Le journal n° 104 - janvier 2010

Sommaire

- Une lumière dans la nuit
- Conversation avec David et Christian : « tels quels ! »
- Témoignage du cœur
- Priorités 2010 pour le Carrefour des solidarités
- Connaître pour évaluer
- Etre citoyen, qu’est-ce que ça veut dire ? (suite et fin)
- Le conseil de développement planche sur l’accueil des migrants de passage
- La pensée du mois

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journal de janvier 2010

Une lumière dans la nuit

Un regard attentif et bienveillant croisé dans la rue. Le sentiment d’être enfin écouté quelques instants par la personne bénévole ou par le travailleur social. Le moment où l’avenir s’éclaire un peu parce qu’on a trouvé à manger ou que la facture va être enfin payée. Le gâteau d’anniversaire partagé avec simplicité autour d’une table, ce qui ne vous était pas arrivé depuis plus de trente ans. Une adresse enfin trouvée où son courrier pourra être envoyé. Un moment de fraternité autour de la tombe de celui qui nous a quittés. Tous ceux avec lesquels nous partageons un peu de leur galère nous disent que ces moments sont « magiques ».

La plupart ne croient pas aux lendemains qui chantent. Mais ils savent bien que cette « magie » n’est pas illusion. C’est celle de la solidarité humaine. Ces « moments magiques » éclairent leur dure marche quotidienne parce qu’ils sont bons à prendre. Parce qu’ils redonnent un peu de l’espoir nécessaire pour vivre et mettre un pied devant l’autre. Parce qu’ils donnent assez de chaleur pour attendre voire provoquer le suivant.

Les associations caritatives et humanitaires, les centres communaux d’action sociale, leurs partenaires du conseil général ou de la caisse d’allocations familiales ne prétendent pas sauver le monde ni supprimer la misère. Ils savent, avec modestie, que ce qu’ils produisent, ce sont ces « moments magiques ».

Nous savons que souhaiter « bonne et heureuse année » comme nous y invite la tradition ne serait ni juste, ni vrai. En revanche, aux membres des associations et des centres communaux d’action sociale ainsi qu’à nos partenaires nous leur souhaitons d’être créateurs de tous les « moments magiques » qu’ils pourront. A ceux et celles que nous accompagnons, nous souhaitons de connaître cette année le plus de « moments magiques » possibles.

Vive la solidarité !

Le comité de rédaction

Conversation avec David et Christian : « tels quels ! »

Cela faisait plusieurs mois que David et Christian nous avaient proposé une rencontre pour parler et écrire. Quelques rendez-vous manqués. Et puis nous nous sommes retrouvés autour de la table, rue de l’écluse de Bergues. Ils vivent la rue. C’est rude et dur souvent. Mais ce n’était pas cela l’essentiel. Ce dont ils voulaient témoigner, c’est de ce lien mystérieux qui les unit comme un père et un fils.

David est arrivé le premier. Depuis le temps qu’il avait souhaité cette rencontre, il n’était pas question pour lui de la rater. Christian, en grand seigneur, connaissait déjà la chose. Nous avions déjà conversé ensemble (cf journal n° 72 de mars 2007). Et puis, c’était le matin et il avait besoin de se requinquer un peu…

En l’attendant, David nous a confié : « Cela fait peu de temps qu’on fait la route ensemble. Quatre ans environ. S’il ne m’avait pas fait connaître les trucs à chercher quand on vit dans la rue, je serais pas là. Les bonnes adresses, les poubelles où on peut récupérer des choses intéressantes, là où on peut récupérer de la nourriture, là où on peut dormir sans trop craindre, etc. La dernière fois, on a pu récupérer trois beefsteaks. On est allé voir une copine avec et on les a mangés ensemble. Pour moi, Christian, c’est un père comme j’ai jamais eu. Avant, je dormais tout seul au parvis de l’église Saint Martin. J’allais jouer aux cartes à l’Armée du Salut. Mais c’était dur. Plusieurs fois, j’ai failli ne pas aller plus loin. Aujourd’hui, c’est différent. Avec Christian, s’il ne me voit pas, il me cherche. Il me protège. Aujourd’hui ou demain, s’il meurt, je péterai un câble.

J’ai un frère à Paris. Il est logé par le SAMU social. Il a deux ans et demi de plus que moi. On s’est pas vu depuis six ans. J’aimerais bien aller le voir. Je lui ai écrit. Mais s’il n’est pas là, je ne vais pas y aller. »

« Quand on aime, c’est pas un problème.
C’est pas un dilemme.
Il est tel quel ! »

C’est Christian qui vient d’arriver, le dernier poème qui tourne dans sa tête à la bouche. On lui fait un résumé du début de la conversation.

