Le journal n° 105 - février 2010

Février 2010 - n° 105

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journal de février 2010

Sommaire

- Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil…
- Le conseil de développement durable a donné son avis sur l’accueil des personnes migrantes de passage
- Les dépannages alimentaires : la crise ?
- Pour un enterrement digne des personnes qui habitent la rue
- Etre administrateur du Carrefour des solidarités : pour quoi faire ?
- Denise nous a quitté sans crier gare
- La pensée du mois

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil…

On se souvient de ce film du regretté Jean Yanne qui, avec son humour grinçant, mettait en lumière les pires défauts de notre nouveau monde. Le monde des associations et organisations humanitaires et caritatives échapperait-il à la règle ?

Haïti vient de connaître une catastrophe naturelle qui s’est transformée en catastrophe humaine. Les solidarités internationales se sont fort heureusement mobilisées immédiatement. Nous nous en faisons bien évidemment le relais.

Mais le constat navrant fait par beaucoup de journalistes est qu’on assiste à l’une des plus grandes expositions des multiples capacités humanitaires à l’échelle internationale sans qu’aucune coordination ne réussisse pour l’instant à se mettre en place. Et quand un Etat ou une organisation se propose de mettre en place une telle coordination, c’est le soupçon de prise de pouvoir, sans doute à raison d’ailleurs, qui prévaut. L’aide humanitaire, fort heureusement multiple et diverse, serait-elle condamnée à ne pouvoir pratiquer que des politiques de gribouille ? L’intérêt supérieur de ceux qui souffrent ne commanderait-il pas au contraire que cessent ces concurrences inutiles et destructrices ? Coordination et coopération ne sont-elles pas le meilleur moyen de respecter en même temps les intérêts d’une population en état de choc et les propositions humanitaires dans leur diversité et donc, dans leur complémentarité ?

Notre échelle locale de territoire, toute proportion gardée, échappe-t-elle à cette dure réalité ? Manifestement non. Les dépannages alimentaires sont aujourd’hui en crise, par exemple, faute d’une coordination entre tous les intervenants publics et associatifs. Les associations qui interviennent auprès des migrants de passage, relayées par le conseil de développement durable de l’agglomération, demandent un conseil des migrants, autre exemple. Services et associations, élus des collectivités et responsables associatifs y sont-ils prêts ? L’intérêt supérieur des personnes qui souffrent ne l’exige-t-il pas ?

Ceux qui sont intervenus au cours de nos échanges de vœux ont tous dit que, même si c’était difficile, coordination et coopération étaient indispensables et que, si le Carrefour des solidarités n’existait pas pour cela, il faudrait l’inventer. Mais que peut faire le Carrefour des solidarités dans ce sens, sans la collaboration ouverte de chacun de ses membres ?

Jean-Marie Gueuret

Le conseil de développement durable a donné son avis sur l’accueil des personnes migrantes de passage

C’est à l’unanimité moins une abstention que le conseil de développement durable a approuvé, le 19 janvier dernier, l’avis destiné au Président de la Communauté Urbaine sur la question de l’accueil des personnes migrantes de passage sur notre territoire. On pourra lire ce texte de plusieurs pages sur notre site. Par la voix de son représentant, hors de la séance publique, le Président de la Communauté Urbaine s’est engagé à réagir à cet avis en précisant par écrit son point de vue. Les travaux de la commission que nous avons évoqué ici le mois dernier a donné lieu à quelques commentaires et avis complémentaires.

Le travail de la commission présidée et animée par Yves Pannequin, aidé de Fabienne Lesieux, a d’abord été salué. Elle aura permis d’interroger et d’écouter ceux et celles qui interviennent tous les jours auprès des personnes migrantes sur notre territoire et de tenir compte de leurs avis. Le seul regret a été que l’Etat, alors même que son représentant avait été invité, n’avait pas pu ou voulu y participer.

Ensuite, l’une des membres du conseil a insisté sur le fait que c’était grâce à l’action quotidienne de nombreuses personnes bénévoles qu’un minimum d’accueil humanitaire était assuré auprès des personnes migrantes. Elle a souhaité que les élus mettent en valeur l’action de ces personnes qui assurent ainsi cette fonction collective de la communauté de notre littoral. Un autre a insisté sur le fait que c’était en grande partie grâce aux dons de multiples habitants de notre agglomération que ce travail humanitaire pouvait être réalisé.

