Le journal n° 106 - mars 2010
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mars 2010, n° 106, 2° ed.

Sommaire

- Avis de tempête ou de redoux ?
- Une semaine auprès des migrants de passage
- Revenu de solidarité active
- Objectif : forum citoyen
- Le Carrefour des solidarités accueille deux nouveaux arrivants
- L’ASSFAM disparaît
- « Accueillez avec douceur la parole plantée en vous. »
- Renouvellement du conseil d’administration
- La pensée du mois

Avis de tempête ou de redoux ?

Avis de tempête ! Tel était le titre de notre éditorial de mars, l’année dernière, quelques jours avant notre assemblée générale annuelle. Rien n’est venu le contredire. Le chômage a augmenté et le nombre de ceux qui sont venu frapper aux portes des associations n’a fait qu’augmenter. 11 % à nouveau de hausse de demandes de dépannage au cours de la dernière année, avons-nous annoncé le mois dernier. 20 % de demandes d’aide supplémentaires annoncent les C.C.A.S.

« Fin de crise » annoncent les clairons officiels. Peut-être, alors que bon nombre d’analystes en doutent. Il faudra en effet beaucoup plus de temps social qu’économique pour retrouver de l’équilibre. Et puis, surtout, les ébranlements de notre système économique et social que la crise a produit ou dont elle est issue, ne sont pas près d’avoir fini leurs conséquences.

Au cœur de ces ébranlements, il y a les pauvres d’aujourd’hui. Ceux qui ont été exclus de notre système ou qui s’en sont exclus comme ceux qui ne vivent que des minima sociaux, c’est-à-dire de la solidarité collective, faute de travail, et qui sont rejoints chaque jour par ceux qui ont vu leur travail ne pas leur permettre de s’en sortir, les travailleurs pauvres. C’est avec eux et pour eux que notre réseau associatif et institutionnel œuvre. Et de plus en plus de voix s’élèvent pour reconnaître que ce travail est de plus en plus difficile et vient se substituer aux responsabilités collectives que les puissances publiques abandonnent chaque jour plus.

Evidemment, aucun de nous n’entend laisser sur le bord de la route ceux et celles que nous accompagnons. Mais chacun est tenté de manifester sa totale désapprobation de ce qui se passe par l’arrêt de son intervention. Certains même, ces derniers mois, en sont arrivé à cette extrémité ou ont été contraints de le faire. Il ne nous appartient évidemment pas de les juger. Les circonstances peuvent expliquer leur décision. Pourtant, nous devons nous laisser interroger par elles. Sont-elles des signes avant coureur d’une crise plus profonde de l’organisation de la solidarité ? Combien de temps durera le courage manifesté par nombre de bénévoles qui ont parfois l’impression d’écoper l’eau d’un bateau avec une cuillère ?

Le collectif « Alerte ! », qui fut à l’origine de notre réseau et dont nous sommes toujours membre, se pose aujourd’hui ces questions avec courage, lucidité et force. Nos assises de la solidarité locale, dont nous ferons un premier bilan au cours de l’année qui vient, seront sans doute l’occasion pour nous de les affronter. Notre assemblée générale qui se tiendra ce mois-ci en portera sans doute témoignage.

Le comité de rédaction

Une semaine auprès des migrants de passage

Mardi

Site n°1 : « Ils étaient très nombreux. Beaucoup de têtes nouvelles, hier au repas qui s’est cependant déroulé dans le calme. Malgré les kg de pâtes et de riz qui avaient été préparés, ça a été très juste. Heureusement, il y avait de la sauce bolognaise et du pain en quantité, ce qui a permis de contenter les derniers. Puis beaucoup de desserts en tout genre : pommes, crèmes , gâteaux.

Pendant le repas, nous avons emmené à la douche les 9 vietnamiens qui ne voulaient pas manger. Ils ont eu au retour fruits et gâteaux. Ça nous a permis de faire une rotation de douche supplémentaire

il y avait au camp 5 femmes iraniennes. 3 sont venues à la douche. Les 2 autres n’ont pas voulu.

