Le journal n° 103 - décembre 2009
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journal de décembre 2009

Sommaire

- Hommes et femmes debout !
- Nouvelles et Initiatives des associations et C.C.A.S.
- Le « micro crédit social affecté » de la Croix Rouge
- Les coups de pouce du Secours Catholique
- Tabgha : l’épicerie solidaire
- Les micro crédits ouverts par le C.C.A.S. de Dunkerque
- Les micro crédits ouverts par le C.C.A.S. de Grande Synthe
- Coopération territoriale ou les bienfaits de la proximité
- Dunkerque Ligne solidaire
- L’association « Le Phare » nous communique
- Etre citoyen, qu’est-ce que ça veut dire ? (III)
- Urgences hivernales
- La pensée du mois

Hommes et femmes debout !

Les fêtes de fin d’année approchent. Qu’il s’agisse de l’arrivée de l’hiver pour les uns, de Noël pour les chrétiens, de la plongée dans la nuit pour les autres, ou encore de la naissance d’une nouvelle année, c’est une nuée d’images contrastées qui viennent instantanément à l’esprit. Cheminées et rennes, chaleur et froid, soleil et nuit, solitude et chaleur des réunions familiales, lumières et obscurité, individualisme et solidarité, espoir et désespérance.

Lorsque nous en avons discuté en comité de rédaction, c’est bien toutes ces images qui sont venues dans nos échanges. Parce que nous pensions avant nous-mêmes aux personnes de la rue, aux migrants et à tous ceux qui vivent dans la solitude et le manque de ressources, nous avons évoqué ce qu’ils risquaient de connaître une fois de plus : froid, nuit, solitude et désespérance.

Mais, sans trop savoir pourquoi, sans doute parce que nous sommes fait comme ça et que notre réseau rassemble des tas de gens du même acabit, nous avons immédiatement cherché toutes les raisons qui pourraient au contraire produire, pour ceux auxquels nous pensions, chaleur, lumière, joie d’être ensemble et espoir.

Et nous avons évoqué entre nous la formidable énergie solidaire que dégagent nos associations et les services publics qui nous ont rejoint. Elle saura, une fois de plus, inventer en ce mois de décembre, les solutions pour faire naître le sourire aux enfants et ne serait-ce qu’une parcelle de joie à tous les autres.

Nous avons aussi passé en revue tout ce qui, dans le courant de l’année qui vient de s’écouler, pouvait être source d’espoir à partager. La liste serait longue si nous reprenions toutes les petites parcelles d’espoir et de construction de la dignité qu’ont pu faire naître chacun et chacune des milliers de bénévoles et de salariés de notre réseau. On risquerait d’en oublier si nous faisions l’inventaire des solutions innovantes expérimentées par chacune de nos organisations.

Finalement, nous en avons retenu une seule, symbole de toutes les autres. Nous avons été frappé par la qualité des prises de parole au sein des « rendez-vous citoyens » de ces dernière semaines ou des échanges qui se développent entre usagers ou bénéficiaires et nos organisations. Elles témoignent que ce sont des hommes et des femmes qui se lèvent ou qui sont debout. Et lorsqu’un homme ou une femme se lève ou se tient debout, alors tout peut arriver.

C’est cet espoir que nous avons décidé de partager avec vous en cette fin d’année.

Le comité de rédaction

Nouvelles et Initiatives des associations et C.C.A.S.

On vous le dit franchement. On aimerait que notre petit journal déborde chaque mois de vos nouvelles et relatent vos initiatives. On sait que vous aimeriez ça aussi. On ne va donc pas bouder notre plaisir quand on peut le faire comme ce mois-ci. Quand même. Il a parfois fallu qu’on aille à la pêche aux infos. La prochaine fois, n’oubliez pas de nous en parler. On rédigera l’article avec vous.

Micro crédits

Quand on a peu de ressources, mais qu’on veut consacrer une partie de son maigre budget au financement d’un projet essentiel ou qu’on veut rembourser des dettes, on a besoin d’emprunter. Mais les banques ne suivent pas. Alors Associations et centres communaux d’action sociale, aidés parfois par certaines banques, ont inventé et mis en place des solutions. Elles revêtent beaucoup de formes différentes : micro crédit bancaire, coup de pouce, épicerie solidaire, etc. Nous profitons donc de la mise en place depuis septembre par la Croix Rouge d’un micro crédit pour rappeler ces différentes formes. Elles ont toutes en commun de permettre aux familles à très faibles ressources de pouvoir se projeter à nouveau dans l’avenir en construisant avec elles de véritables projets.

