Le journal n° 100 - septembre 2009
PDF - 633.3 ko
journal de septembre 2009

Sommaire

- Edito : Un Carrefour, pour quoi faire ?
- Nous avions fait un rêve…
- La journée du refus de la misère : le programme
- Les « Rendez-vous citoyens » 2009
- Le Carrefour des solidarités et les C.C.A.S.
- Notre système de redistribution est en panne !
- La pensée du mois
- Nouvelles de nos partenaires

Edito : Un Carrefour, pour quoi faire ?

Mais pourquoi donc un réseau associatif et d’organisations publiques comme le Carrefour des solidarités ? La rentrée est souvent l’occasion de se reposer des questions sur le sens de son action. Et nous n’avons pas de raison d’y échapper.

C’est bon d’être ensemble. On se connaît. On se rencontre. On se reconnaît. Mais, au fond, c’est difficile de justifier l’existence du Carrefour des solidarités par cette seule raison. On est quand même éloigné les uns des autres. Le projet de son association ou de son organisation est parfois très éloigné de celui de son voisin à tel point qu’on peut se demander ce que l’on fait ensemble. Et puis, comme on est plus d’un millier de bénévoles et de salariés, on a rarement l’occasion, de fait, de se rencontrer. Dans la vie quotidienne, c’est l’ami bénévole de son association qu’on rencontre, ou le collègue de travail, ou encore son responsable. Ce n’est pas tel ou tel membre d’une autre organisation. C’est tellement vrai que certains regrettent les premiers temps du Carrefour des solidarités où, n’étant à peine qu’une quinzaine d’associations, tous les responsables se connaissaient. Cela dit, commissions, formations, ateliers, groupes de travail et autres apéro sont autant d’occasions de développer cette convivialité qui tient au cœur de tous.

Sauf les plus importants en nombre d’adhérents et en moyens d’organisation, chacun des membres de notre réseau n’a pas la capacité de mettre en œuvre des outils pourtant essentiels. Ceux de la formation de leurs membres. Ceux de la mise à jour de leur documentation. Ceux de l’information sur ce qui se fait en matière de travail social sur notre territoire. Ceux de l’observation des problèmes sociaux rencontrés par les personnes les plus en difficultés sociales. C’est d’ailleurs l’une des raisons essentielles qui a présidé à la création du Carrefour des solidarités. Mais là, à nouveau, nous rencontrons quelques difficultés. Certains membres bénéficient des moyens de leur propre réseau interne. Quand on est membre d’une association nationale, on bénéficie de ses capacités de formation et de documentation. Celles-ci sont d’ailleurs mieux ciblées par rapport à ses propresbesoins. Et puis, les réseaux de moyens existent à l’échelle régionale voire départementale. Qu’il s’agisse de l’U.R.I.O.P.S.S. ou de la F.N.A.R.S., on a là des moyens puissants aux orientations desquelles on peut d’ailleurs participer. Le Carrefour des solidarités ne serait-il alors qu’un énième doublonnage de moyens et un échelon administratif supplémentaire dans lequel l’argent public viendrait se perdre ? Non, évidemment. La proximité des membres entre eux permet d’identifier plus rapidement les besoins, d’adapter les réponses et de mobiliser les ressources immédiatement disponibles.

Le Carrefour des solidarités est aussi le moyen de mettre en œuvre un système d’alerte local et donc d’innovation dans le travail social. Historiquement d’ailleurs, ce fut la première occasion de rencontre des associations qui sont à l’origine de ce réseau. C’est bien grâce au collectif Alerte que dans les années 80 se sont mis en place les systèmes d’accueil des personnes de la rue et l’accueil d’information sur la santé. Il n’y a qu’à l’échelle d’une agglomération qu’un certain nombre de systèmes innovants peuvent se chercher et se mettre en place. Cela ne remplace évidemment pas la capacité de chacun des membres du Carrefour des solidarités à innover et à chercher de nouvelles formes d’action sociale. Elles ne s’en privent pas d’ailleurs. Mais si la richesse des offresest un atout en soit, leur coordination voire parfois leur réunion peut permettre une meilleure performance. Car, ce qui demeure premier dans tous les cas, c’est bien la performance des services qui sont proposés aux personnes qui vivent les plus grandes difficultés sociales. C’est bien eux qui rassemblent les membres de notre réseau et la construction de leur propre dignité. Bref, de leur citoyenneté.

