Le dossier de presse de la manifestation à Dunkerque du 20 juin 2008 : journée mondiale des réfugiés

Journée mondiale du Réfugié à Dunkerque du 23 juin 2008
Dossier de presse

Sommaire

- I. PRESENTATION DE LA JOURNEE MONDIALE DU REFUGIE
- II. Présentation des réfugiés
- III. PRESENTATION DU COLLECTIF « MIGRANTS »

I. Présentation de la journée mondiale du Réfugié
- A) Historique
- B) Objectif
- C) Déroulement
II. Présentation des réfugiés
- A) Les « migrants » dans l’agglomération Dunkerquoise
- Profil
- Problématiques
- B) Les personnes en attente de régularisation administrative
o Profil
o Problématiques
III. Présentation du Collectif « Migrants »
o Historique,
o Composition,
o Actions mises en place

I. PRESENTATION DE LA JOURNEE MONDIALE DU REFUGIE

HISTORIQUE

Le 4 décembre 2000, le Haut Comité aux Réfugiés de l’assemblée générale des Nations Unis adopte la résolution 55/76 qui désigne le 20 juin comme la journée mondiale du réfugié. Ce texte célèbre à la fois le cinquantième anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et parallèlement la journée du réfugié africain. Le HCR salue ainsi le courage inébranlable des réfugiés du monde entier.

OBJECTIF

A travers une marche de soutien, les partenaires du Collectif « Migrants » célèbrent cette année la bravoure des personnes exilées fuyant les persécutions, les guerres et l’injustice qui sont à la recherche d’une terre d’asile. Leur voyage et long et périlleux, mais ils conservent malgré tout un espoir inébranlable, celui de survivre et un jour reconstruire leur vie.

Cette action vise d’une part à sensibiliser l’opinion publique au sort des ces réfugiés et d’autre part, à interpeller les pouvoirs politiques dans le cadre de leur responsabilité en tant que garant des droits de l’Homme.

Les partenaires dénoncent clairement les politiques nationales et européennes de l’immigration qui contraignent de nombreuses familles, en attente de régularisation administrative, à vivre dans la crainte de l’expulsion.

A cela, s’ajoute la situation des « migrants », qui transitent par l’agglomération Dunkerquoise dans le but de rejoindre leurs familles en Angleterre. Chaque semaine, des centaines de migrants trouvent, en effet, refuge temporairement dans notre territoire et vivent dans des conditions de vie dramatiques. Sans eau, sans nourriture, sans toit et dans la peur constante d’être interpellés par les forces de police.

La journée mondiale du réfugié est ainsi l’occasion de rappeler à tous, le sort de ces populations et de saluer leur courage.

LE DEROULEMENT DE LA MANIFESTATION

17h : Rassemblement à la Place Jean-Bart à Dunkerque

- Discours de présentation de la manifestation
- Présentation du programme détaillé de la marche

17h30 : Départ

17h50-18h : 1ère étape, Sous-Préfecture

- Lecture de témoignages
- Lecture de la lettre ouverte adressée au Sous-Préfet

18h20 : Départ vers la Communauté Urbaine de Dunkerque

18h35 : 2ème étape, parvis de la CUD

- Dépôt du « panier de survie » (aliments, produits d’hygiène, titre de séjour) au pied de la stèle des Droits de l’Homme
- Explication du contenu du panier et commentaire des dessins effectués par les enfants des demandeurs d’asile
- Lecture de Témoignages
- Lecture de la lettre ouverte adressée à l’ensemble des maires de l’agglomération Dunkerquoise
- Photo des représentants associatifs et institutionnels partenaires de l’action

19h : Fin de la manifestation

II. Présentation des réfugiés

Selon la Convention de Genève relative au statut des réfugiés en 1951 : « Un réfugié est une personne qui (…) craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politique, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas la nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels évènements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. » art.1A(2).

Plus de 40 millions de personnes à travers le monde sont déracinées par la violence et les persécutions et il est vraisemblable qu’à l’avenir, davantage de personnes soient déplacées en raison du nombre croissant de facteurs déclenchants qui favorisent de nouveaux déplacements forcés.

Aujourd’hui les gens fuient non seulement les persécutions et la guerre, mais aussi l’injustice, l’exclusion, les pressions environnementales, les compétitions pour des ressources rares et les souffrances engendrées par des États défaillants.

