Le journal n° 108 - mai 2010

Sommaire

- Gribouille ?
- Leffrinckoucke solidarité
- Les assises de la solidarité locale : l’heure d’un premier bilan
- Forum citoyen : suite
- Pour une évaluation financière de la solidarité associative
- L’observatoire de la solidarité dans la région dunkerquoise sort son premier numéro
- Fondation Abbé Pierre, un nouveau partenariat
- Rahmadin était Afgan et il avait 16 ans
- La pensée du mois

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journal de mai 2010, n° 108

Gribouille ?

Le mois dernier, l’observation menée par les associations qui font de l’aide alimentaire régulière nous a permis d’approcher le manque de ressources permanent d’un nombre de familles important. Nos calculs nous montraient qu’il manque aujourd’hui près de 60 € par mois à une personne seule qui touche le R.S.A. plancher et près de 140 € par mois à un ménage avec deux enfants, allocations familiales comprises, pour survivre sans faire de dettes.

Ce mois-ci, nous avons tenté d’approcher l’apport des associations face à ces besoins : 1,2 millions d’euros au total, sur un an, pour une partie d’entre elles, sans quasiment faire appel à l’argent public national. Elles permettent ainsi aux familles dont on vient de parler de combler une partie de leurs manques.

Il resterait à montrer combien la solidarité publique locale apporte et à mesurer si les apports cumulés répondent réellement aux besoins ou non. Mais nous nous heurtons à l’incapacité des communes, pour l’instant, à communiquer ce qu’elles font. Secret d’Etat local ? Politiquement délicat ? Dans les communications communales concernant les budgets, il en existe, telle commune mélange les aides aux personnes et le budget consacré à l’animation locale ou encore globalise toutes ses aides. Dans tous les cas, impossible de connaître la situation financière réelle, les ressources et leurs origines, des gens auxquels elles viennent en aide. A se demander parfois sur quels critères et sur quelle analyse des besoins elles construisent leur budget. A l’époque où d’un seul clic, n’importe quel banquier est capable de vous sortir le graphe des valeurs cotées en bourse quasiment heure par heure, la solidarité navigue dans le noir. Tel gribouille ?

Fort de ce constat, les Assises de la solidarité de 2008 avaient souhaité que se constitue un observatoire local de la solidarité. Grâce à l’interpellation relayée par le Président de la Communauté Urbaine de Dunkerque, l’AGUR a accepté de l’animer. Il a travaillé et il va sortir son premier numéro. Les C.C.A.S. sont même sur le point de se mettre d’accord pour une observation possédant les mêmes critères d’un échantillon de la population qui frappe à leur porte.

Sur trois points cependant, on a une certitude. Malgré les apports de chacun, aide associative et aide publique, bon nombre de familles continuent à ne pas manger à leur faim tous les jours ou à être incapables de payer leurs factures essentielles. Si elles n’y arrivent pas, c’est qu’elles sont dans l’impossibilité de le faire compte tenu du prix des choses et des ressources procurées par la solidarité publique d’Etat. Enfin, la façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne.

Le comité de rédaction

Leffrinckoucke solidarité

Par deux fois, de façon rapprochée, nous avons été accueillis par des élus de la ville de Leffrinckoucke. Nous avions décidé de visiter le C.C.A.S. comme nous le faisons régulièrement de chacun des membres du Carrefour des solidarités. Et puis, notre dernier « apéro carrefour » avait lieu dans les locaux de la Mairie. Autant d’occasion de parler de la solidarité avec les représentants de cette commune.

Nous avons d’abord été accueilli dans « l’espace social ville », là où se trouve le centre communal d’action social. Situé le long de la route qui relie Leffrinckoucke à ses communes voisines du littoral, Zuydcoote, puis Bray Dunes, l’espace social ville est abrité dans une maison ancienne, non loin de l’ancienne gare et de la nouvelle mairie. Il accueille non seulement le centre communal d’action social, mais aussi des permanences de la Maison de l’Emploi pour les demandeurs d’emploi, de la Mission locale qui vise principalement les jeunes et de l’assistante sociale du département. Cela évite aux personnes concernées d’avoir à se déplacer de service en service. Cela permet surtout des concertations régulières entre ces différents services qui peuvent ainsi mieux coordonner leurs interventions. Tout nouvel inscrit comme demandeur ou demandeuse d’emploi peut donc être aussi reçu par le centre communal d’action sociale pour une analyse complète de sa situation.