Le « micro crédit social affecté » de la Croix Rouge

La délégation locale de la Croix Rouge française et la caisse solidaire du crédit mutuel Nord Europe viennent de mettre en place la possibilité d’accéder à un micro crédit social affecté. Ils viennent de signer une convention de partenariat à cet effet.

Ce micro crédit social affecté d’un montant maximum de 3000 euros est destiné aux personnes physiques exclues du crédit bancaire classique. Concrètement cela veut dire que la personne s’est vu refuser un crédit classique pour toutes raisons invoquées par la banque : revenu insuffisant, faible montant de crédit, etc. Il faut aussi avoir épuisé les autres possibilités de crédit comme par exemple le prêt que peut consentir la Caisse d’Allocations Familiales.

Ces financements ont pour objet de favoriser l’insertion ou la réinsertion sociale ou professionnelle, par exemple :
- l’accès au logement : caution, frais d’agence …
- l’installation des jeunes : premier mobilier, garantie de loyer …
- l’emploi ou la mobilité pour accéder à l’emploi : financement d’un permis de conduire, un moyen de locomotion…
- l’accès à l’éducation et la formation : financer une formation, caution scolaire ou universitaire …
- la cohésion familiale : déménagement, petit travaux d’aménagement…
- l’équipement ménager : lave-linge, réfrigérateur, chauffage …
- la santé : financer des lunettes, des soins dentaires…
- un prêt relais en l’attente d’indemnités

Pour ce qui la concerne, la délégation locale de la Croix Rouge française de Dunkerque s’engage à constituer le dossier de prêt avec les demandeurs, sur justificatifs, avec, à transmettre les dossiers à la caisse solidaire du Crédit Mutuel et d’en assurer le suivi avec cet organisme.

De son côté, l’emprunteur s’engage à rembourser le montant convenu, en fonction de ses ressources. Il doit aussi ouvrir un compte, gratuitement, au crédit mutuel social sur lequel est viré, le temps du crédit, une partie de ses revenus. Si le virement effectué est plus important que le montant du remboursement, il lui est possible de faire des retraits par carte de retrait dans n’importe quelle agence.

A noter qu’en cas de dossier de surendettement, il y a la possibilité d’obtenir le pret après accord de la banque de France par exemple pour acheter un véhicule pour accéder a l’emploi ou encore passer un permis de conduire. Pour l’instant la création d’entreprise est exclue de ces possibilités.

Le taux du micro crédit social est actuellement de 6%. Mais la Croix Rouge explore la possibilité de trouver un taux plus intéressant.

Le service vient de s’ouvrir. Il n’y a donc pas encore beaucoup de dossiers.

A savoir

Les dossiers de prêt sont établis à la délégation locale sur rendez-vous. Les rendez-vous peuvent être pris les mardi et vendredi de 09h00 à 11h30

Les coups de pouce du Secours Catholique

Il s’agit d’une aide au financement d’un projet d’achat pour des familles en difficultés financières.

Le secours catholique est contacté par les travailleurs sociaux. Dans un premier temps il convoque la famille qui doit ramener lors de ce rendez-vous les justificatifs demandés ainsi que la définition du projet qu’elle veut mettre en place.

Une fois le dossier remplit, il passe en commission. S’il est accepté la famille est convoquée à un autre rendez-vous pour signer un contrat d’engagement et recevoir la liste des dates des ateliers mis en place sur 12 semaines (pas d’atelier pendant les vacances scolaires).

Chaque semaine pendant la totalité du projet, la famille reçoit un bon alimentaire dont la valeur est déterminée par son quotient familial réel (calcul en fonction des ressources, des charges et des dettes au moment de la signature du contrat d’engagement). Ce bon permet à la famille de réaliser une économie sur les dépenses quotidiennes et grâce à cette épargne de participer au financement de son projet dans la limite de ses moyens.