Pourquoi aurions-nous à supporter seuls, la misère du monde, telle a été la principale objection formulée par l’un des conseillers. Il a été rappelé à ce propos que la France et, plus généralement l’Europe, fait partie de ces régions du monde qui accueillent le moins de personnes migrantes. Ce sont les pays qui jouxtent les régions qui connaissent des conflits ou de graves difficultés économiques qui sont les plus concernées par les migrations de population.

L’autre objection formulée habituellement est celle de « l’appel d’air » que représenteraient des conditions d’accueil humains. Il a été rappelé qu’aucun fait objectif ne venait confirmer cette crainte. La fermeture de Sangatte n’a pas tari la venue de personnes étrangères désirant s’installer dans le Royaume Uni. Ce qui est en cause, ce sont les conditions économiques d’accueil que présentait cet Etat ainsi que sa proximité culturelle avec les personnes migrantes non les conditions d’accueil des pays limitrophes.

Plusieurs souhaits sont venus complétés la proposition d’avis formulé par la commission :

- que les dispositifs d’accueil ne soient pas réservés à la période de grand froid, mais mis en place tout au long de l’année, permettant ainsi des permanences des services sociaux,

- que l’aide financière publique locale aux associations se fasse directement par la C.U.D. sous forme d’avances, dont l’utilisation serait soumise à un contrôle strict,

- que soit créé un dispositif public d’intervention sanitaire de proximité,

- que des lieux d’accueil de convalescence soient créés en nombre suffisant.

Enfin, un dunkerquois a rappelé qu’il n’y avait pas si longtemps, les dunkerquois avaient connu eux-mêmes la nécessité de migrer, parce qu’ils subissaient un conflit majeur. Ils avaient été heureux de trouver des personnes pour les accueillir. L’accueil des personnes migrantes n’est-il pas un juste retour ?

Résumé de l’avis du CDD

En résumé, le Conseil de Développement Durable de l’Agglomération Dunkerquoise estime primordial que se développe une solidarité intercommunale en matière de gestion de la présence des migrants sur le territoire communautaire, facilitée par la création d’une instance de réflexion et de coordination : un Conseil Intercommunal des Migrants.

Le Conseil de Développement Durable souhaite également que des dispositifs permanents d’accueil puissent être établis à proximité des lieux où se regroupent cette population et que des mesures sanitaires pérennes soient adoptées, en matière de prise en charge médicale à proximité de cette population, et préconise en particulier l’ouverture d’une PASS décentralisée à l’ouest de l’agglomération.

Les dépannages alimentaires : la crise ?

Lorsqu’une famille se retrouve sans aucune ressource pour manger, les associations leur permettent de faire face en lui procurant une aide momentanée qu’il est convenu d’appeler un dépannage. De quoi tenir une ou deux journées. Le nombre de leur demande augmente. Celui des associations prêtes à leur répondre diminue. Leurs moyens aussi. Situation de crise !

Les personnes dépannées en 2009 en hausse de 11 %

2 427 ménages sont venus frappés à la porte des associations pendant l’année 2009. Ce chiffre représente une augmentation de 8,2 % par rapport à l’année précédente qui avait elle-même connu une augmentation de plus de 11 %.

Les dépannages réalisés ont concernés 6 831 personnes, dont 3 402 enfants, soit une nouvelle augmentation de 11,4 % qui vient s’ajouter à celle de 17,8 % de l’année précédente.

Seules, désormais, 4 associations font face aux demandes de dépannage

Depuis septembre dernier, l’A.J.S. a décidé de ne plus répondre aux demandes de dépannage faute de moyens financiers. Depuis décembre, le Phare à du cesser toute activité de ce genre aprés que la mairie de Saint Pol sur Mer ait mis fin à la disposition gratuite des locaux dont elle disposait rue liagre et l’association n’ayant pas trouvé les capacités de relogement. A elles deux, elles assuraient en 2008 plus du tiers (36 %) des dépannages.

C’est ainsi qu’en 2009, dans 43,6 % des cas, c’est la Croix Rouge française qui a répondu, soit par la remise d’un colis alimentaire, soit par l’accès à son vestiaire, en moyenne sur l’ensemble de l’année. Depuis la cessation d’activité de dépannage de l’A.J.S. (depuis septembre) et du Phare (depuis décembre), elle a assuré au cours du dernier trimestre près de 66 % des dépannages. Emmaüs a de son côté assuré 24,8 % des cas. La Congrégation de l’Armée du salut et la société de Saint Vincent de Paul ont assuré le reste.