« C’est ainsi », nous a fait remarquer Hakima Zerrif, élue, correspondante du centre d’action sociale avec le Carrefour des solidarités, « que plus de la moitié des nouveaux inscrits deviennent, dans l’année, bénéficiaires d’aide du centre communal d’action sociale. »

Autour de la table se trouvaient outre Hakima, Sylviane Thomas, adjointe aux affaires sociales, Guy Saint Martin, directeur du centre communal, Isabelle Damiani, directrice du Carrefour et Jean-Marie Gueuret, Président du Carrefour.

« Notre objectif », a continué Hakima, « n’est évidemment pas de maintenir notre aide, mais de faire en sorte que celle-ci leur permette de se sortir de la situation qu’ils connaissent. La ville propose, par exemple, des contrats aidés dans ses services d’espace vert, d’entretien ou dans les écoles. Notre rôle, au C.C.A.S., est de recevoir ces gens, de préparer avec eux leur dossier, de le défendre et de les accompagner. Souvent cela passe par de la formation. Et nous constatons que contrat aidé momentané ou financement d’une formation permettent aux gens de se retrouver ensuite sur le marché de l’emploi avec une meilleure chance de trouver une solution. » A l’appui de ce constat, nous avons découvert le projet qui était en train de se mettre en place de financement de permis de conduire, visant dix jeunes porteurs de projet, en échange d’un service rendu à une association. « Trois sont déjà signés. Trois sont en négociation et quatre sont encore à pourvoir, » nous ont-ils affirmé.

Des situations difficiles vécues par leurs concitoyens, les élues en avaient manifestement plein la tête. Mais aussi des projets pour pouvoir y répondre, qu’ils concernent les questions liées au logement, aux ressources trop faibles pour faire face aux factures, voire tout simplement pour se nourrir. Elles nous ont, trop rapidement, expliqué comment elles étaient en train de réfléchir à la création d’une épicerie sociale en associant le centre communal d’action sociale et telle ou telle association. « Nous n’avons pas localement d’associations dont l’objet principal soit l’intervention sociale », nous ont-elles dit. « C’est pourquoi construire tel ou tel projet avec le soutien, voire l’intervention, d’une ou plusieurs associations membres du Carrefour des solidarités est indispensable pour nous. »

Lorsque, quelques jours plus tard, nous avons été accueilli chaleureusement avec les associations qui avaient fait le déplacement dans le cadre d’un de nos « apéro carrefour », cela nous est apparu comme évident. Après les mots de bienvenue prononcés par Mr Guy Lemaire, premier adjoint, au nom du Maire, et par Mme Chantal Dehaese, Vice Présidente du C.C.A.S., les échanges se sont déroulés par petits groupes de façon complètement informelle. Dans un coin on a pu discuter des conseils de quartier, du conseil de maison de la Maison pour tous et du projet de « forum citoyen ». Trois formes de consultation des citoyens qui pourraient se concerter eux-mêmes. Dans l’autre, Vie Libre, nouvel adhérent au Carrefour des solidarités, a pu se présenter à des membres du C.C.A.S. et des rendez-vous ont été pris. Les « apéros », c’est certainement convivial. Mais ça peut être utile…

Au C.C.A.S. de Leffrinckoucke, le petit journal du Carrefour des solidarités est distribué à chacun des membres du conseil d’administration et il semble bien que cela les intéresse. Pas étonnant qu’en se quittant, on ait évoqué le projet de réunir de temps en temps les membres des conseils d’administration des C.C.A.S. en vue d’échanger leur expérience, les problèmes qu’ils rencontrent et les solutions que chacun inventent ou étudient.

Les assises de la solidarité locale : l’heure d’un premier bilan

Deux ans après avoir tenu les Assises de la solidarité locale qui avaient réunies près de 300 participants, il est temps de dresser un premier bilan. C’est l’invitation que lance le Carrefour des solidarités pour le mois de novembre prochain.

Les 7 et 8 novembre 2008, se sont tenues, dans les locaux de la Communauté Urbaine de Dunkerque, les Assises de la solidarité locale. Après une année de travaux collectifs, les près de trois cents personnes qui s’étaient réunies à cette occasion ont décidé de retenir 20 actions prioritaires. Elles visaient toutes à progresser vers l’amélioration de la situation de ceux et celles qui vivent les plus grandes difficultés sociales. Modestes ou ambitieuses, précises ou un peu vagues, elles symbolisaient notre volonté commune et donnaient à cette dernière du grain à moudre.

Les témoignages recueillis à cette occasion témoignaient tous de l’intérêt trouvé par les participants et les participantes, parfois de mettre un visage sur un interlocuteur, toujours d’avoir pu échanger expériences et réflexions.

