Le journal n° 101- octobre 2009

Sommaire

- Quels pouvoirs pour les pauvres ?
- Rendez-vous citoyens : mode d’emploi
- Détruire les jungles, une fausse solution
- La Permanence d’accès aux soins de santé
- Etre citoyen, qu’est-ce que ça veut dire ?
- Entendu, reçu, échangé :
- La pensée du mois

PDF - 741.9 ko
journal d’oct 2009

Quels pouvoirs pour les pauvres ?

Dans quelques jours, nous manifesterons devant la stèle des droits de l’homme à l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère. Des « rendez-vous citoyens » auront permis aux pauvres que nous recevons et accompagnons de s’exprimer et de témoigner de ce qu’ils vivent. Le lendemain, tout restera-t-il comme avant ?

Bernard Guilbert, notre premier président, et les pionniers d’alors ont inscrit dans le marbre des objectifs de notre réseau le développement de la citoyenneté des plus pauvres d’entre nous.

Moi-même, en 2003, je rappelais notre objectif commun. « Je pense aux familles que nous accompagnons. Elles ont des capacités, des savoir-faire, des savoir-être, mais ne trouvent pas toujours de lieux pour les mettre en valeur. Elles sont bien souvent dans l’obligation d’accepter ce que la société a prévu pour elles, sans avoir pu intervenir dans les décisions. Que nos associations deviennent des lieux où les plus pauvres puissent s’exprimer, se réaliser, se rendre utiles. Rendons-les acteurs. Nos associations ont le pouvoir de leur faire retrouver le chemin de la citoyenneté. »

Depuis 2005, les « rendez-vous » citoyens permettent aux pauvres que nous recevons et que nous accompagnons, associations et Centres communaux d’action sociale, de s’exprimer et de témoigner de ce qu’ils vivent. Chaque année nous rassemblons ces témoignages dans des cahiers largement diffusés.

L’année dernière nous avons tenu les Assises de la solidarité, travail d’une année mené à partir de ces différents témoignages et d’autres encore. Vingt résolutions y ont été prises.

Que reste-t-il de tout cela aujourd’hui ?

Un seul pauvre siège-t-il aujourd’hui dans un des conseils d’administration de nos organisations. Combien d’entre elles les consultent-ils réellement et régulièrement sur ce qui les concerne directement ? Sont-ils associés autrement qu’individuellement dans l’invention des solutions qui concernent leurs problèmes ?

Attendez avant de répondre, même à vous-même. Je vous avoue que je préfère ceux qui se taisent devant les maigres progrès qu’ils ont pu réaliser que ceux qui mettent ces quelques progrès en avant, sans se rendre compte qu’ils ne sont pas à la mesure du problème.

A dire vrai, je commence à perdre patience. Pas vous ?

Thérèse Caulier

Rendez-vous citoyens : mode d’emploi

Organiser et réussir un « rendez-vous citoyen » n’est pas chose facile, même lorsqu’on commence à en avoir une certaine expérience. C’est pourquoi Isabelle nous rappelle ici quelques conditions à respecter.

Créer les conditions favorables à l’expression

- Lieu calme, accueillant et convivial (proposer des boissons)
- Installer des chaises en cercle.
- Mettre en confiance les participants
- Faire un tour de table avant de recueillir les témoignages pour que chacun ait pu déjà prendre la parole et ait fait connaissance avec les autres,
- Expliquer l’objet de la rencontre : recueillir les témoignages des personnes sur les difficultés qu’elles rencontrent, mais aussi sur les solutions qu’elles ont trouvé ou l’aide qu’elles ont reçu ou encore les solutions qu’elles aimeraient inventer.
- Indiquer que leur témoignage sera repris, de façon anonyme dans un document qui sera en partie lu devant la stèle des droits de l’homme et qui leur sera distribué.

Aider la prise de parole

- Proposer des interventions anonymes, indiquer juste son prénom par exemple.
- Eviter les interruptions lors de la rencontre, les bruits parasites, les mouvements de personnes.
- Ecouter la personne qui s’exprime sans l’interrompre (sauf débordements ou répétitions),
- Ne pas porter de jugement de valeur,
- Ne pas chercher à donner des réponses ou des conseils.
- Poser des questions ouvertes
- Valoriser les expériences de la personne qui s’exprime.
- Pour relancer, reformuler ce que les personnes expriment en reprenant les aspects positifs du témoignage.
- Ne pas hésiter à relancer, surtout concernant la partie de l’expérience ou de la recherche de solutions.
- Equilibrer les temps de parole, surtout si certains dans l’assemblée ont tendance à la monopoliser.
- Remercier la personne pour son témoignage et valoriser la prise de parole en indiquant qu’elle sera utile.