Depuis son origine, le développement de la citoyenneté est inscrit dans les objectifs majeurs du Carrefour des solidarités. Certains se sont demandés longtemps ce que cela voulait dire. C’est en réalité ce qui permet à chacun d’exercer son pouvoir au sein de sa collectivité, de sa cité. C’est parler, dire ce qu’on pense, les difficultés et les réussites qu’on connaît, agir ensemble pour que le sort de chacun s’améliore. Développer ces capacités, c’est développer la citoyenneté à commencer par celle des personnes qui vivent les plus grandes difficultés. Les « rendez-vous citoyens » ont-ils, par exemple, un autre sens ?

Ce dont nous sommes finalement persuadés, c’est que le Carrefour des solidarités est, conformément à ses statuts, tout cela à la fois : lieu de rencontres conviviales, offre de services à ses propres membres, système d’alerte local, soutien à l’innovation sociale, au bénéfice des personnes qui souffrent, pour raison sociale, développeur de leur citoyenneté et donc de la citoyenneté de tous. Il l’est grâce à la seule mobilisation de ses propres membres et en lien avec les organisations qui travaillent à des échelles de territoire différentes. Faire ensemble plutôt que chacun de son côté.

Le comité de rédaction

Nous avions fait un rêve…

On avait intitulé cela : à vos plumes ! On ne s’attendait pas à un monceau de courrier ou de coup de fil. Pour notre n° 100, on s’était dit que c’était la bonne occasion de laisser à nos lecteurs le soin d’écrire totalement le journal.

L’été passant, il nous a fallu se remettre devant la dure réalité. Rien à l’horizon.

En fait, nous avons commis l’erreur commune à tous les animateurs novices : croire qu’il suffit d’offrir un espace pour que les gens s’en emparent et le remplissent de leurs propres paroles. Faux !

Dans notre société qui se prétend être de « communication », la plupart d’entre nous est en réalité beaucoup plus avare de paroles qu’on voudrait nous le faire croire. En tout cas, de paroles vraies. D’abord parce que nous n’avons pas l’habitude d’en écrire. Cela demande du temps, de la confiance et l’espoir que cela serve à quelque chose. C’est trompeur, ce que font presque tous les journaux aujourd’hui, d’arrêter quelqu’un dans la rue et de lui demander ce qu’il pense de ceci ou de cela. Ils voudraient nous faire croire que c’est, à tous les coups, intéressant. Personne n’est dupe. C’est de la « com » pour faire vendre. Certains nous avaient quand même dit que c’était une bonne idée et qu’ils allaient s’y mettre. Mais la chaleur, les enfants ou les petits enfants, le repos tant attendu ont sans doute été plus forts.

D’une certaine façon, nous sommes heureux que nos lecteurs ne soient pas tombés dans ce panneau là qui ne correspondait pas à notre intention.

Rassurez-vous cependant ! Nous continuerons dans les mois qui viennent à aller converser avec certains d’entre vous, soit que nous en ayons envie, soit que vous en ayez envie, et à vous le raconter ensuite. Nous rendrons compte de nos réflexions collectives. Nous allons même reprendre nos « visites » à chacun de nos membres pour voir comment cela a évolué depuis la dernière fois pour vous en parler ensuite. Et puis, comme nous vous l’avons annoncé et comme nous l’avons fait il y a peu avec Emmaüs, chacun des membres pourra devenir, le temps d’un numéro, rédacteur en chef de notre journal.

A bientôt de vous lire.

La journée du refus de la misère : le programme

Comme chaque année, les membres du Carrefour des Solidarités et le Centre communal d’action sociale de Dunkerque organisent une manifestation d’échanges et de débats à l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère, initiative dont est à l’origine le mouvement d’Aide à Toute Détresse – quart monde. En voici les différents éléments.