D’autres associations ou institutions publiques comme les C.C.A.S. participent à l’aide d’urgence. Mais, il est actuellement impossible de rassembler des données qui ne nous sont pas communiquées. On peut espérer que dans le cadre de l’observatoire de la solidarité, créé cette année suite aux Assises de la solidarité autour de l’Agence d’Urbanisme et de développement de la région Flandre Dunkerque, ces informations pourront être réunies.

Les capacités associatives ont atteint leur limite

La hauteur de l’aide apportée peut varier d’une association à l’autre en fonction de ses propres capacités. Toutefois elles estiment qu’en moyenne le panier de produits apportés en réponse à la demande de dépannage doit permettre à la famille de faire face à un ou deux jours d’alimentation.

Bien qu’elles reconnaissent que cette aide n’est manifestement pas à la hauteur des besoins, les associations sont dans l’impossibilité d’en faire plus, faute de moyens.

En effet, si on prend pour hypothèse, proche de ce que nous disent les associations, que la valeur de chacune des aides est de l’ordre en moyenne de 25 €, c’est plus de 60 000 € qui sont apportés tout au long de l’année par la solidarité associative. Les associations ne déboursent pas cette somme intégralement. Une partie des produits contenus dans les colis qu’elles remettent est en effet issue de la Banque Alimentaire du Nord. Toutefois lorsque le réseau veut bien être réactif. C’est ainsi que, pour l’instant, les parts qui étaient destinées au Phare, suite à la cessation d’activité de cette association, demeurent à Lille alors que les familles s’adressent aux autres associations.

Quoiqu’il en soit, l’aide qui est apportée n’augment pas en fonction de la demande qui est faite. Simplement, les mêmes quantités sont réparties à un plus grand nombre.

Les causes de la demande ne changent pas

Dans 100 % des cas, la cause de la demande est évidemment le manque total de ressources pour acheter l’alimentation nécessaire à la survie immédiate du ménage.

Mais dans un peu moins de la moitié des cas, l’organisme qui a fait le premier accueil a spécifié les raisons de ce manque de ressources. En voici le détail :

- incident avec la C.A.F. : 13,3 % des cas
- incident avec un service du conseil général : 22 %
- incident avec les ASSEDIC : 14,2 %
- incident avec la C.P.A.M. : 3,5 %
- Endettement du ménage : 20,6 %
- Incident de vie : 29,6 %

N.B. « Incident avec un service » est un terme générique qui signifie que le ménage en question a des droits de la part du service considéré, dont le versement n’est pas opéré dans l’immédiat pour des raisons diverses : instruction en cours, dossier incomplet, retard de paiement, etc. Ces « incidents » représentent près de la moitié des situations.

Y a-t-il des solutions à cette crise ?

Il n’appartient pas aux associations de régler les problèmes posés par la crise économique actuelle. Mais leur appartient-il plus qu’aux pouvoirs politiques locaux et départementaux de faire face aux situations d’urgence que connaît un grand nombre de familles ? Mais comment secouer ce mille feuille de responsabilités partagées qui se renvoient le plus souvent les unes aux autres ? Les associations se concertent.

Pour un enterrement digne des personnes qui habitent la rue

La commission « urgence sociale » du Carrefour des solidarités s’est réunie récemment pour analyser les conditions dans lesquelles les personnes qui habitent la rue étaient enterrées. Des dispositifs existent et les associations qui sont proches de ces personnes font de leur mieux en la matière. Mais ne peut-on pas apporter quelques améliorations ?

Mieux comprendre la succession des faits entre la découverte d’un corps sur l’espace public et, dans certains cas, l’aboutissement à une inhumation dans le cimetière communal au titre d’indigent, pris en charge par les services de la Mairie, tel était l’objectif de la réunion de travail. Voir ensuite s’il y avait lieu d’amener des améliorations dans ce processus lorsqu’il concernait des personnes qui habitaient la rue, dans le respect de la dignité des personnes qui ont connu une telle fin. Les associations n’entendaient évidemment pas s’immiscer dans les responsabilités publiques, mais aider dans leur tâche les services concernés. Leur souhait était d’apporter l’accompagnement humain auquel a droit toute personne quelle que soit les circonstances de sa mort. Enfin toutes les communes sont susceptibles de faire face à de telles situations. Elles en ont même obligation sur leur territoire. Mais c’est sans doute la commune de Dunkerque qui a à connaître le plus de celles-ci (un peu plus d’une dizaine en 2009). C’est pourquoi, ce travail a d’abord été mené avec ses propres services dans le but d’étendre l’expérience éventuellement à d’autres territoires.