« Tu pourrais être mon fils », rétorque Christian, « mais tu n’es pas mon fils. Tu es comme mon fils.

Tu es tel quel
Pas irréel
Tel quel !

Aimer. Faut savoir aimer. Nous, on est dehors. Notre vie c’est ça. On ne peut rien y faire. Quand on vit dehors, on est heureux. On n’est pas malheureux. Ma vie à moi, c’est lui. »

« C’est quand même pas évident », relance David. « Pour les autres dans la rue, pas tous heureusement, je ne suis rien. Tu te demandes ce qui peut arriver demain. Quand on vient ici, au moins on est quelqu’un. »

« Je suis âgé. J’ai plus vingt ans. Tu es là maintenant. C’est bien. Si t’étais pas là, je serais mort. T’es ma vie. Maintenant j’existe parce que je sers à quelque chose. »

« Tout remonte le soir. L’enfance que j’ai eue. Un père qui n’était pas un père. Le foyer, dès l’âge de cinq ans. Ma marraine que j’espère bien revoir. Moi, je me trouve pas beau. »

« Arrêtes ! Rigoles pas ! Laisses tomber tout ça ! Tu m’as dit tout ce qui t’était arrivé. Tu te répares. Il était plus dans sa peau. En parler… Y en a marre ! Faut le comprendre ! Moi aussi, je pleure le soir, parce que la vie qu’il a menée, je l’ai vécue aussi. »

« Je ne mérite pas de vivre ! »

« Arrête ! T’es pas con. Tu n’es pas détruit. Il est intelligent, tu sais. Il a de la mémoire. »

« Christian et moi, on a une force ensemble que je ne peux pas expliquer. Ça fait que j’me bagarre et que j’ai envie de montrer aux gens ce dont je suis capable. Je ne lâche pas. »

« Quand on aime
C’est pas un dilemme
C’est tel quel ! »

Témoignage du cœur

Au cours d’un échange organisé par la société Saint Vincent de Paul, Aurélie a donné son témoignage et a bien voulu nous le transcrire. Merci à elle. Beaucoup de ceux et celles qui vivent durement les effets de la crise, de bénévoles et d’associations s’y reconnaîtront.

« La crise financière et économique nous touche tous de plein fouet. Personnes modestes, aux faibles revenus, nous sommes les premiers à pâtir des conséquences de cette crise. Oui, les pauvres sont de plus en plus pauvres, c’est une réalité. Les situations de précarité quotidienne se renforcent et prennent chaque jour une plus grande place dans nos vies : faut-il payer les factures et charges courantes ou faut-il acheter de quoi nourrir nos enfants ? Bien heureusement, certaines personnes nous tendent la main. C’est le cas de l’association, qui nous offre bien plus qu’une aide alimentaire. Les bénévoles de cette association nous accompagnent dans beaucoup de situations quelles soient difficiles ou qu’il s’agisse d’évènements heureux. L’association nous ouvre ses portes non seulement pour nous aider à préserver nos familles de la crise mais le fait avec beaucoup de « cœur », prend en compte les différences et les histoires de chacun d’entre nous. La précarité, le manque de moyens financiers nous permet pourtant d’apprécier la solidarité, et nous laisse appréhender les richesses de la misère, pour estimer d’autant plus ceux qui nous tendent la main. Merci encore à l’association. »

Priorités 2010 pour le Carrefour des solidarités

Une grande partie de notre dernier conseil d’administration a été consacrée à une discussion ouverte entre ses membres sur les priorités à donner à notre association commune. En voici les principaux éléments qui préfigurent sans aucun doute notre future assemblée générale.

Première évidence : la continuité avec les Assises de la solidarité. Nous avons fourni à leur occasion un grand effort de réflexion commune et nous avons réussi à dégager des priorités. Nous n’avons aujourd’hui aucune raison particulière de les remettre en cause. Elles ont déjà guidé notre travail. Il est donc pertinent de ne pas nous en éloigner.