Fort des expériences passées, nous avons décidé, pour ce qui concerne la manifestation de centre d’agglomération, d’en faire évoluer l’organisation.

Pendant les mois de septembre et d’octobre, des « rendez-vous citoyens » seront programmés dans les associations et dans les différentes communes afin de recueillir les témoignages des personnes vivant des difficultés sociales et de les rassembler dans un cahier. (cf notre article ci-après)

Le samedi 17 octobre après-midi :

• de 15h à 15h30 : Inauguration de « Dunkerque ligne solidaire » au Centre communal d’action sociale de Dunkerque centre, 10 rue de la Maurienne.

• de 15h45 à 16h15 : Manifestation devant la stèle des droits de l’homme, sur le parvis de la Communauté urbaine à Dunkerque.

- lecture de témoignages recueillis,
- distribution des cahiers,
- interventions, etc.

• de 16h30 à 17h30 : Grand rendez-vous citoyen ayant pour thème « Comment vit-on avec 10 euros par jour ? » dans le hall d’honneur de la Communauté urbaine. Cette rencontre permettra à chacun de ceux qui le souhaiteront de témoigner publiquement de ce qu’ils vivent et de ce qu’ils espèrent.

• 17h30 : Pot de la solidarité

Il serait bon que chacune des associations et chacun des C.C.A.S. puissent y participer accompagnés de personnes vivant des difficultés sociales.

Les « Rendez-vous citoyens » 2009

Comme chaque année à l’approche et en préparation de la journée mondiale du refus de la misère prévue en octobre, chacune des associations et chacun des C.C.A.S. membres du Carrefour des solidarités, se préparent à organiser un « rendez-vous citoyen ». Parlons-en.

Notre objectif commun en organisant ces « Rendez-vous citoyens », c’est que les personnes qui vivent les plus grandes difficultés sociales aient la parole. Qu’elle soit organisée. Qu’elle soit écoutée. Qu’elle soit mise en valeur. En somme, qu’elle ait droit de Cité.

L’année dernière, ces « rendez-vous citoyens » avaient été le prélude des Assises de la solidarité locale. Les témoignages recueillis ont non seulement été rassemblés dans un recueil commun, mais, par de larges extraits, ont été lus devant la stèle des droits de l’homme et en introduction des Assises. Pour cette année, nous n’avons pas encore pris de décision collective sur la réalisation d’un premier bilan de ces Assises. En revanche, comme on pourra le lire dans ce petit journal, l’organisation de la journée mondiale du refus de la misère prévoit l’organisation d’un grand « Rendez-vous citoyen » commun. Ils commenceront par la lecture de larges extraits des différents rendez-vous organisés par les associations et les C.C.A.S.

Car l’objectif premier n’est-il pas que chacune des associations et chacun des C.C.A.S. fasse le point, avec les personnes qui vivent les plus grandes difficultés sociales, sur la façon dont leur parole y est prise en compte ? C’est donc dire que la forme et le moment de ces rendez-vous dépendront entièrement de chacun et donc de la façon dont il organise ordinairement la rencontre avec ces personnes.

Bien évidemment, début septembre, nous ne pouvions avoir le détail des initiatives prises par les uns ou par les autres. D’ores et déjà cependant, nous pouvons donner les indications suivantes :

ACL Proxipol, le jeudi 8 octobre à 14h30 à la Maison des services à Saint Pol sur Mer

AFAD, le jeudi 24 septembre, forme et organisation à déterminer,

CCAS de Dunkerque : le vendredi 2 octobre à 14h

CCAS de Grande-Synthe : entretiens individuels, le lundi 21 septembre matin

N’hésitez pas à nous faire parvenir vos propres dates et vos propres modalités dès que vous en aurez décidé. Nous en ferons le point dans le journal du début d’octobre.

Le Carrefour des solidarités et les C.C.A.S.