Le montant total des bons remis chaque semaine correspondent à 50% du financement total en fonction de son quotient familial réel et les 50% restants sont destinés au financement de l’achat correspondant au projet, le secours catholique ajoute 25% de ce montant. La famille a l’obligation de participer aux différents ateliers (si la personne est malade, elle doit fournir un certificat médical).

Chaque semaine, la famille doit ramener les tickets de caisse des achats effectués avec les bons octroyés par le secours catholique.

Tabgha : l’épicerie solidaire

Le service proposé par l’épicerie solidaire Tabgha, géré par Emmaüs en partenariat avec un certain nombre d’associations poursuit les mêmes objectifs sans être pour autant à proprement parler un crédit. Ce n’est en effet pas une banque. L’achat à moindre prix des produits mis à la disposition des personnes leur permet de constituer une épargne en vue de réaliser un projet.

Les micro crédits ouverts par le C.C.A.S. de Dunkerque

Il vise deux publics : les étudiants et les personnes en contrat aidé au CCAS

. concernant Les étudiants les objectifs du micro crédit sont de :

- Favoriser les projets liés à la poursuite d’étude (la réalisation d’étude ou de stage dans une autre région de France générent des frais importants)
- La réalisation d’étude ou d’un stage dans un pays étranger
- L’achat de matériels spécifiques (informatique…)

Le micro crédit est accessible aux étudiants bénéficiaires du RME ou présentant un revenu moyen pondéré inférieur ou égal à 670€ et résidant dans la commune depuis au moins 24 mois à la date de la demande.

Le montant peut varier de 300 à 5000€ pour une durée maximale de 78 mois. Ces 78 mois peuvent comprendre une période différée de remboursement de 30 (24 mois d’études + 6 mois de recherche d’emploi). Un remboursement mensuel de 15€ sera appliqué dès le mois suivant l’octroi des fonds.

. concernant les personnes en contrat aidé au CCAS les objectifs sont de favoriser :

. les projets qui s’inscrivent dans le cadre du parcours d’insertion sociale et professionnelle tel que :

- Le relogement
- L’acquisition d’un moyen de transport
- Le passage du permis de conduire
- La réalisation de formation longue et qualifiante…

Le micro crédit est accessible aux personnes pour lesquelles il reste au minimum 6 mois de contrat aidé.

Le montant du prêt peut varier de 300 à 3000€ pour une durée maximale de remboursement de 48 mois.

Dans les 2 cas, le micro crédit est garanti par la Caisse des dépôts et le montant des taux d’intérêt est pris en charge par le Centre Communal d’Action Sociale de Dunkerque. Pour l’ensemble de la démarche la personne est accompagnée par le CCAS de l’instruction du dossier au remboursement de la dernière mensualité.

Les micro crédits ouverts par le C.C.A.S. de Grande Synthe

Le service insertion sociale et professionnelle de la ville de Grande Synthe, en partenariat avec le CCAS, met en place le micro crédit social : il s’agit d’un dispositif qui permet à des personnes habitant la commune, exclues du système bancaire traditionnel un prêt à taux attractif. Le micro crédit social permet de faire face aux aléas de la vie, donner un coup de pouce pour repartir du bon pied.

Il s’agit d’un prêt destiné à financer les projets individuels. Son montant est compris entre 300 et 3000€. Sa durée de remboursement varie entre 6 mois et 3 ans. Le taux d’intérêt est indexé sur le taux du livret A. A l’issu du prêt, le CCAS rembourse le montant des intérêts, sauf s’il y a incident de paiement.

Il est destiné à toute personne exclue du système bancaire pour cause de :
- Faible ressources (RSA, API, ASS, AAH, allocations chômage…)
- Précarité professionnelle (CDD, travail intérimaire, travail à temps partiel, en formation…)
- Faisant face à un accident de la vie (divorce, décès, accident, maladie…)

Ce micro crédit social n’est pas ouvert aux personnes en situation de surendettement (procédure à la banque de France ou fichier FICP). Il permet en revanche de financer des projets dans de nombreux domaines :

- L’emploi (formation, bilan de compétences, habillement, outillage, équipement spécifique, création d’entreprise…)
- La mobilité (permis de conduire, voiture, vélomoteur, scooter…)
- Le logement (frais d’agence, caution de loyer, dépôt de garantie, déménagement…)
- L’équipement (électroménager, mobilier, chauffage, matériel handicapé, matériel dépendance…)
- Les obsèques, frais de santé, études…

Avant d’octroyer le prêt, un diagnostic social est effectué pour évaluer la situation du foyer, la pertinence ou la viabilité du projet et enfin, la capacité à rembourses le prêt dans les conditions prévues. Le micro crédit social est un dispositif sécurisé.