Après discussion et échanges, les participants se sont mis d’accord sur l’organisation suivante :

- il appartient aux services d’urgence (pompiers et police) de prendre les premières dispositions et d’alerter les services concernés de la Mairie (le cadre d’astreinte qui transmet ensuite).

- La première recherche est celle de l’identification de la personne décédée et celle de la recherche de la famille éventuelle. En l’absence de dispositions ou de moyens pour une prise en charge des funérailles lorsqu’un décès est constaté, sur la ville de Dunkerque, le CCAS de Dunkerque, dés sollicitation pour la mise en place d’un enterrement indigent, procède en lien avec les services de Mairie et les autres partenaires aux investigations pour rechercher et contacter la famille du défunt afin de connaître leur volonté quant à l’inhumation. Nous avons convenu qu’à ce premier stade, si des incertitudes intervenaient, l’information serait immédiatement faite en direction du service adulte de l’A.A.E. qui, au besoin, se chargerait d’interroger les agents de la maraude, ou le F.L.I.U., ou le service d’accueil Grand Froid ou encore l’accueil de jour de l’Armée du Salut.

- Au cours de cette période, se pose la question du lieu de dépôt de la dépouille et des visites éventuelles dont elle peut faire l’objet. Cette question du dépôt funéraire doit faire l’objet d’une réflexion avec les élus responsables.

- Dès que la décision d’inhumer est prise (entre 8 et 15 jours après la découverte du corps), la date et l’heure de l’inhumation déterminée, il a été convenu que le C.C.A.S. fournirait au Carrefour des solidarités ces informations ainsi que le service qui suivait éventuellement plus particulièrement la personne, charge à lui d’en informer le réseau des associations en vue d’une présence à l’inhumation, de se rapprocher de l’association qui suivait la personne en vue de rassembler quelques éléments de mémoire sur le ou la disparu. C’est à partir de ces informations et des témoignages éventuels recueillis au cours de l’inhumation qu’une notice sera établie par ses soins et diffuser éventuellement dans le journal du réseau.

- Concernant l’organisation et le déroulement de l’inhumation, c’est évidemment la volonté déclarée du défunt qui doit être respectée. D’expérience toutefois, les dispositions actuelles semblent donner à tous satisfaction dans la simplicité et l’humanité de la cérémonie proposée.

Il y aura lieu de se rapprocher du service concerné à l’hôpital pour voir quels problèmes spécifiques se posent à lui et comment il peut concourir aux dispositions d’ensemble.

Etre administrateur du Carrefour des solidarités : pour quoi faire ?

Comme chaque année, la moitié des postes de membre du conseil d’administration du Carrefour des solidarités seront soumis au vote des membres de l’assemblée générale du mois de mars prochain. Mais, au fait, à quoi servent-ils ?

Rappelons, pour commencer, que le Carrefour des solidarités est dirigé par un conseil d’administration composé de 20 membres : 12 issus des associations membres, 4 des CCAS et 4 du collège des « personnes qualifiées ». Sur les 12 administrateurs issus du monde associatif, 4 appartiennent à de associations de plus de 10 salariés, 4 à des associations comptant 1 à 10 salariés et 4 à des associations n’ayant pas de salariés.

Ces modalités de désignation ont pour but que dans le conseil d’administration, au moment de prendre des décisions, les spécificités propres aux associations ou aux CCAS, du fait de leur taille ou de leur organisation ne soient pas ignorées. Pour autant il appartient à chaque administrateur de se positionner, non pas en défenseur inconditionnel de sa structure d’appartenance, mais dans l’intérêt du Carrefour tout entier.

Venons-en au rôle de l’administrateur. Il fait partie d’un conseil d’administration qui dispose de pouvoirs étendus, définis par les statuts, pour administrer l’association, c’est-à-dire essentiellement déterminer les dépenses à engager, organiser et faire exécuter les actions à mener dans le cadre de la politique définie par l’Assemblée Générale. Dans une vision prospective, il doit aussi envisager les actions à mener qui pourraient être proposées à cette Assemblée Générale.

Dans ce contexte l’administrateur est amené à intervenir à différents niveaux.

Tout d’abord, lors des réunions de CA il lui appartient d’exprimer son avis, de voter sur les propositions d’action présentées par le président du CA. Il est ensuite dans ses fonctions de suivre l’avancement des décisions votées, d’aider, de conseiller le président en cas de difficultés.

Les propositions soumises au vote du conseil d’administration ont préalablement fait l’objet de travaux préparatoires. C’est le rôle des commissions ou groupes de travail de les préparer. Des commissions permanentes pour traiter les problèmes récurrents : commission finances, aide alimentaire, etc. Des groupes de travail créés pour traiter un problème spécifique : Morts de la rue, etc.

