Le compte-rendu de la 3° rencontre : avoir faim

Objectif de la rencontre :

Répondre au problème de la faim des familles en difficulté est la 1ère démarche de solidarité qui réunit les partenaires locaux d’action sociale. Il existe, en effet, depuis 12 ans une commission d’aide alimentaire au Carrefour des Solidarités qui rassemble les associations caritatives et les CCAS autour de cette problématique de survie.

Toutefois, face à l’augmentation du nombre des bénéficiaires et l’allongement du temps d’adhésion des familles à ce secours, les associations peinent à répondre aux besoins de tous les usagers. Cette situation pose question à plusieurs niveaux :

-  La coordination des actions partenariales associations/services publiques,
-  L’accompagnement des usagers de l’aide alimentaire vers un retour aux dispositifs de droit commun, de manière à développer leur autonomie,
-  Le respect de la dignité des personnes dans cette relation d’aide. Dans quelle mesure l’aide alimentaire peut-elle être, en effet, un partage (ou un échange) entre les structures d’aide et le bénéficiaire ?
-  L’augmentation des dépannages d’urgence liés à l’attente d’ouverture des dossiers de prestation ou aux dysfonctionnement administratifs.
-  L’absence d’aide alimentaire pendant le week-end…

1. La gestion de l’aide alimentaire au sein du réseau associatif

La gestion de l’aide alimentaire autour de la Banque Alimentaire du Nord :

La BAN regroupe 8 associations, (Croix Rouge, Restos du Cœur, AJS, Congrégation Armée du Salut, le Phare, Emmaüs, Société Saint Vincent de Paul, FLIU, TABGH) qui distribuent 48000 parts d’aliments/mois. (1part=1pers).

L’aide alimentaire distribuée par la BAN est financée par :
- le FSE, à hauteur de 30% qui tend à diminuer progressivement. L’Europe fixe également des quotas sur la répartition des produits alimentaires, ce qui restreint les quantités de nourriture distribuées.(ex : beurre=250g/pers/mois ou lait=2L/pers./mois)
- Le secteur agroalimentaire (grossistes) contribue à hauteur de 20 à 25% du budget de la BAN.
- Les grandes surfaces à hauteur de 20 à 25%
- La collecte du mois de novembre permet de récolter 20 à 25% des fonds mais subit une nette décroissance depuis 2006 (70 tonnes en 2006 et 60 tonnes en 2007)

La BAN utilise les « pertes » des grossistes en captant les produits dont la date de péremption va bientôt arriver à échéance. Ces produits, généralement les plus frais, vont ensuite être redistribués aux associations.

Le mode de distribution des colis alimentaires répond à des règles propres aux structures associatives, mais reste fondé sur un principe communément admis qui est de privilégier les familles dont le reste à vivre est le plus faible. Cependant, face à l’accroissement des demandes des familles, le respect de ce principe général est toutefois limité. Les associations atteignent, en effet, leur quota d’adhérents dès les premiers mois d’inscription annuels.

En matière d’aide alimentaire, les Centres communaux d’Action Sociaux sont également des acteurs incontournables. Au regard des difficultés financières des usagers, les CCAS offrent, en effet, des tickets service qui servent de moyen de paiement pour acheter des produits alimentaires dans les supermarchés (Inter-marché, Match, Auchan, Lidl, Aldi…).

Il est cependant regrettable d’observer que ce mode de transaction n’est pas accepté dans tous les commerces. Par ailleurs, certaines grandes surfaces limitent également le nombre de tickets, réduisant ainsi la capacité d’achat des ménages.

→ Il serait intéressant d’interpeller les grandes surfaces sur leurs pratiques des tickets service, et d’échanger sur les nombreux avantages de ce mode de paiement (clientèle importante, monnaie papier, principe de restriction limitant les achats uniquement aux produits de subsistance : alimentation, hygiène, habillement)…

2. La coordination entre les structures d’aide alimentaire :

Depuis de nombreuses années, un système de fiche de liaison concernant les dépannages alimentaires a été développé entre les services d’action sociale (CCAS, UTPAS…) et les associations caritatives pour coordonner les actions partenariales et répondre au mieux aux besoins des familles.