Le débat du conseil d’administration s’est surtout focalisé ensuite sur l’ensemble de ce que nous avions réuni sous le thème « questions de survie » : aide alimentaire, aide pour éviter les coupures d’eau ou d’électricité, prévention des dettes, etc. Certaines associations se posent aujourd’hui des questions sur la continuité de leurs interventions faute des moyens matériels et financiers. D’autres se posent des questions de méthode. En revanche, la question lancinante pour tous demeure : « qu’est-ce qui permet aux personnes d’avancer réellement ? »

Sur ces différents terrains, les associations savent d’expérience que la plupart des problèmes dépassent leur compétence immédiate. Ces problèmes de « survie », s’inscrivent en effet dans un contexte qui nous dépasse. Dans nos échanges ont été évoqués : la nécessité d’un emploi pour chacun, l’importance du comportement des personnes, des parents, le poids économique de l’allongement de la durée de la vie, etc. La tentation est grande de baisser les bras de se sentir dépassés, d’où l’importance d’en rester à l’esprit des Assises : rechercher et mettre en œuvre des solutions localement à notre portée.

Il y a eu consensus entre les membres présents sur la nécessité de coordonner les actions des pouvoirs publics, des institutionnels et des associations. Mais tout le monde ne semble pas donner le même contenu au mot de « coordination ». C’est ainsi que s’agissant de l’aide alimentaire on a pu se demander si, pour certains, cela passerait, par exemple, par un « service unique » local. D’autres ont, au contraire, plaidé pour la nécessaire diversité des services. D’autres encore ont rappelé l’autonomie des municipalités en terme de politique sociale. Reste cependant un consensus sur la nécessité d’une action concertée, d’une reconnaissance mutuelle entre les structures et leurs acteurs, les bénévoles, les salariés. Dans ce contexte, la priorité du Carrefour, n’est-elle pas de trouver une juste place dans ces actions de « coordination », dans le cadre de nos statuts et les limites de nos moyens : favoriser la concertation entre les différentes structures, plus que d’être les initiateurs, le garant des bonnes solutions ; faire confiance aux structures pour trouver, à travers le dialogue, les bonnes solutions.

Si la diversité des approches et des réponses est souvent la condition de s’adapter à celle des demandes, une trop grande différence entre les membres peut présenter de réelles difficultés. La recherche d’une communauté de vue et de projet entre une association de moyenne grandeur et les associations les plus importantes en structures ou encore le Centres Communaux d’Action Sociale est parfois difficile. Nous avons donc à veiller particulièrement sur la cohésion de notre réseau.

Connaître pour évaluer

Le thème de la rencontre des présidents du 19 novembre dernier était : « Connaître les besoins et les attentes des usagers, évaluer les services rendus ». La proposition était de partager nos expériences concernant les modalités et méthodes que nous mettions en œuvre ou que nous envisagions, plutôt que les informations recueillies et l’usage que nous en avions fait. Ce riche débat entre responsables d’associations et structures, a permis de dégager plusieurs points de consensus.

Ecouter pour connaître

D’abord pour connaître « les besoins des usagers », il faut « connaître les gens », aller à leur rencontre, dans leurs lieux de vie familiers, ou dans toute autre circonstance, fêtes ou réunions, au besoin en les suscitant. En somme, faire des choses ensemble. Il s’agit là d’un double déplacement, physique d’abord, mais également intellectuel ou spirituel pour comprendre leurs problèmes, leur vision de la vie, leurs perspectives. Sans juger.

Cela relève de l’écoute. Ecoute individuelle, que l’on n’a jamais fini d’éduquer pour qu’elle soit toujours plus attentive, patiente, faite de bienveillance, exempte de jugements. Mais aussi écoute collective pour repérer ensemble les attentes et besoins collectifs, évaluer les dispositifs existants.

Analyser les problèmes collectifs, une autre paire de manche

Il est apparu à travers nos échanges que « les bénévoles et les salariés sont plus habitués à l’écoute individuelle qu’à faire une analyse collective ». Repérer des besoins, des attentes, c’est en effet dans la perspective de trouver ensemble des solutions. Le constat a été fait que dans les rencontres organisées dans ce but – et il y en a beaucoup - on observait une assez bonne participation en termes de nombre et diversité des participants, lorsqu’il s’agissait de repérer les besoins, et une participation sensiblement plus faible lorsqu’il s’agissait de bâtir des projets ou de proposer des solutions.

Ne s’agit-il pas en fait d’une situation plus générale ? Chacun de nous fait l’expérience qu’il lui est plus facile d’exprimer ses besoins, ses insatisfactions que d’imaginer, voire de comprendre les nécessités, la complexité des solutions destinées au plus grand nombre ou qui relèvent de l’intérêt général.