10 Centres Communaux d’Action Sociale de l’agglomération dunkerquoise sont membres du Carrefour des solidarités. Ils y forment un collège spécifique. L’une des caractéristiques de ces membres, établissement publics communaux, est qu’ils sont liés à notre réseau par une convention qui doit être renouvelée à intervalle régulier. C’est en vue de ce renouvellement que l’équipe d’animation du Carrefour des solidarités a été rendre visite à chacun d’entre eux. Ce tour n’est pas terminé. Mais d’ores et déjà, nous pouvons indiquer quelques constantes dans la façon dont ils entendent développer leur coopération au sein de notre réseau. En voici quelques éléments.

D’abord un bref rappel. Contrairement à ce que beaucoup pensent, un Centre Communal d’Action Sociale n’est pas un service communal. Il s’agit d’un établissement public géré par un conseil d’administration formé d’élus de la commune, en particulier du Maire qui le préside, mais aussi d’autres membres, personnalités de la société civile ou membres d’associations. C’est dire que s’il est très lié à sa commune dont le conseil municipal décide pour l’essentiel du montant de son budget en votant une subvention, il a sa vie propre et a le loisir de développer des coopérations avec qui bon lui semble. Les publics qu’ils visent sont principalement les personnes en grandes difficultés sociales de la commune, mais aussi les personnes âgées. Au sein du Carrefour des solidarités, ceux sont bien évidemment les personnes en grandes difficultés sociales qui font l’objet de coopérations éventuelles.

Ce qui n’est pas facile à comprendre pour certains, c’est qu’un C.C.A.S. est un organisme d’action et d’intervention. Ce n’est pas lui qui a en charge la conduite de toutes les politiques sociales de la commune. C’est ce qui explique d’ailleurs qu’on rencontre aujourd’hui des communes dans lesquelles l’adjoint aux affaires sociales et le vice président du C.C.A.S. sont deux personnes différentes. Par exemple, une commune peut avoir la volonté politique d’agir sur le logement social. Les négociations avec les promoteurs sociaux sur les programmes de construction seront menées par l’adjoint aux affaires sociales qui, dans ce cas, est souvent aussi l’adjoint au logement. En revanche une gestion coordonnée des impayés de loyer afin d’éviter à tout prix les expulsions seront de la responsabilité du C.C.A.S. qui peut intervenir par une aide aux personnes ou aux familles. Complications administratives inutiles ou meilleure efficacité de l’action publique locale ? Les usagers jugeront aux résultats. Sachez cependant, interlocuteurs associatifs, que les C.C.A.S. privilégient les interventions d’aide auprès des personnes alors que c’est le conseil municipal qui attribue le plus souvent d’éventuelles subventions.

Orientés essentiellement vers les interventions auprès des personnes, les C.C.A.S. se sentent à l’aise dans un réseau associatif qui est constitué de membres agissant auprès de ces mêmes personnes. C’est aussi pourquoi leur principale préoccupation est d’améliorer sur le territoire de leur commune, en vue d’une meilleure efficacité sociale au bénéfice de ces personnes, la coordination entre les différents intervenants. Mais, dans chacune de nos rencontres, un paradoxe est apparu. Alors que la plupart des associations visent, dans leur travail, des personnes ou des familles quel que soit leur territoire d’implantation, les C.C.A.S. n’entendent pas déborder de leur cadre territorial. A les écouter, chaque association devrait pouvoir se coordonner avec chacun des C.C.A.S. des communes dont sont issues les personnes qu’elles aident. Même si on va tenter quelques expériences en la matière, cela reste difficile. Les associations n’ont pas un nombre infini de bénévoles ou de salariés. L’une des pistes de solution, c’est le type de coordination à laquelle travaille le Carrefour des solidarités. Celle-ci vise à respecter la philosophie d’intervention de chacun tout en développant ce qui peut être commun. Pourquoi cela ne serait-il pas possible à l’échelle intercommunale ? La question semble encore taboue parce que chacun craint une perte d’autonomie d’intervention. Or les associations, non sans mal ni sans difficulté, montrent le contraire. On peut développer des coopérations voire inventer ensemble de nouvelles solutions sans pour autant perdre son âme, pour peu qu’on ne se sente pas le centre du monde. En attendant, des réunions de travail sur la coordination, au sein de quelques communes, entre C.C.A.S. et associations vont être programmées d’ici la fin de l’année.