Les organisations favorisant des dynamiques de solidarité active à l’égard des publics en difficulté ont également la possibilité d’intégrer la Banque Alimentaire du Nord, sous certaines conditions organisationnelles.

3. Les difficultés liées à l’aide alimentaire :

Face à l’accroissement de la demande d’aide alimentaire et l’insuffisance des moyens alloués aux structures associatives, de nombreuses questions se posent :

- Comment peut-on aider les petites associations limitées en moyens face à l’augmentation des dépannages d’urgence ?

- Quelle solution peut-on construire collectivement pour aider les familles qui ont des revenus susceptibles de bénéficier de l’aide alimentaire régulière et qui sont pris en charge uniquement de manière provisoire ?

Il faut en effet, souligner que 30% des personnes envoyées vers le tissu associatif pour des dépannages alimentaires provisoires ont des revenus qui les rendent susceptibles de bénéficier de l’aide alimentaire régulière.

- Comment pouvons-nous cibler les populations les plus démunies qui seraient prioritaires à l’aide alimentaire ?
- Comment toucher des personnes en difficulté qui restent dans l’ombre sans oser solliciter de secours ?

- Quel type de communication peut-on développer pour établir un lien avec ce public ?

Quelle démarche peut-on mettre en place pour « aller vers » ces personnes en respectant leur dignité ? ex : Projet des forums associatifs

- Comment accompagner les bénéficiaires d’aide alimentaire vers un détachement de ce secours et une prise d’autonomie progressive ? Certaines actions ont été développées, dans ce sens comme TABGHA d’EMMAÜS qui développe des initiatives d’autonomie dans la mise en place d’une épicerie solidaire ou dans l’aide à la constitution d’une épargne solidaire.

→ Il serait intéressant, dans ce cadre, d’analyser les situations des familles qui demeurent à l’aide alimentaire depuis plus de deux ans pour mettre en place des actions répondant mieux à leurs problématiques.

Les assises locales de la solidarité offre une opportunité intéressante de mettre en place une concertation collective autour des dysfonctionnements qui sont à l’origine des difficultés rencontrées par des familles suivies dans le cadre de l’aide alimentaire.

4. Les problèmes de survie spécifiques aux populations étrangères dans l’agglomération Dunkerquoise :

 Les Roumains : Du fait d’une méconnaissance de leurs droits, les Romains n’ont, pour la plupart, n’ont aucune source de revenu et sont contraints à la mendicité pour survivre (absence de nourriture, vêtements, logement…).

L’AFEJI a été missionnée par l’Etat pour venir en aide à ces populations en difficulté et coordonner les actions partenariales autour des droits liés à l’insertion de ces nouveaux Européens.

 Les migrants : Dans le même cadre, rappelons les difficultés vécues par les personnes étrangères qui ont fui leur pays d’origine du fait de persécution pour une terre d’accueil et qui ne bénéficient d’aucune aide pour subvenir à leurs besoins.

Ex : de la famille de la petite fille russe qui a gagné le concours organisé par la ville de Dunkerque « dessine ton carnaval » dont la famille s’est vu débouter de sa demande d’asile.

Actuellement, l’aide alimentaire à l’égard des migrants reste limitée et dépend uniquement des bonnes volontés des bénévoles. Grâce aux dons des particuliers, l’association SALAM effectuent deux fois par semaine une distribution de repas aux migrants dont le nombre varie entre 40 et 120 personnes L’absence de lieu d’accueil et les conditions climatiques (vent, pluie, froid) rendent l’aide alimentaire et vestimentaire extrêmement difficiles.

Face à cette situation problématique qui tend à se développer progressivement, l’action des bénévoles reste insuffisante et nécessite le soutien des autorités publiques, particulièrement sur le plan sanitaire. La mise en place d’un lieu d’accueil (fixe ou mobile) pour accueillir les migrants relève aujourd’hui de l’urgence humanitaire.

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