Cette journée mondiale du réfugié est ainsi l’occasion de saluer le courage toutes ces personnes en exil quelles soient reconnues statutairement, en attente de régularisation administrative ou en transitent sur notre territoire. Toutes n’ont en effet, qu’un seul objectif reconstruire une nouvelle vie dans un lieu d’accueil plus paisible.

A) Les « migrants »

Depuis de nombreuses années, la Flandre maritime voit affluer des milliers de personnes étrangères qui fuient la guerre, la misère et les persécutions pour retrouver une terre d’asile. Ils espèrent et essaient ainsi retrouver un avenir meilleur dans les pays développés et notamment en Europe. La plupart d’entre eux ont pour objectif de rejoindre des membres de leur famille en Angleterre et transitent par la région Nord pas de Calais pour y accéder.

Ils fuient la pauvreté, les régimes politiques, les guerres civiles, la mort. Certains ont même vu égorger leur famille sous leurs yeux. Ce sont majoritairement des hommes jeunes, qui abandonnent leur maison, leurs biens, et leur métier (cadres, employés, ouvriers). Il y a aussi des familles avec enfants, voire des bébés qui voyagent et survivent dans des conditions de danger extrêmes.

La fermeture du camp de Sangatte en 2002 n’a pas diminué le flux des migrants. Moins concentrés sur Calais, ils s’éparpillent dorénavant sur l’ensemble des zones côtières.

L’agglomération Dunkerquoise recense ainsi deux sites d’occupation à Loon-Plage et Grande-Synthe où les populations migrantes vivent dans des conditions de vie insupportables. Quelque soit les saisons, ils tentent de survivre à l’extérieur en l’absence de nourriture, d’eau et d’hygiène.

Des associations de proximité comme SALAM, Secours Catholique, la Pastorale de migrants ou EMMAUSse sont organisées pour leur venir en aide en apportant des denrées alimentaires, des vêtements et des produits d’hygiène. Toutefois, ces moyens restent insuffisants face au nombre élevé des migrants et les conditions de vie. Ils survivent dans des abris de fortune faits de bâches en plastique, perméables à toutes les intempéries climatiques.

Médecins du Monde assure également une permanence 1 fois par semaine mais l’absence de lieu d’accueil et de moyens permet difficilement de donner des soins. Seuls les soins d’urgence sont pris en compte.

Les observations de l’association SALAM

L’association SALAM est une structure humanitaire implantée à Calais et Dunkerque qui vient en aide aux publics migrants.

Quelques statistiques fournies par l’association SALAM de Dunkerque permettent de mieux appréhender ces populations sur les sites de Loon-Plage et Grande-Synthe :

Nombre de personnes :

De mai 2007 à mai 2008, 3712 « migrants » ont bénéficié d’aide alimentaire, vestimentaire, produits d’hygiène, tentes, couvertures,
-  dont 3656 hommes,
-  14 femmes
-  36 enfants
-  6 bébés

De mars 2007 à mars 2008, 2120 personnes en situation d’extrême précarité ont reçu des repas chauds. En l’absence de cuisine, les bénévoles préparent les repas chez eux et les distribuent deux fois par semaine.

Tous les mardis, lors de la consultation médicale, les membres de l’association offrent également des produits d’hygiène et des chaussettes.

Tous les 15 jours sont organisées des distributions de vêtements, chaussures, tentes, couvertures et bâches en plastique pour les personnes qui en sont dépourvus.

Pays d’origine :

- Inde
- Libéria
- Afghanistan
- Irak
- Iran
- Palestine
- Pakistan
- Soudan
- Erythrée
- Albanie

La durée de leur séjour peut varier de 3 jours à 6 mois en fonction de leur opportunité à trouver une terre d’asile. Majoritairement, les personnes en exil préfèrent tenter leur chance en Angleterre.

B) Les personnes en attente de régularisation administrative

Observations de la Ligue des Droits de l’Homme :

La Ligue des Droits de l’Homme de Dunkerque a, actuellement, en instance une centaine de dossiers initiés lors de ses permanences du mercredi. Il s’agit, pour une large part, de dossiers de régularisation de personnes étrangères qui veulent pour diverses raisons RESTER en France et donc bénéficier d’une carte de séjour pour légaliser leur situation.

Certaine de ces personnes ont de la famille dans la région. Elles viennent d’Afrique (Maghreb, Congo, Guinée, Sénégal, Comores...), des ex-pays de l’Est (Russie, Biélorussie, Arménie, Kazakhstan, Kosovo...),. d’Asie (Pakistan), d’Amérique du Sud (Colombie). Elles peuvent avoir été victimes de sévices dans leur pays.

