communauté – Restauration – Buvette – Crèpes.
62, rue de la Gare 59760 GRANDE SYNTHE, tél : 03 28 21 24 88

La Fondation de l’Armée du Salut

assemblée générale des salariés et des usagers de l’accueil de jour
le jeudi 24 mai à 14h

A.J.S.

assemblée générale
le mardi 22 mai à 18h
à la mairie de Petite-Synthe

Le Secours populaire français

a fermé sa permanence du boulevard Diderot à Rosendaël, adresser désormais le courrier à la Maison des associations, 77 rue de Soubise à Dunkerque

En direct du Carrefour

Le nouveau conseil d’administration vient de tenir sa première réunion après notre assemblée générale. Au menu : élection du nouveau bureau et répartition des responsabilités entre les administrateurs. Le travail ne manque pas.

Le bureau

Président : Jean-Marie Gueuret
Vice Présidente : Thérèse Caulier
Vice Président : Jean-Paul Besson
Secrétaire : Jocelyne Bot
Trésorier : Pierre Mulliez
Membre : Christine Joseph

Deux nouveaux membres seront désignés lors du prochain CA pour représenter les collèges 1et 5.

Coordinations et ateliers

Aide alimentaire : Christine Joseph, Michel Hérant, Thérèse Caulier et Jean-Paul Besson
Coupures Eau et électricité : Chantal Hanon, Michel Hérant, Jean-Marie Gueuret
Prévention des expulsions : Bruno Duez, Thérèse Caulier, Jean-Marie Gueuret, Jean-Paul Besson,
Migrants : Manuella Lavoisier, Thérèse Caulier, Jean-Pierre Masclet, Jocelyne Bot
La santé des personnes qui vivent la précarité : Thérèse Caulier
Les personnes de la rue : Jean-Paul Besson, Christophe Héroguer, Jocelyne Bot, Jean-Marie Gueuret
Les pratiques artistiques : à désigner lors du prochain conseil d’administration

Comités de pilotage

Formations : Thérèse Caulier, Michel Delaporte, Michel Hérant, Jean-Marie Gueuret
Journées du refus de la misère : Pierre Mulliez, Jean-Marie Gueuret, Frédéric Verhaerne
Assises de la solidarité : Jocelyne Bot, Jean-Marie Gueuret, Pierre Mulliez.
Guide ressources : Pierre Mulliez et Pierre Flamen
Site : Jean-Paul Besson, Jocelyne Bot, personne à désigner provenant de l’AJS, Jean-Marie Gueuret, Françoise Lavoisier, Séphora Vasseur
Observation : Bruno Duez, Jean-Marie Gueuret
Documentation : Pierre Mulliez.

Comité de rédaction du journal

Jean-Paul Besson, Jocelyne Bot, Thérèse Caulier, Isabelle Damiani, Jean-Marie Gueuret, Pierre Mulliez, Stéphanie Tant, Sylviane Thomas, personne à désigner par l’A.J.S.

Questionnaire sur l’atelier « surendettement » : les retours tardent à venir !

Nous vous avions indiqué que nous menions une évaluation sur le déroulement de l’atelier qui a été consacré au « surendettement », avec l’aide du COPAS. Dans cet objectif, nous avons fait parvenir à ceux qui y ont participé ainsi qu’aux responsables des associations, un questionnaire. A ce jour, peu de réponse ont été renvoyées : à peine 10 %. C’est trop peu pour faire un vrai travail d’évaluation.

Il est vrai que les dernières séances de cet atelier remontent à plusieurs mois. Il est donc parfois difficile de répondre aux questions tellement les souvenirs se sont estompés.

Pourtant, nous vous demandons un véritable effort. C’est grâce à vos réponses que nous pourrons être plus efficace et plus pertinent dans nos propositions de formation. En fait, ce sera tout bénéfice pour vous.

A vos plumes !

Ben, qu’est-ce ça dit ?

Un nouvel atelier « échanges et découvertes » sur la santé des personnes qui vivent la précarité ouvre ses portes. Première réunion, ce 2 mai. On vous en dira plus le mois prochain. En attendant, découvrez son animatrice, Valérie Boulogne.

Elle a de l’expérience. Elle a commencé dans la gestion et a été formatrice. Et puis, elle a souhaité s’orienter vers les questions sociales, celles du développement des personnes et des institutions. Du coup, elle s’est formée pour, à Lille, en préparant un diplôme de second cycle (master). Cela ne l’a d’ailleurs pas empêchée de continuer à être attentive aux problèmes de ce littoral où elle est née. Un stage dans l’une des associations membre du Carrefour des solidarités sur les questions de santé, justement. Un mémoire sur les questions que se posent les habitants d’un coin de notre pays industriel. Ce n’est pas uniquement le hasard si la principale question qu’elle a ressortie de son travail d’écoute et d’analyse est celle de la santé.

A partir de mai et pour six mois, elle prend la responsabilité technique du nouvel atelier « échanges et découvertes » sur la santé des personnes qui vivent la précarité. Sans attendre la décision définitive sur le financement de cette action, nous avons en effet décidé de l’entamer. Et, pour rester fidèle à la méthode expérimentée dans l’atelier « surendettement », la première réunion a été entièrement consacrée à découvrir les questions que se posent les participants et les souhaits qu’ils peuvent exprimer. Un prochain rendez-vous a été fixé pour visiter ensemble le Centre de Prévention Santé du Conseil Général du Nord.