Depuis, le travail de chacun s’est poursuivi. Parfois les décisions prises correspondaient tellement à l’actualité de ce travail que c’est à peine si on a eu besoin de se référer à elles pour aller de l’avant. Quelques unes d’entre elles ont permis de débloquer une situation ou de construire un projet. D’autres, soit trop générales, soit pas assez travaillées, sont resté lettres mortes. Enfin, les évènements ont parfois changé la donne. La crise financière, la crise économique et la crise sociale qui en est la conséquence ont fait sentir leurs terribles morsures. De nouvelles dispositions gouvernementales ont chamboulé le paysage de ce que vivent les gens dans la difficulté comme ceux qui les accompagnent.

Mais à quoi auraient servi de telles Assises, si nous ne pouvions pas en mesurer les effets ou en changer les orientations ?

C’est donc pourquoi, lors de notre dernière assemblée générale, nous avons décidé de mener une première évaluation des suites apportées, ou non, aux décisions collectives que nous avons prises. En un mot, de faire un premier bilan. C’est d’ailleurs l’engagement commun que nous avions pris à la fin de ces Assises.

Mais nous n’avons ni le temps, ni les ressources nécessaires pour consacrer à ce premier bilan beaucoup de travail. C’est pourquoi nous procéderons en deux étapes.

En juin et septembre de cette année, nous provoquerons une réunion de travail d’une demie journée pour chacune des 5 commissions qui s’étaient constituées lors des Assises de la solidarité. Chacune de ces commissions correspond à l’un des 5 thèmes de travail. Dans chacune de ces commissions, il s’agira de répondre aux 3 questions suivantes :

-  Y a-t-il eu des avancées dans chacune des décisions prises ? Si oui, lesquelles ? Si non, pourquoi ?
-  Les décisions prises en novembre 2008 sont-elles encore pertinentes ? Doit-on en substituer d’autres ?
-  Comment faire avancer les décisions prises ou les nouvelles décisions proposées ?

En novembre, nous nous réunirons en assemblée plénière, au cours d’une après-midi de travail en commun, pour entendre le rapport des commissions, en discuter et prendre de nouvelles décisions communes.

D’ici là, dans ces pages, nous reprendrons chacune de nos décisions et tenterons de vous en proposer un point d’avancement.

Forum citoyen : suite

Dans le journal de mars dernier nous vous indiquions le projet de créer un forum citoyen suite aux instigations communes du Département, de l’URIOPSS et de la Fédération des centres sociaux. Ce sera chose faite, début mai, au cours d’une première réunion qui portera sur la question : l’accueil dans les administrations et les associations, comment ça se passe ? Quels problèmes rencontrez-vous ?

Proposer aux citoyens, usagers, bénéficiaires, de dire leurs expériences, de les confronter et d’exprimer les demandes qu’ils ont à faire en commun, tel est le premier temps de préparation du forum citoyen qui va se mettre en place. Puis, après avoir identifié les problèmes et esquisser les solutions qui semblent être à portée de chacun, les confronter avec les travailleurs sociaux et agents des services publics, mais aussi avec les responsables élus, tel est l’objectif des forum citoyens. Le sujet retenu dans un premier temps par quelques uns de leurs représentants a été celui de l’accueil dans les administrations, les services et les associations.

Plus concrètement, d’ici au début du mois de mai, des minis forums se tiendront dans les associations, les C.C.A.S. et les maisons de quartier volontaires sur le sujet retenu. Le 11 mai, un premier forum se tiendra dans les locaux de l’A.A.E. de 9 h 30 à 11 h 30, en vue de rassembler ce qui sera issu de ces minis forums.

A priori, deux difficultés seront à surmonter.

L’exposé de l’expérience personnelle sera le matériau de base de la réflexion collective. Mais, comment passer de ces expériences personnelles à l’identification des principaux problèmes rencontrés ? En somme, comment synthétiser ce qu’il peut y avoir de commun à chacune des expériences mises sur la table ? Puis comment esquisser des solutions possibles du point de vue des citoyens, usagers, bénéficiaires ? Telle sera la première difficulté.

La deuxième est encore plus difficile. Comment faire que ceux qui savent et qui ont facilement la parole laissent parler les citoyens, usagers, bénéficiaires ? Il y a une solution radicale. Ne donner la parole qu’aux citoyens, usagers, bénéficiaires. Mais, cette solution ne peut être que provisoire. Elle viendrait au bout du compte en contradiction avec le principe du forum qui est celui de la confrontation des points de vue. Il appartiendra au régulateur ou à la régulatrice de la parole d’établir avec les participants une règle du jeu qui tienne compte de cette difficulté.