L’affluence a eu raison de notre stock de slips et chaussettes. Les derniers n’ont malheureusement pas eu de quoi se changer. Mais ils étaient quand même très contents et dans les voitures au retour, nous avons eu beaucoup de" mercis".

Pour jeudi, M. vient avec des oeufs durs. Je vais faire des lentilles et du riz. F. et C. préparent thé et gâteaux.

A. »

Site n°2 : « Temps pas trop favorable ce jour puisque nous avons eu la pluie et le vent toute la journée. Mais ne nous plaignons pas. Que doivent dire les migrants ? La distribution s’est bien passée, sauf pour l’eau que nous voulions donner par tentes. Le repas préparé par G., D. et C. a été apprécié. Toujours les sempiternelles demandes : chaussures, cartes de téléphone… Pour les chaussures, on a expliqué que la semaine passée, nous avions retrouvé un tas de chaussures que nous avions donné, donc c’est qu’ils n’ont pas besoin, donc pas de chaussures. Quelques uns demandent des habits, on verra une prochaine fois. »

Site n° 3 : Même repas que sur l’autre site. En arrivant, ils disent qu’il n’y a plus d’eau dans la tonne à eau. Il y a un couple avec 3 petits enfants et une jeune femme seule. Il y a aussi un gars qui parle très bien le français. Après le repas, pendant que les copines font la vaisselle, nous emmenons femmes et enfants à la douche. Mais il n’y a qu’une seule douche qui a de l’eau chaude. La mère de famille reçoit un kit hygiène ainsi qu’habits et chaussures pour tous

Il reste beaucoup de nourriture que nous gardons pour dans deux jours. Il restera à cuire de la viande et de la sauce.

Merci à tous, F. »

Jeudi

Site n° 4 : « Après le vestiaire où nous sommes assez nombreuses (C., D., F., E., M., F., J., C.), nous prenons un repas en attendant M. qui arrive avec ce qu ‘elle a cuisiné. C. est allée chercher la soupe. C. et F. se rendent au marché, puis préparent ce qu’elles ont ramené.

Départ vers le site avec la camionnette, car nous avons des commandes d’habits. Un peu moins de monde que la fois d’avant. Le repas se passe bien ainsi que la distribution d’habits mais tous ne sont pas là. Rien de spécial à signaler. »

Vendredi

« Pas trop de monde à cette distribution. Un des gars nous aide à la faire. De nouvelles commandes d’habits sont prises. Un vol dans le camion. Nous avions emmené des ballons. Mais ils n’ont pas eu la patience d’attendre. Un sac d’habits lavés pour un petit gars disparaît aussi. Ça devient pénible cette manie qu’ils ont de nous piquer des choses.

J. refait le pansement du gars qui a la main ouverte. Nous décidons de l’emmener à l’hôpital. Après une longue attente, J. voit arriver l’infirmière qui est furieuse. Il refuse une fois de plus de rester à l’hôpital. Cela fait deux fois qu’il nous fait le coup. »

Samedi

« Nous trouvons en cuisine M. devant les grandes potées de légumes et de riz, F. qui supervise l’ensemble et participe activement, M. qui remplie les bouteilles de thé.

Arrivée de renfort : E., F., J., J., C. et moi. Chacun se dispatche les tâches : C., remplissage des bouteilles d’eau, E., coupage du pain, F., aide en cuisine, vaisselle et rangement, J., chargement du camion, P., chargement de son véhicule qui ira sur un autre site, moi, préparation des sacs et transferts des cocottes dans les véhicules respectifs. Puis nous nous divisons en deux groupes.

Au site n° 2 : environ une cinquantaine de migrants (majorité d’Afghans et une petite dizaine d’Irakiens). Distribution plus ou moins correcte : la répartition de l’eau est bonne, pas de conflit. Quant au pain, pas facile de maîtriser. Là ils en veulent toujours plus. Pour la nourriture, nous constatons pas mal de gâchis ! Quelques retardataires arrivent et nous préparons des gamelles pour la jungle.

Au site n° 3 : quelques vietnamiens et des afghans. En tout une quarantaine. Les familles (2) n’étaient pas présentes (quelques petits problèmes : centre hospitalier de Dunkerque). Distribution correcte.