Nos moyens ne nous permettant pas d’aller au-delà d’un mi-temps pour six mois, elle complètera son travail en menant jusqu’à son terme ce que nous avons commencé sur le « surendettement ».

Bienvenue à elle. Vous ne tarderez pas à faire connaissance.

Il était une fois le Carrefour des solidarités (suite)
10 ans au service des personnes sans domicile fixe

Nombre d’associations rassemblées dans le Carrefour des solidarités travaillent depuis longtemps à côté des personnes qui sont sans domicile fixe. Elles ont éprouvé, depuis l’origine du réseau, le besoin de se rassembler pour améliorer constamment les services qu’elles leur rendent. Malgré ce travail commun et les initiatives prises depuis, il y a encore malheureusement du pain sur la planche…

Une commission permanente

Dès la première année de constitution du Carrefour des solidarités, les problèmes vécus par les personnes sans domicile fixe sont travaillés au sein d’une commission. On trouve la trace de ses travaux dès le premier rapport d’activité du réseau. Rassemblant une huitaine d’associations aux-quelles se joignent des services qui sont au contact de ces personnes, elle sera menée de main de fer par Ariel Westphal, responsable de l’Armée du salut, branche reli-gieuse. Jusqu’à ces derniers temps, c’est Christophe Héroguer, res-ponsable au P.A.C.T. du Foyer logement intercommunal d’urgence.

Les objectifs de la commission, rappelés d’année en année, ont été les suivants :

- mettre en réseau les associations qui dispensent une aide aux sans domicile fixe,
- échanger sur les pratiques (hé-bergement, accueil en journée et en nuitée),
- être à l’écoute de ces publics pour définir les besoins et créer un consensus dans les réponses ap-portées,
- redonner à ce public marginalisé des repères et les associer aux différentes formes d’accompagne-ment (synthèses ponctuelles, échanges inter associatifs)

Mieux connaître et mieux se connaître

Fidèle à ses premières démarches, dans ce domaine comme dans d’autres, la première activité de la commission est de faire un recensement des personnes sans domicile fixe sur le dunkerquois, puis de présenter les activités développées par chacun de ceux qui se retrouvent autour de la table.

Ensuite, c’est une meilleure connaissance des ressources disponibles sur le dunkerquois qui sera entreprise. C’est ainsi qu’au fur et à mesure du déroulement de la commission viendront se présenter : la C.A.O., le centre médico psychologique, la maison de promotion de la santé, le bureau d’aide aux victimes, l’unité fonctionnelle d’addictologie de liaison du Centre hospitalier de Dunkerque, la permanence d’accès aux soins située dans le même établissement et, enfin, l’établis-sement public de santé mentale des Flandres.

Ces différentes présentations se font au gré des sujets qu’aborde la commission.

Les thèmes de travail

Au fur et à mesure des années, on peut suivre l’évolution de l’at-tention de la commission.

- la santé des personnes de la rue, puis les problèmes de santé mentale,
- le problème de la domiciliation,
- la lutte contre les phénomènes de racket,
- les problèmes rencontrés par l’accueil de nuit, en particulier sa saturation progressive,
- le refus d’utiliser les structures existantes par les gens de la rue et éventuellement leur inadaptation ou leurs contraintes (problèmes abordés dès 2000)
- la question d’une structure d’accueil pour les personnes enracinées depuis longtemps dans la rue,
- les situations particulières que sont l’hiver et le grand froid, l’été avec la canicule,
- la mise en valeur de la parole et de l’expérience des personnes de la rue,
- la fin de vie des personnes de la rue, l’accompagnement de leur décès et le maintien de leur mémoire.

A chaque fois, on analyse, on évalue, on alerte et, dans la mesure du possible, on invente ensemble les solutions adaptées. Et on est encore loin d’avoir trouvé avec ceux qui, par accident ou par volonté progressive, n’ont pas de domicile permanent, et de façon coordonnée, les solutions aux problèmes qu’ils rencontrent. Autant de raisons pour ne pas baisser les bras.

Les membres de la commission « sans domicile fixe » depuis 10 ans

Le P.A.C.T. ,
Les Restos du cœur
La Croix Rouge,
La boutique de l’insertion de l’A.A.E.
L’accueil de jour, fondation de l’Armée du salut,
La Congrégation de l’Armée du salut,
Emmaüs,
L’association Michel,
L’association Louise Michel,

La C.A.O.
Le Centre médico-psychologique
La maison de promotion de la santé

La pensée du mois

"les gens qui vivent dans le passé doivent s’incliner devant ceux qui vivent dans l’avenir. Sinon le monde se mettrait à tourner à l’envers..."

A.Bennett. Angleterre.

numéro vert gratuit anti-expulsions locatives.

Quelques jours après la date de reprise des expulsions, le conseil général du Nord a annoncé la création d’un Le dispositif a pour objectif d’encadrer les discussions entre propriétaires et locataires pour éviter les procédures d’expulsions. Ce numéro de téléphone est le

0 800 359 359.

Si vous voulez accéder aux numéros déjà parus...

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