Il est donc important que les administrateurs – en fonction de leur disponibilité - participent à ces travaux. D’une part ils y apportent leur compétence et l’éclairage qu’ils ont de ces problèmes. Le cas échéant ils peuvent d’ailleurs être invités à en assurer l’animation. D’autre part, ils sont en mesure d’assurer entre ces groupes de travail et le CA, une communication permettant à ce dernier de remplir pleinement sa mission de responsable de la mise en œuvre des politiques et orientations définies en AG.

On comprend bien alors que la fonction d’administrateur n’est pas une fonction honorifique, voire une fonction « potiche ». Il y faut de la compétence, celle acquise dans sa structure d’appartenance, une connaissance des problèmes opérationnels, une capacité à prendre du recul. Il y faut de la disponibilité, en temps certes, mais aussi cette capacité à changer de regard sur les situations, pour comprendre d’autres contraintes, et spécificités, celles du Carrefour, c’est-à-dire celles d’un ensemble dont la priorité sera le service des personnes démunies ou dans la souffrance.

Combien de temps cela prend-il ? On peut certes donner des éléments de quantification. Une assemblée générale, 4 ou 5 Conseils d’administration dans l’année, des commissions qui se réunissent de 5 à 8 fois par an. Mais au-delà, comment chiffrer le temps nécessaire, à l’information, la préparation des dossiers, etc. ?

Pour terminer il faut mentionner un aspect qui n’est pas le moindre dans la fonction d’administrateur. Le Carrefour des solidarités est un réseau. Son objet n’est pas tant de « faire » dans le domaine de l’action sociale - c’est la mission des ses membres - que de favoriser des échanges d’informations, des coopérations, des médiations. Il est donc important que les administrateurs du Carrefour aient aussi du goût pour ces fonctions.

Pierre Mulliez

Denise nous a quitté sans crier gare

Après avoir participé à l’ouverture de la saison carnavalesque au Kursaal, Denise Noël, de la Croix Rouge s’en est allé. Thérèse Caulier en fait mémoire ici.

Bien connue des sociétés carnavalesques de l’agglomération, Denise organisait avec elles les différents postes de garde de la Croix Rouge Française pour les manifestations carnavalesques. Elle assumait cette démarche depuis de nombreuses années.

Début Janvier, elle avait pris en charge l’organisation du repas regroupant les membres de la délégation après l’Assemblée Générale. Elle était devenue, au fil du temps, le personnage incontournable de la Croix Rouge, occupant le bureau du président plusieurs fois par semaine.

Une bénévole me disait : « c’était l’âme de la Croix Rouge, le veilleur, le facilitateur ». Certes, elle connaissait bien la délégation de Dunkerque puisqu’elle y était entrée en 1965. Sa première implication a été dans le groupe des secouristes dont elle a été une des animatrices. Elle avait l’oeil sur tout. Directive, bien sûr, me disaient les bénévoles. Mais elle savait ce qu’elle voulait.

Lors d’un passage que j’effectuais à la Croix rouge, j’ai trouvé Denise penchée sur l’ordinateur. Elle répertoriait les différentes demandes de domiciliation, notamment celles des Roms, nombreux à l’époque à Dunkerque. "Il faut bien que quelqu’un le fasse", me dit-elle, « nous ne nous y retrouvons plus ». Ce classement évitera les erreurs et facilitera le travail.

Faciliter le travail de l’équipe sociale, aider son amie Réjane à la friperie, organiser les manifestations et j’en passe. Elle réalisait tout cela avec un sens de l’organisation infaillible.

La délégation Dunkerquoise de la Croix Rouge était présente, ce 15 Janvier, pour lui rendre un dernier hommage, tous revêtus de l’uniforme. Ses compagnons de route l’ont accompagnée à sa dernière demeure dans le recueillement et l’émotion. Avec Michel, leur président, ils lui ont fait une haie d’honneur à la sortie de l’église et dit adieu à celle que tout le monde appelait : "Denise », « Ma tante », pour les carnavaleux.

Thérèse Caulier

La pensée du mois

Le spectacle du monde
ressemble à celui des Jeux olympiques :
les uns y tiennent boutique ;
d’autres paient de leur personne ;
d’autres se contentent de regarder.
Pythagore

Nous avons appris la fermeture de l’ASSFAM, au service des migrants depuis 60 ans.
Nous la regrettons.
Nous reviendrons sur ce sujet le mois prochain.

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