Dans l’ensemble un Samedi correct avec un temps brumeux mais pas trop froid !

Voilà, à bientôt. Bon dimanche, amicalement

V. »

Revenu de solidarité active

Le centre communal d’action sociale de Dunkerque a organisé en décembre 2009, dans les locaux de l’AAE, une présentation du dispositif « revenu de solidarité active » ou RSA. A cette occasion, se sont exprimés notamment des représentants du CCAS de Dunkerque, du conseil général, de la Caisse Primaire d’assurance maladie de Dunkerque et de la caisse d’allocations familiales. De cette présentation très complète, nous avons extrait, avec l’aide de Madame Loywick de la CAF, quelques informations destinées à rappeler l’objectif du RSA et présenter les principales modalités de sa mise en œuvre.

L’objectif

L’objectif du RSA « Revenu de solidarité active », mis en œuvre le 1er juin 2009, est de favoriser le retour à une activité professionnelle. Dans ce but il garantit à toute personne de disposer d’un revenu minimum et de voir ses ressources augmenter quand les revenus qu’elle tire de son travail s’accroissent ; tout en veillant à « ne pas faire de perdants parmi ceux qui ne travaillent pas » (Rapport de M Hirsch au premier ministre).

Il se substitue au « revenu minimum d’insertion » (RMI) et à l’« allocation pour parent isolé » (API) et à d’autres dispositifs destinés à favoriser le retour à l’emploi ; son montant varie en fonction des revenus et de la composition du foyer.

Qui gère le RSA ?

La gestion du RSA fait intervenir :

- L’Etat, responsable du volet insertion professionnelle des allocataires du RSA et de leur accompagnement par les Référents de Pôle Emploi
- Le Département, pour l’orientation des allocataires, le pilotage du dispositif et la coordination du parcours d’insertion de chaque allocataire,
- Le service instructeur, celui auprès duquel la demande d’attribution du RSA est formulée par toute personne qui souhaite bénéficier de ce dispositif. Ce peut-être les services sociaux du Département, la CAF, la MSA, Pôle emploi (courant 2010), les CCAS, les associations agréées par le Président du Conseil Général,
- La caisse d’allocations familiales (CAF) ou la caisse de mutualité sociale agricole (CMSA), chargées du paiement de l’allocation.

Les droits et revenus garantis à l’allocataire du RSA

Quand on parle de RSA, il convient de distinguer :

Le « RSA socle » destiné aux personnes n’exerçant aucune activité professionnelle, il garantit un revenu équivalent à celui du RMI.

Ce revenu est susceptible d’être majoré. On parle alors de « RSA majoré » pour garantir au parent isolé un revenu identique à celui de l’API. Il s’agit de l’application du principe : il n’y a pas de perdant dans la mise en œuvre du RSA.

Enfin pour les personnes exerçant une activité professionnelle, le « RSA chapeau » , constitue un complément de ressources, qui diminue au fur et à mesure que les revenus du travail augmentent.

Sous certaines conditions, l’allocataire du RSA peut bénéficier de la couverture maladie universelle (CMU), de la complémentaire santé et d’aide au logement.

Les devoirs de l’allocataire du RSA

Dans le cadre de l’objectif du RSA de favoriser le retour à l’emploi et en contrepartie de la garantie de revenu, l’allocataire du RSA doit s’engager dans une démarche volontaire d’insertion professionnelle et sociale.

S’il s’agit d’une orientation vers une insertion professionnelle, on parlera de « projet personnalisé d’accès à l’emploi » (PPAE), élaboré avec un référent désigné par Pôle emploi. Si l’orientation proposée est en vue d’une insertion sociale, on parlera d’un « contrat d’engagements réciproques » (CER), mis au point avec un référent désigné par le département et signé avec celui-ci.