Ainsi dans l’aide alimentaire, nous sommes passés progressivement d’organisations locales - tant pour les besoins à satisfaire que pour les modalités de mise en œuvre des aides, faisant souvent appel au seul bénévolat - à des structures et modalités plus larges, plus complexes. L’Europe, l’état, les institutions ne sont-ils pas devenus des acteurs incontournables en ce qui concerne les ressources financières et alimentaires, leur gestion, et les modalités de distribution ? On comprend bien que souvent les solutions appropriées ne relèvent plus de la seule compétence des bénévoles.

L’urgence, et après ?

Autre difficulté repérée, les besoins exprimés dans le domaine de l’aide sociale, le sont souvent dans l’urgence et n’expriment qu’un des aspects des difficultés auxquelles la personne est confrontée. Il faut du temps, des circonstances et des organisations appropriées pour aller au-delà de l’urgence de la vie quotidienne et donner à la personne qui le souhaite l’occasion d’exprimer les autres problèmes auxquels elle est confrontée.

C’est ainsi que, au-delà d’un besoin exprimé dans l’urgence, l’aide alimentaire ou la coupure d’eau par exemple, on découvre d’autres attentes du chef de famille et qui concernent l’emploi, le logement, la santé, les loisirs, les vacances, etc. Il faut alors mettre en jeu d’autres compétences pour aider la personne à avancer dans toutes ses dimensions humaines.

Le rôle du Carrefour des solidarités

« Evaluer les services rendus », cela a été l’occasion de préciser les attentes des associations et membres du « Carrefour des solidarités » par rapport à celui-ci.

Faire mieux connaître le « Carrefour », dont le nom désigne à la fois l’ensemble des structures et associations qui composent le réseau, et la « tête » du réseau : ses finalités et ses modes de fonctionnement, son domaine de compétence.

Faire mieux connaître les compétences, les modalités d’action, les spécificités de chacun des membres du Carrefour ; faciliter, organiser le dialogue entre ceux-ci pour que chacun bénéficie au mieux des ressources du réseau.

Organiser des partenariats élargis vers des structures complémentaires mais qui n’ont pas nécessairement vocation à faire partie du réseau.

En conclusion un débat qui a mis l’accent sur l’importance - la nécessaire participation - chacun à son niveau, et dans des structures appropriées de tous les acteurs individuels ou collectifs de l’action sociale et l’intérêt de poursuivre ces partages d’expérience.

Pierre Mulliez

Etre citoyen, qu’est-ce que ça veut dire ? (suite et fin)

Avoir la parole, exercer le pouvoir de décision, être sujet de droit, entretenir avec les autres citoyens des liens de fraternité, telles sont les propositions formulées dans ses interventions par Jean-Marie Gueuret auprès d’étudiants de 1° année. Il finit aujourd’hui sur le citoyen comme sujet de droit et sur les liens de fraternité que tisse la citoyenneté.

L’institution garante du citoyen comme sujet de droit est, à l’échelle d’un Etat, la justice. C’est le juge aux affaires familiales qui, dans le cas d’un divorce, est garant du droit des enfants, par exemple. On pourrait l’indiquer de la même façon dans chacun des domaines où s’exerce la justice.

Mais, dans cet aspect de la citoyenneté, plusieurs difficultés se présentent aujourd’hui. La principale est qu’aucun citoyen n’est sensé ignorer la loi, c’est-à-dire ses propres droits et les droits des autres. Or ce citoyen là n’a reçu aucune formation en la matière et doit les apprendre à l’expérience. Plutôt que d’apprendre où sont placées les bornes, il faut le plus souvent les dépasser pour savoir où elles se trouvent.

La deuxième est, qu’à certaines échelles géographiques, il n’y a pas d’instances judiciaires. Par exemple, alors que les municipalités émettent des règles pour les citoyens de leur commune, il n’existe aucune instance, sauf nationale et donc générale et donc lointaine, en matière de justice locale. Il en est de même pour les organisations associatives. Combien d’associations ont prévu dans leur règlement intérieur de créer les instances de régulation des conflits ? Et quand elles existent, comment les font-elles vivre et combien de membres les connaissent ?

Des liens de fraternité

La citoyenneté n’est pas qu’affaire de parole, de pouvoir et de droit. Elle est aussi sentimentale. On ne peut pas écouter avec intérêt le témoignage de la vie des autres, débattre avec eux, rechercher les bonnes règles pour chacun sans que se développe en même temps un lien fort de communauté d’appartenance, quelque chose comme un sentiment d’identité commune. Le citoyen est embarqué dans le même bateau que les autres, dans la même aventure. C’est bien de cette réalité que naissent les différentes solidarités que chacun des citoyens développe à l’égard des autres.