Pour une évaluation financière de la solidarité associative

La solidarité associative n’a pas de prix. Chaque bénévole, qui en est l’agent, sait bien que c’est autant le colis de nourriture qui est donné que le contact et l’accueil qui sont fait aux personnes dans le besoin qui sont précieux. Mais elle a un coût et une valeur financière qui peuvent être mesurés. En voici une première approche.

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L’observatoire de la solidarité dans la région dunkerquoise sort son premier numéro

Il aura fallu plus d’un an de travail à l’Agence d’Urbanisme pour mettre au point le premier numéro de l’observatoire de la solidarité. Au cours du mois de mai, ce sera chose faite. Résultat d’un travail collectif, grâce au concours d’un certain nombre de partenaires.

Des chiffres, des graphiques et des cartes pour parler de la pauvreté, telle qu’on peut la percevoir sur l’ensemble de la région dunkerquoise. La tâche n’aura pas été simple pour Céline Lejeune et son équipe de l’agence d’urbanisme, ainsi que pour les partenaires qui s’y sont associés. Et d’abord, qu’est-ce que la pauvreté dont on veut parler ? L’argent qui manque ? L’emploi qu’on a perdu et qu’on ne retrouve pas ? Le manque de formation pour se débrouiller dans la vie ? Le logement qu’on ne trouve pas ? La santé qui se dégrade faute de pouvoir se soigner ? Evidemment, c’est tout ça et bien d’autres choses encore. Ensuite, quels sont les chiffres disponibles ? Qu’est-ce qu’ils mesurent ? Ont-ils les mêmes définitions ? Ceux qui les possèdent seront-ils d’accord pour les rassembler dans un même document ?

Le parti pris a été de rassembler les informations essentielles autour de ces questions et de s’intéresser de plus près à quelques populations plus particulières : les foyers où un adulte seul est responsable quotidiennement des enfants, les seniors, les migrants de passage sur le littoral.

Résultat ? Une multitude d’informations qui permettent d’approcher la réalité de la pauvreté sur notre territoire.

Ce n’est pas toujours facile pour un utilisateur occasionnel des statistiques comme chacun peut l’être d’aller pêcher l’information qui va l’intéresser. C’est pourquoi les rédacteurs de ce premier numéro ont pris soin de résumer en trois pages simples les points les plus importants.

Avec ce premier numéro, l’observatoire ne prétend pas avoir fait le tour de la question. Il compte bien compléter ce point de vue, dans les prochaines parutions, en développant trois autres aspects. D’une part, la pauvreté a généré toute une série d’organisations privées et publiques pour aider ceux qui la connaissent à y faire face. Il tentera donc d’en faire une présentation. D’autre part, les chiffres ne sont qu’une approche de la pauvreté. Le point de vue de ceux qui la vivent, à travers leurs témoignages et leurs propres analyses, est un complément d’information indispensable. Enfin, il ne suffit pas de faire un état des lieux des problèmes et des tentatives de réponse. Encore faut-il pouvoir identifier la pertinence des réponses et leur efficacité.

N’imaginez pas, pour finir, qu’il est facile d’obtenir des informations. Par exemple, si les C.C.A.S. ont une relative connaissance de leurs activités, ils ont beaucoup de difficulté à fournir des informations statistiques sur les ménages qui les interpellent et leurs principales caractéristiques. Ne serait-ce que parce que leurs outils informatiques, lorsqu’ils en ont un, sont différents de l’un à l’autre. Fort heureusement, ils sont en train d’inventer une solution dont on verra sans doute les premiers résultats dans le numéro suivant de l’observatoire.

D’ores et déjà, vos réactions sont attendues par les rédacteurs de ce premier numéro. C’est par un dialogue permanent avec ses utilisateurs qu’il pourra au fur et à mesure s’améliorer.

Organisations ayant participé avec l’AGUR à la confection du premier numéro

- La caisse d’allocations familiales,
- La direction territoriale du conseil général
- Le Carrefour des solidarités
- Les C.C.A.S. de Dunkerque et de Loon Plage

Mesures et caractéristiques des populations précaires 1° partie du résumé du numéro 1

• Une proportion élevée de ménages pauvres
- La région dunkerquoise compte 21.170 ménages vivant sous le seuil de pauvreté (Source : Filocom 2007). Cela représente 20% du total des ménages, soit 3 points de plus qu’en France.
- Les taux de Rmi et d’API dans la population étaient en 2008 quasiment deux fois plus importante dans l’agglomération qu’en moyenne nationale (6% pour le RMI et 2% pour l’API).
• Près de 15 000 personnes concernées par la faim
- Selon une estimation réalisée par le Carrefour des solidarités, la misère alimentaire aurait touché, de façon régulière ou de façon exceptionnelle près de 15 000 personnes dans le Dunkerquois en 2008.