Processus de demande de RSA par une personne pensant relever de ce dispositif

Les étapes principales de l’insertion dans le dispositif sont les suivantes :

- Le demandeur du RSA s’adresse à l’un des services instructeurs indiqués ci-dessus.
- Le service instruit le dossier, c’est à dire enregistre les éléments qui caractérisent la situation du demandeur et justifient sa demande.
- Tout est ensuite transmis à la Caf ou à la MSA qui ont délégation du Conseil Général pour ouvrir les droits ou non
- Pour les travailleurs indépendants, Il appartient aux services du conseil général d’évaluer les ressources à prendre en compte, la Caf ou la Msa évaluant le droit
- Les services du Conseil Général détermine l’orientation appropriée : Pole Emploi ou structure en charge du diagnostic social
- Avec l’aide de ces derniers le demandeur élaborera suivant le cas un PPAE ou un CER et s’engagera à le mettre en œuvre.
- L’éventuel non respect de cet engagement par l’allocataire pourra être cause d’interruption du versement du RSA.

le RSA un changement culturel profond

Avec le « revenu social garanti », il s’agit d’aider les bénéficiaires des ces revenus garantis à ne pas s’installer dans une situation d’aide, mais à les inciter à entreprendre une démarche volontaire vers l’emploi. Un changement également pour les personnes accompagnant les bénéficiaires du RSA : la prise en compte du public RSA maji et de leur insertion professionnelle. La mise en place du RSA dans un contexte économique difficile est un nouveau challenge pour tous.

Note de la rédaction

Nous avons tenu à reprendre intégralement les informations qui nous avaient été communiquées et vérifiées par notre partenaire de la C.A.F., y compris les intentions affichées par le promoteur du dispositif. Mais nous savons qu’entre le discours affiché et la réalité, il y a parfois des abîmes que vivent les personnes qui sont dans la difficulté. Nous reviendrons donc dans notre prochaine parution sur les difficultés réelles et effectives de mise en œuvre de ce dispositif, dont témoignent dès aujourd’hui bon nombre des membres du Carrefour, voire les ratés qui sont déjà repérés. Par exemple, contrairement à ce qui est dit, tel bénéficiaire du R.M.I. se retrouve aujourd’hui, avec le R.S.A., avec des ressources encore plus faibles. Ou encore, certains syndicats se demandent si le changement culturel profond ne serait pas celui de faciliter les radiations du dispositif d’aide. Ou encore est-il raisonnable d’espérer qu’une femme qui élève seule quatre enfants est susceptible de trouver facilement un travail rémunérateur, etc.

Objectif : forum citoyen

Profitant de la création des dispositifs liés au Revenu de Solidarité Active, en accord avec le Département du Nord, l’U.R.I.O.P.S.S., le forum permanent d’insertion de Lille et la fédération des centres sociaux ont lancé l’idée de susciter des « forum citoyen » dans chaque territoire, où les usagers auront la parole. Début d’un long processus, dans lequel nous nous engageons sans réserve.

L’occasion

La loi du 1er décembre 2008 a considéré que les allocataires du R.S.A. devaient être représentés dans les équipes pluridisciplinaires, instance de régulation du dispositif, chargées de prononcer un avis sur les situations de réorientation, de suspension de droits afin que le Président du Conseil général puisse rendre sa décision. Il en est de même dans les instances de définition des Plans départementaux d’Insertion. Mais comme l’on sait, il ne suffit pas de décider d’une participation des usagers. Encore faut-il leur permettre de se constituer comme de véritables interlocuteurs fort, non seulement de leur expérience personnelle, mais aussi de celle de tous les autres usagers.

L’expérience acquise

Or, depuis plusieurs années, un forum permanent d’insertion sur l’agglomération lilloise réunit régulièrement usagers ou allocataires et professionnels pour travailler sur ces questions. Fort de cette expérience, l’U.R.I.O.P.S.S. et la Fédération des centres sociaux ont lancé l’idée d’organiser sur chaque territoire du département du nord de tels forums. Leur objectif est en même temps de former les usagers comme de vrais interlocuteurs. Il est aussi de forger un outil collectif de réflexion.