Garder la mémoire de ce qui aura été échangé

- Prévoir la présence de quelqu’un qui prendra en note ce qui se dira.
- Savoir que celui ou celle qui prend des notes peut difficilement prendre la parole.
- Noter intégralement ce qui se dit. Si cela n’est pas possible, noter au moins les expressions les plus importantes employées par les personnes qui témoignent.
- Eventuellement, les reconstituer de mémoire, juste après les échanges.
- Envoyer rapidement le tout au Carrefour des solidarités.

Détruire les jungles, une fausse solution

Depuis plus d’une semaine, nous constatons ou nous recevons des informations sur les destructions des campements de migrants. Les associations, dont certaines font partie du Carrefour des solidarités sont présentes au quotidien auprès d’eux. Voici leur prise de position qui accompagnait une invitation à un cercle de silence.

Nous, associations engagées quotidiennement auprès des migrants, sommes convaincues que le plan gouvernemental de destruction des jungles est inefficace et aggrave la situation. Détruire les abris, c’est provoquer l’éparpillement des camps, livrer les migrants aux réseaux mafieux et ne rien régler sur le fond. C’est persister dans l’erreur de 2002 (fermeture du camp de Sangatte).

Depuis le discours du Ministre Besson à Calais en avril, le nombre de migrants visibles à Calais a baissé. Certains sont passés en Angleterre. Rares sont ceux qui ont pu déposer une demande d’asile en France. La plupart ont fui les menaces policières vers la Belgique et la Hollande, les autres se sont disséminés dans la nature. Contraints de se cacher, ils sont plus que jamais vulnérables, privés d’accès aux soins et à la nourriture et livrés, contre leur gré, à la seule loi des mafias.

Que deviendront ceux qui seront arrêtés dans les jours qui viennent ? Expulsés dans leur pays d’origine ? Relâchés dans la nature sans information, ni secours ? Renvoyés en Italie ou en Grèce où les conditions de vie des réfugiés sont dramatiques ?

Le gouvernement propose une aide au retour volontaire vers des pays en guerre et des dictatures. Combien accepteront de retourner en Afghanistan, Irak, Iran, Somalie, Soudan, Érythrée… Sachant qu’en outre, les retours volontaires ou forcés dans certains de ces pays s’avèrent diplomatiquement impossibles ?

Le gouvernement communique beaucoup sur la tradition d’asile de la France mais une infime partie des migrants ont eu la possibilité de demander l’asile. La plupart en est empêchée par le règlement européen Dublin II que la France applique avec zèle, sans utiliser le pouvoir qu’elle a d’en suspendre l’application. Depuis avril dernier, à peine 170 demandes d’asiles ont été déposées à la sous-préfecture de Calais. Seulement 50 d’entre elles seront traitées. Les autres demandeurs ont été renvoyés dans la jungle et peuvent être à tout moment arrêtés et expulsés par la force, principalement en Italie et en Grèce. En Grèce, l’accès à l’asile est quasi impossible.

M. Barrot, commissaire européen chargé des droits de l’homme a récemment dénoncé les dysfonctionnements de la politique européenne en matière d’asile. Il faut que les États européens cessent de se défausser sur leurs voisins. La solidarité européenne doit devenir une réalité. Le règlement Dublin II doit changer, il piège les réfugiés dans des impasses et les laisse sans protection.

Pour sortir de la loi de la « jungle », il faut remettre le système d’asile européen sur ses pieds en arrêtant de dénier les besoins de protection des personnes et en prévoyant un mécanisme leur permettant de demander asile dans le pays de leur choix ou là où elles ont des liens familiaux, linguistiques ou culturels. Quel que soit leur choix, il faut également leur assurer des conditions d’accueil conformes à la dignité des personnes en prévoyant des structures d’hébergement ouvertes à tous.

21 septembre 2009

Associations signataires :

La Belle Étoile, Coordination Française pour le Droit d’Asile, GISTI, Secours Catholique, C’ SUR, Salam, Collectif Fraternité Migrants (Angres), Terre d’Errance Norrent-Fontes, Terre d’Errance Steenvoorde, Calais Migrants Solidarity, Les Exilés du 10° (Paris), La Ligue des Droits de l’Homme (Pas-de-Calais et Fédération Régionale), Médecins du Monde, La Cimade, Les Verts, NPA Calais, Amnesty International

La Permanence d’accès aux soins de santé

Nous vous avons présenté l’année dernière la Permanence d’accès aux soins et à la santé en vous relatant un entretien que nous avions eu avec son directeur, Mr Bernard Campagne (cf n° 89, de septembre 2008, pp. 4 et 5). Faciliter aux personnes démunies l’accès aux soins hospitaliers, tel est son objectif. Depuis, Thérèse Caulier siège en notre nom au comité de pilotage de ce service. Elle nous en rappelle ici le fonctionnement.