Si le micro crédit social est accordé, le foyer sera personnellement suivi par les agents sociaux du CCAS en lien avec la maison de l’initiative et Parcours confiance.

Coopération territoriale ou les bienfaits de la proximité

Coopérer étroitement entre associations, administrations et institutions publiques est utile pour le bénéfice des personnes qui vivent des difficultés. C’est cette conviction qui est au fondement du Carrefour des solidarités. Encore faut-il apprendre à le faire et en améliorer sans cesse l’efficacité. C’est aussi un enjeu territorial de proximité. Et là, les C.C.A.S. peuvent y jouer un rôle moteur. C’est ce que nous avons voulu écouter à Rosendaël.

Autour de la table, Maryvonne Duvin, responsable de l’antenne du C.C.A.S. à Rosendaël, Marie Noëlle Robert responsable de l’U.T.P.A.S. (service social du département), Christine Joseph de Saint Vincent de Paul, Isabelle Damiani et Jean-Marie Gueuret du Carrefour des solidarités.

Première évidence partagée, la coopération n’en est plus à ses balbutiements. Elle tourne et, à chaque fois qu’elle a pu se concrétiser, les personnes concernées en ont éprouvé l’efficacité. Concrètement cela se traduit par la facilité de contacts qui s’établissent entre le référent du C.C.A.S., l’assistante sociale de l’unité territoriale et la bénévole de l’association pour, avec la personne ou le ménage concernée, trouver les bonnes interventions de chacun. Ça roule, a-t-on constaté. Mais pourquoi ou à quelles conditions ? Au fil de l’échange, voici les réponses qui ont été apportées.

- Chacun ou chacune se connaît, connaît le métier et les possibilités des autres et les respecte.
- Tout échange ne s’établit que si la personne concernée est d’accord.
- Les échanges ne s’établissent que sous le sceau du secret partagé. Comme les professionnels tenus par le secret de leur profession, le bénévole respecte la même règle. Tout manquement avéré viendrait rompre immédiatement la coopération.

Comme on le voit, la coopération a concerné pour l’essentiel l’accompagnement ou le soutien de personnes individuelles ou de ménages. Elle n’a pas été jusqu’à échanger sur les stratégies d’intervention, nécessairement plus collectives, de chacun. Mais il ne faudrait pas grand-chose pour y arriver.

D’ailleurs, les axes d’amélioration de la coopération définis au cours de la réunion vont un peu dans ce sens.

- prévoir une rencontre annuelle non seulement des responsables de chacun, mais aussi des différents intervenants pour mieux se connaître et pour évaluer ensemble le travail accompli.
- Étendre cet échange aux autres associations intervenant sur le même territoire.
- Construire des éléments d’observation communs pour mieux connaître la population directement concernée par les actions communes ou qui devrait l’être.
-  Echanger cette expérience de coopération avec celle menée sur d’autres territoires.

Au fait, il y a une règle de coopération, non écrite, mais scrupuleusement respectée : le café et les petits gâteaux. Ils étaient simples et bons.

Dunkerque Ligne solidaire

Le CCAS de Dunkerque a inauguré le 17 octobre un dispositif appelé « Dunkerque Ligne solidaire » destiné à faciliter l’accès des publics en difficulté aux moyens de communication téléphonique. Cela con-siste à mettre gratuitement à la disposition des usa-gers- dans les locaux du CCAS, rue de la Maurienne - des postes téléphoniques accessibles en libre service ; une ligne téléphonique, un numéro de télé-phone et une boite vocale personnalisés sont attribués à chacun. L’objectif est de faciliter les liens avec les employeurs, et les différents services de l’administration, mais aussi de les renouer avec la famille.