En effet, depuis sept ans, le forum contribue activement à la mise en place de lieux d’expression et de participation en étroite proximité avec les services du Département et ses élus. Ce lieu permanent de paroles, réunit des allocataires du RSA, des travailleurs sociaux, des référents généralistes de parcours et des fonctionnaires territoriaux. Ce collectif se retrouve en commission plénière mensuelle et dans des groupes de travail. Un des enjeux est de passer de la situation individuelle des personnes à une démarche collective de co-construction pour qu’au final la personne participe concrètement à l’élaboration des politiques d’insertion sociale et professionnelle. Ce lieu participatif, inscrit dans une dynamique d ‘éducation populaire, de croisements de savoirs et de pratiques vise des leviers tels que la démocratie participative, le travail sur la confiance en soi, l’estime de soi, le rapport à l’institution et la place de citoyen.

La dynamique locale

Dire qu’une telle proposition a immédiatement intéressé les partenaires locaux ne peut être qu’une évidence. L’une des décisions prises au cours des Assises locales de la solidarité réunies fin 2008 était de développer des « ateliers de travail social » qui ressemblaient quasiment point par point, dans leur projet, au forum permanent lillois. Et comme le territoire considéré est celui de la direction territoriale du conseil général, il englobe le monde rural. C’est donc plus largement que le seul réseau d’agglomération, qu’une telle initiative doit concerner.

Un long processus à engager

Les allocataires ou les usagers ont déjà pris l’habitude, au moins pour certains d’entre eux, de travailler ensemble dans le cadre des commissions de vie sociale ou d’autres instances initiées par un certain nombre de structures locales. Prendre la parole, échanger ses expériences et construire une ou des paroles communes ne sont pas en effet choses immédiates. Les confronter ensuite à celles de professionnels ou de bénévoles pour aboutir à des orientations communes l’est encore moins. C’est pourquoi quelques orientations ont commencé à se prendre entre les représentants d’un certain nombre d’organisations locales qui se sont déjà réuni deux fois dans cet objectif.

- constituer un comité technique de pilotage local,
- commencer par un travail à faire au sein des différentes organisations par des groupes d’usagers, être soutenu et accompagné par une personne compétente extérieure à l’organisation et au réseau local,
- échanger entre organisations, à chacune des étapes du processus, les expériences et construire une dynamique commune,

C’est pour se mettre d’accord sur ces orientations et ces dispositions qu’une nouvelle réunion de travail est prévue le 16 mars prochain dans les locaux du Car mars.

Nous vous tiendrons au courant de l’évolution du processus.

Le Carrefour des solidarités accueille deux nouveaux arrivants

Notre conseil d’administration de janvier a répondu favorablement à la demande d’adhésion de deux nouvelles associations : les petits frères des pauvres et Vie Libre. Avant de leur rendre visite dans les prochaines semaines et de vous en parler plus à loisir, en voici une présentation succincte.

Les Petits frères des pauvres

Le siège social de cette association se situe à Paris et l’antenne régionale à Lille. L’antenne dunkerquoise est implantée au 293, avenue des Sports à Dunkerque/Malo

L’association, créée en 1946, est laïque. Elle est animée localement par une jeune femme dynamique, Djamila Colman. L’association n’a aucun adhérent. A Dunkerque elle se compose d’une salariée, trois jours par semaine, et d’une trentaine de bénévoles très encadrés. Elle s’occupe d’une trentaine de personnes âgées, isolées, précaires et leur apporte un mieux vivre. Ces personnes sont accompagnées jusqu’à leur dernier moment.

90% de leurs ressources sont des dons et en particulier provenant des associations philanthropiques.

L’association peut réaliser bien des choses pour les personnes âgées : voyages, sorties, visites au domicile ou dans différentes structures, aides, etc.

Son animatrice a participé activement aux Assises de la solidarité locale.

Vie Libre

Vie Libre est une association nationale déclarée Loi 1901 en 1953. Son siège se situe à Clichy (92110). Elle est reconnue d’utilité publique et d’éducation populaire.

Vincent Pluquet est le seul animateur salarié pour le département du Nord. L’association se compose de bénévoles dynamiques où cet esprit perdure à ce jour. Du bon travail s’y pratique. A Dunkerque, permanences à la maison de la promotion de la santé - A Bergues au Foyer socio-éducatif - A Saint Pol sur mer à la maison des services aux habitants et associations.