La Permanence d’Accès aux Soins et à la Santé existe depuis plusieurs années au Centre Hospitalier de Dunkerque. Il suffit de se souvenir de la participation des deux assistantes sociales de la PASS à toutes les réunions de la commission des sans domiciles fixes et des explications concernant le fonctionnement de la PASS qu’elles nous avaient donné lors de ces rencontres.

Reprenant les textes de loi, je peux vous donner l’explication suivante par rapport à la PASS.

La Permanence d’Accès aux Soins et à la Santé est une cellule de prise en charge médico sociale qui a pour mission de faciliter aux personnes démunies l’accès au système hospitalier mais aussi aux réseaux institutionnels ou associatifs de soins, d’accueil et d’accompagnement social.

La loi du 29 juillet 1998 a prévu la prise en compte de la précarité par le système de santé avec la mise en place d’une nouvelle mission pour les établissements de santé du service public hospitalier : la lutte contre l’exclusion sociale.

Comment cette nouvelle mission se concrétise au centre hospitalier de Dunkerque ?

Quand le patient arrive aux urgences, il est orienté vers le Service d’Orientation et d’Accueil du centre hospitalier de Dunkerque pour la constitution d’un dossier. Il est reçu par un infirmier qui dispose d’indicatifs permettant l’interpellation de l’assistante sociale de la PASS.

La consultation sociale permet de pratiquer une évaluation de la situation de précarité : logement, ressources, couverture santé, environnement familial et réseau social.

Le patient rencontre obligatoirement le médecin des urgences pour une consultation médicale qui permet d’évaluer la situation globale du malade et les pathologies auxquelles ce malade est confronté. Le patient peut bénéficier de toutes les consultations et examens nécessaires à son état.

L’assistante sociale effectue toutes les liaisons médicales ou sociales avec les partenaires extérieurs.

Comment s’est concrétisé la mise en place du Comité de Pilotage ?

L’équipe de Médecin du Monde du dunkerquois et les associations venant en aide aux migrants souhaitaient obtenir comme à Calais une Permanence d’Accès aux Soins et à la Santé mobile, c’est à dire proche des personnes en grande difficulté (qu’elles soient migrantes ou dans l’extrême pauvreté). Par l’intermédiaire du chargé de mission de Médecin du Monde, ce projet a de suite obtenu l’accord des services de la Communauté Urbaine de Dunkerque et des associations concernées ou par les migrants ou par les publics dans l’extrême pauvreté.

Mais, faute de moyens, le centre hospitalier de Dunkerque n’a pas souhaité donner une suite favorable à notre demande. Par contre, dans le cadre de loi de juillet 1998, un comité de pilotage s’est mis en place au centre hospitalier de Dunkerque. Les services hospitaliers y siègent en même temps que des représentants des secteurs associatif et institutionnel.

Nous retrouvons de ce fait, le directeur du centre hospitalier de Dunkerque, la chef de service infirmier, le chef de service du secteur social, le médecin des urgences ainsi que l’assistance sociale de la PASS.

Les têtes de réseaux associatifs sont présents : la Coordination, Accueil, Orientation (CAO) et le Carrefour de solidarités, l’AFEJI avec la directrice du CADA, un médecin de l’équipe de Médecin du Monde, la fondation de l’Armée du salut, un représentant du Centre Communal d’Action Sociale de Dunkerque, un représentant de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie et un représentant de la Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale du Nord. Nous retrouvons également un représentant de l’Etablissement Public de Santé Mentale des flandres et un représentant de l’ordre des médecins.

Le groupe médico social émanant du comité de pilotage fonctionne également depuis octobre 2008. Il permet d’évoquer des situations difficiles. Il a également pour mission de préparer le comité de pilotage.

La particularité du comité pilotage est de réunir les représentants du secteur hospitalier et du secteur associatif pour une meilleure coordination afin d’assurer une prise en charge optimale de toutes les personnes en difficultés sociales quels que soient leurs origines.