Deux terrains de mise en œuvre de l’action sociale semble intéresser les C.C.A.S. dans une coopération avec les associations : l’aide alimentaire et la prévention des factures impayées. Par ailleurs, Les C.C.A.S. rencontrés se sont montré très intéressés par la mise en place, à partir de l’Agence d’Urbanisme et de Développement, AGUR, de l’observatoire partenarial de la précarité. Ils sont prêts à participer à ses travaux en fournissant eux-mêmes de l’information. Cela leur permettra en particulier de mettre sur pied leur bilan des besoins sociaux de leur commune auquel ils sont désormais tenus.

Notre système de redistribution est en panne !

Au cours du mois d’août, le Carrefour des solidarités a sorti le dossier sur la question alimentaire dans le dunkerquois. Nous avons interrogé son rédacteur, Jean-Marie Gueuret, sociologue, qui a étudié les informations collectées par les associations et saisies par le secrétariat du Carrefour.

Le petit journal : Ce n’est pas la première fois que nous parlons de la question alimentaire. Qu’est-ce qu’il y a de neuf ?
JMG : C’est vrai que beaucoup des résultats repris dans le dossier ont déjà été repris au cours de l’année dans notre journal. Mais des articles ont pu échapper à certains. Là, tous les résultats sont présentés. En plus, nous avons pu aller plus loin dans l’analyse du budget des familles, de la répartition communale aussi bien des personnes qui sont aidées que des associations qui leur viennent en aide.

Le petit journal : Est-ce le point essentiel ?
JMG : Non. L’essentiel, c’est le cri d’alarme que poussent aujourd’hui encore plus qu’hier les associations. Leurs moyens ne leur permettent plus de faire convenablement face à la demande.

Le petit journal : Les demandes d’aide alimentaire sont-elles en augmentation ?
JMG : Non, si l’on considère le nombre d’aides régulières distribuées tout au long de l’année. Mais là on sait que les associations n’inscrivent qu’en fonction de leurs moyens disponibles. C’est donc normal qu’on ne voie pas d’augmentation. Oui, en ce qui concerne les demandes de dépannage, interpellations directes de familles qui n’ont plus rien à manger pour le lendemain. Elles ont augmenté de près de 20 % en 2008 et les premiers résultats de 2009 montrent que ce sera pareil.

Le petit journal : S’agit-il des conséquences de la crise économique et sociale ?
JMG : Les observations que nous menons grâce au travail des associations ne nous permettent pas de le dire. En revanche, l’étude fine des budgets des familles aidées nous aide à mieux cerner leur situation. Les résultats interpellent les responsables publics comme les responsables associatifs.

Le petit journal : De quelles manières ?
JMG : D’abord et avant tout, si un nombre de familles important a besoin d’être aidé par les associations, c’est que notre système de redistribution public est manifestement grippé. Qu’il s’agisse d’un certain nombre de salaires ou de pensions, des minima sociaux comme des prestations sociales, ils ne permettent plus à certaines familles de faire face aux dépenses qui devraient leur assurer un minimum de survie. C’est là la responsabilité directe des pouvoirs publics.

Le petit journal : Mais qu’y peuvent les élus locaux ou territoriaux qui sont nos interlocuteurs habituels ?
JMG : C’est vrai que ce n’est pas de leur responsabilité directe. Les décisions qui concernent notre système de redistribution sont pour la plupart à prendre à l’échelon gouvernemental. Pourtant ceux qui souffrent d’une telle situation et qui doivent chaque mois choisir entre payer leurs factures ou manger n’ont pas le sentiment de les entendre beaucoup s’insurger devant la situation qui leur est faite. C’est évidemment faux quand on contacte directement ces élus. Mais ce n’est pas une histoire de position individuelle voire de parti. Et puis, localement, ils ont du pouvoir. Lorsqu’ils décident des tarifs de certains services publics, comme l’eau ou les transports par exemple, ils ont le pouvoir de faire jouer une certaine redistribution.