Parfois cependant, il faut s’y reprendre à plusieurs fois. Dans notre société de plus en plus complexe, les liens de fraternité et donc de solidarité sont multiples, voire emmêlés. De sa famille, du milieu social et culturel, de son atelier ou de sa boîte, de son village ou de sa région, de son pays ou de l’Europe, de son réseau de copains ou de son parti politique, de son équipe de sport ou de son association, de quoi est-on citoyen ? De tous, sans doute. Mais est-ce de la même façon ? Est-ce avec la même importance ? Chacun le fait. Mais sur quels critères ? La proximité ? L’importance de l’enjeu ? Le plaisir éprouvé ? La capacité d’entraînement du groupe ?

Mais, parce qu’elle est affaire d’émotions et de sentiments, de chaleur et de partage fusionnel, cette composante de la citoyenneté a ses propres difficultés. Pas d’apprentissage sans sentiment de sécurité donné par la chaleur et la compréhension de ceux qui vous entourent. Pas de réforme possible sans le sentiment partagé qu’elle concerne l’intérêt de tous et donc sans justice. Mais en même temps, c’est en maniant l’émotion ou la crainte qui n’est qu’une forme négative de l’émotion, que les mouvements totalitaires ont assuré leur pouvoir. Nos médias de masse, en particulier la télévision, manient chaque jour l’émotion. Les hommes et les femmes de pouvoir sont passés maîtres dans le maniement de cette émotion. Sur quoi jouent les associations caritatives et humanitaires quand elles font appel au public sinon avant tout sur l’émotion ?

Au fond, c’est quand la citoyenneté ne prend qu’une partie d’elle-même et non la totalité de ce qu’elle est que les problèmes se développent et qu’on risque de la perdre. C’est quand la fraternité émotionnelle oublie de débattre et de confronter les points de vue qu’elle risque de se changer en haine des autres et de déclencher des guerres. C’est quand la justice, la police et le respect du droit oublient qu’elles ont à faire avec des hommes, des femmes et des enfants qui sont frères qu’elles dérapent. C’est quand les détenteurs de pouvoir n’acceptent pas la limitation de leur puissance par le débat et le respect du droit des minorités qu’ils deviennent totalitaires. C’est quand les citoyens eux-mêmes oublient ce qu’ils sont et leur propre pouvoir qu’une société démocratique déraille.

Etre citoyen, c’est avoir la parole, exercer son pouvoir, être sujet de droit et développer une fraternité. C’est cela et en totalité.

Le conseil de développement planche sur l’accueil des migrants de passage

Après avoir travaillé en commission avec les associations concernées, le conseil de développement se prononcera en séance plénière, à la mi janvier, sur un avis qu’il donnera au Président de la Communauté Urbaine de Dunkerque et, par son intermédiaire, aux Maires des communes de notre agglomération.

Ce fut l’une des premières conclusions des Assises de la solidarité : émettre une série de propositions aux responsables locaux concernant l’accueil des migrants de passage sur notre territoire. Le Conseil de développement durable, comme il en a le droit, s’est autosaisi de cette question assurant ainsi une des suites concrètes des Assises.

Depuis lors, deux réunions de travail se sont déroulées en commission, dans le courant du dernier trimestre 2009. Ces réunions ont regroupé près d’une trentaine de participants. Comme elle en a la possibilité, la commission s’est ouverte pour l’occasion à un certain nombre de représentants des associations qui sont au contact direct des personnes migrantes et qui assurent régulièrement auprès d’eux une présence humanitaire. C’est ainsi que, par exemple, des membres de Salam, de Médecins du monde, du M.R.AP., de l’AFEJI, de la Ligue des droits de l’homme, du Carrefour des solidarités ou de la Permanence d’accès aux soins de santé du Centre Hospitalier de Dunkerque ont pu faire un état des lieux locaux de la situation, proposer un certain nombre de préconisations et répondre aux questions de tous les participants.

Les propositions d’avis formulées par cette commission seront soumises au vote de l’assemblée plénière du mardi 19 janvier prochain. Même si les conseillers sont seuls susceptibles de prendre la parole, cette séance est publique et se tient dans le grand amphi de la Communauté urbaine. Ces avis porteront en particulier sur les conditions concrètes d’accueil, l’organisation des soins, le financement de l’intervention humanitaire, l’information du grand public ou sur les interpellations des différentes autorités autres que locales.

La pensée du mois

Je dis “aime”, comme un emblème,
la haine, je la jette.

Andrée Chedid
Parole de la chanson de Mathieu Chedid Je dis “aime”

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