Il reste encore des étapes à parcourir, par exemple comme le prévoit les textes :

- élargir les représentations et structurer les relations externes au comité pilotage par exemple le Centre Prévention Maternel et Infantile, le centre de prévention santé, centre de santé, la Maison de Promotion de la Santé….

- au sein de l’établissement, une réflexion éthique ponctuelle ou régulière sur les questions posées par l’accueil et la prise en charge médicale des personnes en situation de précarité (exemple : réflexion éthique sur le partage et les modes de transmission d’un dossier médical et social dans le cadre du réseau).

Etre citoyen, qu’est-ce que ça veut dire ?

Depuis son origine, comme l’a rappelé Thérèse Caulier dans l’édito, le Carrefour des solidarités a inscrit parmi ses objectifs majeurs le développement de la citoyenneté des plus pauvres. Les fondateurs de notre réseau, parmi lesquels son premier président, Bernard Guilbert, y tenaient comme à la prunelle de leurs yeux. Être citoyen aujourd’hui n’est pas chose évidente. Mais au fait, de quoi s’agit-il ? Voici quelques extraits d’interventions faites par JMG à l’Université auprès de jeunes étudiants de 1° année.

Ne croyez pas qu’il s’agisse d’une réalité simple et évidente. Il y a de par le monde beaucoup plus de membres de communautés ethniques ou religieuses, de sujets d’un roi ou d’un dictateur et de clients ou d’usagers que de citoyens. Les formes que revêt aujourd’hui la citoyenneté sont multiples. Elles ne sont d’ailleurs pas figées. Elles évoluent constamment. Elles s’inventent.

Ne croyez pas non plus qu’il s’agisse d’un problème abstrait qui ne passionne personne. « On n’a jamais droit à la parole ! », disent les uns. « C’est toujours les autres qui décident ! », rouspètent les autres. « Mais enfin, j’ai des droits ! », ronchonnent d’autres encore. Voilà en réalité, trois façons très concrètes de questionner notre façon d’être citoyen aujourd’hui.

Ne croyez pas enfin qu’il s’agisse d’un problème qui ne se poserait qu’à l’échelle d’une ville, d’une nation, voire du monde. Certes, c’est à ces différentes échelles que la façon d’être citoyen s’est d’abord posée et qu’elle continue à l’être. C’est dire que ces problèmes concernent au plus près les Centres Communaux d’Action Sociale. Mais, en réalité, même si on n’emploie pas exactement les mêmes mots, la question se pose aussi à toutes les échelles de la vie sociale, à commencer par les associations. Elles sont des regroupements de citoyens dans un but qu’ils se sont définis eux-mêmes. Les statuts selon la loi de 1901 ne sont rien d’autres que la charte commune de l’exercice de la citoyenneté au sein de ces regroupements, définie par le législateur sur le modèle démocratique en vigueur.

Alors, être citoyen, qu’est-ce que ça veut dire ? Je vous propose de retenir quatre caractéristiques : avoir la parole, exercer le pouvoir de décision, être sujet de droits, entretenir avec les autres citoyens des liens de fraternité.

Avoir la parole

Avoir le droit à la parole, voilà bien la première caractéristique du citoyen. C’est bien ce qu’avaient retenu les inventeurs de la « cité » et de la « façon d’être citoyen », ces grecs d’il y a plus de vingt siècles qui semblaient passer le plus clair de leur temps à discuter sur l’Agora, la place publique de l’époque. Pas de mythification, quand même. Il faudra attendre longtemps pour que ce droit soit reconnu à tous les habitants d’un territoire. En France, il aura fallu attendre 1945 pour que toutes les femmes aient enfin ce droit.

Parler, certes, mais après ? Ce droit a en effet deux corollaires fondamentaux, deux conséquences logiques qui vont sans dire, et encore mieux en le disant. La première est celle d’être écouté. Evident ? Pas tant que ça. Qui n’a jamais eu le sentiment de parler dans le désert ? Qui n’a pas l’impression que sa parole n’aura aucun effet ? La deuxième est plus redoutable. C’est celle d’être contredit par une autre parole. Le débat, en somme. Car la prise de parole d’un citoyen n’est pas simplement là pour qu’il expose ses difficultés ou ses joies de vivre. C’est important et c’est souvent la base du travail collectif qui va suivre. L’objectif est en effet qu’après un débat contradictoire soient élaborées les règles collectives qui s’imposeront à tous. En somme, le citoyen parle, mais il écoute aussi et ainsi se forge son opinion.