• Des revenus faibles, une forte dépendance aux aides publiques
- Dans l’agglomération, les populations les plus pauvres (10% des plus bas revenus) perçoivent moins de 440€ par mois, contre 547€ en France métropolitaine (revenus pour une personne seule).
- En 2007, 20% des bénéficiaires de la Caf ont des revenus qui dépendent à plus de 75% des aides, soit 4 points de plus que la moyenne nationale.

• D’importantes disparités territoriales
- Des déséquilibres sont visibles au sein de la région dunkerquoise. Les communes les plus marquées par la pauvreté se situent dans un croissant à l’ouest du territoire (Un ménage sur trois est pauvre à Grande-Synthe, près de 30% à Saint-Pol-sur-Mer et à Watten, contre 21% à Dunkerque, 7% à Armbouts Cappel et 6% à Socx).

• Des profils de précarité différents selon les secteurs géographiques
Typologie des ménages à bas revenus selon l’Insee :
- Des familles monoparentales, bénéficiant d’une pluralité d’aides, au cœur de l’agglomération
- Des personnes seules, fortement dépendantes aux aides, à l’est et au sud de la région dunkerquoise
- Des familles aux revenus d’activité modestes, aux franges de la pauvreté, dans l’arrière pays.

• Une pauvreté spécifique : celle des migrants de passage Ils sont plus de mille, sans revenu et sans toit, à transiter chaque année par notre territoire.

Fondation Abbé Pierre, un nouveau partenariat

La fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés vient de passer une convention de partenariat avec le Carrefour des solidarités. Elle va désormais apporter à notre agglomération un complément de soutien non négligeable pour les usagers sur la question du logement.

Plusieurs associations membres ou partenaires du Carrefour des solidarités travaillent déjà sur la question du logement et apportent leur soutien aux personnes en difficulté en la matière. Certaines comme le P.A.C.T., l’AFEJI ou l’A.A.E. gèrent des Centres d’Hébergement et de Réinsertion sociale. D’autres comme A.T.D. Quart Monde, la C.L.C.V. ou le D.A.L. accompagnent plutôt les usagers dans l’ensemble des problèmes qu’ils peuvent connaître concernant la recherche ou la gestion de leur logement.

La Fondation Abbé Pierre apportera désormais son soutien et son savoir faire spécifiques sur ces questions aux usagers de notre agglomération. La fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés a en effet pour objet d’agir pour que les personnes démunies puissent accéder à un logement décent et à une vie digne. Dans le cadre de sa politique de lutte contre l’exclusion des personnes et familles défavorisées, la Fondation soutient et développe des actions d’accès aux droits à destination des plus démunis. Elle a donc souhaité soutenir l’action du Carrefour des solidarités en participant à la mise en place d’une permanence d’accès aux droits dans nos locaux à destination des plus démunis ou des personnes accueillies par son réseau.

Elle tiendra donc des permanences, au 15 rue de l’Ecluse de Bergues plusieurs fois par mois. Dans les semaines qui viennent, elle sera présente de 9 h 30 à 12 h : le mardi 4 mai, le mardi 18 mai et le mardi 1er juin

En outre, elle invite l’ensemble de notre réseau pour une réunion de présentation de la Fondation Abbé Pierre, de son apport spécifique sur l’accès aux droits mais aussi de l’aide financière qu’elle est susceptible d’apporter à certains membres de ce réseau : le lundi 10 mai, de 14 h 30 à 16 h 30, à l’A.A.E, 41 rue du Fort Louis à Dunkerque

Rahmadin était Afgan et il avait 16 ans

Il a trouvé la mort dans la nuit de samedi à dimanche (10 et 11 avril) en tentant de passer en Angleterre.

Caché sous un camion qui montait sur le ferry boat de Loon Plage pour rejoindre son eldorado. Il a perdu la vie sous les roues d’un semi remorque.

La presse n’en a parlé que quelques jours après. La mort d’un jeune de 16 ans est-elle si banale que ça ?

Nous étions plusieurs à le connaître puisqu’il était allé avec son cousin à Bailleul pour une convalescence. Deux gentils garçons d’ailleurs.

Des bénévoles ont pu joindre la famille en Angleterre. Des amis sont venus et ont pris contact avec l’ambassade d’Afghanistan à Paris, pour le rapatriement du corps qui a été effectué depuis.

Combien devra-t-il encore y avoir de morts ?

Des bénévoles le 17 avril 2010

La pensée du mois

L’optimiste pense qu’une nuit est entourée de deux jours,
le pessimiste qu’un jour est entouré de deux nuits.
Francis Picabia

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