Des accords anciens, passés entre la LDH et la Préfecture du Nord permettent chaque mois à l’un des représentants associatifs de participer aux réunions de la CODRESE, où est "plaidée" la cause de ces personnes. Ces dernières sont de plus en plus nombreuses à être frappées par un arrêté d’expulsion du territoire français. La LDH travaille, ainsi, en amont de la procédure et notamment dans l’aide à l’élaboration du dossier autour de critères tels que les attaches familiales en France, une bonne intégration dans la société, ou des promesses avérées d’embauche de travail,...

On constate, depuis les dernières lois en matière d’immigration, les difficultés pour de nombreux étrangers d’obtenir un titre d’admission au séjour en France :
- On exige ainsi du candidat qu’il ait des revenus, tout en lui interdisant de travailler.
- Dans certains cas, les autorités considèrent également que renvoyer dans son pays l’épouse d’un travailleur qui réside en France depuis de nombreuses années et occupant un emploi, n’est pas considéré comme une « atteinte à sa vie familiale, ou privée".
- L’administration refuse parfois le droit d’asile à des personnes qui ne peuvent fournir la preuve de violences liées à des répressions à caractère politique dans leur pays "doit-on alors demander un certificat de sévices à ses tortionnaires ?)…

Tous ces exemples posent question quant à l’arbitrage des décisions administratives en matière d’immigration, et souligne leur caractère hautement répressif.

III. PRESENTATION DU COLLECTIF « MIGRANTS »

Le collectif Migrants a vu le jour avec l’annonce de la fermeture de Sangatte, où des bénévoles (médecins, infirmières) et des associations telles que EMMAÜS ou le Secours Catholique se rendaient régulièrement. Dès 2002, une vingtaine d’associations Dunkerquoises se sont opposées à la décision de fermeture du camp de Sangatte qui ne prévoyait aucune alternative au problème des migrations vers l’Angleterre.

Le député Jean LE GAREC a relayé cette problématique à l’Assemblée Nationale en 2005, et a demandé sans succès au gouvernement, la création d’une cellule d’orientation.

Malgré la fermeture de Sangatte, ces populations ont continué à affluer et se sont déplacées progressivement vers les villes côtières, notamment à Loon-Plage et Grande-Synthe où les associations locales ont pris le relais pour les aider. EMMAÜS, Secours Catholique, les Eclaireurs de France, médecins, infirmières apportaient ainsi régulièrement de la nourriture, vêtements, soins…

Le Collectif Migrants soutien ces actions et dénoncent les conditions de vie déplorables des migrants de passage à travers de nombreux courriers envoyés au Président de la République (M. CHIRAC), ou au Président de la Commission Européenne (M. BAROZO), garants des Droits de l’Homme.

Le Collectif rend compte régulièrement au Sous-Préfet de leur action humanitaire auprès des migrants et expriment leur indignement face à la destruction de leurs camps de fortune par les forces de police. Ces personnes démunies de tout, se trouvent, en outre, privées de leurs maigres biens personnels (vêtements, papiers, photos…).

A partir de 2005-2006, Le Collectif Migrant reprend un nouveau souffle avec l’arrivée de jeunes bénévoles qui organisent des distributions régulières de nourriture et de vêtements auprès de ces populations, dont le nombre peut varier entre 50 et 100 personnes par semaine. Aidés par d’autres volontaires, dont la plupart sont retraités, le groupe de bénévoles du bassin Dunkerquois décident alors de se coordonner et rallie l’association SALAM existante à Calais pour devenir ensuite SALAM Littoral.

Parallèlement, Médecins du Monde diligente une mission dans l’agglomération Dunkerquoise et interviennent sur les lieux de squat à raison d’une fois par semaine.

En janvier 2008, le Collectif Migrants en partenariat avec les Verts accueillent Hélène FLAUTRE, Député européenne et Vice-Présidente de la sous-commission des Droits de l’Homme à l’Unions Européenne. Au cours d’une conférence de presse, les associations dénoncent ainsi publiquement les conditions d’accueil et de survie des migrants transitant par le territoire Dunkerquois.

Le Collectif Migrants regroupe actuellement différentes associations qui viennent en aide à ces publics en souffrance, dont SALAM, Carrefour des Solidarités, Ligue des Droits de l’Homme, EMMAÜS, Secours Catholique, MRAP, Pastorale des migrants, Médecins du Monde.

Le Collectif travaille également en partenariat avec d’autres structures locales, telles que l’ASSFAM et l’AFEJI.

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