Le dispositif représente pour le CCAS un investissement important, il convient d’en maîtriser les couts de fonctionnement, il est encore en phase d’expérimentation et de mise au point.

Dans les premiers jours de son exploitation, seuls étaient accessibles les numéros en « 03 » du Nord et du Pas de Calais, très vite il a été ouvert aux numéros en « 0800 » largement utilisés dans le milieu professionnels.

En fonction de la demande, il pourrait être étendu à d’autres numéros, pourquoi pas les « 06 », plus difficiles cependant à maîtriser. A ce jour, sur les 13 usagers habituels de la ligne, un seul a demandé de pouvoir appeler le « 06 »

L’association « Le Phare » nous communique

« Après 20 années au service des plus démunis, l’Association « Le Phare » de St Pol sur mer, à compter du lundi 14 décembre 2009, cessera son activité d’Aide Alimentaire sous sa forme actuelle, n’ayant plus les capacités techniques et financières de la mener.

Il nous faut repenser notre action sociale dans le cadre de l’Aide Alimentaire.

Nous remercions tous nos partenaires du Carrefour des Solidarités, et tout particulièrement EMMAÜS Dunkerque pour avoir chaque lundi matin livré les denrées venant d’Auchan Grande Synthe.

Merci à tous.

Michel Hérant »

Il est clair qu’au Carrefour de solidarités nous ne pouvons pas accepter, sans réagir, la situation que connaît malheureusement le « Phare ». C’est plus de 180 familles qui vont se retrouver sans l’aide indispensable que leur apportait cette association. Malgré leur bonne volonté et les dispositions qu’elles sont en train de prendre, les autres associations de notre réseau sont dans l’incapacité concrète de les prendre totalement en charge à sa place.

Cette situation est d’autant moins acceptable qu’elle est dûe à l’interruption de l’aide concrète que lui apportait la commune de Saint Pol sur mer par l’intermédiaire du Syndicat à vocation unique de télédistribution, locataire du local qu’elle occupait, et qu’il mettait à sa disposition à titre gracieux. Une ultime réunion de travail est programmée dès les premiers jours de décembre. Nous espérons que des dispositions concrètes seront prises pour que le Phare reprenne au plus vite son activité.

Le Carrefour des solidarités

Etre citoyen, qu’est-ce que ça veut dire ? (III)

Avoir la parole, exercer le pouvoir de décision, être sujet de droits, entretenir avec les autres citoyens des liens de fraternité, telles sont les propositions formulées dans ses interventions par Jean-Marie Gueuret auprès d’étudiants de 1° année. Il poursuit aujourd’hui sur la participation à la construction de la décision publique.

Il est une autre façon par laquelle le citoyen construit la décision publique. C’est celle de concourir à la construction des biens publics.

Le « bien public » est une catégorie de biens très particulière. La plupart des biens produits par notre économie ont pour caractéristique d’être épuisé par leur consommation. Lorsque je mange un fruit, lorsque j’utilise un produit ou lorsque je bénéficie d’un service, ils doivent être absolument renouvelé ou régénéré pour que je les utilise à nouveau.

Or les « biens publics » ne sont pas épuisés par leur consommation. Prenez l’éducation ou la sécurité, voici une catégorie de biens qui ne s’épuisent pas par la participation à un cours ou par le respect du code de la route. Comprenons-nous bien. Il ne s’agit pas de valeurs ou d’objectifs idéaux, mais de biens très concrets : école, apprentissages par les parents, formation continue, apprentissage de telle ou telle compétence, etc. De son côté la sécurité, autre exemple pris, ce n’est pas d’abord un sentiment. C’est très concrètement par exemple, la possibilité d’aller sur l’espace public sans voir son intégrité physique mis en cause.

Ils ont une autre caractéristique très intéressante. C’est que leur production n’est pas réservée à une catégorie de professionnels seuls compétents en la matière. Certes, certains professionnels participent de façon importante à leur production. Mais sans le concours direct et parfois plus important de chacun des citoyens, ils n’auraient pas d’existence. Sans citoyens parents, pas d’éducation. La sécurité sur l’espace public dépend en grande partie des citoyens qui le parcourt.