Ainsi, le premier degré de la prise de parole du citoyen est bien son témoignage de vie, écouté et pris en considération. Mais il ne peut être un but en soi. Avoir la parole, c’est accepter ensuite que cette parole soit débattue par tous, puis qu’elle serve de base, avec celle des autres, à l’élaboration de règles communes ou à la gestion des biens publics.

(à suivre)

Entendu, reçu, échangé :

J’ai un bébé, je n’ai plus rien pour le nourrir et le changer. A qui puis-je m’adresser ?

En temps ordinaire, plusieurs associations sont susceptibles de vous accueillir et de trouver avec vous les produits nécessaires à l’alimentation du bébé et les couches pour lui permettre de se maintenir propre. Vous pouvez par exemple, si vous vous trouvez en centre de notre agglomération vous adressez à la Croix Rouge Française, rue Marengo dans la basse ville.

(NDLR : Nous nous sommes trouvées, au Carrefour, en plein été, à devoir répondre à une telle interpellation. Trouver une solution n’a pas été facile, car beaucoup d’associations étaient fermées. Et les quelques unes qui étaient ouvertes n’avaient pas dans leurs réserves des couches pour le bébé. Ce n’est qu’au bout de quelques heures de recherche intensive que nous avons pu trouver une association. Mais, celle-ci, pour ne pas totalement se démunir, a dû ne donner que la moitié d’un paquet de couches. A l’expérience de plus anciennes, ne conviendrait-il pas pour les associations, d’avoir toujours en réserve en cas d’urgence des couches et des protections féminines ?)

Je fais de l’intérim et je vois le RSA fluctuer chaque mois. Comment je peux construire mon budget au-delà du mois ?

La Caisse d’Allocations Familiales qui assure le versement du R.S.A. et auprès de laquelle nous nous sommes renseigné nous a indiqué que le montant du R.S.A. ne changeait pas chaque mois, mais, éventuellement tous les trois mois. Son montant est en effet établi en fonction des ressources déclarées pour les trois mois précédents. C’est à partir de la déclaration de ressources que vous aurez à déclarer tous les trois mois que votre R.S.A. changera effectivement. Seule exception, un changement dans votre situation familiale qui, si il arrivait, serait pris plus rapidement en compte.

Faisant de l’intérim, ce n’est donc normalement pas le R.S.A. qui varie chaque mois, mais vos salaires. Si ce n’était pas le cas, dites-le nous. Nous ferions remonter auprès de la C.A.F. votre situation.

(Note : nous reviendrons sur ce sujet. Le calcul du R.S.A. pour les personnes qui travaillent est très compliqué et se fait quasiment au cas par cas. C’est ce que nous a dit le C.A.F. qui se propose de réintervenir à sujet lors d’une prochaine parution.)

Des personnes migrantes me demandent comment entreprendre une demande d’asile. Quels conseils leur donner ?

Suite aux actions de destruction des jungles ou autres abris précaires des personnes migrantes de passage sur notre territoire, il est vrai que le gouvernement a indiqué que l’une des solutions qui leur était ouverte était celle de la demande d’asile. C’est pourquoi la Ligue des droits de l’homme a immédiatement écrit au Sous Préfet de Dunkerque pour l’interroger sur la mise en œuvre de ce droit par l’Etat.

En réponse à ce courrier, le commandait de la Police de l’Air et des Frontières lui a indiqué que « les migrants souhaitant bénéficier du droit d’asile pouvaient, en toute confiance, éventuellement en se faisant accompagner par un membre d’une association, s’il n’a pas confiance, se présenter à la PAF, avenue maurice Berteaux à St Pol-sur-mer. Sa demande sera enregistrée et transmise à la Préfecture, seule habilitée dans le Nord à instruire le dossier. Si l’intéressé devait se rendre à Lille, il obtiendrait un sauf-conduit lui permettant de circuler sans problème. Cette disposition concerne les adultes. » Nous, on aurait préféré que ça se passe à la Sous Préfecture, histoire de faire baisser la pression..

A signaler, nous ont ajouté les représentants locaux de la Ligue, que pour être pris en compte, éventuellement bien sûr, le dossier devra comporter un minimum de pièces d’identité (extrait de naissance, fiche d’état civil ou passeport) permettant de donner une identité confirmée au demandeur. Ce sont des papiers que les migrants peuvent se faire envoyer, s’ils ont conservé des contacts dans leur pays d’origine. Mais n’attendez pas. Au besoin, déclarer sur l’honneur.

La pensée du mois

« Ce n’est que pour ton amour que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes. »
Vincent de Paul, 17 ° siècle

Documents joints

envoyer un commentaire

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com