Le petit journal : Est-ce leurs seules responsabilités ?
JMG : Ce que nous observons montre que non, en particulier en ce qui concerne les dépannages. Nous montrons en effet que près de la moitié des raisons qui amène les familles à se retrouver sans rien pour manger est due à une organisation non performante des administrations. Ce ne sont pas les agents qui sont en cause, mais les règles qu’ils doivent suivre. Or ces règles de fonctionnement, ce sont les élus qui en sont responsables. De plus, s’il est normal que le tissu associatif apporte son aide dans ces situations, cela ne l’est plus quand on ne leur accorde aucun moyen public pour le faire.

Le petit journal : Les associations n’auraient-elles aucune responsabilité ?
JMG : Evidemment, elles ne sont responsables ni de la faiblesse de notre système de redistribution ni des lenteurs, souvent nécessaires, de l’administration des aides publiques. En revanche, elles se posent trois types de question. Comment faire en sorte que les aides qu’elles apportent soient à la hauteur des vrais besoins des familles ? Elles ne le sont pas aujourd’hui pour les familles les plusfamilles les plus dans la difficulté. Comment faire en sorte que l’occasion de la rencontre pour l’aide alimentaire devienne un véritable accompagnement prenant en compte la totalité des besoins des familles, en particulier leur demande de dignité ? Enfin, comment faire entendre la voix de ces familles ?

Le petit journal : Rien de nouveau en somme ?
JMG : D’une certaine façon c’est vrai. Chaque année nous disons à peu près les mêmes choses. Pourtant il me semble que cette fois-ci, grâce à l’observation plus fine du budget des familles et à celle des raisons pour lesquelles elles demandent des dépannages, nous commençons à approcher leur situation réelle. Nous faisons éclater comme des bulles les fausses idées que nous véhiculons sur elles. Nous pouvons ainsi mieux identifier les causes de ces situations et ouvrir des pistes pour trouver des solutions. Car l’objectif final de l’aide alimentaire associative et de l’observation qui l’accompagne, c’est bien qu’elle n’ait plus de raison d’être ? Non ?

La pensée du mois

Un homme, ça peut-être détruit, mais pas vaincu.

Ernest Hemingway

Nouvelles de nos partenaires

Nous avons reçu, le 19 août dernier ce message de la CLCV, UL FM

Bonjour,

Comme vous le dites dans votre message du 14 août, nous avons en même temps pris un peu de repos, profité de voir la famille et les amis. Mais l’action ne s’est pas complètement arrêtée.

Pour la rentrée, nous reprenons nos permanences à Grande-Synthe- St pol - Dunkerque et Gravelines. Nous vous enverrons les dates au plus vite. Mais, dès maintenant, je peux vous dire que sur deux sujets nous poursuivrons les actions entreprises : « LES BRUITS » - industriels et routiers - et l’information sur "LES RISQUES INDUSTRIELS" - que faire s’il survient un incident ou un accident, à quoi servent les pastilles d’iode etc. Si des personnes de vos associations sont intéressées, elles peuvent venir participer aux rencontres que nous organisons qui sont ouvertes à tous. Nous pouvons aussi venir un après-midi pour en parler et REPONDRE aux questions que les participants se posent ou encore chercher ensemble les solutions.

D’autres actions sont possibles, sur l’eau qualité/prix, les accès à la téléphonie mobile ou internet etc.

Nous participerons aussi dans le stand de l’ADELFA- à la fête de la nature à Coudekerque, les 12 et 13 septembre prochains. N’hésitez pas à venir nous dire bonjour.

Bonne fin d’été. Amicalement

Pour l’équipe : Mme MP Hocquet-Duval, Présidente de l’Union Locale CLCV Flandre Maritime
NOUVELLE BOITE COURRIELS : clcvflandremaritime@orange.fr

Documents joints

envoyer un commentaire

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com