Leur but : Guérison – réinsertion – promotion du malade alcoolique et de sa famille. Une soif de s’en sortir en créant du lien.

Activités : Groupes de parole – action en milieu hospitalier – écoute – prévention. Cette association fonctionne avec un petit budget : 4700 euros l’an.

L’ASSFAM disparaît

Nous indiquions dans notre journal de février que nous le regrettions. C’est un mot faible. A l’heure où des associations et des bénévoles se mobilisent tous les jours à côté des personnes migrantes, voir un service public qui leur était destiné disparaître, représente pour beaucoup d’entre nous un véritable scandale.

L’association service social familial migrants, l’ASSFAM, était peu connue du grand public. Certains se sont même demandés ce que ce service pouvait bien être. Ils n’avaient pas complètement tort. Peu connue du grand public, les personnes pour lesquels elle travaillait ne le sont pas véritablement plus, elle l’était au contraire des associations qui se préoccupent journellement des personnes immigrées ou issues de l’immigration et, évidemment, de ces personnes elles-mêmes. Elle l’était aussi de tous les professionnels qui, d’une façon ou d’une autre, travaillent ou ont travaillé dans le cadre des politiques de la ville successives. Son travail était le travail quotidien de l’accueil, de l’information et de l’accompagnement de ces personnes.

Dire qu’elle a 60 ans, c’est aussi dire qu’elle est née en même temps que le Fonds d’Action Sociale pour les migrants, créé en 1958, au bénéfice, alors, des travailleurs immigrés venant d’Algérie. Elle a ensuite épousée toutes les évolutions de ce fonds, constitué, à l’origine, par une partie des cotisations sociales payées par ces travailleurs eux-mêmes. Ce n’était que justice qu’une petite partie de la richesse qu’ils concouraient à créer leur revienne sous la forme d’un service social. Le bénéfice du Fonds et donc, les actions qu’il finançait, se sont étendu à toutes les personnes immigrées ou issues de l’immigration, puis à la lutte contre les discriminations.

C’est en 2006, que le précédent gouvernement a noyé la vocation d’origine de ce Fonds d’Action Sociale dans l’ACsé, fonds en particulier pour la prévention de la délinquance, et confier l’accueil des immigrés à une agence qui s’occupe en réalité de l’accompagnement des reconduites à la frontière. C’est bien pourquoi l’ASSFAM est en droit de s’interroger et de nous interroger sur le choix fait concrètement par le gouvernement actuel entre une politique d’accueil et d’intégration et celle d’une gestion dite « humanitaire » du retour au pays. La suppression de la délégation Nord de l’ASSFAM en est un témoignage concret.

Au moment où les associations caritatives et humanitaires développent, non sans mal, une action bénévole auprès d’un certain nombre de personnes migrantes, voilà que l’un des services publics mené par une association, sur financement public, doit disparaître par arrêt de ce financement. Comment est-il possible de l’accepter sans rien dire ?

« Accueillez avec douceur la parole plantée en vous. »

Une promesse veillerait-elle en nous,
comme une racine chargée de nous ouvrir vers l’avant ?

Tout n’aurait pas été dit, puisqu’une voix s’entre-dit,
soufflant qu’il y a lieu d’être malgré le malheur,
malgré l’horreur.

Prendre soin des innombrables paroles,
celles qui hésitent au bord du cœur,
paroles tremblantes,
celles qui exultent sous la haute joie,
paroles vibrantes.

Serait-ce là une prière par laquelle on communie à la vie
au travers même de ce qui la déchire ?

Francine CARILLO : Vers l’Inépuisable (Labor et Fides).

Renouvellement du conseil d’administration

Conformément aux statuts, une partie du conseil d’administration du Carrefour sera renouvelée à la prochaine assemblée générale.

Pour plus d’information, voir l’article consacré à ce sujet sur notre site.

La pensée du mois

Ce sont les questions qui sont le sel de la vie.
Les réponses, il faut s’en garder : elles peuvent tuer.

Benoîte Groult

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