En d’autres termes, chaque citoyen est un producteur actif des « biens publics » sans lesquels il lui serait impossible de vivre dans sa cité ou dans son pays. Or, aujourd’hui, beaucoup de choses nous poussent à perdre de vue cette réalité. D’abord la prédominance du modèle économique classique construit sur la seule consommation et l’épuisement du produit une fois consommé, facteur déterminant de la croissance économique. Il est lui-même remis en cause par l’épuisement des ressources nécessaires au renouvellement de ces biens consommables. D’autre part la tendance qu’a tout pouvoir à se prétendre irremplaçable. Il est en effet dangereux pour lui de laisser croire que le citoyen a aussi du pouvoir. En réalité, les citoyens sont des co-producteurs de biens publics avec leurs élus et avec leurs services publics.

Etre sujets de droits

Fort heureusement, pour apaiser le climat que pourraient développer les luttes constantes pour le pouvoir et, surtout, éviter que ce soit toujours les plus forts qui l’emportent, le citoyen est sujet de droits, inscrits explicitement dans la loi. Comme il est indiqué dans la déclaration des droits de l’homme, préambule de notre constitution, la liberté de chacun s’arrête là où elle mettrait en cause celle de l’autre et donc ses propres droits. C’est ainsi que, contrairement à l’idée aujourd’hui répandue, le premier rôle de la puissance publique est de faire respecter le droit de chacun, reconnu par la loi, et non d’imposer constamment des restrictions à la liberté du citoyen. Le code de la route n’est pas d’abord un ensemble de restrictions à la liberté de conduire à sa guise. Il est fait pour préserver le droit de chacun à vivre en sécurité sur la route.

Nouvelles du conseil de développement durable de l’agglomération dunkerquoise

Deux réunions ont particulièrement concernées notre réseau. La commission consultative des services publics a traité des rapports annuels de E.D.F. et de G.D.F. Occasion de rappeler le peu d’information communiquée sur leurs clients en difficultés de paiements pour raison sociale. Faisant suite aux Assises de la solidarité, une première réunion de travail a été consacrée aux dispositions locales à prendre concernant l’accueil des migrants de passage sur notre littoral.

Urgences hivernales

La Coordination Accueil Orientation nous a communiqué les informations suivantes :

ouverture du local grand froid
à partir du vendredi 27 novembre à 17h
Il est ouvert pour les hommes seuls, tous les jours de 17h à 8h le lendemain jusqu’au 31 mars
les repas sont assurés par l’Estaminet du coeur au local grand froid (se rapprocher de l’estaminet ou de la CAO pour s’inscrire)

la maraude fonctionne 6 jours sur 7, (coopération entre l’AAE et la CAO)
lorsque les personnes font le 115 (numéro gratuit), ils sont en relation avec une plate forme départementale et l’appel est ensuite redirigé vers une permanence locale. Ce numéro fonctionne 7j/7 et 24h/24 Par ailleurs des locaux d’accueil spécifique sont prévus pour les familles avec enfants, pour les femmes ou pour les jeunes de moins de 25 ans.

La Fondation de l’Armée du salut, au coeur de l’espoir, nous a aussi communiqué :

Dans le cadre de la campagne hivernale, l’accueil de jour "Au Coeur de l’Espoir" sera ouvert 7 jours sur 7 à partir du dimanche 1er novembre (inclus) et ce jusqu’au 31 mars
• du lundi au vendredi de 9h00 à 14h00
• samedi et dimanche de 9h30 à 13h30

A propos des migrants : Beaucoup d’évènements ont concernés les migrants de passage sur notre littoral et les associations qui les accompagnent. Au moment où les communes de Grande Synthe et de Loon Plage prenaient des dispositions concrètes pour rendre moins inhumain leurs conditions pendant l’hiver, le ministre a fait donner sa police pour détruire leurs abris de fortune. Les associations savent bien que la chasse aux passeurs, absolument nécessaires, n’est qu’un prétexte de communication. Elles savent et elles constatent que les passeurs ne sont jamais là lors des interventions policières. Nous vous en dirons plus dans notre prochain numéro.

La pensée du mois

"N’attache pas tout au même clou !"

Proverbe russe

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